SDR LE COMMERCE D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION
à recouvrer, de nation à nation, on verrait que les importations dépassent les exportations, (comparées les unes et les autres aui prix sur les lieux de fabrication). La différence, déduction faite des frais du commerce, constitue le profit des marchands.
2* Dans les économies que font les consommateurs en achetant les produits importés, à un taux moins élevé, ou dans la plus grande valeur qu'ils obtiennent au même prix. Cet excédant de valeur échappe nécessairement à tout calcul \b).
(a) Smith, ii, ch. v.— Ricardo, Principes, ch. 6 et p. 144.— Contre Smith: Herrenschwand, Dissertation sur le commerce extérieur des nations de V Europe. Édit. allem. Berlin, 1790.
(6) Krug (Richesse nationale de la Prusse, i, 820) estime qu'il n'y a que le bénéfice qu'on fait sur les exportations qui doive être considéré comme un accroissement du revenu national, parce que le profit que font les marchands sur les marchandises importées, sont payés par leurs concitoyens. En supposant qu'un peuple exporte 1 i/a million de scheffel de blé, à 2 fl. le scheffel, coûtant 300,000 fl. de frais de transport, etc., et qu'il en retire 3,600,000, il ne gagne que 300,000 fl. Que s'il importe, en paiement de ce blé, des produits étrangers, qui coûtent 100,000 fl. de frais, mais qui se vendent dans le pays à raison de 4,000,000, il n'aura toujours gagné que 300,000 fl. qui eussent été partagés entre les consommateurs s'il avait vendu ces produits importés pour 3,700,000. Mais on peut admettre avec certitude, que malgré les prix élevés, les consommateurs font encore des bénéfices sur la valeur.
L'avantage qui résulte du commerce d'exportation et d'importation, par suite de la division du travail, est nécessairement réciproque (§151), comme le gain qui se fait dans tout échange. Chacune des nations qui prend part à ce commerce, fait un profit , bien qu'on ne puisse admettre qu'elles en tirent toutes, le même avantage, par cela même que toutes n'y prennent pas la même part. Lorsqu'un peuple fait le commerce d'exportation et d'importation avec ses propres capitaux, ses navires et ses voitures, qu'il exporte à ses risques , ses produits sur les marchés étrangers , et qu'il en achète d'autres au lieu de leur fabrication, et les rapporte dans son propre pays, il fait ce qu'on appelle le commerce actif. On appelle commerce passif celui des peuples qui vendent leurs produits à des négociants étrangers, et se laissent par ceux-ci fournir leurs marchés (a). Pour le commerce passif, il ne faut pas de plus grands capitaux que pour le commerce intérieur; il offre une grande facilité, et n'expose pas à ces dangers attachés aux expéditions lointaines ; aussi convient-il aux pays qui n'ont pas encore beaucoup de capitaux, et pour qui, il est plus utile d'employer ceux qu'ils possèdent, à l'industrie manufacturière. Mais d'un autre coté le commerce passif n'offre pas
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toujours des débouchés aussi sûrs à la longue, tandis que le commerce actif d'exportation peut plus facilement en ouvrir, et procurer des relations nouvelles; ce dernier commerce convient donc mieux aux pays riches. Comme les envois par eau contribuent surtout à son extension , sa prospérité est intimement liée dans chaque pays, aux progrès de la navigation, et médiatement au bas prix des bois de construction, et à l'habileté des constructeurs de navires.
(a) On entend parfois par commerce actif 'celui qui nous rend créanciers de l'étranger ( commerce d'exportation) ; commerce passif celui qui nous rend ses débiteurs (commerce d'importation). Mais ces dénominations ne sont pas justes, car le commerce d'exportation est nécessairement lié au commerce d'importation.
On se sert des dénominations de commerce actif et passif pour indiquer qu'un peuple emploie plus ou moins de capitaux et de bras à son commerce d'exportation et d'importation, qu'un autre; elles ne sont donc plus applicables, quand cette différence a cessé d'exister ; alors chacun des deux peuples qui se trouvent en relation d'affaires, rivalise de zèle dans ses exportations et ses importations, et leur concurrence réciproque tourne au profit des offrants et des demandeurs (a). Chaque nation n'emploie dans cet état de choses, qu'une partie du capital nécessaire pour son commerce avec toutes les autres nations. Toutefois les capitaux qu'on y emploie, restent plus longtemps dans la circulation, avant de rentrer dans la possession de leurs propriétaires, vu que les opérations sont plus longues, à cause de la distance des lieux d'expédition (6); mais en revanche aussi, les négociants font de plus grands bénéfices parce que l'importance des entreprises, et les connaissances spéciales et les relations qu'elles exigent, limitent la concurrence (c). C'est ce que l'on voit surtout dans les branches de commerce nouvellement exploitées; cependant les bénéfices qu'elles offrent sont moins grands qu'ils ne le paraissent, lorsqu'on songe aux dangers auxquels ces opérations exposent, et à la prime d'assurance qu'elles exigent, laquelle est contenue dans les frais de transport, et doit être défalquée du profit (§239). Les fabricants qui travaillent pour le commerce d'exportation, ne peuvent pas réaliser pendant longtemps plus de bénéfices que d'autres entrepreneurs d'industrie, à moins que les débouchés ne se multiplient.
(a) Il n'y a plus aujourd'hui que fort peu de peuples qui fassent un commerce passif d'exportation; cependant les Chinois nous en offrent encore un exemple, dans leurs relations avec les Européens.
(6) Celui qui fait une expédition de marchandises à l'étranger, achète en général, des produits, qu'il importe dans son pays ; et cela est nécessaire, môme pour éviter que les navires ne retournent a vide. Le commerce que font les Anglais, en impor-