DE LA FORMATION DU CAPITAL
2° Mais que s'ils consistent en objets d'une autre espèce , notamment en argent, forme sous laquelle existent le plus grand nombre des épargnes, on ne peut pas toujours les regarder comme des capitaux {<?). Cependant comme la plupart des rentrées en argent sur lesquelles on peut faire des économies, proviennent en dernière analyse de produits nouvellement créés, ou apportés de l'extérieur, on peut admettre, sans erreur grave, que toute épargne consistant en argent, correspond à une pareille valeur de produits nouvellement formés, et qu'on peut, avec cette somme échangée contre une certaine quantité de matériaux, d'outils, etc., augmenter son capital.
{a) Une production même abondante , mais sur laquelle on ne ferait pas d'épargnes, n'accroîtrait pas le capital national. Smith, h, ch. i. — Storch, h, 2554.
(b) Si on ne tirait pas parti des produits faits et achevés, rigoureusement parlant ils ne feraient pas partie du capital national et n'augmenteraient pas notre fortune ($ 52). Voy. Lauderdale, sur la Richesse nationale, p. 51, 52. — Partout où les citoyens peuvent compter sur la garantie de leurs droits, ils trouvent des motifs suffisants pour ne pas laisser chômer leurs épargnes.
(c) Les pièces de monnaie qui composent ces sommes ont le plus souvent déjà fait partie de la fortune nationale.
Les hommes sages et économes sont , par rapport aux prodigues et aux gens sans ordre, d'ordinaire en assez grand nombre pour qu'on ne doive pas craindre de voir diminuer le capital national, mais pour qu'il s'accroisse sans cesse, quoique lentement toutefois. La manière de vivre d'une nation ou de quelques-unes de ses classes , ainsi que le plus ou moins d'habileté et de succès des producteurs , peuvent accélérer ou retarder l'accroissement du capital; mais des événements, tels que les guerres civiles, des expéditions malheureuses, des inondations, etc., peuvent singulièrement aussi le diminuer. Toutes les épargnes qui ont pour but l'accroissement du capital national seraient inutiles, si le pays n'offrait aucun moyen de les employer productivement, ou s'il n'était pas possible de les prêter à l'étranger; mais en général on peut heureusement encore toujours recourir à l'une ou l'autre de ces manières d'en tirer parti (a).
(a) Les difficultés qu'on rencontre à employer utilement des capitaux ne tiennent, d'habitude , qu'à de mauvaises institutions ou a l'absence de connaissances. Cette dernière cause est générale en Allemagne, où l'on n'a pas encore osé faire l'essai des opérations les plus productives qui, depuis longtemps, ont réussi dans les pays voisins. Les progrès de l'industrie et l'extension donnée à nos besoins offrent sans cesse un nouveau champ a l'emploi de nos capitaux. Voy. contre cette doctrine, Lauderdale, p. 53. — Lotx, Traité, t. i, 210.