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LE CAPITAL

Pour que l'homme puisse produire par son travail et tirer parti des forces de la nature, il lui faut le secours d'un capital (§51-54) {a). Bien que dans l'impuissance de produire seul, celui-ci ajoute cependant tellement à l'action des forces humaines, qu'il faut le considérer comme une des conditions essentielles de la production. Les terres les plus fertiles, le climat le plus heureux, l'habileté et la persévérance la plus grande ne produiraient pas grand'chose pour la fortune nationale, s'il y avait disette de capitaux. Aussi tout accroissement du capital d'une nation que l'on doit considérer comme le fruit de travaux et d'économies antérieures (6), est-il en même temps une cause nouvelle et immédiate d'accroissement de revenu. On ne pourrait introduire des améliorations dans l'industrie , soit par exemple , une meilleure distribution du travail, ni employer de nouvelles machines , ni donner plus de développement au travail des manufactures, si l'on manquait de capitaux (§117-119).

{a) Voy. Smith, h, 190 et suiv. — Sat, Cours, i, 224. — Vo* Schloezer, Anfangs grûnde der Staatsw., i, 16. — Storch, i, 207-2551 . — Uermavs , Recherches, p. 43.

(b) On peut considérer le capital national comme l'effet de l'industrie et de l'épargne des habitants, de Péquité et de la stabilité de l'administration, et assez généralement aussi comme la résultante des forces intellectuelles et morales d'un état, en tant que des crises ne l'ont pas troublé.

Cela déjà suffit à nous faire comprendre qu'il y a une différence réelle entre les biens-fonds et les capitaux. La science de l'économie perdrait évidemment, au lieu de gagner en clarté , si , contre ce qui est consacré par l'usage , on voulait donner une telle extension a la notion du capital, qu'elle comprit aussi les biens- fonds. Voy. Hermaiïs, p. 48.

DE LA NATURE ET DES DIFF. ESPÈCES DE CAPITAUX

PREMIÈRE SECTION

DE LA NATURE ET DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CAPITAUX

En étudiant avec attention la nature et les besoins de l'industrie manufacturière et du commerce (§ 96), on comprend combien ils ont besoin de capitaux et quels services ils en tirent. Celle-là réclame une provision de matières premières ,

1° Sur lesquelles puisse s'exercer le travail et se manifester l'action des forces naturelles. Ceci n'est pas requis, il est vrai, pour la formation des produits qui existent sans le concours de l'homme, et qui ne sont dûs qu'à l'action spontanée de la terre {a) ; mais le besoin s'en fait sentir dans l'agriculture et dans toutes les manufactures {b). Les matières destinées à cet usage sont métamorphosées par le travail et reparaissent, tout entières ou en partie seulement, sous la forme de nouveaux produits; elles sortent donc de leur état informe et brut, pour nous présenter ensuite plus ou moins les effets de l'action productive qui les a modifiées. On les appelle matières premières (c). La quantité des produits qu'on obtient , s'estime en supposant les travaux également productifs, d'après la quantité des matières premières consommées pour leur formation.

(a) Parce que dans ce cas, ce qui compose les nouveaux produits ne doit pas nécessairement avoir fait partie de notre fortune, et qu'il ne faut pas de capitaux pour en faire l'acquisition; par exemple, les forêts vierges, les plantes fouragères, les prairies naturelles.

(à) Les semences et le fumier qu'on répand sur la terre se changent en récolte, les fourrages en substances animales.

(c) Storch, i, 237. Le Comte de Bucquoy se sert du terme venvandlungsgegenstaende ; Théorie de Véconomie nationale, p. 6, 269.

2° Des objets biens qui se consomment à la vérité dans les travaux, mais sans reparaître dans leurs produits, c'est-à-dire qui ne sont détruits que pour que leur consommation contribue à opérer sur les matières premières , les modifications qu'on veut leur faire subir, ce sont les matériaux {a). Il est souvent difficile de distinguer si tels des biens consommés appartiennent à

la classe des matériaux ou à celle des matières premières ; ceci ne prouve rien contre la justesse de notre distinction , mais démontre seulement l'état peu avancé de nos connaissances en histoire naturelle {b). Ces matériaux sont en partie bruts (c), en partie manufacturés (</); on peut souvent foire des économies sur ces objets {matériaux) , ou remplacer ceux qui sont d'un prix trop élevé, par d'autres qui sont moins chers, sans obtenir pour cela des produits moins bons.

