‹ Traité d'économie nationaleChapitre 37 sur 109 · II. Pendant 12 ans de 1561 a 1601 , 47 sch · texte numérisé non relu

II. Pendant 12 ans de 1561 a 1601 , 47 sch

Moyenne de 1 595 à 1 764 , 46 id.

11 résulte de ces données que les prix ont à peu près doublé par rapport aux époques antérieures, et haussé d'un peu moins de 4 1/2 fois , vers le milieu du 16 e siècle. La table de Schuckburg (voy. Krause, i, Mélanges, tabie 1), nous apprend que 12 produits différents ont renchéri de 7 1/2 fois leur prix, dans l'espace de 1750-1795; mais elle ne nous apprend rien du prix de l'argent, parce qu'elle ne porte que sur des denrées dont le renchérissement progressif nous est très-connu.

(e) Voy. les chiffres donnés par Smith , noie précédente.

(/) Mais pas partout; pas en Bavière, par exempte. Voy. Hermax* , p. 123.

(g) On regardait cette variation comme bien plus grande qu'elle ne l'est en effet , en prenant pour terme de comparaison le prix des derniers temps ; car le blé , par différentes causes , a baissé beaucoup de prix.

14* LIVRE TROISIÈME. DEUXIÈME DIVISION. Il- SECTION

Les inconvénients qu'il y a à prendre les monnaies comme mesure des prix augmentent les difficultés qu'on rencontre pour déterminer le rapport des valeurs des temps reculés et des pays étrangers, et se font sentir aussi dans la pratique, lorsqu'il s'agit de faire pour un long espace de temps un tarif pour des prestations, sans blesser les créanciers ni les débiteurs {a).

Aussi s'est-on beaucoup occupé de la recherche d'un agent, qui sans offrir les inconvénients de la monnaie, pût servir parfaitement de mesure du prix ou ( comme on le dit généralement en employant indistinctement les termes de valeur et de prix ) de la valeur échangeable. Il faudrait désigner le prix des biens exprimés dans cette mesure par l'expression de/^r/:rree/{Sach-oder Rcal-Prcis), en l'opposant au prix nominal (Nenn-oder Nominal Preise)qui désignerait les prix en argent.

(a) Par exemple les rendages perpétuels qui ont remplacé les servitudes personnelles et les redevances territoriales , ou qui restent attachés aux biens que rend le domaine public.

II n'y a pas dans le commerce un seul objet,

1° Dont le prix ne varie pas comparativement à d'autres; en effet, on ne peut concevoir un seul produit dont les frai's de production ne subissent jamais de variations , et dont la demande soit toujours la même ; toutefois ces variations diffèrent pour chaque espèce de produit. S'il n'y a donc point d'objet si exclusivement propre, par sa nature, à servir de mesure générale de prix, qu'il puisse parfaitement exprimer les variations que subissent tous les produits dans leur valeur, on ne peut cependant méconnaître qu'il n'y en ait de plus particulièrement propres à cet usage.

2° Il est plus difficile encore de trouver des produits tels, qu'on puisse pour de mêmes quantités, acheter en tout temps, de mêmes quantités d'autres produits, parce que d'après des causes auxquelles aucun ne peut se soustraire, leurs prix haussent ou baissent sans cesse.

Smith a regardé le travail comme la vraie mesure de la valeur échangeable (prix). " L'homme est riche ou pauvre, dit-il, selon la quantité de travail dont il peut disposer. La valeur des produits qu'on ne desline pas à sa propre consommation, mais à être vendus, représente donc la quantité de travail qu'on peut acheter. Dans tous les lieux et dans tous les temps , une même

MESURE DU PRIX. 145

quantité de travail a la même valeur pour tout travailleur. Si sa santé, ses forces, son intelligence, son habileté restent les mêmes, il lui faudra dans tous les temps, faire à peu près la même dépense de forces , le môme emploi de temps, pour avoir ce que réclament ses aisances et ses besoins. » — >< Le rapport réciproque de tous les produits entre eux, n'est jamais plus constant et plus vrai que lorsqu'on les a comparés au travail qu'ils peuvent acheter (a). » Au milieu de cette grande variété de travaux, Smith conseillait, comme mesure générale, le travail manuel; plusieurs auteurs ont adopté cette manière de voir (b).

{a) Smith , Estais , i , p. 73 et suivantes.

{à) Par exemple Malthus, Principes, chap. i, sect. 6. Voy. Voi» Jacob, Économie nationale, p. 114. Chacun exprimerait donc le prix en argent des choses , dans le nombre de journées de travail ordinaire , qu'on pourrait acheter pour cet argent. Sartorius combat la doctrine de Smith , Éléments de l'économie nationale, i, 16-33. Voy. Lotz, Traité, i , 45.

Quand même la fatigue des ouvriers serait la même dans chaque espèce de travail, ce qui n'est pas toutefois, cela n'aurait aucune influence sur l'objet qui nous occupe, puisque d'après Smith, le travail doit être pris, en tous temps, comme mesure de la valeur échangeable, à raison du salaire qu'il rapporte ou de son prix (a), bien que ce dernier diffère, sans nul doute, dans tous les temps et dans tous les pays (b). Mais ici se présente une autre considération. En effet, d'après les variations du salaire, les ouvriers se trouvent dans une position plus ou moins favorable , en raison de la quantité plus ou moins grande de travail qu'un objet peut acheter ; et comme cette classe comprend la plus grande partie des hommes, et que la connaissance de leurs ressources est d'une haute importance pour l'appréciation de la richesse d'une nation , il est impossible de ne pas regarder l'évaluation des prix, en journées de travail, comme fort importante, et fertile en données précieuses, non pas toutefois dans le sens de Smith (c).

{a) Si en exprimant, pour nous servir de l'exemple donné par Von Jacob, le prix des moyens de subsistance en travail , on admet que 100 quintaux de denrées ont à Berlin et a Londres, une valeur échangeable de 300 journées de travail, a Moscou de 240, dans les lies de la Société de 120, on désigne bien réellement le prix de ces denrées en quantités de travail ; mais n'est-il pas évident que ces quantités sont fort inégales, puisque les travailleurs ne reçoivent pas partout pour leurs peines, la même récompense? Il ne suffit donc pas d'apprendre, quel travail peut acheter le possesseur de 100 quintaux de denrées, si ce travail n'a pas une valeur uniforme comparée aux autres produits. — Von Jacob, 118.

(à) Voy. Ricardo, Principes, i, 11 , 17.

146 LIVRE TROISIÈME. DEUXIÈME DIVISION. II e SECTION.

(c) Comme exemple nous donnerons dans le lableau ci-après , l'indication du nombre de journées de travail ordinaire qu'il faut environ aux ouvriers pour pouvoir se procurer les moyens d'existence suivants :

Page 1