rth
30,841 th.
Voy. la Prusse et la France, Leipzig, 1833, tab. h et vu. (c) On peut sarcler fréquemment les terres, émonder les arbres, transplanter, ouvrir des canaux d'irrigation, arroser, préparer des engrais artificiels, etc. — Sou-
vent les champs des grandes propriétés ne reçoivent pas un labour assez profond. On les voit même couverts d'ivraie, et généralement on ne leur donne pas à tous la même quantité d'engrais.
(d) Chez les Romains on se plaignait déjà du maurais effet des jachères. — Voy . Craig, Principes de politique , traduit par Hegewisch, ii, 177. Leipzig, 1816.
Les moyennes et les petites propriétés, quand elles sont cultivées avec le soin et l'habileté qu'elles comportent, donnent non seulement plus de produit brut, sur un même espace, mais aussi un plus grand revenu net, et ainsi plus de fermage que les grandes (a). Il faut en attribuer la cause à ce que le travail y est plus soigné, à l'emploi des méthodes plus économiques, à l'importance des capitaux qu'on y applique qui permettent à la terre de développer toutes ses forces productives (§ 215). C'est ce que prouvent les hauts fermages et les prix élevés des petites propriétés, qu'on ne peut évidemment pas attribuer uniquement à ce qu'elles trouvent plus de demandeurs. La concurrence est cependant, en partie, la cause de cette hausse de prix: et les cultivateurs qui louent de ces petites propriétés, sont forcés de se contenter de bénéfices très-modiques et qui ne suffisent tout juste qu'à leur entretien. Or, s'ils redoublent d'efforts, et restreignent leurs besoins pour pouvoir y suffire, cela prouve réellement que le revenu net augmente en raison de la division des propriétés.
{a) Lotz ( Traité, n, 36) , accorde aux adversaires de ta petite propriété, que celle-ci donne moins de revenu net, mais il cherche à démontrer que sous le rapport de l'économie nationale, cela n'est pas un mal.
Les causes qui élèvent le revenu net des moyennes et des petites propriétés au-dessus de celui des grandes, peuvent produire le même effet dans les fort petites propriétés {$ 368), et mettre ceux qui les cultivent, à même d'en donner, pour chaque arpent, un loyer et un prix proportionnellement aussi élevé que celui de propriétés plus grandes. Mais il faut pour cela :
1° Que l'on puisse y cultiver des produits qui demandent beaucoup de soins et de travail et qui remboursent leur prix. Le blé n'est pas de ce nombre [a), mais au contraire tout ce qui fait l'objet du jardinage, de l'horticulture, et quelques céréales aussi. Dans les contrées où l'on a un marché pour les produits, et où I on peut consacrer tout son temps à leur culture, l'existence de propriétés même fort petites, n'est désavantageuse ni pour les propriétaires ni pour l'économie nationale
2° Ou que les cultivateurs puissent consacrer le temps qu'ils ne donnent
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pas à la culture, à d'autres travaux productifs et qu'ils ne cultivent sur leurs terres, que ce qui est nécessaire à leur propre consommation (c).
(a) On obtient le blé et les fourrages à meilleur marche dans les champs et les prairies , que dans les jardins ; dans les contrées où les terres sont consacrées à l'horticulture on fait venir le blé, les bestiaux et même le fumier des pays voisins.
(b) C'est ce que nous prouvent les pays chauds où Ton cultive généralement la vigne, le ver à soie, le mûrier, et où les champs et les jardins qui ont des irrigations donnent plusieurs récoltes en une anpée. Dans la plaine de Valencia , il y a plusieurs mille propriétaires, dont la plupart n'ont pas plus de 8 arpents de Prusse; les propriétaires qui en possèdent 10 arpents passent pour riches. — Voy. Jaubert de Passa, Voyage en Espagne, 11 , 238. Paris, 1823. — On trouve un exemple de ce genre, dans le midi de la France, voy. Lulmh de Chateauvjeux , Biblioth. univers.) Agricult., xi, S; et dans les contrées de Y Allemagne où Ton cultive généralement le tabac et la vigne; h Pieuenheim près de Ueidelberg , les 90 centièmes des propriétaires n'ont pas plus de 3 arpents , et 60 <7» d'entre eux ont moins d'un arpent ; à Handschu/is/teim de 71 et 43 — Rau, Agriculture du Palatinat, 1830, p. 27 (allem.). En Flandre, les exploitations rurales qui ont des vaches , et qui sont cultivées par les propriétaires sont de vrais modèles, etc. — Sciïwerz, Landwirthsch. Mitthcilungen , i, ÎJ7.
