‹ Traité d'économie nationaleChapitre 96 sur 109 · SUR LE COMMERCE D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION · texte numérisé non relu

SUR LE COMMERCE D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION

ta ni des produits de l'Angleterre en Espagne, en achetant en Espagne des produits qu'ils importent en France, pour y acheter, ou dans tout autre pays, des marchandises qu'ils importent enfin en Angleterre, est une espèce de commerce d'exportation et d'importation (Smith , n, p. 388) , qu'on a appelé commerce indirect ou commerce indirect de consommation (Kraus, Économie sociale, m, 215, (voy. S 412, (a)); à proprement parler, c'est une réunion de deux entreprises différentes; car l'achat de produits de l'Espagne pour les revendre en France, est un vrai commerce de transport.

(c) Le profit du négociant consiste dans la différence des prix de vente et d'achat de ses marchandises. La valeur des produits peut différer tellement d'un pays à un autre, que les premières exportations calculées sur cette différence, donnent de trèsgrands profits. Mais en général, la concurrence des acheteurs d'un coté devient bientôt si grande, et les prix des produits d'un autre, baissent bientôt au point que leur différence ne s'élève guère qu'à la valeur des frais de transport. La différence primitive des prix, est en raison inverse de la civilisation et de l'industrie des deux pays. Dans un avis officiel du Sénat de Russie, publié en 1773, on fit connaître le prix auquel 28 produits que la Russie exportait, se vendaient à Constantinople; on évalua en même temps leurs frais de transport et de tout genre, et il en résulta que le négociant réalisait un bénéfice de 24 »/.. Voy. Petssonkel, Système du commerce de la mer Noire, 1780, (traduct. Leipzig), p. 380. Ceci n'était toutefois pas un revenu net.

Aux avantages que promet le commerce d'exportation et d'importation sont attachés aussi quelques dangers pour l'économie nationale (§ 413). En effet, les relations internationales du commerce, peuvent être entravées par des guerres et par les mesures des gouvernements ; un peuple peut aussi se voir enlever son débouché par un autre peuple, qui produit mieux et à meilleur marché que lui ; et lorsqu'alors il survient une stagnation dans les manufactures qui travaillent pour l'étranger, on ne peut pas, pour le moment du moins, détourner, ni prévenir une perturbation du bien-être national; les capitaux elles travailleurs restent donc sans emploi, et ce n'est jamais sans de pénibles secousses que les ouvriers et les entrepreneurs trouvent de l'occupation dans de nouvelles entreprises. Le remède naturel dans ces circonstances, consiste en ce que les importations devenant moins nombreuses, parce que les exportations sont moins fréquentes, les sommes employées autrefois à l'achat de produits étrangers, servent à acheter maintenant des produits indigènes. Cependant il s'écoule parfois bien du temps, avant que les branches d'industrie qui sont dans une position critique (surtout lorsqu'elles ont pris un grand développement) prennent la direction que les nouvelles circonstances leur impriment, et avant que les crises soient passées. Ces malheurs qu'on ne peut pas prévoir, diminuent les avantages du commerce d'exportation et d'im-

porta lion. Toutefois qui voudrait sur cette éventualité, renoncer aux bénéfices que nous offrent les relations commerciales avec l'étranger (a)? On pourrait avec plus de raison concevoir des craintes, quand on voit une nation par suite du bas prix auquel elle peut acheter des produits de l'étranger, et sans avoir aucune certitude qu'elle pourra toujours les avoir de la même qualité, et à ce même prix , cesser de se livrer elle-même à une production de la plus haute importance pour son pays {b).

(a) C'est donc un devoir pour la politique extérieure, et une preuve de grande habileté politique, que de consolider de plus en plus les rapports d'amitié et de bon voisinage entre tous les états.

(b) Surtout parce que dans tous les grands états , les produits destinés a la consommation intérieure, sont bien plus important* que ceux qu'on exporte (confiér., S 61 (a)). Vof Malchus, Statiêtik und Statenkunde ($ 389).

B. Itapportsdf l' importation a l'importation.

Quand même la doctrine du système mercantile, pendant si longtemps regardée comme infaillible, ne nous porterait pas à rechercher le rapport des exportations aux importations , et ce qu'il peut y avoir de commun entre la balance tant vantée du commerce (a), et la différence de ces deux quantités, il serait néanmoins important d'étudier cette matière, parce que l'exportation appartient à la production, et l'importation à la consommation, et que dans le rapport de ces deux sortes d'affaires, on doit retrouver le rapport fondamental de la production à la consommation. La comparaison de ces quantités, ne peut, lorsqu'elle est exprimée en chiffres , reposer que sur les prix ; c'est aussi là, la seule manière de compter des négociants. Ce travail repose sur cette donnée de l'expérience, résultant de la nature même du commerce, que les services que deux peuples se rendent dans leurs relations commerciales, ainsi que les sommes qu'ils se doivent mutuellement de ce chef, sont parfaitement égales en hauteur (6). Il en est de même de la somme pour laquelle une nation fournit des produits à une autre, pendant le courant d'une année; elle doit nécessairement être égale à celle des produits qu'elle reçoit en échange; et dans cette balance de comptes, on ne comprend pas seulement les envois de marchandises et de numéraire, mais encore toutes les dépenses et les travaux que les habitants d'un pays ont fait pour ceux d'un autre, dans toutes les opérations, transactions et relations de commerce, comme le transport de marchandises, les déboursés que les expéditeurs ont fait à la réception et à l'envoi de celles-ci, les soins des commissionnaires, etc.

