DS BRANDEBOURG
Commencdu18'8'.
Aujourd'hui. 1
1 Quintal viande de bœuf. . 26 jours.
» pomme de terre. . 1,**.
" S(?i^lc, ....
• sucre 24.
53 jours.
35 jours.
34 Va jours. 1
De même que Smith regarde (§174) la quantité de travail que peut acheter tout produit, comme la meilleure mesure de son prix , Ricardo de son côté , attache la plus haute importance à la quantité de travail consommé pour sa formation («); il pense que cette quantité, soit qu'elle augmente soit qu'elle reste la même, doit faire connaître pourquoi on ne donne plus maintenant pour un produit la même quantité d'autres produits qu'autrefois; et l'évaluation du travail consommé, est selon lui le véritable prix {Reahcerth). Cependant Ricardo a reconnu lui-même qu'il n'y a pas d'objet dont les frais de production soient invariables; il n'est d'ailleurs pas juste de dire que les frais de production ne consistent qu'en travail. Enfin, comme les prix s'écartent plus ou moins des frais de production , en cherchant à connaître le prix réel d'un objet ( Sachpreis ), on finirait par ne pas même connaître les prix courants.
(a) C/iap. i, 17, de la traduct. française. — Dans le meme sens, Mac-Culloch, p. 170. Contre ce système, Hermanix , p. 131 .
Smith a aussi regardé le blé comme une mesure des prix préférable à l'argent, lorsqu'il s'agit de l'estimation des valeurs pour des temps reculés ; et ce produit, en effet, y est plus propre que tout autre. Cependant son prix varie d'année en année, même d'une saison à l'autre, d'après les récoltes {a) ; mais malgré ces variations, il nous montre dans ses prix moyens, à de longues périodes, une certaine uniformité, une moyenne autour de laquelle gravitent les prix de chaque année (b). Quand les prix moyens du blé pour plusieurs périodes d'années, offrent de sensibles différences, on peut en général en
MESURE DU PRIX
conclure, qu'il y a eu des variations dans le prix des monnaies, pourvu toutefois que la cause n'existe pas dans l'état de l'agriculture (c). Voici quelles sont les causes de cette uniformité dont nous venons de parler :
1° Les fruits de la terre sont dus à l'action des forces naturelles dont la puissance est invariable dans chaque pays, et n'est pas susceptible de progrès et d'améliorations aussi notables que d'autres industries; d'où il résulte qu'il n'y a pas de variations sensibles dans leurs frais de production.
2° La demande en est, à l'intérieur au moins, toujours à peu près la même, en raison de la haute valeur des céréales pour chaque homme.
3° L'on peut se tenir au niveau d'une demande croissante, en étendant proportionnellement les travaux de la terre ; cette extension peut à la vérité être subordonnée à de grands frais de production, mais ceux-ci peuvent être compensés par des améliorations apportées dans l'agriculture et dans les moyens de transport.
Cependant malgré ces améliorations, l'augmentation des frais de culture n'exclut pas une hausse graduelle du prix des blés.
(a) On voit généralement une rotation périodique assez régulière de moissons bonnes, moyennes et mauvaises; cependant, on a des exemples du contraire. Ainsi les périodes de 1699 à 1699 et de 1765 à 1776 furent des époques de mauvaises récoltes et de prix élevés; d'un autre côté de 1750-1764, il n'y eut que deux mauvaises années; de 1795-1819, il y en eut onze. Il n'y a donc pas de doute qu'on peut pendant 10 ans, même pendant 20 ans, et par suite de bonnes ou de mauvaises années, voir le prix du blé se maintenir au-dessus ou au-dessous des prix moyens; c'est ce que prouvent les hauts prix de 1699 à 1714, de 1793 a 1812 et les bas prix de 1729 à 1751, de 1818 à 1898. Voy. Tooke , sur les hauts et les bas prix, m, 139. En Allemagne, le prix du blé a considérablement haussé pendant les guerres de 30 et de 7 ans, et pendant celles de la révolution française.
(b) On voit même des variations dans les prix moyens de 10 ans seulement. Par exemple, dans les prix du seigle, au marché de Munich. (1 scheffel de Bavière est égal à 4 scheffel de Prusse ; et 1 scheffel de Prusse à 9 hcctol.)
Les prix moyens de 90 années offrent plus d'uniformité, voy., par exemple, les prix du seigle au marché de Lunebourg (1 himten = i/4 boisseau) :
1750-59 6, 75 flor.
1790-99 10," flor.
H500— 19 17,*grossch.
1660-79 18,9» gr . (30gr.=l th.) 1680-99 29,9* 1700-19 23,'°
148 LIVRE TROISIÈME. DEUXIÈME DIVISION. II e SECTION.
Les prix moyens de 50 et 100 années en offriraient plus encore, s'ils ne dépendaient que des récoltes; mais dans d'aussi longues périodes on aperçoit mieux l'influence d'autres circonstances, telles que les guerres, les grands frais de culture, la dépréciation des monnaies; voyez prix du seigle au marché de Brunswick :
3,* mgr. ] .
1351-1600 11,6 1 AVI 8,eCle 7 '
XVIII e - 28.
J XVII e - 16/
On remarque la même progression croissante dans les prix moyens de longues périodes du marché de Munich, où le seigle a coûté pendant
31 ans, de 1637—1687 4,» fl.
