‹ Traité d'économie nationaleChapitre 20 sur 109 · LE TRAVAIL CONSIDÉRÉ COMME AGENT DE LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL CONSIDÉRÉ COMME AGENT DE LA PRODUCTION

Il n'y a pour ainsi dire pas un seul objet qui puisse devenir utile pour l'homme sans qu'il en coûte une dépense ou un travail ; quand même ce ne serait que la peine de recueillir dans l'état natif où la nature nous l'offre (ramasser). La plupart des objets qui composent notre fortune ne doivent leur existence qu'à notre travail {a). Le travail est donc un des agents les plus importants de la production ; et comme la grandeur des revenus d'un pays est en raison du travail productif de ses habitants, on peut considérer son capital actuel de biens mobiliers, comme les fruits accumulés de leurs travaux antérieurs.

(a) Cicêroj» a développé cette pensée, de Officiis, h, cap. 3, 4. — On comprend facilement d'après cela , comment on a pu regarder le travail comme Tunique source de la production, (par opposition à l'erreur fondamentale des physiocrates). (Voy.§ 8ïS, (6)), par exemple : Mac-Culloch, Principes de l'économie politique , p. 47. — Ce qui contribue beaucoup à celte manière de voir , c'est que le prix des choses, en tant qu'il est déterminé par les frais de production , se règle principalement sur le travail qu'elles ont coûté.

La nature ne pourrait satisfaire que bien peu de nos besoins, si l'homme ne lui prétait la direction de son travail (a), et comme ce dernier seul est dépendant de sa volonté, l'économie doit en faire l'objet principal de ses études. Le travail de chaque nation assure de la manière la plus durable et la plus invariable la satisfaction de ses besoins, et c'est par lui aussi que le plus grand nombre de personnes pourvoient à leur existence : cet emploi continuel et nécessaire de ses forces favorise le développement des ressources de l'esprit et du corps (§20) (b).

(a) 11 y a entre la facile récolte des fruits qui croissent spontanément et l'action de l'homme sur les matières premières, de bien grandes différences ; et il est difficiie d'établir un rapport exact entre le travail de la nature et celui d'homme. Dans

le tableau qu'a Fait Schenck des produits utiles de la nature qui n'ont coûté aucun travail, cet auteur n'aurait pas dû oublier de faire mention du plus ou moins de peine qu'ils coûtent pour qu'on parvienne a se les approprier , par exemple , la coupe, le transport du bois (Besoins,, etc., i , 74).

(b) Le travail ne nous est pas seulement imposé pour que nous puissions suffire à nos besoins, il n'est pas seulement un devoir envers la société, mais il est et doit être aussi notre joie , notre consolation ; il exerce et développe nos forces. Nous ne pouvons pas à la vérité en dire autant du travail aveugle d'un manouvrier , que de celui qui exige une coopération de l'intelligence. — Un ancien proverbe dit avec raison , que Voisireté est la mère de tous les vices.

PREMIÈRE SECTION

Tout travail n'est pas productif; et quelque utile que soit tel travail pour la société , il peut cependant ne pas accroître la fortune nationale et devoir être exclu de la catégorie des occupations productives : en effet, on ne peut dire avec certitude quels travaux produisent ou ne produisent pas qu'après les avoir étudiés dans leurs effets. Considérés sous ce point de vue , les travaux se divisent donc en premier lieu en productifs ou improductifs.

Distinguons d'abord entre (a) :

A. Le travail économique qui est destiné à produire des biens matériels pour la satisfaction de nos besoins ; il consiste

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