CHAPITRE PREMIER
Dépôts des métaux en couches
Dans bien dos» circonstances il est nécessaire de recouvrir les métaux d'une couche mince d'un autre métal, soit pour leur donner
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une autre teinte, soit pour les préserver de toute altération. Les métaux que l'on dépose de préférence sont l'or, l'argent, le cuivre, l'étain, quelquefois le platine et le zinc. Actuellement, dans plusieurs industries, les dépôts s'opèrent par suite de l'action décomposante de l'électricité. Du reste, dans ces différentes circonstances les principes invoqués et les appareils employés sont les mêmes ; les dissolutions seules changent. Afin de mieux préciser les différentes conditions dans lesquelles il est utile d'employer l'électricité, nous croyons devoir faire précéder l'exposé de la méthode de dorure et d'argenture à la pile de quelques considérations relatives à la précipitation des métaux et à la dorure au trempé.
Précipitation des métaux, de leurs dissolutions, par d'autres métaux plus oxydables. On sait depuis longtemps que lorsqu'on plonge dans une dissolution métallique un métal plus oxydable que celui qui est en combinaison, ce dernier est ramené à l'état métallique par l'autre, qui se substitue à sa place en proportion atomique équivalente. Le dépôt qui se forme sur la surface du métal précipitant est tantôt pulvérulent, tantôt il est plus ou moins adhérent ; cette adhérence est quelquefois très-grande, comme on en a un exemple dans l'étamage et le zincage du fer, et dans la dorure et l'argenture du cuivre dite par immersion. Les effets produits, dans ces divers cas sont dus en partie aux affinités, en partie à l'action électro- chimique provenant du courant résultant du contact du métal précipitant et du métal précipité, et de l'action chimique concomitante. Ce concours simultané des affinités et des courants fait rentrer l'étude des effets produits dans l'électro-chimie.
Lorsqu'un métal oxydable, tel que le fer, est plongé dans une dissolution de cuivre, de sulfate par exemple, le fer s'oxyde aux dépens de l'oxygène de l'oxyde de cuivre, et l'oxyde de fer formé se combine avec l'acide sulfurique. Le cuivre devenu libre se dépose sur le fer ; il en résulte aussitôt un couple voltaïque qui donne une nouvelle énergie au pouvoir précipitant du fer, attendu que l'électricité dégagée dans l'oxydation de ce dernier, se transformant en courant , vient augmenter l'énergie des affinités. Tous les effets doivent cesser aussitôt que la surface du fer est recouverte de cuivre ; aussi l'action décomposante du fer va-t-elle continuellement en diminuant.
Nous donnons, ici, d'après M. Dumas, le tableau des sels métalliques dont les dissolutions sont décomposées ou non décomposées par des métaux, avec réduction des oxydes.
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