Conclusion
N° 150. — Rente du sol. — L’examen des valeurs
assignées aux récoltes en croissance, quand on les calcule au taux de placement de l’exploitation, c’est-à-dire erga
dominum, a conduit certains auteurs à des conceptions purement théoriques dont il importe de dire quelques mots.
La première récolte, celle qui est acquise à un an, s’exprime par :
C — prix assigné au capital générateur, c’est-à-dire au sol garni de son matériel d’exploitation (souches, semis ou balivage) ;
R = valeur du revenu à % ans;
n — terme assigné à l’exploitation ;
{ — taux de placement, résultant de la relation d’intérêts composés existant entre C et R.
Ctou R
Exemple : Si on se reporte au taillis ordinaire du n° 122, au taillis sous futaie composée du n° 122, et à la sapinière du n° 144, on trouve pour valeur de la première récolte :
Taillis ordinaire. ...... 942 >< 3,5 0/0 — 18,97 Taillis sous futaie..,... 180->< 30/0 — 25,40 SADIÈDES de LG reel 500 >< 2,5 0/0 — 12,50
1° On a appelé feuille, la valeur produite chaque année
par la végétation.
La feuille de la première année est ainsi l’intérêt du fonds générateur au taux de placement de l’exploitation.
C’est également l’annuité (économie) qui, placée tous les ans au taux £ produit R en 2 ans, ou, en d’autres termes, l’annuité génératrice de R au taux £.
La feuille de seconde année est cette annuité grossie de l’annuité précédente et de ses intérêts pendant un an. La troisième feuille est représentée par l’annuité constante à laquelle s'ajoutent les intérêts composés des annuités antérieures, etc.
On conviendra qu’une pareille conception est un simple jeu de calcul, car la végétation ne saurait créer les valeurs par cette loi des annuités, identique, du reste, à celle des
intérêts composés (n° 37). Qu’on donne le nom de feuille aux différences résultant de l’accumulation de cette annuité ou des intérêts composés, cela n’a pas grande importance ; l’essentiel est de se rappeler toujours que les valeurs ainsi calculées sont relatives au propriétaire et expriment seulement le prix auquel les récoltes entrent dans la constitution de son exploitation (n° 146).
2 D’autres forestiers, économistes plus physiocrates que modernes, ont dit que cette première récolte était la rente du sol ; cette première feuille ainsi calculée a été également appelée rente foncière.
On sait que la rente d’un sol n’est autre chose que le produit de l'exploitation dégagé de tous les frais inhérents à l’entreprise ; c’est la rente de l'exploitation (n° 114) dont on a défalqué les intérêts du capital d'exploitation.
La rente forestière ou rente de l’exploitation étant :
ñn
La rente foncière ou rente du sol serait :
Ré
Dans les forêts qui nous servent d'exemple, on aurait :
Taillis ordinaire. Rente de la forêt 32,66 Rente du sol 18,97 Taillis sous futaie — 31 — 23,40 Sapinière....... — 110 — 12,50
Ces forestiers ont considéré la première feuille Cé comme étant la véritable rente foncière, c’est-à-dire le produit même du {errain et ils ont justifié leur dire, en montrant que si on retranche de la rente de la forêt l’intérêt du capital-bois immobilisé pour constituer l’exploitation aménagée, on obtient précisément la valeur de la première feuille.
LEE En effet, la rente de la forêt étant ri) il faut en retran-
cher l'intérêt du matériel-bois M de l'exploitation aménagée;
or, (n° 144) R R nR ME EE pe ANT Lun NE Le matériel par hectare est donc :
An TO TE SONT L'intérêt de ce matériel est :
R Ri n (1 + Ôr— 1 Effectuant la soustraction qui donne la rente du sol, on obtient :
R R Rt l en 100 dl ER ARRETE PRES ES
Ainsi dans l’exemple de la sapinière de 140 hectares aménagée à 140 ans, produisant 15,400 fr. par an et valant 616,000 fr., savoir :
Matériel-hois. 2... 546000! »
DO OU AMIS Lie ne a 0e maine 70000 »
Le taux de placement ressort à 2 1/2:
La rente du sol est.