(c) Le travail à la journée, les charrois, certains métiers sont les travaux accessoires le plus généralement usités. Quant à la population qui peut trouver de l'occupation dans les fabriques, elle est bornée par le nombre et le travail de celles-ci.
Mais lorsque les conditions que nous venons de mentionner n'existent pas, les propriétés d'une trés-petite étendue ne présentent aucun avantage, attendu que les possesseurs ne pouvant pas tirer un parti assez utile de leur travail, sont forcés de s'imposer de grandes privations lorsqu'ils ne sont que locataires, ou qu'ils sont obérés ; qu'indépendamment de cela ils dépensent presqu'entièrement eux-mêmes le fermage pour leurs besoins, et ne donnent pas de grands produits aux autres classes de la société :, et parce qu'enfin n'ayant ni capitaux, ni connaissance des travaux de la terre, ils ne sont pas en état d'adopter de meilleures méthodes de culture, sont toujours exposés à s'obérer, et à tomber dans la misère, quand le prix des denrées est bas, ou qui" les récoltes sont mauvaises (a). Dans les contrées peu peuplées et qui cultivent pour des exportations éloignées, le mode de culture qui a pour but de tirer le plus grand parti possible du sol, n'est pas assez avantageux (productif); il est donc naturel que les propriétés se divisent à mesure que la population et le bien-être augmentent. Mais lorsque dans un pays de petites propriétés, des entrepreneurs intelligents, instruits, et ayant de grands capitaux, se livrent à l'agriculture, il est inévitable qu'il s'y forme de nouveau de grandes pro-
priétés, vu que les petits propriétaires ne peuvent pas y soutenir la concurrence des grands ; ainsi la terre donnera toujours le plus grand revenu net qu'elle peut produire dans des circonstances données, mais les petits propriétaires se trouveront dans la géne (6).
{a) L'habitude de ne pas diviser les propriétés, et l'opinion que cela est avantageux se sont tellement conservées en Flandre, qu'aujourd'hui encore , lorsqu'un paysan vient à mourir laissant plusieurs enfants, ceux-ci ne songent pas à se partager son patrimoine, bien qu'il ne soit ni majoratisé ou donné en fidéicommis; et ils préfèrent le vendre en bloc, et s'en partager le prix, parce qu'ils le considèrent comme un joyau qui perd de sa valeur lorsqu'il est divisé. — Voy. Schwerz , iMndwirthschaftliche Mittheilungen , i , 183.
(à) Le prix des journées est si haut aujourd'hui, et le fermage si élevé, que les profits d'une petite terre ne suffisent plus a l'entretien d'une famille, même la plus sobre et la plus simple. Quelque désavantageux que cela puisse être pour une population nombreuse et pleine de vigueur, les grandes propriétés deviennent plus nombreuses et il doit en être ainsi pour que les fermiers (their holders) trouvent des moyens d'existence, et que les petits fermiers se livrent à d'autres travaux » . Sinclair, Code d'agriculture, p. 87, 3 e édition. — En Irlande on voit aussi les propriétaires réunir plusieurs petites propriétés en une grande. — Dans la Flandre , pays de belle culture , les propriétés les mieux cultivées ont une grandeur moyenne de 97 arpents de Prusse (23 hectares). On y rencontre un cheval, une bête à corne et un âne par 3 1/3 arpents de Prusse et une charrue pour 23 journaux ; comme la terre y est légère, il suffit d'un cheval par charrue. — Cordier, sur l'agriculture de la Flandre française, p. 31 . — Hausse:*, Exposé historique et statistique de Vile de Fehmam. Altona, 1832, p. 197. On voit dans cet ouvrage, qu'il est d'usage dans la Bavière Rhénane , de former de grandes propriétés en agglomérant plusieurs petites. — Voy. dans Kostuofer ( Voyage dans les Alpes, p. 20), un exemple de division des terres poussée à son dernier point, dans les montagnes du canton de Berne. 1823, p. 20. Dans le village d'AarmuM, 40°/„des familles n'ont pas de vache, et le nombre des vaches y diminue en général ; on y voit jusqu'à des arbres fruitiers possédés par indivis.
