‹ Traité d'économie nationaleChapitre 45 sur 109 · TAUX DKS SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS · texte numérisé non relu

TAUX DKS SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS

Les salaires élevés qui permettent aux ouvriers d'étendre leur consommation (a) ne témoignent pas seulement une aisance (§199), mais produisent encore directement un excellent effet moral sur les classes ouvrières, dont ils contribuent à améliorer la position. Ces classes qui forment la plus grande partie de la population de chaque pays, ne peuvent en général satisfaire que la plus petite partie de leurs besoins et sont le plus exposées aux dangers de la misère, tandis que les entrepreneurs, les capitalistes et les propriétaires de biens-fonds perçoivent de bons revenus. Il est donc à souhaiter pour le bien-être de la société, que le revenu des ouvriers augmente; c'est le meilleur moyen de tempérer les effets du partage inégal des richesses.

(a) Par opposition à une hausse qui ne provient que du haut prix des moyens de subsistance (S 192).

Voici quels sont les bons effets que produit l'élévation des salaires :

1° Elle permet aux ouvriers d'adopter un genre de vie plus favorable à leur santé, et contribue ainsi en général, à prolonger leur vie; ce résultat est d'une haute importance pour le bonheur des familles et pour le développement des forces appliquées à l'industrie. C'est à l'accroissement des salaires et à une meilleure situation de la classe ouvrière, qu'il faut en partie attribuer que la vie est de nos jours, comme le démontrent les recherches et les expériences, plus longue que dans l'antiquité, et qu'en Angleterre, le pays le plus riche et le plus industrieux de la terre, la mortalité a été réduite à un degré où on ne l'avait pas encore vue descendre jusqu'à présent (a) ;

2° De donner plus de soins à l'éducation physique et morale de leurs enfants, ce qui fait encore augmenter la population et assure à l'État une génération de citoyens éclairés, actifs et moraux [b):

3° De faire des économies qui les mettent à même de supporter plus aisément les crises et les malheurs, et les empêche de tomber immédiatement dans la misère. Aussi ceux qui savent bien apprécier l'importance de l'économie, convertissent leurs épargnes en capitaux et se facilitent par là, la transition du rôle d'ouvrier à celui d'entrepreneur. On a souvent manifesté la crainte de voir de hauts salaires encourager les ouvriers à être paresseux; cette crainte, fondée sur ce que le taux élevé du prix d'une journée suffirait à leur entretien pour plusieurs journées, n'est pas dénuée de tout fondement; toutefois ceci ne se produira pas fréquemment, et ne durera jamais assez pour faire naître des appréhensions sérieuses pour la continuation de la production. Une hausse subite des salaires peut produire de fâcheux résultats

quand les ouvriers sont grossiers et paresseux, mais cela n'est jamais à redouter d'une hausse lentement progressive, qui augmente en môme temps les besoins des travailleurs (c). D'ailleurs l'exemple des pays les plus industrieux est là, pour prouver qu'une grande activité n'est pas inconciliable avec l'élévation de salaires.

(a) Voici, d'après JEmuvs Macer, sur la L. 68 Pandect., adlegem Falcidiam, le chiffre de la vie probable dont une personne d'un âge donné , peut espérer de jouir : de 0-20 ans, 30 ans; de 20-2», 28 ans ; de 25-30, 25 ans; de 30-35, 22 ans; de 35-40, 20 ans; de 40-45 , 18 ans; de 45-50 , 13 ans; de 50-55 , 9 ans; de 55-60, 7 ans. Ces données n'offrent qu'une bien courte vie moyenne pour les hommes de 45 ans et plus. Voy. Schloezer, Staatsanz., ix, 482 et x, 288. — Des recherches plus récentes sur l'accroissement probable de la vie moyenne , pour chaque âge , nous donnent :

fi.

5 ans

41 «ans.

42," ans.

51,» ans.

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