‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux arts (volume 3)Chapitre 14 sur 38 · SI · texte numérisé non relu

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en même temps que l'arpent, et leur donnait une teinte jaune au tiout de peu de jours , en les plongeant à plusieurs reprises dans une solution de borax et les chauffant suffisamment pour décomposer le sous-cyanure. Après avoir été lavés et séchés , ces objets sont parfaitement blancs, et conservent leur éclat tant qu'on ne les expose pas à des émanations sulfureuses.

L'argent, comme l'or, s'applique à l'aide de l'électricité, en j>oids proportionnels à la durée des immersions , sans que la nature du métal qu'on argenté exerce une influence quelconque ; ce qui doit toujours avoir lieu quand ce métal n'est pas attaqué directement par la dissolution d'argent. On fait usage d'une électrode positive en argent dont la diminution de poids indique la quantité de métal déposé sur la pièce qui reçoit l'argenture.

L'argenture électro-chimique a été appliquée à la fabrication du plaqué par M. Belfleid-Lefèvre. Voici en quoi consiste le procédé dont il a fait usage :

On commence d'abord par préparer une plaque de laiton parfaitement polie , sur laquelle on précipite électro-chimiquement une couche d'argent pur, homogène et uniforme, dont on varie à volonté l'épaisseur, selon le titre que l'on veut donner au plaqué; puis sur cette couche d'argent on en précipite une autre de cuivre. Lorsque celle-ci a acquis une épaisseur suffisante pour offrir une masse résistante qui permette de l'employer aux mêmes usages que le plaqué, alors la plaque de doublé est détachée de la plaque métallique sur laquelle elle a été formée.

Si le principe est simple, son application n'est pas sans difficulté; et en effet la première condition à remplir est que la couche d'argent déposée sur la plaque de laiton ne contracte pas d'adhérence avec elle et reproduise parfaitement le poli de la surface ; il faut ensuite que le dépôt d'argent soit toujours identique dans son épaisseur et son état moléculaire , pendant un temps quelconque, afin qu'on puisse connaître à un instant déterminé l'épaisseur de la couche d'argent; il faut que le cuivre déposé se combine, pour ainsi dire, avec l'argent qu'il recouvre, et qu'il ait toutes les qualités physiques nécessaires pour être travaillé au marteau , et être employé aux mêmes usages que le plaqué ordinaire ; entin il est nécessaire que le procédé du plaqué galvanoplastique , afin de pouvoir lutter avantageusement avec le procédé employé pour la fabrication du plaqué ordinaire, soit facile , expéditif et économique; cette dernière condition n'a pas encore été remplie.

dépôts électro-chimiques

On a également appliqué l'argenture à la production du plaqué, mais en se bornant à argenter d'un côté des lames de cuivre planées. Pour obtenir ce résultat , on applique les lames deux par deux l'une sur l'autre par une de leurs faces, sans garantir les faces en contact avec un vernis. L'argent ne se dépose que sur les surfaces extérieures de chaque couple de lames, et par conséquent d'un seul côté.

Cuivrage. Le cuivrage électro-chimique s'applique à la tôle, à la fonte, au plomb, et même à d'autres métaux. On emploie, comme pour la dorure et l'argenture , les doubles cyanures alcalins et de cuivre A cet effet , on dissout le cyanure de cuivre dans le cyanure de potassium. Le cuivrage avec cette dissolution demande plus de temps que la dorure et l'argenture. Il faut mettre plus de cyanure comparativement que pour la dorure et l'argenture; on emploie 1 partie de cyanure de cuivre, 10 ou 12 de cyanure de potassium, et 100 eau; on opère à chaud de préférence. D'après les principes indiqués dans ce livre, l'électrode positive soluble doit être en cuivre, afin de maintenir le bain soumis à l'action de l'électricité au même degré de concentration.

Le cuivre peut être appliqué non-seulement sur le fer, la fonte et d'autres métaux, mais encore sur des substances non conductrices, en les recouvrant préalablement de plombagine qu'on fait adhérer au moyen du frottement ou avec un vernis.

Plalinage. Le platine peut être déposé par voie galvanique, mais en opérant d'une manière particulière. D'abord on peut déposer une légère couche de ce métal au trempé , en plongeant des objets en cuivre ou en laiton bien décapées dans une solution étendue de double chlorure de potassium et de platine , à la température de 60° ou 80°. Mais la couche ainsi déposée est très-légère (Becquerel).