Comparons maintenant les grandes et les petites propriétés entre elles, sous le point de vue des produits qu'elles fournissent à la société. L'opinion générale est que les grandes propriétés sont préférables, parce que. déduction faite des frais de culture, elles donnent plus de denrées nourrissantes qui peuvent être vendues au marché pour l'entretien des citoyens, ou mises en réserve pour les temps de disette et de cherté ; et qu'ainsi dans un pays partagé en grandes propriétés, il peut y avoir plus de grandes villes, et que les grandes propriétés sont plus utiles, daus les mauvaises années que les moyennes ou les petites. Mais cette opinion ne soutient pas un mûr examen.
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Car de même que les moyennes et les petites propriétés donnent plus de revenu brut et net quand elles sont bien cultivées, elles doivent aussi livrer plus de produits à la circulation pour payer le fermage et toutes les dépenses qui ne consistent pas en moyens de subsistance (§ 366 ). — Peut-être l'opinion des partisans de la grande propriété rcpose-t-elle sur ce que celle-ci présente à l'œil de plus grandes masses de produits. Mais l'expérience démontre les grandes ressources qu'offrent les pays divisés en petites propriétés (a). D'ailleurs le produit des moyennes et des petites propriétés ne consiste pas uniquement en blés , en bestiaux , mais encore en une quantité d'autres denrées utiles, qui servent à la nourriture journalière, ou qui sont destinées à procurer d'autres avantages, ou à servir de matières premières à l'industrie {b). Les fort petites propriétés doivent dans le cas, où leur revenu net n'est pas grand, livrer aussi moins de produits au commerce (§573).
{a) Lotz, Traité, h, 50, 33.
{b) Tels sont les œufs, le beurre, les volailles, le fromage, la laine, la cire, le miel, le tabac, le lin, le chanvre, les légumes, les fruits, les fleurs, etc.
Les grandes propriétés ont plusieurs inconvénients : d'abord elles ne permettent pas de tirer le meilleur parti possible du sol, et elles occupent un grand nombre de familles de journaliers, dont le sort n'est pas brillant et dont la position envisagée sous le rapport de l'économie sociale, n'est pas heureuse. Le salaire de ceux-ci qui est à peu près invariable, et d'ailleurs peu élevé, les met toujours à la veille d'être précipités dans la misère au moindre revers, et les force de s'imposer toutes sortes de privations (a); ils n'ont d'ailleurs ni ce zèle ni cette activité , ni cet attachement à leur pays, à ses lois, au gouvernement, qu'engendre la propriété [b). Cependant, il n'est pas mauvais qu'il y ait quelques grands propriétaires à coté des moyens et des petits ; car, ce n'est que dans cette classe, que l'on rencontre des cultivateurs qui ont reçu une éducation scientifique, dont les travaux peuvent servir de modèles dans la contrée, et qui ont assez de loisir pour s'occuper à perfectionner leur industrie; enfin ce n'est guère que sur les grandes propriétés qu'on peut faire des essais d'améliorations, et s'occuper en grand, de l'élève des bestiaux (<?).
(a) Ces motifs rendent vraisemblablement la mortalité plus grande en général, dans les pays de grandes propriétés ; c'est ce qu'on a cherché à démontrer, pour la France. La mortalité est de i/46 dans les départements où les propriétaires possèdent, terme moyen, 4 hectares (15 * arp. de Prusse), et elle est de 1/33 dans les départements où les propriétaires ont terme moyen 7 hectares (27 s journ.de Prusse). Voy. Journal des débats, 19 février 1826, etc. Thaeh, Introduction à la connaissance de V Agriculture anglaise, 11, 2, p. 32.
(b) Simoude, Nouveaux Principes, i, 173. — Tableau de la paresse des paysans du Meklcmbaurg , dans La.*gerk.e , Exposition de l'agriculture dans le Meklembourg, 1831, i, 41.— Pauvreté, ignorance et grossièreté des Talets de grandes fermes en Lomtardie. Rurger, Voyages, n, 208.
