CHAPITRE II
Dépdls des oxydes en couches
Peroxydes de plomb et de fer. Si l'application des métaux sur d'autres métaux plus oxydables, pour préserver ceux-ci de l'influence des agents atmosphériques, occupe depuis longtemps les esprits , et si l'on a obtenu des résultats satisfaisants dans certains cas, quels ne seraient pas ces avantages si l'on substituait aux métaux moins oxydables des oxydes inaltérables, tels que les peroxydes de plomb et de fer, surtout ce dernier, qui est tellement fixe qu'il résiste à l'action de température très-élevées. Cette question peut être résolue aujourd'hui à l'aide des appareils précédemment décrits, et en suivant à peu près le même mode d'expérimentation que pour obtenir les peroxydes anhydre et hydraté de plomb (page 130). Mais, avant d'indiquer comment il faut opérer, nous rappellerons que dans les expériences faites par l'un de nous pour recueillir tout le plomb et le manganèse qui se trouvaient dans une dissolution, sans qu'il en restât aucune trace (voir page 134), le peroxyde de chacun de ces deux métaux se déposait sur la lame positive en couches formées de parties peu cohérentes, et n'ayant aucune adhérence avec cette lame, qui devait être de platine ou d'or, pour éviter de faire naître de nouvelles réactions. Pour résoudre la question qui nous occupe dans ce moment, il faut que le dépôt de peroxyde soit adhérent, non point seulement sur l'or, le platine ou l'argent , qui n'ont pas besoin d'être préservés, mais bien sur le cuivre, le fer et autres métaux d'un emploi plus usuel, et qui sont exposés souvent à toutes les influences atmosphériques. 11 n'y a que les dissolutions des oxydes dans les alcalis qui puissent remplir ce but. Or, parmi les oxydes que dissout la potasse, et qui peuvent passer à un degré d'oxydation sui>érieur, condition indispensable pour opérer le dépôt, nous citerons le protoxyde de plomb, le protoxyde d'étain et l'oxyde de chrome, et pour
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l'ammoniaque, le protoxyde de fer, le protoxyde de cuivre, l'oxyde d'argent , les protoxydes de nickel , de cobalt, etc. ; mais il ne peut être question que des peroxydes insolubles, et nous ne nous occupons seulement ici que de la dissolution du protoxyde de plomb dans la potasse , et de celle du protoxyde de fer dans l'ammoniaque, afin de bien mettre en évidence le principe de la fixation avec adhérence des oxydes sur les métaux, et montrer la marche à suivre, pour l'appliquer à d'autres oxydes.
Commençons par la dissolution potassique de plomb : On a dissous dans un ballon 200 grammes de potasse caustique dans deux litres d'eau distillée, on y a ajouté 150 grammes de litharge. On a fait boinllir pendant une demi-heure ; on a laissé reposer la dissolution; après quoi, on a pris un cylindre en porcelaine dégourdie , rempli de la dissolution étendue de son volume d'eau. Le cylindre a été plongé dans un bocal contenant de l'eau acidulée par environ ^ de son poids d'acide nitrique , dans laquelje plongeait une lame de platine communiquant avec le pôle négatît d'un couple vol laïque ordinaire à courant constant; le pôle positif était en relation avec la pièce à recouvrir de protoxyde : supposons une lame de fer, et voyons ce qui arrive. La lame décapée à sec, adoucie à la lime et à la ponce, a été plongée dans la dissolution; il s'est dégagé aussitôt une grande quantité d'hydrogène sur la lame de platine, par suite de la décomposition de l'eau et de l'acide nitrique. L'oxygène, en se rendant au pôle positif, au lieu d'oxyder le fer, a changé en peroxyde le protoxyde de plomb , qui , attiré parle même pôle en raison de son état positif, s'est déposé sur le fer et y a adhéré. Quelques minutes ont suffi pour que la lame soit recouverte de peroxyde de plomb, de couleur noire ayant une légère teinte brunâtre. La pièce retirée , lavée et séchée à la sciure, a supporté le poli au rouge d'Angleterre; la surface a pris alors un aspect noir plombeux d'un assez vif éclat.
