‹ Traité d'économie nationaleChapitre 2 sur 109 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

mie politique, destinés à en montrer l'unité et la synthèse, nous n'avons qu'un petit nombre d'ouvrages analytiques, j'oserai même dire des monographies, trop souvent taillées sur un même plan, et manquant d'érudition.

Frappé de cette lacune, et déplorant cette espèce d'indifférence pour une science dont tant d'hommes croient connaître le dernier mot, j'ai cru que ce serait faire chose utile que de traduire un de ces ouvrages devenus classiques au-delà du Rhin, et de présenter aux élèves de nos universités, un traité bien fait, et résumant tous les progrès de la science. L'Allemagne a depuis longtemps le secret des ouvrages méthodiques, complets et savants, et dans ses nombreuses universités, circulent une multitude de livres qui commandent l'attention des étrangers.

Ce n'est pas à celui qui traduit un livre qu'il appartient d'en faire l'éloge . car il l'exposerait à être taxé de prévention ; mais on croira facilement que 1ô traduction des écrits d'un auteur, est une tâche difficile et ingrate, qu'on ne s'impose que lorsqu'on a la conviction du mérite de celui qu'on a choisi , et après avoir mûrement étudié et apprécié ceux qui semblent réclamer la préférence. Qu'il me suffise de dire qu'après tous les économistes Anglais, Français, Italiens et Allemands, Rau a su être original, faire un ouvrage remarquable par la méthode, la connaissance complète de toutes les parties de la science, et une saine érudition. Tous ceux qui ont consacré quelques années à notre belle science, reconnaîtront que Rau en a déterminé et élargi la sphère, qu'il en a parfaitement compris les auxiliaires, et leur a fait des emprunts dont il a fait jaillir une synthèse qui place l'économie au rang que la société moderne et son avenir lui assignent. L'accueil flatteur qu'ont fait à son ouvrage les maîtres de la science, Von Jacob, Lotz, Nebenius , Sahtorius , Hermann, Schenck, et le public Allemand, justifierait suffisamment notre choix; un motif surtout nous a déterminé à préférer le traité du savant professeur de Heidelbcrg, c'est que plus de vingt années d'enseignement public dans différentes universités d'Allemagne, recommandent Rau comme un auteur classique par excellence , et font de ses ouvrages des guides éminemment propres à être adoptés pour les universités.

Rau est aussi l'auteur de plusieurs monographies pleines de mérite, et de deux écrits sur les sciences caraérales que je ferai connaître incessamment.

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. m

J'avais l'intention de faire précéder ce premier volume d'une introduction contenant un tableau de la marche et des progrès qu'a faits l'économie en Europe ; de la considérer par rapport aux systèmes qui l'ont si diversement traitée: en un mot de l'embrasser sous le point de vue dogmatique et historique; de faire connaître la direction qu'on doit lui donner aujourd'hui, l'évolution qu'elle doit subir ; d'exposer enfin ses rapports avec les sciences politiques. Ce travail me parait éminemment utile; il est indispensable, en effet, qu'on se rende bien compte de l'état où nos devanciers et nos contemporains nous livrent une science, avant de songer soi-même à la pousser plus loin. Mais en revoyant mes notes , je me suis aperçu qu'elles devaient être refondues, complétées; il me restait donc à choisir entre une introduction incomplète et qui offrirait beaucoup de lacunes, et un travail plus consciencieux qui dépasserait les bornes d'une introduction et me demanderait un temps précieux que d'autres occupations absorbent. Je n'ai donc pas hésité à ajourner à une époque où de nouvelles études m'auront permis de mûrer mon travail, une publication qui exige des lectures fort étendues, et beaucoup de patience.

Ce traité contient un grand nombre de citations; je les ai vérifiés pour la plupart ; quelques-unes cependant se rapportent à des ouvrages que je n'ai pu me procurer jusqu'à présent; j'en ai rectifié plusieurs; j'en ai rapporté d'autres à de meilleures éditions ou à des traductions plus estimées et plus répandues.

Cet ouvrage se compose de deux parties bien distinctes : l'une dogmatique, c'est celle contenue dans les paragraphes; l'autre historique et critique est contenue dans les notes. C'est au professeur à développer la première, et à compléter la citation des textes que nous avons dû nécessairement abréger. C'est à l'homme qui veut approfondir les questions, à consulter les noms que nous avons indiqués.

Il ne faudrait pas croire cependant que les citations faites à la suite des paragraphes, indiquent que notre auteur se range toujours à l'avis de ceux auxquels il renvoie; parfois elles indiquent une conformité d'opinion; parfois seulement que les auteurs mentionnés traitent la même question, sans l'envisager pour cela sous le même point de vue, ou lui donner la même solution.

Ceux donc qui voudront consulter les autorités que nous avons si souvent

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