‹ Traité d'économie nationaleChapitre 21 sur 109 · II. A en faciliter la circulation · texte numérisé non relu

II. A en faciliter la circulation

III. A en rendre l'usage et l'acquisition plus fréquent, plus facile.

B. Et le travail productif, non pas comme celui dont nous venons déparier, de biens matériels, mais d'avantages personnels (§ 46). On les appelle services personnels, richesses immatérielles, et il y en a beaucoup d'espèces; mais il n'est pas nécessaire, pour l'objet qui nous occupe, d'en donner une classification complète. On peut d'après leur nature les diviser en services privés ,

et en services publics, et d'après leur objet et les qualités qu'ils exigent en extraordinaires (Hœhcre) et ordinaires (Niedere).

(a) Rau , sur les Sciences camérales, p. 54. $.

A. I. Le travail destiné à produire immédiatement des biens matériels consiste, en grande partie (§ 83, 84), dans une action physique sur les matières brutes soit pour en augmenter la somme ou la valeur, et s'appelle travail matériel; il s'applique d'abord à la terre, et se continue sur chaque objet jusqu'à ce qu'il ait été suffisamment modifié pour pouvoir servir à nos besoins. La plupart des travailleurs de chaque pays sont voués à des travaux matériels , et il doit en être ainsi pour que la société soit pourvue de produits utiles.

Les travaux exécutés sur les matières premières peuvent à leur tour être de deux espèces :

Ils peuvent consister

1° A dégager les matières brutes des choses qui les entouraient ou qui les entravaient avant que l'homme s'en servit; par cette opération, on les soustrait à la destruction à laquelle elles seraient soumises d'après les lois naturelles (a), elles entrent dans le domaine de l'homme, et deviennent susceptibles de recevoir toute espèce de modifications. Pour désigner l'ensemble des travaux de cette espèce on se sert de l'expression agriculture (Erdbau, de Justi), production première (Urproduction, de Soden), industrie du sol ( Boden industrie , de Von Jacob) ; mais on peut mieux les désigner encore sous le nom de culture de la terre ou production des matières premières , agriculture; ils comprennent:

a. L'exploitation des mines ( Bergbau) c'est-à-dire l'extraction des minéraux au moyen de certains procédés des arts ;

b. La culture et l'éducation des végétaux et des animaux qui comprend : a. Celle des plantes et des animaux sauvages [b) ;

p. Celle des plantes et des animaux domestiques, ou de quelques espèces seulement; — agriculture , économie forestière.

(a) En effet , les arbre» pourriraient sur leurs racines , les fruits sur les arbres , les animaux enfin dépériraient , s'ils étaient abandonnés h eux-mêmes.

(b) Ce travail a, pour objet, comme celui des mines, les matières premières telles que la nature les offre , et de les mettre sans aucune action sur leur formation au pouvoir de l'homme (occupation, de Zachamae).

2° A faire subir aux matières brutes des changements en les combinant, en les divisant, en les modifiant, pour en faire des produits propres à nos besoins. Beaucoup de matières, qui dans l'état où la nature nous les offre, ne nous seraient d'aucune utilité , n'acquièrent de valeur que par les modifications qu'on leur fait subir; d'autres augmentent par là, la valeur qu'elles avaient déjà. Le travail destiné à produire ces effets, s'appelle travail de métiers ( Gewerke). L'ensemble des travaux de celte espèce est compris sous le nom de manufacture (a). On se sert aussi des expressions, production technique (V on Soden), travail manufacturier {manufacturai 'ndustrie,V on Jacob), fabrication , etc.

(a) Voy. Rau, sur les Sciences caméra/es, p. 58.— Il y a de l'analogie entre ces ' deux termes, métier (Gewerk) el travail manuel (llandwerk). Celui-là signifie un travail en petit, exécuté par la main de l'homme, et il est moins propre à désigner tout un genre de travaux. On sent généralement le besoin d'un terme technique pour indiquer un système de travaux. Les Allemands se sont fréquemment servi du mot industrie (Gewerbe), qui a toutefois un sens beaucoup trop large, car il s'applique au travail de l'agriculture , des mines et du commerce.