Une lame de cuivre substituée à la lame de fer a présenté les mêmes effets de couleur; l'adhérence a été un peu moins forte. Sur l'argent, le plaqué, surtout sur les objets dont la surface est légèrement rugueuse, couverte d'aspérités , l'adhérence nous a paru plus forte , et les pièces ont supporté le bruni à la sanguine. La couleur est noir de jayet. Des rouilles découpées ont été préparées de cette manière , et les nervures ont été brunies sans qu'on ait détaché le peroxyde. In petit buste en laiton recouvert de peroxyde de plomb et bruni a présenté l'aspect d'un joli bronze. Après quelque temps
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d'expérience , la surface métallique se recouvre d'un précipité de peroxyde de plomb, qui a peu d'adhérence et dont l'effet est tel qu'il a le reflet d'un beau velours noir. Tant qu'il se dégage du gaz hydrogène sur la lame de platine, l'opération marche bien; quand le dégagement cesse, l'action électro-chimique est diminuée ou a tout à fait cessé. Pour savoir à quoi s'en tenir à cet égard , on plonge la lame de platine dans de l'acide nitrique pour décaper sa surface, et l'on cherche dans le couple voltaïque la cause du ralentissement de l'action décomposante du courant. Si l'on n'en trouve pas, c'est une preuve que la couche d'oxyde déposé a acquis assez d'épaisseur pour ne pins permettre au courant de passer. Dans pe cas, il faut arrêter l'opération.
Le fer se recouvre facilement de peroxyde de plomb. On a voulu voir jusqu'à quel point il était possible d'en déposer sur un canon de pistolet dont la surface avait été décapée à la lime et à la ponce; les résultats ont été aussi satisfaisants qu'il était permis de l'espérer ; la surface du canon a pris sous la peau et le rouge d'Angleterre un éclat assez brillant. On n'a pas encore entrepris des recherches pour savoir jusqu'à quel point il était possible de garantir de l'influence des agents extérieurs les canons d'armes à feu et divers objets en fer d'un usage habituel.
On a vu plus haut que la surface du fer prenait un aspect noir; si l'action dure peu de temps, la couleur du précipité est jaune d'ocre, couleur qui se fonce de plus en plus, et à laquelle on peut donner un autre ton, comme on le verra plus loin.
Le moyen le plus simple de préparer la dissolution ammoniacale de fer, qui doit être aussi placée dans un appareil semblable à celui qui a été décrit précédemment, est de faire à chaud une dissolution de protosulfate de fer , de la placer, afin de lui enlever l'air qu'elle renferme, sous une cloche dans laquelle on fait le vide, et de la conserver ensuite dans un .bocal fermé à l'émeri : on met une certaine quantité de cette dissolution dans le cylindre de porcelaine , et l'on verse dedans de l'ammoniaque également privée d'air, en quantité un peu plus que suffisante pour dissoudre le protoxyde de fer. On y plonge de suite, après décapage préalable, la pièce à recouvrir, qui est mise en communication avec le pôle positif du couple ; l'on agite avec un tube la dissolution , et l'on ferme le cylindre pour la soustraire à l'action de l'oxygène de l'air qui tendrait à faire passer le protoxyde à l'état de peroxyde. Malgré toutes ces précautions, il se dépose toujours de l'oxyde vert dont la
formation est impossible à éviter. En opérant comme nous venons de l'indiquer, dès que le circuit est fermé, il y a dégagement d'hydrogène sur la lame de platine, et l'oxygène, en se rendant sur la pièce à recouvrir dans la solution ammoniacale, peroxyde le fer qui se dépose avec adhérence. En effet, le protoxyde de fer, jouant le rôle d'acide par rapport à l'alcali , est attiré par la pièce qui est à l'état positif, et y adhère, par la même raison que l'or, dans la dorure, adhère au cuivre qui est négatif. Mais tous les métaux ne sont pas aptes à recevoir de semblables dépôts ; ceux dont les oxydes sont solubles dans l'ammoniaque doivent en être exclus, attendu que l'oxygène qui est transporté oxyde non-seulement le peroxyde de fer, mais encore le métal qui forme l'électrode positive ; nous citerons pour exemple le cuivre. Avec ce métal , une grande partie de l'oxygène, étant employée à oxyder le cuivre , ne peut réagir sur le protoxyde de fer; mais il n'en est pas de même à l'égard du fer et de l'acier, qui se recouvrent d'une couche adhérente de peroxyde de fer. Quelques minutes suffisent pour donner au dépôt une couleur brun-rouge ayant un peu l'aspect du cuivre précipité. Le dépôt prend le poli, frotté avec la peau et le rouge d'Angleterre. Quand la surface a été préparée convenablement, c'est-à-dire bien décapée à sec, puis par l'acide sulfurique concentré et la potasse caustique , le dépôt peut être bruni à l'acier. Un canon de pistolet , un outil en acier et divers objets ont été recouverts de peroxyde avec un égal succès.