(c) En Flandre, on ne rencontre en général les moutons que dans les propriétés de 160 à 200 journ. de Prusse. On les appelle fermes à moutons. Cobdier, 99.
Quant aux droits des cultivateurs sur les terres qu'ils exploitent (§595) il y a plusieurs situations possibles, et dont les effets sur l'économie, sont fort différents. Nous pouvons les réduire à trois :
1° La position la plus avantageuse, est celle où le propriétaire est maître absolu de son fonds, parce qu'alors il a toute la liberté et tout le zèle désirables pour l'améliorer ; cependant il ne peut bien profiter de cette liberté que lorsqu'il a les connaissances requises et des capitaux suffisants (§ 367). Le propriétaire cultivateur, qui n'est pas obéré, est dans la position la plus heureuse ; car le fermage lui appartient, ainsi que les profits de son entreprise, et il peut par ses épargnes augmenter son capital, et supporter plus aisément les moments de crise qu'un fermier.
(a) D'après Llllin de Coateauvieux, il y a en France 34 2/3 millions d'arpents prussiens de terres labourables, appartenant à de petits propriétaires, 40 millions sont donnés à cheptel, 20 2/3 millions donnés à ferme, et 14 1/2 millions divisés en moyennes propriétés, sont cultivés par leurs maîtres.
Nous mettons au second rang, le système de culture par des hommes (fermiers) qui avec des connaissances et des capitaux, exploitent la terre comme toute autre industrie, afin de lui faire donner la plus grande quantité possible de produits {a). Cependant les fermiers en général, ne font pas facilement des améliorations dont l'effet s'étend au-delà de la durée de leurs baux. Les grands fermiers peuvent aussi exercer parfois une espèce de monopole, et dans la vente de leurs produits et vis-à-vis des ouvriers. Ceci n'augmente leurs profits qu'au détriment du bien-être public (6); mais un pareil abus ne peut exister que sous l'empire d'une législation vicieuse, ou lorsqu'il y a peu de cultivateurs riches, capables d'entrer en concurrence avec ceux-ci ou de provoquer la division des propriétés. Des fermiers qui n ont pas de capitaux suffisants à leur disposition, et qui n'ont pas à choisir entre plusieurs exploitations, ne sont guère aptes à faire une bonne culture, eldoivent même être mis après ces propriétaires dont les droits sont infiniment restreints (§ 378). Leur position est d'autant plus mauvaise qu'ils recherchent
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avant tout dans les petites fermes à assurer leur existence en travaillant euxmêmes comme leurs valets, que leurs faibles ressources ne leur permettent pas de perfectionner leurs méthodes, et qu'enfin par l'impossibilité où ils sont de se vouer à une autre industrie, le fermage les met dans la dépendance des propriétaires. Dans ces cas, soit qu'on stipule un fermage en numéraire (r) ou en nature (rf), les baux sont aussi peu favorables à la production en général, qu'aux propriétaires, et la pauvreté des fermiers ne permet pas d'espérer des améliorations.
(a) C'est la méthode la plus généralement pratiquée en Angleterre et en Belgique.
(b) Voir des exemples dans Sismoxdi, D'oureaux Principes, I, p. 22. La ville de Ronciglione, dans les états de l'Église, dépend entièrement d'un seul fermier dont les terres l'entourent tout-à-fait. —L'exemple du fermier qui d'après Gaspariw, gagne, sur une propriété de 100 hectares (390arp.de Prusse) 10%, de son capital, 8 °/o sur ISO â 100 hectares, 6 •/. sur 2îtà50 hectares et 3 °/ 0 seulement sur 1 à 10 hectares, s'explique en partie, par ce que nous avons dit au \ 369, en partie, parce que pour les petites fermes la concurrence est plus grande, et les fermages plus élevés.