(a) Voy. Storch, i, 257.

(à) Nous ne savons pas comment le sel et le gypse agissent sur les plantes, bien qu'il soit manifeste qu'ils favorisent leur croissance.

(c) Tels que le bois, la tourbe, la houille, les charbons qu'on brûle dans les manufactures; — les matières employées pour le blanchiment des toiles, le fourrage qu'on donne aux bétes de somme, etc.

(d) Tels que le charbon que l'on consomme dans les forges, la poudre pour faire sauter les mines, l'huile dont on se sert pour rendre la laine flexible et souple, pour carder et pour filer, le noir animal destiné à clarifier le sucre, l'acide sulfurique pour épurer l'huile de lampe, le chas dont se servent les tisserands pour coller les fils de la chaîne et leur faire perdre un peu de leur flexibilité.

Enfin il faut encore pour les manufactures :

5° Un capital engagé et immobilier, destiné, non pas comme les matière» premières à être consommé, mais à servir d'auxiliaire permanent aux forces de la nature et de l'homme, et à faciliter ou à augmenter leur emploi et leur action sur les matières premières. Ce capital se consomme aussi plus ou moins vite à la longue, mais^ce n'est pas là une condition de son usage. Il comprend :

a. Les bâtiments des manufactures, tels que les grauges, les écuries, les magasins, les ateliers, les moulins, etc.;

b. Les animaux destinés au travail et à la peine;

c. Les instruments de chaque espèce d'industrie, et sans lesquels l'homme serait restreint à l'emploi de ses bras avec lesquels il ne peut que difficilement et mal, et souvent pas du tout parvenir à son but(a) .Ces instruments comprennent:

a. Les simples objets dont le travailleur se fait un aide intelligent, les outils;

p. Les machines (§ 118) qui produisent aussi par leur mouvement, mais qui sont faites de manière que l'effet qu'on veut en obtenir sur les matières premières, n'est produit que par le secours des différentes parties sur lesquelles agit la force motrice, de telle sorte que leur mode d'action et leurs effets peuvent être tout-à-fait différents (6);

T . Les établissements chimiques (c).

DE LA NATURE ET DES DIFF. ESPÈCES DE CAPITAUX

Les machines et les établissements chimiques sont tantôt inhérents au* manufactures, tantôt ils sont mobiles et peuvent être séparés.

(a) La variété infinie des fonctions auxquelles les bras de l'homme seraient nécessaires, fait que, dans la plupart des cas, ses bras seuls sont insuffisants; les animaux n'ont pas l'usage des outils , aussi ne sont-ils capables que d'un fort petit nombre d'actes mécaniques. Voy. Autenrieth, sur Vltotnme. Tubingen, 1828, p. 1, § {ail.).

(b) Au moyen de machines, telle force de la nature qui ne produit qu'un mouvement simple , peut avantageusement faire le travail d'un ouvrier habile ; mais d'un autre côté, il n'y a que l'homme qui puisse immédiatement tirer parti d'un outil; que l'on compare , en effet, le travail des scieurs de long a celui des moulins à scier, et l'ancienne manière d'écraser le grain avec la main , à celle de le moudre, adoptée depuis longtemps. Le mouvement de la meule supérieure et le branle du sac n'ont pas de ressemblance du tout avec l'action que produit la chute de l'eau; mais quand on broie le grain a la main, le mouvement du bras correspond entièrement à l'action d'un pilon.

(c) Fournaux, fours, appareils de distillation, cuves, etc.