La couleur brun-rouge du dépôt est toujours la même quand la lame reste peu de temps immergée; mais, si la durée est plus grande, il se produit des effets de couleur que nous allons décrire, parce qu'ils ont des rapports avec les différentes teintes que prend le peroxyde de fer quand il est plus ou moins calciné. On sait que le sulfate de fer donne par la calcination une belle couleur rouge qui devient plus foncée quand il provient du persulfate de fer, et une teinte brun-noirâtre quand il est préparé au moyen du deutonitrate de fer; tandis qu'avec le protonitrate, à une calcination modérée, on a une couleur violette foncée que les peintres appellent violet de mars : si on pousse le feu trop loin, on obtient la couleur rouge ordinaire du peroxyde. On ne peut attribuer ces jeux de couleur à la composition chimique de l'oxyde, puisque la quantité d'oxygène est la même dans tous* les oxydes. On ne voit donc que l'arrangement moléculaire qui puisse en rendre raison; mais ce n'est là encore qu'une supposition ; or on retrouve ces mêmes teintes dans
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l'application du peroxyde de fer sur le fer ou l'acier , en opérant à l'aide d'un seul couple à courant constant fonctionnant avec de l'eau modérément acidulée. Dans les premiers instants, ce dépôt a la couleur rouge ; sa teinte se fonce de plus en plus, et, au bout de plusieurs heures, elle a la teinte violette foncée qui constitue le violet de mars des peintres. Avec deux ou trois couples, elle tourne peu à peu au noir; l'adhérence du peroxyde diminue, et il arrive un point où le dépôt est tout à fait noir, et où l'adhérence est à peu près nulle.
Tous ces effets sont dus à la diminution successive dans l'intensité du courant , par suite de l'épaisseur qu'acquiert la couche de peroxyde qui ne conduit pas, ou du moins qui conduit très-mal l'électricité, aussitôt que toute la surface de fer est recouverte. Les dépôts rouges sont inaltérables à l'air, tandis que les dépôts très-foncés s'hydratent peu à peu, et se changent en hydrate de peroxyde de fer n'ayant plus de cohérence. Or que se passe-t-il en continuant Topération? Il y a superposition de nouveaux dépôts et transport d'une plus grande quantité d'oxygène ; c'est donc à ces deux causes qu'il faut attribuer non-seulement les changements de couleur, mais encore les changements dans l'état d'agrégation des parties déposées. 11 pourrait bien se faire que tous ces dépôts colorés, ayant le même aspect que les peroxydes obtenus par la calcination, fussent des combinaisons de peroxyde et de protoxyde, qui ne se formeraient que quelque temps après les premiers dépôts, et dont l'existence ne serait que de courte durée, par suite de leur hydratation.
Ces observations doivent être prises en considération par les personnes qui s'occuperont de l'application aux arts du principe que nous venons de faire connaître; mais, comme le dépôt rouge se forme en peu d'instants, il sera facile d'éviter les composés noirs qui ont peu ou point d'adhérence , et qui paraissent se former quand il n'y a plus que peu de protoxyde de fer en dissolution dans l'ammoniaque.
Jusqu'ici il n'a point été question delà température, ou du moins les expériences sont censées avoir été faites à la température ambiante ; mais si l'on opère à ï:>° environ, comme nous l'avons fait plusieurs fois, les dépôts ont plus de fixité, soit parce que la dilatation qu'éprouvent les parties permet aux molécules de peroxyde de se déposer plus facilement dans les interstices superficiels , soit parce que la force d'agrégation a plus d'énergie à cette température. On conçoit très-bien comment il faut opérer pour varier les t. n. 16
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teintes. On peut, par exemple, déposer sur l'or, l'argent, des couches plus ou moins épaisses de peroxyde, et obtenir ainsi des tons agréables. Il est probable que d'autres oxydes pourront être déposés sur les métaux en suivant la même méthode.