Voy . Unger , de la Fixation du prix des denrées, Goettinghe, 1 752, i ; tabl. xxii , rapp. à page 310. Rudh.vrd, État de la Bavière, supplém. p. 90, Stuttgard, 1825. Von Gulich, Exposition historique, tabl. n , p. 22. Hermann, Recherches, etc., p. 123 (tous en allem.).
Quand on veut pour la pratique , avoir les prix moyens de 20 â 30 ans , il faut écarter du calcul les maxima et les minima , parce que ces extrêmes offrent des différences plus grandes qu'on ne doit les trouver ordinairement dans un pareil espace de temps. Cette élimination des prix extrêmes, fait que le prix moyen est un peu au-dessous de la réalité, caries prix des années de cherté diffèrent plus du prix moyen , que les prix des années d'abondance. Nous voyons dans les prix de Munich de 1750-1800 que le plus bas prix du grain a été de 47 °/„ au-dessous du prix moyen; et le plus élevé, en 1772, à 147 °/ 0 au-dessus de ce même taux.
Voici un exemple du résultat obtenu par l'élimination des maxima et des mi-
Berlin. Prix du seigle de 1774—1823 48,» silbr.
Prix moyen du seigle dans la
période de 20 années, de 1794—1813 59,3 Id. en éliminant les maxima
et les minima 55
Cologne. Prix moyen du seigle de. . . 1760-1820 48
Id. pour 15 ans 1816-1828 53
Id. en éliminant les maxima
et les minima 49
{c)Voy.K*kvs, Essais sur différents sujets d'Économie sociale. Kocnigsbcrg ,
MESURE DU PRIX. 149
1 808 , i , 267 . — Frohn , sur la Culture , le Commerce et le prix du blé en Bavière. Munich, 1799, folio. — William Jacob, Rapport sur le commerce du blé étranger, 1826, supplément. — Études sur la statistique des provinces rhénanes Prussiennes, 1829, p. 92 ( tous allemands).
On peut aussi envisager le prix du grain :
t° D'après les saisons. C'est une règle généralement admise que les prix sont au plus bas, pendant l'automne et pendant l'hiver, époques où l'on apporte le plus de grain au marché; et qu'ils sont les plus élevés pendant le printemps où l'offre en est moins grande; aussi dans les opérations où l'on veut favoriser quelqu'un se sert-on du prix de la S'-Martin (11 novembre ), ou mieux du prix des mois d'hiver. Mais dans les années de disette, les prix s'élèvent vers l'époque de la récolte, et vont en croissant toujours, jusqu'à ce qu'ils aient atteint le maximum pendant l'hiver, ou au printemps. Une bonne moisson fait baisser le prix du blé, plusieurs mois déjà, avant la récolte, et le maintient en baisse, jusqu'à ce que l'apparence de la récolte suivante soit mauvaise; tout dépend donc surtout de la richesse relative des récoltes de deux années consécutives, mais de grandes variations dans la demande et la nécessité plus ou moins urgente où se trouvent les cultivateurs de vendre immédiatement leurs récoltes, occasionnent aussi des variations dans les prix ; il ne faut donc rien négliger pour découvrir la loi de ces phénomènes («).
2° D'après les différentes sortes de fruits récoltés; en effet, il y a une certaine proportion entre leurs prix , qui ne résulte pas seulement de leurs propriétés nutritives, mais aussi de l'inégale fertilité des terres (b).
3° D'après les différents pays et leurs contrées; les prix sont constamment
a. Au plus bas , dans les pays où la culture est la moins chère, où la population est faible, et où les cultivateurs doivent envoyer au loin leurs produits pour les vendre;
b. Au plus haut, là, où la culture coûte beaucoup et où elle doit, pour suffire aux besoins de la consommation, recourir à l'importation du blé étranger;
c. A un taux moyen, quand il y a équilibre entre la production et la consommation, et que les frais de production ne se sont pas trop élevés (c).
(a) Nous eu trouvons des exemples dans les données suivantes qui représentent , par mois, l'échelle du prix moyen des grains de 1740 h 1749 pour Hanovre, de 1747-1797 pour Munich, de 1807-1816 pour Berlin, de 1791-1822 pour Hambourg. Les mois suivent la progression des chiffre* :
Hanovre.
Munich.
Berlin.
Hambourg
Août
Juin
Juillet
Mai
Septembre
Août
Aont
Octobre
Février
Juillet
Novembre
Avril
Décembre
Mars
Décembre
Juin
Novembre
Avril
Octobre
Novembre
Octobre
Octobre
Janvier
Janvier
Juillet
Mai
Septembre
Septembre
Janvier
Janvier
Juin
Février
Mars
Février
Février
Décembre
Avril
Septembre
Mai
Mars
Juin
Décembre
Mars
Juillet
Mai
Novembre
Avril
Août
(Les chiffres placés sous Munich et Hamboug expriment le rapport des prix par mois , pour ces villes).
A Hanovre le maximum du prix tomba 9 fois en janvier ; 8 fois en novembre et décembre; 6 fois en octobre; 5 fois en février, mai, juin, septembre, et une fois „ seulement en juin , pendant 50 années.
Les plus bas prix tombèrent 10 fois en janvier ; 9 fois en décembre ; 8 fois en août, octobre, novembre; 7 fois en mars...; 2 fois en mai; 1 fois en avril.
Voy. Unger, cité plus haut, p. 2-24. Frohn, déjà cité , p. 16. Klebe , Grundsaetze der Gemeinhcitslheilung , i , 58. Jacob , p. 242 (ail.).
(b) Ce rapport s'explique par les données suivantes, en supposant un scheffel de seigle = 100 :
FRO»ISNT.