CHAPITRE IV
Piles Yol laïques.
. Couplet à courant constant. Nous avons parlé, dans le livre If, delà pile voltaïquc et des piles à auges, à la YoUaston, de Muncke, et delà plupart des piles à un seul Uquide généralement employées. Ces appareils , ainsi qu'on Ta dit, sont loin de donner des effets réguliers; mais, comme les piles sont d^m usage journalier, il était nécessaire d'exposer les différentes sources électriques, avant d'indiquer les perfectionnements apportés aux appareils producteurs d'électricité. Nous avons traité avec détails la production de Télectricité dans les actions mécaniques et physiques, mais jus* qu'ici ces sources ne donnent que des quantités insuffisantes d^électricilé pour les besoins des arts ; c'est aux actions chimiques qu'il fout avoir recours.
. Lorsqu^on fait usage d'une pile voltaïque à colonne, k auges, k la Vollaston, de Muncke, etc. , montée comme il a été dit, pages 36 et suivantes, dans les premiers instants le courant est assez énergique, nuds il diminue assez rapidement d'intensité ; on ne peut donc songer à les employer quand il faut une action active et constante. Les causes suivantes diminuent l'intensité du courant : l"* le changenient dans la composition du liquide conducteur et la variation
330 CAUSES DD DtoAGBHKlIT
du travail chimique dans chaque couple; 2* les changements dans Tétai de la surface des métaux . en y comprenant les dépôts d'oxydes^ de ga2 , etc. y c'est-à-dire les eflets de polarisation. En s'opposant à ces changements^ on rend la pile constante; en outre ^ en augmentant la quantité d'action chimique produite et en 0{>érant avec les liquides les meilleurs conducteurs^ on augmente la quantité d'électricité dégagée.
Nous allons indiquer comment on est parvenu à obtenir les piles réunissant ces conditions, et quelles sont les formes actuellement en usage. Nous parlerons d'abord de chaque espèce de couple, qui est rélément essentiel de la pile ; ensuite nous indiquerons ce qui airive quand on réunit les couples pour former les piles.
On évite les changements dans la composition des liquides conducteurs, en prenant un vase assez grand pour que y dans un temps donné , il y ait toujours à peu près la même quantité d'acide dans Tappareil ; mais^ quand la pile est un peu énergique^ cela ne suffit pas pour assurer une force constante au couple : on a recours alors à un système de siphons qui renouvelle peu à peu le liquide. On doit remarquer qu'avec les couples tant soit peu énergiques^ si Ton opère avec le même volume d'eau acidulée^ on ne peut pas espérer avoir une intensité constante ; elle ne peut être qu'à peu près constante; la plupart du temps^ dans les arts cela suffit. Mais dans les recherches scientifiques^ où il est indispensable de remplir rigoureusement cette condition^ il faut avoir soin de maintenir le liquide à la même température et au même degré de concentration : sans cela l'intensité varierait rapidement; lorsque même cela est possiUe, on doit faire usage de couples peu énergiques ^ et Ton gagne alors en constance ce que Ton perd en intensité.
Zinc amalgamé. Pour maintenir les surfaces conductrices dans les mêmes conditions y il faut examiner les effets produits sur les deux métaux ou les deux conducteurs dont se compose le couple. Le zinc ordinaire dans l'eau acidulée donne, comme on le sait, du gaz hydrogène , même quand le circuit est fermé , ce qui indique que toute l'action chimique n'est pas employée dans le couple à la production de l'électricité; on y a substitué le zinc amalgamé, qui jouit de propriétés remarquables.
On amalgame le zinc en le décapant dans de l'eau acidulée par Tacide sulfurique^ et étendant dessus du mercure avec un tampon; cependant, si les plaques sont épaisses^ il faut amalgamer à plusieurs reprises et à différents jours d'intei-valie, pour que le mercure pénètre profondément.
D£ L*BLSCTBICITE. 221
Une plaque de zinc ainsi amalgamé n'est pas attaquée^ ou du moins Test très-faiblement dans Teau acidulée par Tacide sulfurique au milieu de laquelle on la plonge ; tandis que^ si on la touche avec un fil de cuivre ou de platine ^ elle est attaquée assez vivement : le zinc se dissout^ et l^ydrogène se dégage sur le fil métallique. Cette différence dans les effets paraît provenir, comme on le verra plus loin^ de ce que ^hydrogène, dans le premier cas, adhérant à la surface du métal, s'oppose à l'action ultérieure de Facide, ce qui n'a pas lieu dans le second cas, l'hydrogène se dégageant sur le fil qui est en contact avec lui.
