TAUX DES SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS
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nal des débats, 10 décembre 1824. — Voy. Dictionnaire des sciences médicales, art. Longévité, xxix, 40.— On a pour Londres et Paris le chiffre de la mortalité qui est en rapport direct avec le prix des moyens d'existence. Yoy. Mac-Uulloch, p. 273. — Diaseyère, Mémoires de P institut national : Sciences morales et politiques, i, 543.
(b) Il ne naît pas un moins grand nombre d'enfants dans les classes pauvres, mais ils y meurent plus tôt, à défaut de bonne nourriture et de soins. Storch, i, 329. Dans le 1** arrondissement de Paris (qui est peuplé d'habitants riches) les naissances font un i/32, dans le 12 e arrondissement i/se de la population , et cependant il n'y a pas plus d'enfants au-dessous de 3 ans dans ce dernier que dans le 1* r , ce qui démontre que la mortalité est plus grande parmi les enfants des pauvres que parmi ceux des riches. Quand après des années de guerre , de famine , etc. , qui ont décimé la population, l'industrie augmente, les salaires haussent et rétablissent bientôt la population à son ancien niveau. Quoiqu'en Suisse l'accroissement de la population soit lent (il n'est généralement dans 8 cantons de ce pays que s/4 °/ c , voy. Bernouilu, Archives, i, 123), le canton de S'-Gall avait cependant réparé en 18231a perte de 3 °/ 0 , ou 6900 âmes que la disette de 1817 et 1818 lui avait fait éprouver.
(c) Voy. Smith, i, 139 et 99. - Storch, i, 323. — Lotx, i, 482.
Les circonstances auxquelles les ouvriers peuvent devoir une amélioration de leur état, sont de deux sortes; les unes tiennent à eux-mêmes, les autres sont indépendantes de leur volonté. Il faut ranger dans la dernière catégorie l'heureuse situation commerciale du pays qu'ils habitent, la protection et la sollicitude du gouvernement, les habitudes d'économie des propriétaires de terres et de capitaux, des entrepreneurs, etc. Nous pouvons mettre dans la première :
1° L'habileté et le zèle des ouvriers qui, avec le travail par entreprise ou à la pièce, contribuent le plus à augmenter leur salaire (§188) (a);
2° L'économie dans la manière de vivre , qui leur permet de se faire un petit capital (§ 201, n° 3) ou d'avoir quelques épargnes pour le besoin (a);
3° La précaution de ne pas s'établir sans réflexion, ni trop jeune, ni avant qu'on se soit assuré d'avoir du travail , ou qu'on ait pu faire quelques épargnes (§ 176). Plus cette prudence sera générale, et plus les ouvriers mettront de prix à une vie exempte de chagrins, de soucis, et à bien élever leurs enfants, plus ils adopteront en ceci, la manière de voir des classes élevées, plus l'accroissement de la population sera lent, et celui des salaires important. Cependant les immigrations d'ouvriers étrangers peuvent, lorsqu'elles sont fréquentes, paralyser l'effet de ces sages habitudes {b).
(a) Les sociétés de coopération (coopérative Societies) d'ouvriers de l'Amérique et de l'Angleterre, n'ont pas seulement pour objet de soutenir ceux de leurs membres
qui sont parvenus à la vieillesse ou tombés dans le besoin , mais encore aussi de les rendre indépendants des entrepreneurs, enleurfaisant faire des entreprises avec le capital de la société. Quarterly Review, nov. 1829. Il est plus difficile d'atteindre ce dernier but que le premier; car beaucoup de travaux demandent un grand capital et ne peuvent lorsqu'ils sont entrepris par un seul homme, soutenir la concurrence d'une société richement fournie de capitaux et d'instruments de travail. Voy. aussi § 14. Cependant on ne peut nier que les encouragements réciproques et les conseils d'ordre et d'économie des membres de ces associations n'aient toujours de bons efFcts. Les écrits de Fourrier promettent des résultats exagérés de ces associations. Voy. Traité de l'association domestique-agricole, 1822, h. Le nouveau monde Industriel et Sociétaire, 1819. Voy. Revue encyclopédique, lviii, p. 270.
(b) L'arrivée continuelle des Irlandais diminuent les salaires des ouvriers en Angleterre. Certaines émigrations périodiques d'ouvriers méritent notre attention; elles tendent a niveler les salaires, font participer les habitants des pays pauvres à quelques-uns des avantages des pays riches : elles sont du reste plus faciles et plus durables que les expatriations faites sans esprit de retour; plusieurs pays de plaines offrentde l'occupation, pendant la récolte, aux habitants des montagnes voisines. C'est ainsi que des faucheurs Wurtembergeois et des bûcherons de la foret de l'Oden, vont faire la récolte du foin et du grain dans la vallée du Rhin ; ceux de la Gallicie, dans les plaines de la Pologne; ceux de Westphalie, en Hollande; les Savoyards cherchent du travail en France et en Angleterre; les habitants de l'Apennin, dans la campagne de Rome ; les habitants du pays de Saltzbourg (notamment ceux de Lungau qui châtrent les cochons, et les faucheurs de Waltzée, d'après Rohrer), les Tyroliens, les habitants des Grisons, vont se répandre dans les plaines de l'Allemagne méridionale.
Une question digne d'attention et qui mérite d'être examinée ici, est celle de savoir, si la hausse des salaires n'augmente pas le prix de tous les produits. Pour y répondre il faut distinguer :
1°Les prix comparés de tous les produits de l'intérieur entre eux (prix en marchandises) ;
2° Leurs prix en argent et en produits étrangers.
Quant au premier point, Ricardo (a) prétend que le rapport des prix des produits de l'intérieur ne varie généralement pas, par suite de la hausse des salaires; car, dit-il, comme il entre du travail dans toute production, la cherté se fait remarquer pour tous les produits à la fois, et devient insensible parce qu'elle est générale ; on peut donc pour chaque produit obtenir, après la hausse générale, la même somme d'autres produits, qu'autrefois lorsque les salaires étaient bas.
(a) T. i, 2* section, 2* édition. — MAC-CuLtocn. Principes, p. 231. L'hy-