RAPPORTS DE L'EXPORTATION A L'IMPORTATION

(a) Voy. l'article : Handel&bilanz dans l'encyclopédie de Ersch el Grubek (de Rau). — Murhard, T/téorie et politique du commerce, i , 222 (allem.).

(b) Il est évident que cette égalité ne se trouve que dans l'origine des prestations conventionnelles , puisque les produits qu'on importe sont renchéris par les frais accessoires ($ 414).

Quand une nation nous semble dans certains cas envoyer plus qu'elle ne reçoit en retour, cela ne peut résulter que de fausses données statistiques, ou bien de prestations étrangères au commerce. Ces prestations unilatérales qui ne demandent ni remboursements ni équivalents proviennent :

a. Du fait des particuliers ; comme des sommes dépensées parles voyageurs à l'étranger (a), des fortunes transmises par succession (£), des cadeaux, des gains (e), des valeurs exportées dans les émigrations ;

b. Du fait des gouvernements; tels sont les subsides, les frais de guerre, les traitements des ambassadeurs (</).

(a) Beaucoup de propriétaires Irlandais dépensent leurs revenus en Angleterre, beaucoup d'Anglais habitent le continent (absentées), voy. $ 340. On évalue la consommation faite par des Anglais hors de leur pays de 3 à 3 i/s millions délivres sterli ng. Voy. Lady Morgan, Absenteism, Londres, 1825. Les nombreux voyageurs qui parcourent la Suisse, y répandent beaucoup de numéraire. Les uns y apportent de l'argent, d'autres disposent de lettres de change payables sur des maisons suisses, et qui servent à rembourser les marchandises que celles-ci envoyent en Angleterre.

(*) Les Espagnols chassés de Mexico emportèrent avec eux d'énormes sommes d'argent ; à Bordeaux ils versèrent environ 100 millions de francs. Un seul navire y apporta au mois de décembre , 1 1/2 million de piastres et 150surons de cochenille. Ward (Mexico in the year 1827. Londres 1828) dit qu'on évalue les sommes exportées de Mexico, de 80 a 140 millions de piastres.

(c) Sommes envoyées a Rome des pays catholiques. Elles s'élevaient pour l'Espagne jusqu'en 1820, à une valeur annuelle de 795,000 florins; voy. Communication de la Commission religieuse aux Cortès, 17 mars 1821. — Annales politiques universelles t vin , 3 e cahier (allem.). — Les envois les plus considérables de ce genre, se font par les colonies à la mère-patrie , et sans aucun retour, attendu que les propriétaires des plantations vivent en général dans cette dernière. Voici le tableau des rapports commerciaux de la France, avec ses colonies de 1787 à 1789.

Importation annuelle 613,543,333 livres.

Exportation ». 44 8,748,2 66 »

Excédant des importations 164,795,067 livres.

Cette grande différence provient, de ce que 240 millions de livres furent importées des colonies, en France, el qu'il ne leur fut renvoyé que pour 90 millions de livres de produits. Mais si la France a reçu gratuitement 150 millions délivres des colonies, il reste encore 14 millions, des 164 du tableau que nous venons de présenter, qu'il

faudrait payer a l'étranger, s'ils ne constituaient pas un bénéfice. Chaptal , Industrie française , i, 134.

(et) Le tribut aux états barbaresques.

Pour simplifier l'opération, et en omettant les prestations peu importantes du commerce, toute nation a trois moyens (§418) de rembourser les produits qu'elle achète à l'étranger. En effet,

1° Ou elle reste redevable de tout, ou de partie de la valeur des importations;

2 n Ou elle exporte du numéraire pour les payer ;

5° Ou elle les paie en produits.

Pour N° 1.

Les dettes, entre nations (a), ne sont pas, il est vrai, un moyen de payer les produits achetés par l'une d'elles : elles ne font que différer une liquidation inévitable ; nous ne pouvons en faire mention ici, que pour autant que la nation créancière considère momentanément sa créance comme un équivalent de ses envois, en sorte qu'il ne se fait pas immédiatement un envoi de la part de la nation débitrice, pour compenser celui qu'elle a reçu (6). Les dettes de nation à nation remontent à différentes causes, mais peu importe à laquelle, pourvu qu'on puisse satisfaire pour le moment les créanciers.

a. Ainsi l'on fait journellement, à de longs termes de crédit, des expéditions de marchandises dont on ne reçoit le paiement qu'après que de nouveaux envois ont été commandés ou même faits, de sorte que le vendeur reste toujours en avance, de la valeur d'un envoi.

b. Les gouvernements comme les particuliers font des emprunts à d'autres nations. Quoique ces emprunts ne soient pas le résultat du commerce, ils produisent les mêmes effets, et les conséquences en sont les mêmes,

a. Soit que les sommes empruntées ne représentent que la valeur des produits exportés, sans qu'il se fasse réellement exportation de numéraire (c);

p. Soit que les produits exportés se payent en numéraire, qu'on réimporte ensuite par des emprunts. Dans ce cas, les importations sont à la vérité payées en argent, mais comme le numéraire exporté est remplacé par l'argent importé à la suite de l'emprunt, il n'y a aucun changement réel quant au numéraire, et il n'y a en présence que des produits exportés et des sommes empruntées. Il n'est pas précisément nécessaire que les prêts soient faits à la nation qui a vendu les marchandises. L'expérience nous enseigne du reste, que les nations emprunteuses achètent d'ordinaire beaucoup aux nalio'ns qui leur prêtent.