Si on plonge dans l'eau acidulée une lame de zinc ordinaire et une autre amalgamée, et qu'on les fasse communiquer au moyen d'un fil de cuivre, la lame amalgamée se comporte comme le zinc, et l'autre comme le cuivre dans un couple voltaïque ordinaire. Ainsi la lame de zinc amalgamé se conduit comme un métal plus vivement attaqué par l'eau acidulée que le zinc ordinaire.
Ce qui distingue les effets produits dans Teau acidulée par une lame de zinc amalgamé en relation avec une lame de cuivre ou autre, de ceux qui ont lieu avec une lame de zinc et une lame de cuivre , c'est que l'action chimique , d'ordinaire violente et intense sur le zinc, est tranquille et uniforme sur les lames de zinc amal- {SIBOné. £n outre, les pouvoirs électriques sont plus fortement exaltés.
Mais d'où peuvent donc provenir les propriétés du zinc amalgamé? Jusqu'à présent on n'a pu répondre d'une manière parfaitement satisfaisante à cette question. Cette différence a été attribuée à la présence du fer, du cadmium , qui se trouvent dans le zinc impur, lesquels constituent autant de couples voitaïques; il résulte de cette multiplicité d'actions qu'il y a beaucoup de zinc détruit, et que l'hydrogène se dégage en apparence sur la surface, bien qu'en réalité ce dégagement n'ait lieu qu'à la surface des particules métalliques étrangères : on conclut évidemment de là que ces particules servent en même temps à décharger l'électricité du zinc , et dimi* nuent ainsi le pouvoir qu'a ce métal de produire un courant électrique, ce qui fait que l'intensité du courant qui passe dans le circuit métallique se trouve beaucoup affaiblie. En amalgamant la surface de zinc, on amène cette surface dans une condition uniforme qui détruit l'action des petits couples voitaïques. La difficulté est d'expliquer pourquoi la présence du mercure s'oppose à ce que le zinc soit attaqué tant qu'on ne le touche pas avec un fil de cuivre ou de
)S9 CAUSES DU DÊGAGBMEIIT
platine. Tout ce que Ton pont dire à cet égkrd, c'est que, la surface du zinc étant partout recouverte de mercure, une partie ne peut agir comme déchargeur vis-à-vis de l'autre; dès Icmts l'action chimique est suspendue. Un fiiit vient à Tappui de cette manière de voir, c'est que le zinc pur se comporte à peu près comme le rinc amalgamé dans Teau acidulée.
Deux avantages importants résultent de l'emploi de zinc antelganié. Le premier est que l'équivalent d'électricité s'obtient par l'oxydation iVxmc certaine quantité de zinc; on verra dans le tomell que Ton nomme éfjuivalent d'électricité celui qui donne par décomjH^sition un équivalent d'un composé chimique. Le secmid avantage est que le zinc n'est pas ou est peu attaqué, quand le circuit n'est pas fermé : nous disons peu attaqué, car, dans Teau acididée, il n'y a peut-être av(?c le zinc amalgamé qu'une action chimique faible. Kn outre de ces avantages, lors de l'action de l'eau acidulée le rinc seul est attaqué , le mercure ne l'étant pas, et la dépense en métal est par crela même moindre qu'avec du zinc ordinaire , puisqu'une même quantité de zinc amalgamé produit un plus fort courant qoe le zinc ordinaire.
Dépolarhation de Vélcdrode négative du couple. Dans les couples ordinaires, le cuivre qui sert de pôle négatif se polarise en se couvrant d'hydrogène, et de là résulte une augmentation de . résistance et une dimiiuition dans l'intensité des couples (voir page 201). Si la polarisation est constante, le couple peut c>onscrv«r à peu près la même force , mais n'a pas le maximum d^effet. On a conseillé de substituer au cuivre, du cuixTC platiné ou du platine platiné , qui, étant couvert d'une poudre noire de platine, pCTmel au gaz hydrogène de se dégager. On forme ainsi un couplô constant, mais ne donnant pas le maximum d'effet en raison de la cause que nous venons d'indiquer (couple de M. Smée). Il en est de même des autres dispositions analogues proposées pour laisser dégager l'hydrogène provenant de la décomposition de l'eau sans l'absorber.
