‹ Traité d'économie nationaleChapitre 68 sur 109 · DES BANCKNOTES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES BANCKNOTES EN PARTICULIER

sur marchandises , sur lingots, sur créances sûres, telles que des actions, des effets publics (e).

{a) On a distingué les banques, selon leurs diverses opérations , en banque d'escompte, banques de prêts ; mais c'est à tort , car la plupart des banques font toutes ces opérations en même temps. D'ailleurs une partie de leur numéraire sert, lorsqu'elles peuvent s'en passer pour quelque temps, à faire des prêts et à escompter ; et il y a des banques (§ 517, c. et m.) qui n'en font qu'en numéraire.

(6) Il y a une manière particulière de prêter, appelée paiements sur comptes courants ou comptes de caisse ; ces paiements se font sur lettres de change , à des particuliers connus, qui s'engagent à les rembourser avec les intérêts, à des époques déterminées; cela avait lieu dans les banques d 1 Ecosse ($ 313, c. ). — Mais les banques font aussi des paiements de ce genre, sans faire aucune avance, par exemple : lorsqu'elles permettent à des particuliers qui lui ont confié des sommes plus ou moins considérables, de tirer sur elles, ce qui est fort commode pour ceux qui demeurent loin du lieu de son établissement.

(c) Quelques autres opérations propres aux banques, sont plus rares et ne se font que dans certaines circonstances, elles consistent :

1° A faire des paiements en d'autres lieux, par lettres de change pour compte de particuliers ;

2* A se charger des dépôts judiciaires, moyennant un léger intérêt; 3° A faire ou à entreprendre des affaires pour l'État, par exemple, à négocier des emprunts, à payer les intérêts des effets publics , moyennant remboursement , etc.

Une banque se trouverait dans un grand embarras, quand même elle aurait des gages ou des cautions pour tous les billets qu'elle a émis, si tous les porteurs de ceux-ci venaient en demander le remboursement en même temps; car ne pouvant pas faire face à une pareille demande, elle devrait différer ses paiements de quelque temps au moins, ce qui donnerait atteinte à son crédit. Toute banque jalouse de conserver la confiance qu'elle inspire, doit se garder soigneusement d'émettre trop de papier, et s'attacher à connaître la mesure qu'elle ne peut dépasser, sans s'exposer à devoir cesser ses opérations par suite de Paffluence subite de billets dont on peut venir demander le remboursement. Lorsqu'on remarque beaucoup de demandes de paiements à la suite d'une récente émission de billets, il est prudent de ne pas remettre immédiatement en circulation, ceux qu'on vient de rembourser, si le numéraire que l'on a en caisse ne suffit pas pour se procurer de nouveaux fonds (a). Fidèle à ce principe, une banque peut conserver longtemps son crédit, et faire de grands bénéfices.

{a) La banque à' Angleterre perdait souvent 2 1/2 à 3 °U sur les achats de numéraire qu'elle faisait. Smith . 11 , 249.

470 LIVRE TROISIÈME. QUATRIÈME DIVISION. If J- SECT. CHAI'. II.

Indépendamment de la mesure qu'il faul garder dans l'émission du papier-monnaie, une banque doit avoir égard sans cesse aussi au temps pour lequel elle peut prêter des sommes, sans perte, et au degré de sûreté qu'elle doit assurer au porteur de ses billets. Quand les avances qu'elle fait ne sont exigibles qu'à de longues dates, elle a le désavantage de ne pouvoir, en attendant, les employer au remboursement des billets qu'on lui présente; lorsqu'elle s'engage à payer son papier à vue, elle ne doit en général prêter qu'à des personnes qui peuvent rembourser dans de courts délais : ainsi, ce serait mal conseiller les banques, que de les engager à faire des avances pour des travaux, qui ne remboursent qu'à la longue les capitaux qu'ils absorbent, tels sont les améliorations à faire aux terres, les acquisitions de machines, les constructions, lors même qu'elles offrent une entière sûreté (a). Une banque qui prêterait avec moins de prudence que les capitalistes n'ont coutume de le faire, soit à des manufactures ou pour des entreprises hasardeuses, s'exposerait à la tentation d'émettre de nouveaux billets, et à des pertes qui pourraient déterminer sa ruine {b).

(a) Smith, h, 300. — Kraus, Economie sociale, m, 79. — Say , Cours, t. m, 72. — Smith a prescrit cetlc règle de prudence : « Uue banque ne peut prêter avec sûreté à un entrepreneur qu'une somme égale au capital que celui-ci conserverait en caisse pour faire face aux demandes qu'on pourrait lui adresser, s'il n'eût pas eu le prêt de la banque » . Il ne faut pas interpréter ce conseil comme si la banque ne pouvait émettre de billets pour une somme plus élevée que les fonds qui se trouvent dans les caisses des entrepreneurs; le contraire resuite en elfct, de ce que les consommateurs ont aussi des valeurs en réserve ; mais ce conseil est juste en ce sens, que les banques qui le prennent pour guide, peuvent faire rentrer les capitaux qu'elles ont prêtés , dans le plus court délai possible.

{à) line banque qui fait des prêts avec ses billets, transmet à ses débiteurs le crédit que la nation met en elle ; mais le crédit ne peut favoriser la production qu'autant que le permet l'importance des capitaux et des débouchés. Si la banque voulait encourager les entreprises commerciales au-delà de ces bornes, en prêtant ses billets, elle ne produirait qu'une cherté factice de quelques produits, qui ne serait pas de longue durée, et qui ferait bientôt place à une dépréciation d'autant plus considérable , que l'insuccès de ses entreprises serait plus connu. C'est ce que prouvent l'histoire de V Ayr-banque& Edimbourg (Ayr-bank),qui périt par cette faute, après deux ans d'existence seulement (Smith, ii, 274 et suîv.), et la crise en Angleterre pendant l'hiver de 182» à 1826 {% 313).

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