Aux trois catégories de choses que nous venons d'énumérer et qui se rapportent à la transformation des matières premières, il faut en joindre une quatrième, indispensable pour les besoins personnels des travailleurs, savoir :

4° Un fond de subsistances nécessaire à leur entretien pendant la durée du travail; ce fonds doit être à la disposition des travailleurs, jusqu'à l'achèvement de la production destinée à faire rentrer les dépenses qu'a coûtées leur entretien. Ce fonds est payé par les ouvriers même de leurs propres ressources, ou avec l'argent qu'ils ont emprunté, ou comme cela se voit aussi fréquemment, par l'entrepreneur qui emploie leur travail, et alors cette dépense de capital forme leur salaire [a). Il n'est pas nécessaire qu'on donne précisément aux ouvriers une habitation, des vêtements et de la nourriture; le salaire peut consister en une espèce quelconque de produits pour lesquels on peut se procurer tous les objets utiles à ses besoins. Cette partie du capital donne lieu, indépendamment de son action productive, à une consommation immédiate {b).

(a) Voy. Sihoxde de Sismosdi, Nouveaux principes, i, 93.

(b) Ceux qui regardent les biens personnels comme objets de la production, doivent aussi ranger dans la classe des capitaux , les choses qui ne donnent que des jouissances personnelles. Voy. Heemann , Nutzcapital, p. 60.

Gomme le commerce n'apporte aucune modification aux objets (§ 123), il n'a pas besoin de matières premières; mais il lui faut des moyens de subsistance pour ses travailleurs (a), différentes espèces de locaux et de matériaux pour garder et transporter les produits. Le commerce a aussi un besoin particulier de capitaux, en effet :

1° Il lui faut des provisions d'objets prêts à être échangés (£); on ne peut en effet toujours vendre immédiatement les produits à mesure qu'ils sont achevés (c). Ces provisions sont, pour le commerce, ce que les matières premières sont pour les manufactures, c'est-à-dire, des objets sur lesquels se manifeste son action, et qui servent immédiatement à satisfaire les besoins et la demande générale.

2° Il faut en outre pour l'échange et pour toutes les opérations du commerce, un produit qui, quels que soient les besoins et la fortune des contractants, soit toujours accepté et rendu sans difficulté, qui puisse par conséquent figurer comme équivalent ou contre-valeur des produits et des services. Ce produit est X argent, qui lorsqu'il ne consiste pas en signes (en papier-monnaie), mais en objets d'une valeur connue (l'argent-métal), représente une somme réelle de valeurs. Il en est d'une nation comme d'un particulier ; de même que celui-ci doit avoir une partie de son revenu en argent, pour pouvoir faire des échanges ou d'autres opérations (prêter, louer, payer des salaires), de même celle-là doit avoir une certaine quantité d'argent pour faciliter et servir ses échanges; cet argent fait partie du capital national, car les échanges auxquels il est destiné sont intimement liés à la production (rf).

(a) Fourrages pour les chevaux de travail , la houille pour les machines à vapeur destinées à faciliter ou accélérer le transport, etc.

(b) Storch nomme cette partie du capital, ouvrage /ait, i, 238. — Elle n'est pas d'ailleurs d'une espèce particulière, mais elle se compose de biens non encore entrés dans la circulation.

(c) Il y a des choses qui ne sont produites qu'à certaines saisons , et qui ne le sont même pas tous le ans, en aussi grande quantité qu'on le désire ; tels sont les vins. D'autres ne sont demandées que de temps en temps, comme les pelleteries, les étoffes de deuil. — Voy. Nebetous, le Crédit public , 2" édition, 1829, i, 19.

(d) Parmi les différentes opérations du commerce, plusieurs n'ont aucun rapport à la production, tel est, par exemple, le payement des services improductifs. On ne devrait, rigoureusement parlant, appeler capital, que l'argent dépensé en choses qui favorisent médiatement ou immédiatement la production. Cependant celte distinction serait difficile à maintenir attendu que chaque pièce de monnaie est employée

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à payer tantôt un sertice productif, tantôt un autre qui ne Test pas. Dans son Traité, t. 3, p. 301 , Sat restreint plus encore la notion du capital en argent. Voy. Rau, Annales de Poelitz, 4° cah., 1829.

le capital d'une nation se compose donc des éléments suivants :

1° Matières premières,

2° Outils, matériaux,

3° Bâtiments, instruments et machines ,

4° Subsistances, (fonds de consommation) destinées aux travailleurs, 5° Marchandises, ouvrage fait, Argent.