(a) Sismokdi , Richesse commerciale, î , 198.-Storch , u , 337.

RAPPORTS DE L'EXPORTATION A L'IMPORTATION

(b) Cela est clair, surtout lorsque la nation qui prête reçoit des lettres de change, qu'on peut regarder comme le remboursement des produits exportés.

(c) La manière la plus simple de s'acquitter, est d'employer des lettres de change. Ainsi les créanciers, pour remettre les sommes qu'on leur a empruntées, achètent les lettres tirées par les vendeurs sur les acheteurs, et les envoyent à leurs débiteurs. — Le commerce d'effets publics , nous donne un exemple très-clair de la manière dont un peuple peut devenir débiteur d'un autre peuple; car ces effets vont fréquemment d'un pays dans un autre, sont achetés par les capitalistes, et peuvent être facilement revendus quand on veut s'en défaire. D'après les journaux anglais , des particuliers d'Angleterre possédaient en 1824, pour 37 1/2 millions de livres sterling (ou 450 millions de francs) d'effets publics étrangers, ce qui, si les obligations des corlès (5 millions sterling) sont payées un jour, donnerait un revenu annuel, à raison de 5 %>, de 22 1/2 millions de fl. — D'après un autre calcul dans lequel on a compris l'année 1825*, la somme nominale de ces créances, s'élèverait à 93 millions sterling ; mais on n'a pas déboursé pareille somme pour les acheter. Meyer , Britisch chronicle y v, 1 53.

On peut assurer que les emprunts faits par des particuliers à l'étranger sont destinés à des travaux productifs, et vont grossir le capital national (§ 134). Une partie des importations est aussi toujours immédiatement employée comme capital, soit en matières premières ou en fonds de consommation ; mais, si les importations consistaient uniquement en denrées nourrissantes, l'effet serait encore toujours le même; cardans ce cas, les capitaux qui auraient dû être employés à l'achat de ces denrées, seraient disponibles, et employés à d'autres opérations. Ces sortes d'emprunts ne se font pas fréquemment entre nations riches, car on ne se détermine à payer des frais de transport et l'intérêt à l'étranger, que lorsque l'intérêt des capitaux y est moins élevé que chez soi. Les nations pauvres complètent par des emprunts, ce qui leur manque de capitaux pour leur industrie; les peuples riches gagnent aussi à ces prêts, car ils leur fournissent un moyen plus lucratif que leur propre pays, de placer leurs valeurs accumulées (a). On n'emprunte jamais des sommes à l'étranger, dans l'unique but de lui acheter ses produits. La nation qui a emprunté des capitaux étrangers, et qui voit augmenter son bienêtre et par suite diminuer l'intérêt des capitaux chez elle , songe à rembourser ses dettes, dont l'intérêt, dans ce cas, est proportionnellement trop grand. Mais les emprunts que font les gouvernements sont rarement employés è des usages productifs.

(a) C'est à peu près ainsi, qu'agissent les particuliers (sauf la différence de leurs droits, dans ce cas), en faisant des entreprises commerciales, ou en fondant des manufactures dans des pays voisins, entreprises dont ils confient la direction à des

contre-maîtres. Les Anglais ont des établissements de ce genre , de Traies succursales industrielles, dans presque toutes les parties du monde.

Pour les considérations auxquelles nous nous sommes livrés antérieurement sur le prix de l'argent, dans les différentes contrées (§268, 270), nous permettent déjuger dans quelles circonstances une nation envoie à l'étranger, des lingots ou du numéraire, pour payer ses importations. Un pays ne pourrait voir longtemps s'accroître ou diminuer son numéraire, au point qu'il en résultât une hausse ou une baisse dans tous ses produits ; car du moment où la différence du prix des métaux, entre deux nations, excède les frais de transport ($ 271 (6)), on s'empresse d'expédier de l'argent des pays, où il est à bas prix, à ceux où il est cher. Les importations ne peuvent donc pas être payées en numéraire ; s'il en était ainsi, eu effet, les spéculations importeraient bientôt autant d'argent qu'on en a exporté (a). L'argent ne sert donc que rarement à payer les importations, car il prend toujours une direction opposée à celle qu'on veut lui donner (il sort des contrées où il est en abondance, il se porte dans celles où il est rare ). On se sert pour les liquidations, d'autres moyens de paiement, par exemple : de virements de parties (§ 420), ou d'exportations de marchandises (§ 424). Les sommes importées et exportées se balancent donc généralement (b).

