‹ Traité d'économie nationaleChapitre 29 sur 109 · DES BÉNÉFICES DE CEUX QUI SE LIVRENT A LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

DES BÉNÉFICES DE CEUX QUI SE LIVRENT A LA PRODUCTION

L'avantage que retire la société de l'emploi des agents de la production consiste en ce qu'on en obtient des valeurs supérieures à celles qu'on a consommées pour les former. Mais en général, cet avantage ne serait pas un motif suffisant pour engager les propriétaires de terres et les capitalistes à employer ou à faire employer productivement les différentes parties de leur avoir, ni pour déterminer les entrepreneurs et les ouvriers à s'imposer ce travail (a). Il doit donc s'y joindre encore un mobile d'économie tout particulier; il faut pour cela qu'une partie des nouveaux produits leur tombe en partage pour les remplir des dépenses et des pertes que la privation de leurs propriétés leur ont occasionnées et pour leur donner en outre un revenu. L'assurance d'avoir une part à ces produits est la condition indispensable de leur coopération aux travaux productifs {b).

(a) C'est avec raison qu'on appelle indifféremment producteur et travailleur productif les ouvriers et les entrepreneurs. Cependant Say appelle aussi producteurs, ceux qui louent leurs terres et leurs capitaux moyennant une rente. Voy. Cours, 1, â28.

(b) Nous ne parlons pas ici des forces naturelles qu'il n'est possible a personne de s'approprier exclusivement, et qui se manifestent dans les biens-fonds et les capitaux.

Les différentes branches de revenus dont nous venons d'expliquer la cause et la nécessité dans le § précédent, et dont nous traiterons plus amplement en parlant plus tard de leur distribution (a), ne sont pas toujours en réalité aussi distinctes que la science nous les montre; lorsque nous les envisageons séparément, elles nous apparaissent, comme {b) :

1° Une récompense que l'ouvrier reçoit comme tel, abstraction faite des autres agents de la production , uniquement pour son travail ; c'est le salaire (Lohn), voy. § 187;

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