On a opéré avec un bocal rempli d'eau acidulée, dans lequel plongeait le diaphragme renfermant la dissolution alcaline. Ne serait-il pas possible de se passer du diaphragme et d'opérer immédiatement dans la solution alcaline, en prenant un nombre suffisant de couples à courant constant ? Cela présenterait quelques difficultés, ]wr la raison toute simple qu'une partie du métal se déposerait sur la lame négative, de manière que la dissolulionne renfermerait bientôt plus de métal. A la vérité, cet inconvénient existe, mais à un moindre degré, dans l'appareil simple, par suite des effets d'endosmose qui transportent de l'oxyde de plomb dans l'eau acididée. On pourrait y remédier en grande partie en ne se servant que d'un seul liquide : dans ce cas on mettrait dans le bocal la même dissolution alcaline, moins l'oxyde, que celle qui se trouve dans le diaphragme; mais alors il faudrait un plus grand nombre de couples, parce que Ton n'aurait plus un liquide aussi facilement décomposante que l'acide nitrique pour fournir de l'oxygène.
Nous croyons devoir indiquer quelques précautions à prendre à l'égard de la préparation de la dissolution ammoniacale de protoxyde de fer, afin que celle-ci soit très-claire. On met dans un bocal qui ferme à l'émeri de l'ammoniaque aussi concentrée que possible, et l'on verse dedans du protosulfatc de fer privé d'air, jusqu'à ce qu'il se forme un précipité; on bouche, on laisse opérer le dépôt, et l'on a une dissolution de fer aussi claire que possible, que l'on peut conserver ainsi pendant quelque temps.
Tout porte à croire que l'on pourra appliquer aux arts les procédés que nous venons d'indiquer, pour déposer les peroxydes de plomb et de fer sur les métaux d'un usage journalier, afin de les préserver de toute altération de la part des agents atmosphériques, dépôts qui ne peuvent manquer, du reste, de produire de lwns effets en raison de l'inaltérabilité de ces oxydes, surtout du peroxyde de fer ( Becquerel ) .
Dépôt du peroxyde de plomb sur les métaux avec coloration. Le dépôt des couches très-minces de peroxyde de plomb sur certains métaux permet d'obtenir des teintes aussi variées et nous pouvons dire aussi riches et aussi éclatantes que celles que nous présentent les ailes des papillons des régions tropicales. Les pièces
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. qui reçoivent ces teintes acquièrent d'autant plus d'éclat qu'elles ont été frottées préalablement davantage avec la peau et le rouge d'Angleterre ; le bruni, rendant la surface plus brillante, détermine la réflexion d'une plus grande quantité de lumière, en sorte que J 'éclat des couleurs en est rehaussé.
Avant de faire connaître comment et sur quels métaux ces effets sont produits, nous entrerons dans quelques détails sur ce qui se passe dans la fixation des oxydes. Nous avons posé en principe, dans le chapitre précédent, que, tel est l'état de la surface du métal , tel est l'état de la dorure : c'est-à-dire que si la surface est brillante, la dorure est brillante; si elle est mate, la dorure est mate. Or, dans le cas actuel , le dépôt de peroxyde ayant lieu sur un métal électro-positif, L'influence de la surface ne saurait se manifester quand le métal est oxydable, puisque l'oxygène tendrait sans cesse à modifier cet état. Nous ne pouvons donc opérer que sur l'or, le cuivre doré, l'argent, le plaqué, et en général sur les surfaces conductrices, inaltérables ou peu altérables, auxquelles on donne avant le dépôt l'aspect mat ou brillant.
D'un autre côté, rappelons les effets des anneaux colorés, produits par des lames minces, lesquels vont recevoir ici une nouvelle application. Un corps diaphane quelconque réduit en lames suffisamment minces parait coloré des nuances les plus vives et les plus variées. On en a un exemple dans les boules de verre soufflées à la lampe, et dans les bulles de savon qui nous présentent des couleurs très-vives et changeantes comme celles du plumage de quelques oiseaux. Les corps opaques réduits en lames également très-minces produisent des effets semblables, puisqu'elles sont alors douées de la transparence; il en est encore de même quand ces couches sont déposées sur des corps opaques. C'est à une cause semblable qu'il faut attribuer les nuances diverses que prennent les matières polies, comme le fer et l'acier, par l'action simultanée de la chaleur et de l'oxygène de l'air ; action qui fait naître des pellicules d'oxyde très-minces jouissant des propriétés des lames minces. Les teintes variant avec l'épaisseur, il s'ensuit que si elle n'est pas la même dans la lame, celle-ci doit nous présenter les couleurs relatives aux différentes épaisseurs. Les couleurs changent également suivant l'obliquité sous laquelle on la regarde , puisque l'épaisseur de la couche change en même temps.