(a) Ceci ne pourrait faire naître qu'une seule crainte. La rentrée de l'argent dans le pays qui paie ses importations en argent, et qui diminue par là , son numéraire, est soumise a une condition indispensable , savoir : que l'argent aura gagné en valeur, comparativement aux marchandises exportées ; parce que dans ce cas , on aura un grand avantage à acheter des produits de ce pays (§ 274). Les variations du prix ne pourraient donc apporter une perturbation dans les revenus des différentes classes de la nation ($ 276), que jusqu'à ce que l'on eût trouvé avantageux de lui envoyer du numéraire, et d'acheter ses produits. Cependant ceci n'est que rarement à craindre, car au moment où l'on expédie du numéraire, le cours du change est tellement éloigné du pair ($ 290) que cette différence suffit pour payer les frais de transport et la prime d'assurance. Ainsi quand cette différence s'élève à 2 °/., les négociants étrangers peuvent au moyen de lettres de change de 100 fl. disposer de 102 fl. dans le pays où le numéraire est cher, et cet encouragement est suffisant pour qu'on en fasse venir des produits qu'on peut acheter avec un bénéfice de 2 •/„. Avant donc que la valeur du numéraire d'une contrée, ait subi une hausse, le cours du change aura déterminé les négociants à faire des demandes de marchandises, et ces demandes rendront l'exportation de numéraire tout-à-fait inutile. Mais les habitants de ce pays pourront toujours prévenir les effets de la rareté du numéraire en accélérant la circulation , et en se servant de papier-monnaie. Il n'y a d'ailleurs pas d'État un peu important, qui n'ait une indus -

RAPPORTS DE L'EXPORTATION A L'IMPORTATION

trie qui lui est particulière, et dont les produits ne puissent, lorsque leur prix baisse sur son marché, être exportés avec avantage ($ 198, 195, 213).

(b) Les partisans du système mercantile, doivent nécessairement établir la possibilité et l'utilité d'un accroissement continuel de la masse du numéraire, par des importations d'argent. 11 ne serait pas facile d'en établir la possibilité par des données statistiques , car rien n'est plus aisé que de faire des envois d'argent en secret, lorsqu'on a quelque intérêt à le faire. On importa dans les États-Unis de l'Amérique du nord , ou ceci n'est pas le cas, en 1827-1838 :

En or, argent, barres, lingots et monnaies. . . 7,489,741 doll. Pendant la même époque, on en exporta. . . . 7,350,439 »

On voit que ces deux sommes sont à-peu-près équivalentes. — Voy. RosniirG, Y Amérique en 1829, u , 226.

En France au contraire on importa en 1830 , pour 284 millions en or, argent et platine; en 1831 , pour 223 millions; et on n'en exporta respectivement que 39 i/i millions, et 27 2/3 millions. De sorte qu'on peut admettre que le numéraire de ce pays, s'est accru de 400 millions; il n'est pas croyable que l'usure et les quantités employées dans les arts, aient dépassé 100 millions, pour ces deux années, mais il est vraisemblable que ces sommes, dont l'importation a été en partie provoquée par les emprunts du gouvernement , auront été exportées d'une autre manière. On a cité l'Angleterre, comme exemple d'un pays qui, par sa grande activité industrielle, peut amasser de grandes sommes d'argent , sans renchérir excessivement ses produits ni réduire les exportations. Mais on sait que le numéraire de la Grande-Bretagne , en y comprenant les bancknotes n'est pas fort considérable ($ 266 (a)). Son prix peu élevé dans ce pays, provient donc de ce qu'on l'achète a bon marché (S 270(6)), et l'exportation annuelle qu'on en fait, démontre qu'on n'est pas tenté d'en conserver plus qu'il n'en faut pour la circulation. Voy. les notices de 1814-1824 , de Voir Gulich , i, 188. — En général, dans tous les grands marchés , le numéraire varie sans cesse , c'est ce que prouvent les exportations qui s'en font chaque fois que le bas prix de l'escompte le permet. Sur l'avantage résultant de l'augmentation du numéraire, voir (S 273 (à) et t. u, S 298 (a)). Dans un sens opposé, Kaufmaitw, de falsâ A. Smithii circà bilanciam mercatoriam theoriâ, 1827, Heidelberg; et les Recherches de Smith , 1. 1 et u , passim.

Cette reglç a plusieurs exceptions qui méritent notre attention. Il y a des cas, en effet, où l'exportation et l'importation du numéraire ne produit pas un changement dans sa valeur, et où il peut conséquemment servir à payer les marchandises importées.

1° Tout peuple qui n'a pas de mines d'or et d'argent, doit annuellement importer une certaine quantité de métaux précieux,

a. Pour couvrir l'usure et les pertes qui s'en font chez lui ($277 bi '-)(a), et

b. Pour fournir des matières premières à ses orfèvres, ses bijoutiers, etc.

Considérés sous ce point de vue les métaux précieux perdent tout-à-fait

leur caractère de numéraire (ft), ce ne sont plus que des matières premières.

2° Toute nation qui n'emploie pas à son usage, tous les produits de ses mines d'or et d'argent, peut en exporter annuellement une partie (n°7) et doit nécessairement le faire pour les vendre. Dans ce cas encore, l'or et l'argent ne sont pas considérés comme monnaies, mais comme un produit destiné à l'exportation. L'introduction et la multiplication du papier-monnaie produisent le même effet, mais pour peu de temps seulement.

