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CHAPITRE IV

Taux de placement.

Exploitations périodiques. — Taux de leur placement.

Taux net du placement,

Calcul du taux quand il y a des produits intermédiaires.

Observations sur l'effet des éclaircies.

Exploitations aménagées. — Formule du taux de placement.

Estimations du revenu et du matériel-bois.

Évaluation du sol,

Procédé erroné pour estimer les sols de forêts.

Effet de l’augmentation de l'outillage sur le taux du placement.

Comparaisons du taux de placement des exploitations périodiques et aménagées faites au même âge,

Loi du taux des placements en forêts.

Faiblesse du taux des exploitations à long terme.

Age d'exploitation correspondant à un taux de placement déterminé.

Age correspondant au maximum du taux de placement.

Conséquence économique de la diminution du taux de placement à mesure que l’âge d'exploitation augmente.

Mesures légales d'encouragement aux futaies.

Rôle des forêts de l'État : faire des arbres.

Conséquences de l’aliénation des forêts de l’État.

N° 122. — Exploitations périodiques. — Le plus grand souci et même le premier devoir de lexploitant est de se rendre compte de la manière dont ses fonds sont placés dans l’exploitation. Le taux, qui est le loyer de l'unité de capital, intervient dans un certain nombre de questions d'économie forestière. La plus importante est

celle qui consiste à chercher la mesure d’une exploitation en calculant le {aux de placement des fonds qui y sont engagés.

Naturellement les fonds engagés sont : 1° la valeur du sol ; 2° celle du capital d’exploitation consistant dans loutillage général et le matériel-bois. Il suffit de les mettre en présence du revenu par la relation mathématique des intérêts. L

Nous calculerons d’abord le taux de placement d’une exploitation périodique.

La relation qui unit le fonds générateur C (sol garni de l’outillage et du capital-bois) au revenu périodique R est :

Équation qui se résout par logarithmes :

De eue) __ log. — — log. C

Exemple : Un taillis ordinaire est exploité à 30 ans et produit à cet âge 980 fr. ; le sol vaut 420 fr. l’hectare et l’ensouchement 122 fr., de sorte que le capital engagé est 042 fr.

FU ET to log. 1522 — log. 542 æ — 3 1/2 0/0

La solution du problème serait également donnée d’une manière approximative en cherchant sur la ligne 30 du tarif I le facteur qui, multiplié par 542, fournirait le capital engagé augmenté de son revenu :

542 >< 2,807 — 1521 fr. 39.

Le facteur 2,807 correspondant à 3 1/2 0/0, on en déduit que la forêt est exploitée à ce taux. L'emploi de nos tarifs ne fournit naturellement qu’une approximation à 1/2 0/0 près quand le résultat tombe entre 2 facteurs.

Il y a des exploitations périodiques d’arbres isolés dont le terrain n’est consacré à aucune autre culture (arbres des avenues et des haies de Normandie). Le calcul du taux de placement s’effectue par la même formule, mais il faut

avoir soin d’y faire entrer, comme capital engagé, le terrain nécessaire à l’arbre exploitable, bien que le sol réellement occupé varie d’étendue à mesure que l’arbre augmente en âge. Ce terrain nécessaire au couvert final est, en effet, affecté à l’exploitation dès le début de celle-ci et forme ainsi le fonds générateur avec la valeur de la plantation.

Pour une exploitation à arbres de réserve, tels que les taillis sous futaie, il ne faudrait pas considérer, comme on Va fait trop souvent, les modernes comme un groupe d’arbres se reproduisant tous les 60 ans, par exemple, les anciens tous les 90 ans et le taillis tous les 30 ans. L’exploitation ne s’opère pas de cette manière ; il faut mettre le revenu réel résultant de l’abandon commandé par le plan de balivage en présence du capital engagé, qui est le sol garni du balivage initial, formant avec l’ensouchement le matériel-bois.

Exemple : Un taillis sous futaie exploité à 30 ans présente un balivage de :

60 hbaliveaux à 0£30.......:... 181 »

40 modernes à 3 ».......... 12026 | 238 »

10 anciens AUD) Ver Li 2e 100 »

Le capital engagé est estimé 780 fr.