Afin que les personnes qui voudront s'occuper de la coloration des objets d'or et d'argent se rendent bien compte des effets proie
duits, nous allons rappeler succinctement les principaux phénomènes des anneaux colorés. Voici comment on les observe : on fixe un plan de verre sur une surface convexe; on voit ordinairement une tache blanche centrale ou colorée, autour de laquelle viennent se grouper des anneaux diversement colorés. Vient-on à presser le plan sur la lentille, sans changer la position de l'œil, la tache centrale change de couleur, à mesure que la couche d'air interposée devient plus mince; enfin il arrive un instant où la tache centrale devient noire.
En examinant avec attention la composition des anneaux, on reconnaît que l'ordre de succession des couleurs pour la lumière blanche est toujours le même, quelle que soit la nature du verre.
I er anneau ou 1 er ordre des couleurs :
Noir, bleu très-pâle, blanc vif, jaune, orangé, rouge.
2 e anneau ou 2 e ordre :
Pourpre sombre, ou plutôt violet, bleu, vert (jaunâtre), beau jaune, rouge cramoisi.
3 e anneau : pourpre, bleu, vert de pré vif, jaune brillant, rose, cramoisi.
4 e anneau : vert (terne et bleuâtre) , rose pâle et jaunâtre rouge.
5 e anneau : vert pâle et bleuâtre, blanc , rose.
6 e anneau : vert pâle et bleuâtre, rose pâle.
7 e anneau : vert très-pâle et bleuâtre, rose très-pâle.
Au delà, l'œil le plus exercé ne peut distinguer des couleurs. On peut se faire une idée de la nuance de la couche quand on pense que l'épaisseur de la couche d'air correspondant à l'anneau du premier ordre ne dépasse guère tôoïïû de millimètre d'épaisseur.
Pour recouvrir les surfaces métalliques d'un dépôt de peroxyde de plomb, qui présente des teintes aussi vives que celles des lames minces, on opère comme il suit : on attache l'objet ou la surface à colorer ab au pôle positif d'une pile de 2 ou 3 éléments à acide Fi B . i37. nitrique, et on la plonge dans le
+ y vase AB contenant la dissolution
^/ d'oxyde de plomb dans la potasse ^ — - indiquée plus haut ; puis on prend à
„ A \ ^Jrr -^iM' ,!.... la main un fil de platine C commitij| zJJ&' niquant avec le pôle négatif, et on le
promène dans le liquide à une certaine distance de la lame. Aussitôt le dépôt commence et présente les couleurs successives des lames minces.
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Quand on a dépassé le point nécessaire , ou que la surface n'est pas convenable, on lave la lame dans une dissolution étendue d'acide acétique qui fait disparaître le dépôt de peroxyde de plomb, et la surface est aussi nette qu'avant l'opération , et prête à recevoir une nouvelle couche d'oxyde.
Si la lame horizontale ab est assez large, et que le fil négatif soit très-près de sa partie centrale , il se forme sur sa surface une série d'anneaux colorés de nuances très-vives due à ce que le dépôt a une épaisseur variable du centre à la circonférence. Ce sont des anneaux de ce genre qui avaient été obtenus par iNobili avec d'autres dissolutions; mais, en tenant le fil négatif un peu loin de la lame, la surface de celle-ci se colore d'une manière uniforme, le dépôt ayant lieu à peu près de la même manière.
Les premières couches déposées de peroxyde, étant excessivement minces, jouissent nécessairement des propriétés des lames minces, et présentent conséquemment le phénomène des anneaux colorés; les couleurs se succèdent effectivement dans le même ordre que dans les anneaux colorés , mais des anneaux colorés vus par transmission (E. Becquerel); seulement dans les premiers instants elles sont modifiées par celle de l'or. Mais, si la surface métallique sur laquelle ce dépôt a lieu est brillante ou mate, les effets de couleur seront nécessairement différents, caries couches déposées, étant transparentes, permettent aux rayons qui pénètrent d'être réfléchis ou diffusés par la surface.
