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Traité d'économie nationale

Je dirai en peu de mots quel est le plan de cet ouvrage; ils en feront connaître le caractère, et expliqueront les motifs qui m'en ont fait entreprendre la traduction.

La science de l'économie nationale se compose de plusieurs parties bien distinctes, mais intimement liées et qui convergent toutes au même but: l'une d'elles prise isolément, n'est sans les deux autres qu'une théorie sans application directe, ou une synthèse sans base solide. Si peu de personnes étudient l'économie politique, c'est peut-être parce que beaucoup d'écrivains semblent n'en pas concevoir l'application aux choses de la vie ; ce motif a contribué sans doute aussi à inféoder tant d'hommes de pratique et d'administrateurs, aux doctrines les plus surannées, cl à les rendre défiants des théories.

Indépendamment de la théorie, un traité d'économie nationale doit comprendre deux branches éminemment pratiques : celle de l'aisance nationale, et celle des finances : l'une et l'autre contiennent des applications de la première, mais en même temps des principes spéciaux à elles-mêmes: leur ensemble constitue la science de l'économie nationale. La France et l'Angleterre qui ont rendu de grands services à l'économie , l'ont toujours traitée sous un point de vue trop exclusif, et leurs auteurs me sem blcnt avoir trop souvent aussi perdu de vue l'action utile du gouvernement dans les intérêts économiques de la nation, et la nécessité de réduire son action, en matière de finances, à des règles méthodiques et générales. Les efforts de quelques hommes distingués n'ont pu les ramener à de meilleures méthodes; et au lieu de traités complets, embrassant l'ensemble de l'écono-

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