3" Les contrées dont la population, l'industrie et les richesses sont en progrès, ont aussi sans cesse besoin d'une plus grande quantité de numéraire, et peuvent en importer sans devoir nécessairement le réexporter.

4° Un changement insensible dans la quantité des métaux ne produit pas une variation des prix dans les grands états. Il n'y a donc aucune difficulté dans de pareilles circonstances, à balancer une petite différence entre les importations et les exportations, par des envois de numéraire.

{a) En supposant que le numéraire d'un pays s'élève à 30 fl. par tète, et la perte à 1/420, l'importation sera pour chaque million d'habitants, de 71,428 fl.

{b) Dans les bonnes années, les manufactures de Genève seules, employent 9373 marcs d'or, et 3000 marcs d'argent. Voy. Picot, Statistique de la Suisse, p. 533. On a récemment évalué l'or et l'argent manufacturés en Suisse, de 10 a 11 millions de francs de France. Bibliothèque universelle, août 1832.

Pour N° 5.

Enfin on peut payer les importations avec des exportations de produits. Cest aussi l'usage le plus général, et la manière la plus simple. Il est assez naturel que les exportations soient généralement égales aux importations, et que ces opérations soient déterminées réciproquement l'une par l'autre. Lorsqu'une (Telles augmente ou diminue, elle entraîne ordinairement une variation corrélative dans l'autre; car c'est sur la grandeur des importations que se mesure le revenu d'une partie des entrepreneurs, des capitalistes, et des propriétaires, et leur consommation. Ainsi quand les exportations d'un pays diminuent, elles ont pour résultat naturel de réduire les importations de marchandises qu'il ne produit pas lui-même et qui sont destinées à des consommations de luxe (a).

Il est impossible de s'imaginer (et l'expérience le confirme) un pays qui importe sans cesse des produits étrangers et les paie en argent; à moins que ce pays n'ait des mines d'or et d'argent, ou de bien riches colonies pour s'approvisionner de ces métaux. Les grandes importations n'ont rien qui doive

RAPPORTS DE L'EXPORTATION A L'IMPORTATION

nous alarmer : ne démontrent-elles pas en effet que le peuple chez qui elles se font a des ressources constantes pour payer les nations qui lui font sans cesse des envois? Il est vrai que celui qui achète et fait venir des produits de l'étranger ne s'inquiète pas de la manière dont ils seront payés. Mais de quelque manière que les étrangers soient payés, rien ne doit faire craindre pour la nation qui reçoit des importations. Il est avantageux pour les producteurs et les consommateurs que les marchandises importées soient payées avec des marchandises exportées (§ 413); et on ne railles paiements avec du numéraire (S 422) ou des créances ($ 420), que lorsque ce mode de paiement n'offre aucun inconvénient.

(a) Les lies Canaries expédient aujourd'hui moins de vins en Angleterre qu'autrefois, et de l;i provient qu'ils achètent aussi moins de produits des fabriques de France. Voir Colkma:*. Mac-Gregok, les îles Canaries, p. 189-193.

D'après ce que nous venons de dirç dans les § § précédents, on voit qu'il faut considérer l'équilibre entre les exportations et les importations, comme la condition unique et indispensable de la durée, et de l'avenir du commerce d'exportation et d'importation. Cependant il y a plusieurs causes qui peuvent détruire cet équilibre pendant un temps plus ou moins long.

1° Un pays expédie plus de produits dans tel autre qu'il n'en reçoit, lorsqu'il prête à ce dernier, ou lui fait des prestations unilatérales qu'on ne paie pas, ou qu'on ne paie que momentanément en argent («)(§ 418-19). Il n'y a pas de doute, qu'on ne doive considérer comme un signe favorable et un indice de fortune pour une nation, l'excédant de ses exportations (sur ses importations) provenant des emprunts qu'on lui fait (§ 80). Toutefois, ce n'est là, qu'une preuve de l'inégalité des fortunes nationales ; la nation emprunteuse améliore sa position avec les capitaux qu'on lut prête, et gagne autant que la nation prêteuse.

2° Les contrées qui produisent beaucoup d'or et d'argent, importent, par ces motifs, plus de marchandises qu'elles n'en exportent, parce qu'elles peuvent payer une partie de leurs importations en lingots (§425).

5° Comme les liquidations du commerce ne se terminent pas réciproquement dans l'espace d'une année, et que souvent les produits ne sont remboursés que deux ou plusieurs années après leur exportation , il peut se faire, que lors même que les produits ne se paient réellement qu'avec des produits, l'importation d'une année diffère considérablement de l'exportation.

4° Lorsqu'on évalue les importations et les exportations d'après le prix des lieux d'envoi et de réception, la valeur des importations doit, abstraction

Digitiz

faite de toute autre cause, être plus grande, de tous les frais d'expédition du commerce extérieur, et du profit des négociants (§ 414, n° 1) (6).