Occupons-nous de ce qui se passe avec des objets en or parfaitement polis. On prend pour bain métallique une dissolution de protoxyde de plomb dans la potasse, et pour appareil décomposant celui précédemment décrit, fonctionnant avec un couple ou deux à courant constant; tous les effets de couleur qu'offrent les anneaux colorés sont produits en peu d'instants.
Soient des petites boules en cuivre doré, munies d'une tige mince pour y adapter le fil conducteur positif; on commence d'abord par les frotter sur la peau de chamois , avec du rouge d'Angleterre, pour leur donner le plus beau brillant possible; après quoi on les plonge dans un bain bouillant de potasse caustique pour enlever les corps étrangers que la préparation mécanique a déposés sur leur surface ; en un mot, les surfaces doivent être décapées de la même manière que pour la dorure. Cela fait, on procède au dépôt des couches de peroxyde; on voit apparaître successivement les couleurs des anneaux colorés, en commençant par le rouge, altéré
par la couleur de l'or. Il faut avoir l'attention, après l'opération, fie laver à grande eau pour enlever la potasse qui, sans cela, réagirait sur le peroxyde et le décomposerait ; c'est ce qui arrive quand on colore de petites sphères creuses qui retiennent de la dissolution potassique. On évite cet inconvénient en séchant à la sciure de bois.
On conçoit parfaitement que ce mode de coloration ne peut servir que pour de petits objets, si l'on veut que la teinte soit uniforme; aussi doit-on agir sur des pièces isolées, que Ton monte ensuite pour former des objets d'ornement ou de parure.
La coloration commençant toujours par se manifester dans les parties extrêmes des électrodes, il est quelquefois convenable de toucher en différentes parties les objets que l'on a plongés dans la dissolution plombiquo, en les tenant entre les branches d'une pince en bois, avec l'extrémité d'un fil de platine en relation avec le pôle positif. En variant les points de contact, on finit par colorer les objets d'une manière uniforme ou diversement, suivant le goût de l'expérimentateur. On peut encore prendre l'objet entre les branches d une pince en fer, en relation avec le pôle positif, et le plonger dans la dissolution pendant le temps nécessaire pour que la coloration soit produite.
Les couches de peroxyde déposées adhèrent tellement aux surfaces, qu'elles résistent au bruni; mais il y a là seulement adhérence et non combinaison. Il n'en est pas de même probablement du dépôt de peroxyde de fer sur du fer, parce qu'il y a combinaison de protoxyde de fer qui se forme à chaque instant, avec le peroxyde de fer provenant de la combinaison du protoxyde dissous dans l'ammoniaque et de l'oxygène.
Si l'on veut obtenir des teintes uniformes sur une lame d'or en employant le peroxyde de plomb, il faut disposer l'appareil pour que cette laine soit parallèle à l'électrode négative, alin que tous les points de la lame reçoivent la même action électro-chimique. On y parvient facilement en employant, comme électrode négative, une pointe de platine obtenue, comme le représente la ligure 137, en plaçant un til dans un tube de verre, de façon que l'extrémité seule soit hors du tube; on promène alors le tul>e comme un pinceau à une certaine distance des objets attachés an pôle positif.
On colore de cette manière d'une nuance uniforme, mais variable de teinte avec l'épaisseur de la couche de peroxyde , les objets en or, en cuivre, en maillechort; les teintes que I on peut obtenir sont
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des teintes rouges, violettes, jaunes et vertes excessivement vives, surtout celles qui correspondent aux anneaux colorés du deuxième ordre. Pour avoir des teintes bleues, il faut platiner préalablement les pièces de cuivre au trempé (voir page 232), puis les colorer ensuite; alors le platine, qui est peut-être oxydé dans cette opération, donne des teintes bleuâtres, dont les nuances à un certain moment sont extrêmement vives.
Ces couleurs peuvent être utilisées dans la bijouterie, l'ornementation , car elles résistent au frottement; mais elles s'altèrent quand on les touche avec les mains humides ou qu'on les laisse longtemps exposées à Pair; mais sous verre, ou hors du contact des doigts, on les conserve indéfiniment On peut également couvrir les pièces colorées d'un vernis aussi incolore que possible, et les préserver ainsi d'altération; ce vernis doit être saturé d'oxyde de plomb ou être sans action sur ce corps, afin qu'au moment de son application il n'altère pas les couleurs (Becquerel).