Tous, à l'exception des marchandises ou provisions , dont on ne fait aucun usage tant qu'elles conservent cette dénomination, se consomment plus ou moins. Les matières premières, les outils et les fonds de consommation se détériorent promptement, et au fur et à mesure que de nouveaux produits sont formés; quant aux autres éléments qui composent le capital, ils s'usent aussi, mais plus lentement, et l'argent même n'en est pas exempt. Le capital ne diffère donc pas du fonds de consommation (§51), en ce que celui-ci se consomme, ou en ce qu'il ne produit que des biens personnels, (richesses immatérielles) (§ 126), mais en ce que le fonds de consommation est consommé et non reproduit, tandis que toute diminution du capital est remplacé par une valeur égale, ou par une production supérieure. Le capital peut rester le même, quoique ses éléments varient, soit par suite d'une consommation et d'une production, soit par suite d'un échange. Grâces à l'échange, toute somme de valeurs (de l'argent, par exemple), peut être convertie en capital, pourvu qu'on l'emploie à l'acquisition de produits propres à recevoir cette destination (§ 52).

Par l'emploi d'un capital , on peut souvent ajouter à la force productive des agents de la production; mais il n'est pas exact de continuer à classer encore parmi les capitaux , certaines qualités ou propriétés d'un agent de la production pour l'acquisition desquelles on aurait dépensé un capital. C'est donc à tort qu'on a appelé capital personnel («), l'habileté qu'un travailleur a acquise par son zèle et par les frais de son éducation ; car, quelque soit le rôle des qualités de l'homme dans la production, elles ne sont après tout que des biens personnels et ne font pas partie de sa fortune. Elles ne font par conséquent pas partie non plus du capital (§ 46). N'est-ce pas une grave erreur en effet, de classer l'homme parmi les biens matériels qui sont destinés à sa

tlO LIVRE SECOND. CINQUIÈME DIVISION. I" SECTION.

consommation et à son bien-être? La même observation s'applique aux améliorations apportées aux biens-fonds, et pour lesquelles on a dépensé des capitaux; telles sont, par exemple, les irrigations, les terrassements, etc. (b). Dans ces cas, la valeur des biens-fonds s'est accrue de la quantité dont le capital a été réduit.

(a) Smith, h, p. 197 et suiv. — Simoxde, Richesse commerciale, i, 43. — Say, Cours, tom. i, p. 316, dit : « ud bomme fait est un capital accumulé. >» — Mac- Culloch, Principes, p. 90, dit : » un homme qui a atteint sa croissance, peut être considéré comme une machine qui a coûté 20 ans d'activé surveillance, et un capital considérable, par les dépenses de tout genre qu'on a faites pour son éducation. » — Herma55 combat avec raison cette doctrine, p. 80.

(*) Lorsque toutefois ces améliorations ne peuvent pas être distinguées du sol comme les bâtiments, par exemple, $ 51. Voy. Rau , note 40, sur Storcii. Contra, Smith, h, p. 193. — Storch, i, 229.

On distingue les capitaux, par rapport aux services qu'on en tire, en capitaux engagés et en capitaux circulants. Ceux-là comprennent les choses qui sont au pouvoir et à l'usage des producteurs, tels que bâtiments, constructions, provisions; ceux-ci comprennent les produits qui ne sont utiles et qui ne produisent que lorsque celui qui en fait usage a cessé de les posséder, soit qu'il les ait donnés ou dépensés; tel est aussi le caractère des autres éléments du capital que nous venons d'énumérer (§ 128) {a). Les matières premières, après avoir subi les changements de forme, les modifications auxquelles on voulait les soumettre, et les produits faits, deviennent marchandises, et passent des mains des producteurs dans celles des vendeurs et des consommateurs, il en est de même de l'argent. Mais les outils, les bâtiments, et les moyens de subsistance s'usent et se dépensent pendant le travail de la production; à eux donc ne s'applique pas aussi bien la dénomination de capital circulant [b). L'argent, d'après ce que nous venons de dire, appartient au capital circulant, parce qu'il ne produit que lorsqu'on le dépense, mais il se distingue d'une manière bien nette et tranchée des autres biens que l'on comprend sous cette dénomination, en ce qu'il reste toujours dans la circulation. Si l'on envisage par conséquent l'économie de toute une nation, on peut considérer l'argent qu'elle possède , comme un moyen de circulation , et comme un instrument particulier des échanges, dans lequel on rencontre les caractères des deux espèces de capitaux (c).