M. de Ruoltz a employé le double chlorure de potassium et de platine dissous dans la potasse caustique.

MM. Lanaux et Roseleur sont parvenus à obtenir le platinage en employant la méthode d'opération suivante :

On prend 750 grammes de phosphate de soude ou 400 grammes de pyrophosphate de la même base ; on fait dissoudre dans 15 litres d'eau ordinaire et on filtre. D'un autre côté , on prend 15 grammes de chlorure de platine bien évaporé pour le priver d'acide autant que possible, on fait dissoudre dans 200 grammes d'eau distillée , et on précipite à l'étatde phosphate double de platine et d'ammoniaque au

GALVANOPLASTÎK.

moyen de 460 grammes de cette base. On verse ce précipité et le liquide qui surnage dans le phosphate dissous précédemment, on fait bouillir pendant quatre heures; l'ammoniaque se dégage, le bain, d'alcalin qu'il était, devient fortement acide, la liqueur perd sa couleur jaune , et peut alors être employée avec succès pour le dépôt de platine. Lorsque, par un usage trop prolongé, le bain e3t devenu trop acide, on peut le ramener à la neutralité au moyen de la soude ou de ses carbonates, sans que pour cela la blancheur et l'adhérence du métal soient altérées. On peut également faire un bain de platinage par un mélange de pyrophosphate et d'hyposulfite de soude ; mais, outre que le dépôt est moins blanc, il demande, pour s'effectuer, une pile plus forte, et par conséquent une plus grande dépense d'électricité.

L'iodure double de platine et de potassium a donné également d'assez bons résultats ; mais les sels qui conviennent le mieux sont ceux à base de soude ou d'ammoniaque , surtout lorsqu'ils sont associés.

Dépôts de différents métaux. Le plombage du fer, celui de la tôle et de tous les métaux , s'opère au moyen d'une dissolution d'oxyde de plomb dans la potasse, en suivant le même mode d'expérimentation que ci-dessus.

L'étamage du cuivre, du laiton, du fer, de la fonte , se fait également avec une dissolution d'oxyde d'étain dans la potasse, ou avec la dissolution employée dans l'étamage des épingles, page 498, et que l'on forme en dissolvant de l'étain dans la crème de tartre. Un appareil simple suffit pour opérer le dépôt de l'étain ; mais, quand on soumet du zinc à l'expérience , il faut employer l'action de plusieurs couples.

Les dépôts de cobalt et de nickel s'effectuent d'après les mêmes procédés, toujours avec des dissolutions alcalines. La surface recouverte de cobalt prend à peu près l'aspect du platine. Nous ne parlons pas de leurs applications aux arts, attendu que peu d'essais ont encore été faits à ce sujet.

Le zincage du fer est également très-facile à obtenir à l'aide de l'action chimique de l'électricité ; cette opération avait occupé M. Sorel , qui avait recouvert de zinc des lames de tôle , en employant le sulfate de zinc et l'appareil simple, avant que M. de Ruolz ne communiquât le résultat de ses expériences à l'Académie des sciences. La dissolution d'oxyde de zinc dans la potasse est employée aussi avec succès pour cette opération.

23<l DÉPÔTS ÉLECTRO-CHIMTQUBS.

Dans l'opération du rinçage ordinaire , qui consiste à plonger le fer, préalablement décapé, dans un bain de zinc fondu , a |>eu près comme on étame la tôle, le zinc s'allie au fer, avec; lequel il forme un alliage cassant , réparti inégalement sur la surface qui est déformée. Par conséquent cette opération ne peut être appliquée aux objets d'art qui doivent conserver leur forme ; il n'en est pas de même du zincage que l'on obtient au moyen de l'électricité, dont l'action régulière, quand elle est dirigée convenablement , permet de déposer sur les surfaces des corps une couche métallique uniforme. On voit combien on a d'avantages dans les arts à employer une force dont on peut varier l'intensité à chaque instant, ce qu'on rie saurait faire avec les affinités.

Alliages, lironzage électro -chimique. 11 ne suffit pas de déposer des métaux sur d'autres métaux plus oxydables pour les préserver de l'action «les agents extérieurs, il serait encore nécessaire de les recouvrir d'alliages de diverse nature , ordinairement moins altérables que les métaux dont ils dérivent, à cause d'une plus forte densité , Indiquant une plus grande cohésion entre les molécules. Hette question a été abordée par plusieurs personnes, mais n'a pas encore été résolue complètement , en raison de l'influence qu'exercent les masses sur l'action décomposante d'un courant qui traverse nri mélange de plusieurs dissolutions métalliques. On a vu page 41 dans quelles proportions doivent êtres mélangés ensemble le nitrate de cuivre et le nitrate d'argent , pour que lé dépôt électro-chimique soit composé de parties atomiques égales d'argent et de cuivre; ainsi, quand il se trouve dans une quantité d'eau donnée une partie atomique de nitrate d'argent et quatre-vingt-six de nitrate de cuivre, on obtient , avec un courant d'une intensité donnée, pour produits de la décomposition électro-chimique, une partie d'argent et une partie de cuivre. Avec un autre courant, ce rapport ne serait plus le même.