(c) Comme le font les paysans de l'Irlande. Ce pays offre un grand vice dans l'usage des sous-locations par de grands fermiers, à d'autres fermiers qui souslouent encore à leur tour, car il en résulte que de grandes propriétés sont divisées entre un très-grand nombre de petits locataires. On voit même souvent à la mort de ces locataires , leurs terres soumises à une nouvelle division entre leurs héritiers. Voy. Crumpe, sur les moyens les plus propres de procurer toujours de l'ouvrage et du salaire aux ourriers f p. 304 (ail.).— Vox Soden, vi, 45.— Edenburgh Kûview, janvier 1823.— Jo*es, on the distribution of ff 'ealth, p. 143, (appelle le fermage de ces cultures Cottier-Rent). — En Portugal, et surtout dans la province d'Alentejo, les cultivateurs ne sont propriétaires que d'une fort petite partie de leurs terres. Ceci fait (Balbi, Essai statistique, I, 164,) que les terres sont entrêmement négligées, parce que les maîtres, dès qu'ils les voient améliorées, les reprennent pour eux, ou bien les donnent à un autre fermier qui leur offre un bail plus avantageux.
(d) Il faut ranger dans cette catégorie, le cheptel qui est en usage dans une grande partie du sud de l'Europe, et même dans les iles Canaries. Le métayer (medictarius, colono alla meta) doit donner au propriétaire la moitiédu produithrut de sa terre; mais cette contribution est vraiment trop forte, l'empêche de se nourrir convenablement, et de faire aucune épargne ; aussi généralement le métayer n'a-t-il pas même le capital nécessaire à son exploitation ; le propriétaire doit lui en faire l'avance. Partout, on trouve les métayers pauvres, ignorants, et dans un état voisin de la misère, à chaque mauvaise récolte. Avec ce mode d'exploitation on ne peut pas espérer de voir introduire des améliorations dans l'agriculture. Le métayer ne peut pas se tirer d'embarras en donnant un renoncement à son propriétaire, car dans l'état actuel de la population, iî se présentera au moins dix autres fermiers
qui se résigneront à de plus grandes privations que celui qu'ils remplacent : d'ail-
leurs son renoncement le laisserait sans travail ni argent, et dans cette position il devrait tâcber de fournir à son existence, en travaillant comme journalier. Voy. Hl'kgek . Voyage dans V Italie .supérieure, n, 193, 303 ( ail.).— Ad. Smith, ii, 180. — Sisxondi. Nouveaux Principes, i, 73-108.— Jones, on the distribution, etc., p. 73-108. Les paysans de l'état de Venise sont si pauvres, par suite de ce système d'exploitation, qu'ils ne peuvent pas fournir de caution; sur 1000 cultivateurs on en voit à peine 1 dans toute cette contrée, qui exploite sa propriété. Voy, Martens, Voyage à Venise, il, 98, et Bko*n, Voyages, n, 332, sur l'agriculture de Pise.
Enfin le système le plus désavantageux^ et qui se rencontre dans beaucoup de pays encore, est celui dans lequel les droits du cultivateur-propriétaire et ceux du propriétaire sur sa propre terre, sont fort peu étendus ; c'est celui où par suite des droits que la loi accorde au seigneur sur les terres vassales, des prestations nombreuses qu'il peut exiger, des corvées , etc., les cultivateurs sont mis dans l'impossibilité d'employer les meilleurs moyens pour tirer un parti avantageux de leur sol (a). Mais si un pareil état de choses paralyse le zèle et l'activité du cultivateur, combien n'est-il pas pire encore, celui où les cultivateurs n'ont aucune espèce de droit de propriété, et n'ont pas même comme les fermiers une possession assurée par contrat , pour une certaine durée de temps. Ce système nous offre différentes positions, d'autant moins fâcheuses sous le point de vue de l'économie nationale, qu'elles se rapprochent davantage de celle des propriétaires {b).
(a) Jones eslirae que la culture par serfs ( Labor ou Serf Rents) encore en usage en Europe, et celui des Ryots en Asie, qui donnent au Prince comme propriétaire du sot, une partie du produit brut, y pèsent sur i/s ou i/e de la population. La position des paysans de l'Inde {Ryots) est devenue fort mauvaise, par les vexations de la classe des Zemindar qui de percepteurs de fermages, sont devenus une espèce de seigneurs propriétaires.
(ô) De plus amples détails sur cet objet trouveront leur place dans Je 2« volume
m QUELQUES-UNES DES BRANCHES DE L'AGRICULTURE. 339