CONCOURS DES AGENTS DE LA PRODUCTION
Les différents agents de la production dont nous venons de nous occuper ne manifestent d'effet, que lorsqu'ils sont mis en rapport entre eux. Les forces naturelles qui ne se montrent pas moins dans les biens-fonds que dans les capitaux (notamment dans les matières premières et les outils) ne produiraient cependant pas grand'chose sans le concours du travail de l'homme. Le travail à son tour dépend des capitaux; il ne serait rien non plus sans les biens-fonds, et trouve un puissant auxiliaire dans les forces de la nature. Cette dépendance réciproque des agents de la production démontre que leur action dépend de leur heureuse combinaison. Si, dans une entreprise, où se rencontrent plusieurs de ces agents, l'un d'eux était hors de toute proportion avec les autres, la production n'en tirerait aucun avantage, jusqu'à ce que l'équilibre fût rétabli. Ceci est vrai surtout du rapport des capitaux au travail ; mais il est à remarquer, à cette occasion, que le capital est l'agent le plus variable, et qu'on peut prévenir les fâcheux effets de sa rareté, en s'adressant à l'étranger (a).
{a) Lorsqu'il y a disproportion entre les terres, les capitaux, et le travail, on peut se livrer à des occupations qui , comme le commerce et l'industrie, n'exigent pas beaucoup d'espace.
Celui dont l'occupation et l'intérêt est d'associer les agents de la production, de manière à leur faire créer des richesses, s'appelle entreprenettr de la production ou du travail. II arrive fréquemment que les propriétaires n'ont pas de capitaux assez grands pour exploiter leurs terres; souvent aussi les capitalistes et les propriétaires de terres n'ont pas la capacité qu'il faut pour en tirer parti : ce sont là des motifs qui ont fait naître les entrepreneurs, espèce d'hommes auxquels les propriétaires ont confié leurs capitaux pour les rendre productifs: mais il en est un autre non moins vrai, c'est que les