Aussi, quand on a un mélange de deux sels métalliques dans une dissolution traversée par un courant électrique, la décomposition ne se fait pas en proportion des sels dissous; elle dépend de la facilité de décomposition des sels, de leurs proportions relatives, et de la force du courant. En suivant la marche que nous indiquons, M. de Huolz a vérifié de nouveau le résultat que nous avons déjà cité , et a reconnu que pour avoir, par exemple , un alliage composé de quatre-vingt-dix parties de cuivre et dix d'étain , il faut employer une dissolution contenant ces deux métaux, dans

GALVANOPLASTIE.

des proportions toutes différentes ; nous répéterons encore que ces proportions varient suivant l'intensité du courant, ce qui ne permet pas de donner rigoureusement les proportions de ces sels pour un courant d'une intensité quelconque.

M. de Ruolz, pour avoir l'alliage de bronze des bouches à feu renfermant 10 à 20 p. »/» d'étain, a opéré avec une pile à courant constant, dont il n'a pas fait connaître la force, et une dissolution dont voici la composition: on prend 5,000 parties d'eau; on y fait dissoudre assez de cyanure de potassium pour marquer A 0 au pèsesel , la température étant de -+-25° c. ; on fait également dissoudre dans cette liqueur, à une température de -f- 50 à 00°, trente parties de cyanure de cuivre sec ; puis on ajoute au mélange , à la même température , dix parties de bioxyde d'étain ; une portion de l'étain réduit à l'état métallique apparaîtra sous forme d'une poudre noire; le reste se dissoudra, non pas (telle est du moins notre pensée) à l'état de cyanure double , mais à l'état de s tanna te de potasse , à la faveur de l'excès d'alcali contenu dans la solution de cyanure de potassium. Nous avons vu des pièces de fer bronzées au moyen de cette dissolution, qui avaient un aspect satisfaisant.

Cependant une des difficultés qui se présentent ici consiste en ce que les proportions changent à mesure que le dépôt s'opère ; pour éviter cet inconvénient on est dans l'habitude d'opérer avec un vase un peu grand, et en prenant pour électrode positive soluble une lame d'un alliage semblable au dépôt que l'on forme au jrôle négatif. Malgré ces précautions, le problème n'a été résolu que pour le dépôt des couches minces ; quand on a voulu appliquer ces principes aux dépôts en couches épaisses, on n'a obtenu que des lames cessantes.

On se sert avec avantage de dépôts do laiton en couches minces à la surface des objets en cuivre , pour donner un aspect de bronze aux différentes pièces métalliques; après ce dépôt préalable, on frotte la surface avec un mélange d'une dissolution étendue de sulfhydrate d'ammoniaque , de peroxyde de fer et de plombagine. On donne ainsi un ton foncé de bronze aux pièces de cuivre muge, principalement aux objets provenant de dépôts galvanoplastiques.

M . Heeren donne les proportions suivantes coninnî ayant parfaitement réussi :

Sulfate de cuivre

Eau*

Sulfate de zinc.

1 partie.

J3G DÉPÔTS ÉLECTBO-CHÏMÎQIFS.

Eau 16 parties.

Cyanure de potassium.. 18 »

Eau 36 »

On fait dissoudre séparément chaque sel dans la proportion d'eau prescrite, et on mélange les dissolutions; il se forme un précipité que Ton fait dissoudre, soit par l'agitation seule , soit en ajoutent un peu de cyanure de potassium ; au reste, le liquide peut, sans danger, conserver un léger trouble ; après avoir ajouté 250 parties d'eau distillée, on emploie une pile composée de deux éléments de Bunsen. On fait chauffer le bain à l'ébullition, et on emploie pour pôle positif une lame de laiton ; les deux pièces métalliques peuvent être placées très-près.

Le dépôt se forme vite, si la température est élevée ; au bout de peu de minutes, il s'est produit une couche de laiton dont l'épaisseur augmente rapidement.

MM. Brunei , Bisson et Gaugain ont substitué aux cyanures une dissolution dans l'eau , composée de :

500 parties de carbonate de potasse,

20 id. de chlorure de cuivre ,

40 id. de sulfate de zinc , 250 id. d'azotate d'ammoniaque.

Pour avoir le bronze , on substitue au sulfate de zinc un sel d'étain. A l'aide de ces dissolutions, on recouvre avec facilité de laiton ou de bronze le fer, la fonte, l'acier, le plomb, le zinc, rétain et les alliages de ces métaux , soit entre eux , soit avec le bismuth et l'antimoine, après un décapage préalable dépendant de la nature du métal. On opère à froid ; la pièce à recouvrir est mise en communication avec le pôle négatif d'une pile Bunsen , en prenant pour lame positive décomposante une plaque de laiton ou de bronze.

Quand il s'agit de recouvrir de grandes surfaces, l'expérience a prouvé qu'il fallait augmenter, non pas les dimensions des couples, mais bien leur nombre, c'est-à-dire donner plus d'intensité au courant.

Mais jusqu'ici, dans l'art du bronzage électro-chimique, on a préféré se servir des cyanures, et opérer le laitonage avant de noircir certaines parties de la surface par le sulfhydrate d'ammoniaque pour arriver au ton voulu. Quand on opère ainsi, il faut produire un bronzage clair; car la couleur de la surface se fonce toujours avec le temps.

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