(a) Des prestations de ce genre sont payées entre nations, avec des marchandises ; l'Irlande a annuellement plus à payer à l'Angleterre qu'elle n'en reçoit (S 419 (a)). C'est pour ce motif que de 1700-94 l'exportation moyenne de l'Irlande fut de 1,195.810 livres sterling supérieure à ses importations; mais lorsqu'on 1795, les Anglais commencèrent à prêter aux Irlandais, les capitaux dont ces derniers avaient besoin , cette proportion changea. L'Irlande eut de plus fortes dettes à payer, mais elle exporta moins. Ainsi de 1795-99, ses exportations surpassèrent encore ses importations de 466,466 livres sterling, tandis que de 1801-04 ses exportations furent de 1,071,428 livres sterling moins grandes que celles-ci. Voy. John Lbslie Fosteh , an cssay on the principles of commercial exchange and more particularly, of the exchange bettoeen Gr. Br. and Irel. London, 1804.— Huttner, Annales anglaises, xvu vol. Pendant les dernières guerres entre l'Angleterre et la France, celle-ci exporta de plus en plus, à mesure que ses dépenses pour la guerre augmentaient. Le motif pour lequel la différence entre les exportations et les importations ne semble pas s'élever à la hauteur des dépenses occasionnées par la guerre, se trouve en partie dans l'inexactitude des données officielles, et en partie, dans ce que beaucoup de dépenses occasionnées par la guerre, se faisaient en Angleterre même.

L'excédant des exportations sur les importations, fut terme moyen : pendant les années de paix de 1784 à 1792, 905,190 livres sterl. annuellement, pendant les années de guerre de 1793 a 1801, 4,537,891 » »

». de 1803 à 1815, 9,543,756

Le commerce avec l'Allemagne, et surtout celui avec la Prusse, donna pour les exportations en 1784-1792 un excédant de 535,723 livres sterling. 1793-1801 » 4,337,891 » 1802-1815 » 3,581,800

Voy. CésAR-MoREÀU,rtro*e du commerce anglais avec tous les états du monde, traduct. allem. Stuttgard, 1824, 4 folio. En France les importations n'ont jamais été aussi insignifiantes qu'en 1815. De 1815-1820 les exportations ont surpassé les importations de 746 millions, (voy. Tablettes, Von Gulich, 1 e ' cah. p. 29); et il faut rapprocher cela de la contribution de guerre de 700 millions, t. m, § 77.

(6) Il est vraiment étonnant que les partisans de la balance du commerce aient perdu ceci de vue. Une nation qui exporte pour 10 millions de francs, et importe pour 11 millions, gagne 10 •/„ a cet échange.

Les partisans du système mercantile méconnaissent les lois naturelles du commerce entre les nations; ils s'imaginent qu'il peut continuellement y

RAPPORTS DE I/EXPORTATION A L'IMPORTATION

avoir une différence considérable entre les importations et les exportations d'une nation (balance du commerce), différence qui se paierait par des envois d'argent; et qu'ainsi une nation peut exporter sans cesse une grande partie de son numéraire, et que d'autres an contraire augmentent le leur. Soutenant qu'il ne faut juger de l'importance et de l'utilité du commerce extérieur, que par les données de la balance, l'excédant des importations sur les exportations est à leurs yeux, un bénéfice, qu'ils indiquent sous le nom de balance favorable du commerce; et ils estiment qu'un pays perd toute la différence, indiquée par ces termes, balance défavorable (a). Mais ce système est battu en brèche de toute part, et par les recherches sur le prix du numéraire dans les différentes contrées (§268), et par les démonstrations de l'histoire, laquelle ne cite pas une seule nation qui par suite d'un commerce de ce genre, supposé désavantageux, ait perdu son numéraire et ruiné sa prospérité. N'est-il pas d'ailleurs incroyable, que les lois qui président à l'organisation sociale, ne permettent à chaque peuple d'entrer dans la voie de la prospérité et des richesses, et de s'élever, que sur les ruines des autre».

Il nous reste encore à examiner deux arguments que les partisans du système mercantile employent pour apprécier l'importance de la balance, ce sont :

1° Le cours du change,

2° Et les tarife des douanes.

(a) On rencontre encore ces expressions dans plusieurs ouvrages tout modernes, voy. le commerce de ta France, Paris, 1824; par le Comte de Vàublakc, p. 58 : « Suivant les états, la France a obtenu en 1820, un avantage de 91 millions, mais en 1821 , de 10 millions seulement. — On conçoit qu'un commerce presque stationnaire se change ensuite en perte. >» — On devrait éviter d'employer de pareilles expressions, car en supposant même que celui qui s'en sert, n'y attache pas un faux sens, elles peuvent du moins donner Heu à des malentendus.

Lors même que le change serait au-dessus ou au-dessous du pair, non pas quant à la valeur nominale des monnaies, mais quant à leur valeur intrinsèque et réelle, il ne pourrait pas servir à faire connaître la balance du commerce. En effet :

1° Il prouverait seulement que les paiements que deux pays ont à se faire ne sont pas les mêmes. Mais rien ne démontrerait pour cela, que ces paiements fussent destinés à couvrir des envois de marchandises (§ 291 ).

