‹ Traité d'économie forestièreChapitre 38 sur 46 · car le matériel par hectare étant de · texte numérisé non relu

car le matériel par hectare étant de

546000 no 3900 L'intérêt de 3,900 à 2 1/2 0/0 étant de 97,50, la rente du sol

est bien :

Dans les conceptions de cette nature, il y a toujours un mélange de vérité et d’erreur : la vérité est que la première feuille ainsi calculée est bien le produit du fonds générateur dégagé des intérêts des récoltes pendantes qui entrent dans le matériel de l'exploitation aménagée. L’erreur consiste à croire que cette première feuille représente la rente du sol.

1° On oublie, en effet, que dans les exploitations à coupes de blanc estoc, le fonds C n’est pas le so/ seul, mais un élément générateur composé du sol et d’un accessoire

important formé de l’ensouchement ou du semis initial et que, dans les exploitations à arbres de réserve, le balivage fait, en outre, partie de ce fonds et il faudrait en défalquer l'intérêt ;

2° On suppose que les récoltes pendantes ont des valeurs croissant suivant la loi de l’intérêt composé, ce qui est une hypothèse fausse (n° 142); de sorte que l’on défalque de la rente de l'exploitation, l'intérêt d’une quantité trop faible (n° 143) ce qui vicie l’expression de la rente du sol d’une manière indéterminée ;

3° On omet, enfin, que l’exploitation peut être dotée d’un autre capital que le matériel-bois et qui consiste dans la valeur des routes, maisons, scieries, etc., etc.

En réalité, on n’a déduit de la rente de l’exploitation que l'intérêt des récoltes pendantes et non l'intérêt de tout le capital engagé. On conçoit que si cet ingénieux calcul peut, à la rigueur, être employé pour les forêts exploitées à blanc estoc, il ne saurait dans tous les cas représenter la véritable rente du sol.

N° 151. — Cependant les inventeurs de cette rente foncière ont cru y trouver la solution d’un problème économique important : à quel âge faut-il régler la coupe d’une exploitation forestière pour obtenir la rente du sol la plus élevée ? Problème qui dans leur pensée assure lexploitation la plus avantageuse au point de vue pécuniaire et qui a reçu le nom d’exploitabilité commerciale.

Les capitaux, ont-ils dit, s’emploient dans une localité en fonds ruraux à un taux moyen, habituel et connu, 3 0/0 par

exemple : évaluons d’après les forêts voisines le revenu R probable de l'exploitation à différents âges, par exemple :

PM CRC SPA 7 R —= 400%»

AC RD ANS SECTE ee 600 »

AVOU ANS MCE CAN, See 925 »

ALODIANS 10 PO RASE 1200 »

Calculons le fonds générateur C par la formule du {arif IH, et la rente du sol à 3 0/0:

AAA NE ne,» C— 496, »...R— 14:88 ARANSE. An e. 548 » 16,44 fi 1 LÉ SPORE 648 » 19,44 PS Aie das nue 661 » 19,83 BMAMANSEINUEeBEIE GE 641 » 19,23

La rente du sol étant le plus élevée à 35 ans, c’est, dit-on, à cet âge qu'il faut régler la coupe pour obtenir la rente la plus élevée dn terrain traité en forêt.

Pour abréger le calcul et pour simplifier la solution du problème, on a conseillé de calculer les capitaux générateurs C en multipliant les revenus R par les facteurs du {arif IIT correspondant au taux admis {; et on a dit que la rente la plus élevée du sol arrivait à l’âge où le produit était maximum (661 fr. à 35 ans, dans notre exemple).

Or, nous le demandons à tout homme impartial, est-il permis de soutenir avec la moindre apparence de raison, que la coupe faite ainsi à 35 ans assurera la rente du sol la plus élevée.

Vous n’avez pas estimé le prix de votre terrain, vous ne connaissez pas la valeur de votre capital engagé, et vous avez la prétention de soutenir que vous avez déterminé non seulement la rente de ce sol inconnu, mais encore son Marimum !

Vous avez défini la rente foncière « ce qui reste du produit de l’hectare, déduction faite de l'intérêt du capital engagé » et, non seulement vous confondez le sol et son matériel initial, vous négligez les autres capitaux immobilisés dans la forêt, mais en outre, vous supposez que l'intérêt du capital-bois des récoltes pendantes, le seul que vous comptez, est égal au taux moyen des exploitations rurales.

Vous supposez, de plus, que les valeurs des récoltes qui entrent dans la composition du matériel-bois de l’exploitation suivent une marche ascendante égale à celle de la formation des intérêts à ce taux des exploitations

rurales, comme si la végétation créait les valeurs forestières en suivant cette loi mathématique de l'intérêt composé à un taux arbitrairement déterminé, taux moyen, intermédiaire entre celui des placements en labours, en prairies, en vignes et en forêts.

N'est-ce pas là une conception de pure fantaisie et une de ces nébulosités qu’on a tant reprochées aux forestiers ?

Nous r’insisterons pas davantage pour démontrer l’erreur d’une solution que nous avons critiquée ailleurs (*).

Nous avons voulu seulement donner ici une autre forme à nos critiques pour les rendre plus tangibles.

Le seul problème pratique est celui qui consiste à trouver l’âge qui correspond au maximum du taux de placement du capital engagé : à cet âge, on aura l’exploitation qui fournit l’emploi des capitaux au taux le plus avantageux possible dans la limite où nos connaissances sur la marche de la végétation permettent d'arriver à la solution de la question (n° 131). Nous en avons donné la solution (n° 134), celle-ci ne peut s’obtenir que par des essais successifs de la formule générale du taux de placement (n° 124) ou, si on veut plus de rapidité, par des essais de la formule simplifiée :

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