SUR UNTR ce OUT MER Se Tee 420f »

Easouchement:. s1.22 2x 122 » | 780 »

BabvAage Lu Re étandatet 238 »

Le revenu est 1110 fr. :

90 modernes. à: os LOU 60 »

30 anciens LOS LM ES PO De Er 300 »

10 bé naiensà 259 ae itarc TUE 250 »

pbs, AISÉE 610 »

Ta CALME RTE ON ARS MSN 500 »

FOVONU LR ne veuve 1110 »

Le taux de placement sera fourni par l'équation : 780 (1 + x)°° = 1110 + 780 x — 3 0/0

C’est de cette manière seule qu’on doit raisonner quand

on se pose la question de savoir sil y à avantage, au point de vue du placement, à conserver des arbres anciens ou bis-anciens sur les coupes d’un taillis sous futaie. On a trop souvent considéré ces arbres comme formant une exploitation individuelle, distincte de celle du taillis et à périodicité de 120 et 150 ans si le taillis s’exploite à 30 ans. Les arbres font corps avec l'exploitation en taillis et n’ont pas, alors, de taux de placement spécial. Les séparer de Pexploitation du taillis et les considérer comme une entreprise distincte, c’est s’exposer à un faux calcul et méconnaître les effets de l’augmentation du capital-bois, qui, dans les taillis sous futaie, a pour effet d’améliorer le rendement et de fournir un taux de placement convenable aux producteurs de gros arbres : une exploitation périodique à 150 ans en chênes isolés, sur un terrain dont on sacrifie la production agricole, ne fournit peut-être à son propriétaire qu’un placement à 1 ou à 1/2 0/0. Les mêmes chênes dans un taillis sous futaie peuvent assurer, au contraire, un placement à 3 0/0. La raison en est que dans le taillis sous futaie, ces chênes se perçoivent {ous les 30 ans et non {ous les 150 ans, grâce au matériel-bois dont le balivage a doté l’exploitation.

Aussi, il arrive que de nombreux particuliers propriétaires de taillis sous futaie peuvent être et sont, en effet, producteurs de gros bois sans que le taux de placement de leur fortune soit notablement abaissé, ce qui est un avantage à signaler en faveur des exploitations en taillis sous futaie composée.

N° 123. — Le taux de placement ainsi calculé est brut.

Pour obtenir le {aux net, il faut faire entrer dans le calcul les frais de garde, de gestion et d’impôts. A l’égard des impôts fonciers, il importe d'observer qu’ils sont bien plutôt une charge de l'individu à raison de sa fortune, qui

pourrait être employée de toute autre manière, qu’une charge réelle due par immeuble.

Toutefois, si cette considération doit conduire à négliger l’impôt dans les estimations de forêts (‘), elle ne saurait peser sur le calcul du taux net de placement; car l’exploitant doit tenir compte de tout ce qu’il paie pour sa propriété en frais de toute nature.

Ces charges (garde, gestion et impôts) sont annuelles, tandis que le produit de l’exploitation est périodique ; or, il existe en même temps certains revenus annuels, tels que la chasse et les menus produits du sol qui entrent en déduction des frais. De sorte que, le revenu annuel est une quantité tantôt positive, tantôt négative, selon que les produits l’emportent sur les charges ou leur sont inférieurs. Le calcul du taux de placement résulte de l’équation suivante :

Rom RER A+a)—1 zx

Le capital engagé C doit être considéré, en effet, comme formé par la réunion de 2 capitaux générateurs, l’un c correspondant au produit périodique R, l’autre c’ correspondant

au revenu annuel &. De la relation existant entre le capital c et le revenu R acquis en n ans :

c(1+zx)} —=R + on déduit R GuERE De la relation entre le capital c’ et le produit annuel & c朗a@ on déduit He æ

De sorte que le capital engagé C est formé par la réunion des parties génératrices des revenus R et a, d’où résulte l’équation indiquée ci-dessus.

(*) Estimations concernant la propriété forestière, p. 70.

Il n’est pas possible d'exprimer æ par une formule en C,;,R,aet n ; mais le problème n’en est pas moins soluble par d’autres procédés.

Supposons que le taillis ordinaire du numéro précédent rapporte 980 avec un capital engagé de 542 fr.

Les produits de la chasse, de l’herbe et du bois mort sont évalués à 7 fr., et les charges de propriété à 4 fr. ; le produit annuel sera ainsi de 3 fr.

On essaie d’abord le calcul au taux de 3 1/2 0/0 à l’aide des

tables : - 980: >< 0,553 —:542!, »

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