A. II. Le travail qui a pour objet de faire circuler el passer les biens des mains d'une personne dans celles d'une autre, sans leur faire subir de modification qui en augmente la valeur (§95), ou en d'autres termes, le travail qui a pour objet le transport des biens, [Arbeiten der Gùterû'bertragung, Vcrkehrsarbeiten), se divise, d'après ses opérations, en deux parties, savoir :

1° Le commerce proprement dit {Handelsgcschœfle) , qui a pour objet de réaliser des échanges de biens matériels. Tous les hommes font de fréquents échanges soit pour acquérir les objets qui leur sont nécessaires, soit pour se défaire d'un excédant de produits ; mais par ces échanges ils ne font pas encore de commerce; un des caractères du commerçant, c'est qu'il fasse le commerce pour en retirer des bénéfices, et que ce soit son industrie. Le profit que cherchent les commerçants consiste dans l'excédant de valeur des objets qu'ils reçoivent [Erlœses) sur ceux qu'ils donnent en échange {Einkaufspreis), ajouté aux frais que nécessite celte opération ; tous les objets matériels, les biens-fonds, les capitaux, les denrées, les titres qui donnent droit à des prestations peuvent être l'objet d'un commerce. Plusieurs des opérations qui se rapportent au commerce et qui ont le même objet, par exemple

le transport par terre et par eau , forment des industries particulières, et sont des auxiliaires utiles au commerce.

(a) Murhard appelle commerce (l.itissimo sensu) tout échange qui se pratique généralement. Voy. sa Théorie polit iq. du commerce, 1, 1. Gœttinguc, 1831.

2° Les opérations qui ont pour objet de transférer des biens , non pas comme les échanges, pour en recevoir immédiatement ou dans un temps peu éloigné la contre-valeur, mais uniquement de mettre pendant un certain temps une personne à même de se servir du bien d'une autre, à condition d'en payer l'usage jusqu'au remboursement [affaires de prêt ou de louage , Leih-und Miethgeschaefte). Ces opérations exigent, suivant la quantité plus ' ou moins grande de biens dont on cède l'usage et le temps pour lequel on les prête, plus ou moins de travail, et parfois aussi très-peu de travail. Elles comprennent :

a. Le prêt à intérêt (Darleihen, Auslcihcn) qui implique d'ordinaire la condition de rendre une quantité de même valeur que celle qu'on a reçue, indépendamment des intérêts ;

b. Le /oM«<7c(Vermiethcn, Verpachten), la location ou la cession de l'usage, moyennant un loyer ou fermage , de choses qui ne se détruisent pas par l'usage ou qui ne se détériorent que lentement.

A. III. Enfin il y a des travaux qui ont pour objet de faciliter l'usage et d'augmenter l'utilité de certains biens, et de prévenir ou de réparer les dégradations qu'ils subissent. Certains objets ne peuvent pas continuellement servir sans réclamer des soins; les travaux qu'ils nécessitent procurent, à la vérité, une économie de temps et de peine aux propriétaires (a) : mais ils ne peuvent pas bien être rangés dans la classe des services personnels, car leur effet utile se manifeste sur des biens matériels.

(à) Par exemple, l'entretien des maisons , le soin des provisions , des vêtements, celui des bestiaux et de leur nourriture , In réparation des petites dégradations, l'entretien des horloges et des montres, etc., qui sont assez généralement l'occupation des domestiques.

Quels sont parmi les travaux ceux qui produisent (§95-100)? quels sont ceux qui ne produisent pas? A la solution de ces questions s'est manifestée une grande divergence d'opinion parmi les auteurs. Les physiocrates ne regar-

liaient comme productifs que les travaux de l'agriculture; Smith regardait aussi l'industrie et le commerce comme productifs , et celui-ci particulièrement, parce que le coût de l'envoi , du transport et autres frais de commerce augmentent la valeur échangeable des choses (a). Disons que jusqu'à présent on ne s'accorde pas généralement à regarder le commerce comme productif; mais toutefois on ne peut contester qu'il ne le soit aussi bien que l'agriculture : cela résulte à toute évidence de la distinction qu'on a établie entre la matière, et la valeur des produits matériels (6).

(a) Recherches, t. h , p.141. — Cet argument ne prouve pas ce qu'on prétend lui faire dire , car il ne dit qu'une chose, et qui est vraie, c'est que les frais cl le prix des biens sont augmentés par le commerce, mais il ne dit rien de leur valeur, et c'est dans l'augmentation de valeur que consiste le caractère de la production.

{b) Le prix de quelques fabricats comparé à celui de leurs matières premières nous donne la mesure de la multiplication de valeur de celles-ci par les manufactures , savoir :

Pour les fontes communes de fer de .

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