‹ Traité d'économie nationaleChapitre 48 sur 109 · TAUX DES SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS · texte numérisé non relu

TAUX DES SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS

pothèse de Ricabdo, que le prix en argent des produits, ne peut pas plus hausser que leur prix en marchandises, repose sur un principe dont l'examen viendra à propos plus tard (3» livre, 4 e division , 2» section).

Mais l'opinion de Ricabdo n'est applicable qu'à certains produits, car elle repose sur des prémisses qui ne sont elles-mêmes que partiellement vraies. En effet, un renchérissement des produits à la suite d'une hausse des salaires, ne pourrait jamais être aussi grand que cette hausse, par une raison toute simple, c'est qu'il n'y a aucun produit dont les frais ne se composent que de salaires. Supposons que les frais nécessaires pour la formation d'un produit s'élèvent à 50 fl. pour salaires, à 10 fl. pour loyer de biens-fonds, à 50 fl. pour les profits de l'entrepreneur et l'intérêt du capital, et à 10 fl. pour la coopération d'agents étrangers : soit un total de frais de production de 1 00 fl. ; une hausse de 1/5 sur les salaires ne pourrait le renchérir que de 10 fl . c'est-à-dire 1/10 de son prix ; or, l'intérêt du capital au lieu d'augmenter, diminue plutôt dans un pays où les salaires haussent continuellement, ainsi de ce chef les prix baissent aussi.

Ceci prouve qu'à raison des différents éléments qui concourent à la formation des produits, leurs frais ne peuvent pas subir les mêmes variations.

Les objets qui ne sont dus qu'à un simple travail manuel, et dont le prix se compose ainsi, en grande partie, de salaires, renchérissent beaucoup plus, par l'augmentation de ce dernier, que d'autres (a) dont la production est l'œuvre des forces naturelles et des capitaux (§ 186). Le rapport des prix de différents produits ne peut donc pas non plus rester le même.

{a) Supposons deux objets A et B, coûtant 100 fl. chacun , mais dont la formation n'est pas due aux mêmes agents producteurs , et dont les frais sont , savoir :

1» Salaire 48 fl. 66 fl.

2° Intérêt du capital. ... 18 12

3° Loyer du bien-Fonds. . . 6 S

4» Profit de l'entrepreneur. .18 10 »° Consommation de produits

exotiques 13 7

Admettons dans le salaire une hausse de î/s, les sommes comprises sous le n° 1 , s'élèveront respectivement de ltt et de 22 fl. Les sommes du n» 2, diminueront peut-être, mais d'un peu seulement , soit de 1/9. Les autres dépenses pourront rester les mêmes , et nous aurons les proportions suivantes :

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