2° Il ne prouverait jamais que pour le commerce de deux nations seulement. Il n'est pas rare à la vérité, qu'une nation envoie du numéraire h une

autre, pour liquider ses dettes; mais ses relations avec d'autres nations rétablissent bientôt cbez elle l'équilibre entre l'exportation et l'importation du numéraire (§ 422). L'ensemble des expéditions faites par une nation à toutes celles avec lesquelles elle est en relation, comparées à toutes les importations qu'elle en a reçues, constituent seules la balance du commerce, et sont gouvernées par les lois que nous avons expliquées antérieurement. Il faudrait donc, s'il n'y avait en jeu aucune des causes dont nous avons constaté l'influence, (n° 1 ci-dessus), et pas de dettes à payer, comparer en même temps, le cours du change de tous les pays sur celui dont on veut connaître l'état commercial, pour établir sa balance. Mais il n'y a pas toujours de change régulier entre tous les pays, et souvent les envois de marchandises entre des places peu distantes l'une de l'autre, ne font subir aucun changement au change.

(a) Smith, tom. m, ch. i, passt'm.

Les données des bureaux de douanes ne méritent pas plus de confiance. Il est surtout important de nous arrêter un moment, sur ce qu'elles ont d'incertain, parce que c'est sur ces données que reposent en général les jugements que l'on porte sur les avantages ou les pertes qui résultent du commerce extérieur, et qu'on se base pour justifier les changements à apporter aux lois de douane (a). Les tableaux des exportations et des importations fournis par la direction générale des douanes, de chaque pays, et sur la foi desquels on établit la balance, ne peuvent pas

1° Donner exactement le chiffre des produits importés ou exportés, parce qu'ils ne contiennent pas les importations et les exportations faits à l'inçu de l'autorité. La fraude est inévitable, quand les tarifs sont élevés; or il n'est pas possible de combler les lacunes provenant de ce chef, dans les données du gouvernement. On ne peut pas dire que les importations et les exportations faites en fraude se compensent ; car, d'après le système de tous les tarifs, les droits à l'exportation sont d'ordinaire peu élevés, pour les matières premières, qu'il est difficile de frauder à cause de leur volume ; tandis qu'ils sont élevés à l'importation sur les produits manufacturés qui ont une grande valeur sous un petit volume. Ainsi, c'est à l'importation, et pour éviter des droits élevés qu'on cherchera à pratiquer la fraude ; on peut donc admettre en général, que les données officielles sur les importations restent plus en deçà de la vérité que celles qu'embrassent les exportations {b).

(a) Peul-étre nVt-on pas toujours non plus fait ces tableaux avec toute l'exactitude désirable, et a-t-on modifié les chiffres pour leur faire dire ce que l'opinion publique regarde comme l'indice d'une prospérité générale. Ces choses ont pu avoir

RAPPORTS DE L'EXPORTATION A L'IMPORTATION. 393

lieu dans les meilleures intentions. Un homme d'état , par exemple, connaissant la prospérité réelle de son pays, pouvait-il ne pas regarder comme fautifs, les chiffres qui lui assignaient une balance défavorable. Nous sommes conduits à cette observation par l'examen des balances mêmes de tous les pays, qui sont respectivement favorables à chacun d'eux, ce qui implique pourtant contradiction.

(b) Les tableaux de la balance du commerce du Wurtemberg annoncent pour 6 ans, une importation de 1850 quintaux de plomb, a raison de 15 6. le quintal, et 25 quintaux d'étain seulement, à raison de 58 fl.; qui ne conçoit qu'il y a dû y avoir beaucoup d'étain caché parmi le plomb importé? Memmikgbr, Description, p. 349. 11 y a des pays où l'on se dispense de tenir un état des marchandises qui ne paient aucun droit à l'importation ou a l'exportation. Cest une nouvelle preuve de l'imperfection des tableaux du commerce. Dans le tableau de l'Angleterre , on comprit jusqu'en 1797 les exportations d'or et d'argent, sans y comprendre les importations, parce que les métaux précieux ne paient pas de droits à l'entrée (César Moreau, cité plus haut). Tout récemment, il s'est trouvé que plusieurs pays ne faisaient pas mention de leurs exportations d'or.

Les tableaux du commerce ne permettent pas non plus de connaître les différentes espèces de marchandises importées ou exportées. Il est impossible en effet que les préposés des douanes contrôlent, sans entraver les relations commerciales, les déclarations des marchands, et que les négociants ne déclarent souvent des quantités moins élevées ou moins haut tarifées que celles qu'ils expédient. Quant aux prix des marchandises, ils présentent une nouvelle difficulté très-grave et qu'il est impossible d'éluder. Elle se trouve

a. Dans la source même à laquelle les prix sont empruntés. Quand les négociants déclarent eux-mêmes la valeur de leurs marchandises, on ne doit pas s'attendre à voir leurs déclarations toujours conformes à la vérité, car ils peuvent trop facilement réaliser de grands bénéfices, en faisant de fausses déclarations ; aussi, en général, leurs déclarations sont-elles inexactes. Si les gouvernements voulaient admettre un prix fixe, pour les produits importés, cette évaluation pourrait dans-un court espace de temps s'écarter sensiblement de la vérité, et d'ailleurs à la longue il serait en général insuffisant pour donner le chiffre de la balance. Cependant sous un autre point de vue, il peut être avantageux de prendre une base invariable pour les prix, parce qu'elle peut facilement faire connaître le montant des marchandises ostensiblement importées ou exportées (a) ; mais si les gouvernements, sans avoir égard aux déclarations des négociants, ne s'en tenaient qu'aux prix courants, ils n'obtiendraient souvent que des résultats trompeurs, vu la difficulté assez grande d'obtenir des renseignements précis.

