EFFETS DU CRÉDIT EN GÉNÉRAL
en général, il n'est pas tenté d'acheter lui-même le fonds hypothéqué, il craint toujours de se trouver impliqué dans une procédure d'ordre. Le crédit base sur une hypothèque s'appelle crédit réel (Rcalcredit).
Plusieurs anciens auteurs ne considérant que le revenu de quelques classes, et perdant de vue les éléments et les conditions du revenu national , se sont fait une idée exagérée des effets produits par le crédit (a). Le crédit n'est pas producteur par lui-même, il ne peut, sauf le cas des prêts faits à l'étranger, augmenter les capitaux d'un pays, ni en tenir lieu, bien qu'il puisse procurer à un particulier le capital qu'il ne possède pas et qui lui est indispensable pour les entreprises qu'il a projetées. Le crédit n'a donc pour effet que d'activer la circulation, de faciliter surtout, et de multiplier la transmission des capitaux {b).
(a) 11 faut ranger parmi eux Pinto , auteur de l'ouvrage intitulé : Traité de la circulation et du crédit, (voy. $ 42, (rf)). Cet écrivain va jusqu'à considérer les créances portant intérêt comme faisant partie de la richesse nationale, ce qui bien évidemment n'est pas vrai, puisqu'elles ne font que déterminer les droits de certaines personnes 49) ; il dit même , page 338 : « La création des fonds publics , quand on les fait à propos , et qu'elle n'excède point la sphère de la puissance , est une alchimie réalisée, dont souvent ceux-mêmes qui Topèrent n'entendent pas tout le mystère. »
(b) SiMoifDB , Richesse commerciale, i, 177. — Storch , h, 438-454.
L'action du crédit est fort utile , comme on peut le voir par les faits suivants :
1° Il produit la meilleure application de la fortune mobilière, en faisant passer cette dernière à celui qui a le plus d'aptitude et en même temps le désir de se livrer à des travaux productifs. Les capitalistes et les propriétaires n'ont souvent pas cette volonté, et moins souvent encore la capacité nécessaire pour travailler eux-mêmes : leurs épargnes seraient donc inutilement entassées, ou dépensées, si grâce au crédit elles n'étaient transmises à un entrepreneur d'industrie (a). On voit de même les capitaux abandonner les entreprises peu productives pour se diriger vers d'autres qui rapportent davantage.
2° Il donne le moyen de pouvoir prêter ses capitaux sans les aventurer, ce qui est un grand encouragement à l'épargne.
5° Il permet de suffire aux besoins de la circulation avec moins de numéraire, en simplifiant les liquidations et par la création d'un agent de la circulation peu coûteux. Les épargnes faites sur le numéraire tournent à leur tour
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. au profit du revenu national ; car le numéraire dont on peut se passer, s'exporte et sert à acheter d'autres produits.
Ces trois observations démontrent que le crédit ne contribue pas par luimême, mais médialemeut seulement, à augmenter le capital national.
(a) Beaucoup d'opérations commerciales ne se font qu'avec des capitaux empruntés; et les entrepreneurs riches soutiennent ceux qui ont moins de ressources qu'eux ; telle est la position des négociants vis-à-vis des fabricants, des ouvriers.
En économie politique, d'après ce que nous venons de dire aux $ 279 et 280, les avantages du crédit se réduisent donc à cette partie des richesses que les propriétaires ne veulent ou ne savent pas employer, avec autant d'avantage pour la production, que les entrepreneurs {a). Le crédit peut faire augmenter les consommations improductives , c'est un de ses effets; mais il n'est pas d'une utilité aussi générale et il ne se remarque que rarement (b). La plupart des prêts sont faits en vue de la production, cela résulte nécessairement du bon sens des emprunteurs et de la prudence des prêteurs. Mais la plupart des nombreuses dettes hypothéquées des propriétaires de terres offrent une exception à cette règle, car elles n'ont, en général, pas été contractées dans la vue de faire des améliorations à l'agriculture (c). Cependant , il ne faut pas perdre de vue non plus, que la plus grande partie de ces dettes doivent leur origine à des partages de successions entre frères et sœurs ou d'autres parents d'un môme propriétaire, et que les sommes auxquelles elles s'élèvent ont, pour la plupart aussi, été productivement employées pour ceux qui les ont reçues.
(a) Une conséquence importante de ceci , c'est que toute extension du crédit audelà de ses limites naturelles , ne peut conduire qu'à de fâcheux résultats (§ 309).
(b) Lorsque le fabricant prête en hiver, au cultivateur des moyens de subsistance que ce dernier rembourse après sa récolte, il n'y a là aucun avantage pour la fortune ou le revenu national ; au contraire le fabricant pourrait produire davantage, s'il recevait son paiement plus tôt et s'il pouvait avec cette valeur recommencer une nouvelle production; aussi l'acheteur doit -il lui payer l'intérêt de ce prêt, ou un prix plus élevé pour ses produits. Simonde, Richesse commerciale, i, p. 278.
(c) Voy. STORcn, n, 240.