(o) Le capital engagé est généralement «l'une durée beaucoup plus longue que le capital circulant, dont la consommation est très-rapide. Les outils du menuisier s'usent moins vite que les moyens de subsistance de ses

DE LA NATURE ET DES DIFF. ESPÈCES DE CAPITAUX

ouvriers, ou que son bois; mais toutefois ce n'est pas l'inégale durée de ces objets qui constitue à elle seule , le caractère des deux espèces de capitaux , comme le dit Ricabdo, Principes d'économie politique, trad. Constancio, 1. i, p. 32. L'acbèvement de plusieurs sortes de produits, par exemple , la préparation des cuirs dans les tanneries, exige souvent un grand espace de temps, et il n'y a pas même toujours dans ce cas consommation de peaux (§ 68, (a)). 11 en est ainsi des produits achevés ; tant qu'ils font partie du capital du marchand ils ne se consomment pas , tandis qu'une quantité d'autres objets, par exemple, les sacs des meuniers sont d'une fort courte durée.

(6) On ne peut l'entendre que de telle sorte : que l'entrepreneur du travail , en place des parties de son capital qu'il dépense , et qui sortent de sa possession , acquiert d'autres produits, ce qui constitue une dépense et une rentrée.

(c) Voy. Smith, p. 202-221.

La proportion du capital fixe au capital circulant n'est pas la même dans les différentes espèces de production. Il y a des travaux pour lesquels il ne faut qu'un fort petit capital engagé: dans la pêche, le commerce, l'agriculture, le capital engagé doit être plus grand que le capital circulant: il doit être plus grand encore pour les travaux d'art et les mines (a). Il importe de connaître la part contributive de chacun de ces capitaux, dans toute production, afin de savoir ce qu'elle doit produire pour leur entretien, même abstraction faite des profits qu'elles peuvent donner. Le capital circulant doit être entièrement reproduit par l'objet à la formation duquel il a été consommé ; tandis que le capital engagé ne doit être reproduit que quant à la partie qui en a été consommée ou usée pendant la production à laquelle il a servi (6).

(a) Storch, i, p. 243.

(b) Supposons qu'on ait appliqué à deux industries différentes A et B et pour un an, deux capitaux de 28.000 fl. chacun, mais dans la proportion suivante :

Capital engagé 1 0,000 fl. 18,000fl.

— circulant 18,000 » 10,000 >»

Total. . . . 28,000 » 28,000 »

Pour la réparation et l'usure du capital engagé, admettons qu'il faille 10 °/ 0 :

Le capital circulant qu'il faut reproduire en entier est. 1 8,000 fl. 10,000 fl. L'usure du capital engagé 1 ,000 1 ,800 >»

Total. . . . 19,000 » 11,800 »

On voit que dans cette hypothèse , bien que les deux capitaux soient égaux , la production de A, doit s'élever à 19,000 fl., celle de B, a 11,800 fl., pour que les capitaux circulants soient reproduits.

Un entrepreneur qui augmente ses capitaux engagés et qui sont d'une grande durée , n'augmente pas par là , considérablement, ses frais de production ; mais ceux-ci diminuent infiniment quand on réduit les capitaux circulants. On voit souvent ces deux améliorations marcher de front dans les progrès de l'industrie.

Il importe pour les profits de la nation, comme pour ceux du particulier, qu'il y ait entre ces deux espèces de capitaux et entre les parties dont ils se composent, une juste proportion; laquelle varie dans chaque espèce de travail productif, en raison des perfectionnements qu'y ont apportés et des progrès que leur ont fait faire les arts. Le capital circulant et principalement deux de ses éléments : les matières premières et le fonds de subsistances, sert à entretenir non pas uniquement le capital engagé, les matériaux et le fonds de subsistances destiné aux ouvriers, mais encore le fond général de consommation; c'est à ces deux éléments que les produits doivent leur formation.

DEUXIÈME SECTION

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