b. Dans les temps et dans les lieux où on évalue les prix. Il est assez na-

turel de prendre les prix de l'intérieur, pour l'estimation des marchandises exportées ou importées, parce qu'ils indiquent les sommes reçues par le producteur indigène, et les dépenses que doit faire le consommateur. Mais lorsqu'on évalue les importations d'après la valeur qu'ont les marchandises sur le marché où on les achète, on obtient un résultat qui indique à la vérité la contre-valeur échangeable qu'il faut bonifier , mais dans lequel ne sont pas compris les frais d'importation. Si donc, on emploie la première de ces méthodes dans un pays, et la seconde dans un autre, on ne peut pas avec les données de la douane faire un bon tableau comparatif de leur commerce {b).

(a) Les tableaux de la balance du commerce en Angleterre se firent depuis 1696 sur les prix courants de cette époque, qui offrent l'avantage d'indiquer au juste les quantités de marchandises déclarées. Mais ces prix dits officiels (customAousc-prices) s'écartèrent insensiblement si fort des prix courants , que dans les dernières guerres , on estimait ceux-ci a 50 •/«, au-dessus de ceux-là; ce n'est que depuis 1820 seulement que les prix courants ont en général été trouvés inférieurs aux prix des douanes, circonstance qui ne démontre pas tant une grande baisse de tous les prix, que le bon marché des étoffes et fabricats métalliques exportés. En 1821, les prix courants déclarés ne s'élevaient qu'à 87°/, des prix du tarif des douanes; de 1826-28, terme moyen, à 72 °/ a . Depuis 1798 les tableaux des exportations de l'Angleterre contiennent aussi le prix courant des produits tels que les négociants les donnent, mais on ne doute pas cependant qu'ils ne soient réellement plus élevés que les déclarations. Voir Lowe, The présent slate ofEngland, et de Vaublasc, p. 14. — Comme les importations de l'Angleterre consistent principalement en matières premières, et les exportations en produits manufacturés , on peut estimer (§ 186) que les déclarations à l'importation, se rapprochent moins encore que celles à l'exportation, des prix courants. Les tableaux qui donnent l'idée la plus juste du commerce extérieur, sont ceux qui contiennent l'énumération des produits importés et exportes, sans indication de prix. Voir Ferbeks, Beitrœge, et Vos Hoffmann, Beitrœge zu nœhere Kenntniss fur Gesetzgebung und Fertoaltund des Gross. fierz Ifessen, p. 180.

(b) En 1696, on évaluait en Angleterre les marchandises importées, d'après leur valeur aux lieux où on les avait achetées. C'est ce qui se fait encore en France aujourd'hui, et le gouvernement consulte lui-même les prix courants. Dans les États- Unis de l'Amérique du Nord, on évalue aujourd'hui les importations d'après leur valeur dans ce pays, et les exportations d'après les prix des produits, au lieu où on les expédie.

Quelles que soient les difficultés qu'on rencontre à faire un bon tableau des exportations et des importations, il ne faut pas ralentir de zèle dans ce travail, si l'on veut parvenir à connaître, approximativement du moins, la

RAPPORTS DE I/EXPORTATION A L'IMPORTATION

marche des affaires commerciales , et les changements qui surviennent dans l'exportation de telle ou telle marchandise (a); avec une grande vigilance et des mesures propres à foire diminuer la fraude (principalement des droits, peu élevés), on peut prévenir les erreurs (b). Il importe surtout de connaître l'étendue des exportations, parce qu'elle indique Timport de valeur des produits indigènes fabriqués pour l'étranger, lequel comparé à celui des matières premières importées pour les manufactures de l'intérieur, permet de conclure à la grandeur du revenu national {$ 413 n° 1). Lorsqu'on connaît les exportations, on regrette moins de n'avoir que des renseignements peu précis sur les importations, parce qu'on peut toujours être certain, qu'elles iront jusqu'à concurrence de celles-là. Un accroissement ou une diminution des exportations est ordinairement lié à une extension ou à une diminution momentanée de la production. C'est donc sur ce pied, et non d'après les données de la balance, qu'il faut juger de l'influence des exportations et des importations, sur le bienêtre et la prospérité des nations (c).

(a) En France on établit sous Louis xiv, un bureau de la balance du commerce chargé de recueillir soigneusement les prix courants des marchandises, et de les porter sur les tableaux du commerce. De Vaublahc, p. 77.

(b) 11 est en tout cas, avantageux de comparer les données des tableaux du commerce à celles qu'on peut se procurer ailleurs, sur les relations commerciales d'un pays , afin d'essayer en quelque sorte Ie6 renseignements de ceux-là par les calculs de celles-ci. Voy. Vo5 Malchus, Statistik, p. 291. Voici quelques documents sur des importations et des exportations qui sont peu différentes quant à leur valeur :

IMPOITATIORS.

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