On est conduit alors à plonger le conducteur négatif dans tm .autre liquide que celui qui attaque le zinc, liquide qui) par sa décomposition lors du passage du courant, empêche le dégagement de gaz hydrogène , ce gaz étant employé ou à réduire un sel métallique , ou bien à désoxyder une combinaison chimique, ainsi que cela a été dit piige 199. On a alors les couples à deux liquides. Ce sont ces couples (pie l'un de nous, avant qu'on fit usage des con-
Dfi L*ÉLBCTBICITé. 223
pies à courant constant, a formes en 1829 et i830, pour la reproduction de certaines sul^stances minérales ; quelques-uns peuvent fonctionner sans altération sensible pendant des mois, des années : nous en donnerons la description en traitant de rélectro-chimie (*).
Nous allons citer quelques-uns des couples en usage ; ensuite nous indiquerons les tentatives que Ton a faites pour les améliorer, et les conditions à remplir pour augmenter leurs effets.
Couple à oxygène. Il repose sur les principes exposés précédemment, et montre l'action produite par la réaction des deux dissolutions Tune sur Tautre (Becquerel). On a déjà vu, page 189, un moyen d'observer le dégagement de r<'île(tiicité lors do la réaction de Pacide azotique et de la potasse; mais, pour avoir des effets plus énergiques, on peut disposer le couple comme il suit :
Il est composé de deux bocaux en verre, dont Tun renferme une solutionde potasse caustique coneenlré, etlautnî de Tacide nitrique également concentré. Les deux vases coinmuniquent ensemble par Tîntermédiaire d'un tube de verre recourI)é rempli de kaolin ou d'argile exempte de cîirbonate de chaux, et humectée d'une solution lie sel marin. Dans le bocal oii se trouve Talcali plonge une lame d'or; dans l'autre, une lame d'or ou de platine. Si l'on met en commmiication les deux lames au moyen de lils d'or ou de platine, on a un courant assez énergique provenant de la réaction de l'acide surTeau et le sel marin d'uni; part, de la potasse de l'autre sur l'eau ' et le sel marin. La direction du courant montre que la lame plongée dans Palcali prend Télcetricité négative , et la lame plongée dans Pacide Félcctricité positive; la permanence dans l'intensité du courant pendant plusieurs jours annonce que les surfaces des lames ne sont point polarisées; il est facile, en effet, de le prouver. Pendant que cet appareil fonctionne, le nitrate de potasse qui se forme à chaque instant est décomposé par Paction du courant; Pacide est transporté au pôle positif, qui est la lame plongeant dans la*potasse, tandis que celle-ci est transiK)rtée sur la lame négative qui plonge dans Paeidc. Or Pacide et l'alcali transportés, se trouvant en contact d'un c(Mé avec la potasse , de l'autre avec un acide , se combinent immédiatement avec les liquides environnants , de sorte que les lames sont toujours parfaitement décapées; dès lors il ne peut y avoir aucun effet secondaire. Le courant ne diminue d'intensité que lorsque le nitrate de potasse qui se
(*) Annales de physique et de chimie , t. XLl, p. 1 et suiv. (1829).
224 CAUSES DU DSGiGSMBNT
forme pou à |)ou cristallise en assez grande quantité dans le tube de communication pour inten'ompre la circulation du courant; dans ce ctis, il faut changer Targile^ inconvénient que Ton évite en disposant rapi)aroil de la manière suivante : Le tube inU.i*médiaire est formé d'un tube de verre BB' ; ses
deux bouts entrent avec frottement dans deux tubes recourbés en platine^ comme l'indique la figure 72 , dont les extrémités libres plongent dans les liquides. Sur les tubes en platine E^ £' se trouvent deux petits appendices servant à établir la communication avec un galvanomètre^ un voltamètre ou tout auti*e api)arcil : les deux extrémités du tube ne renferment qu'une petite quantité d'argile retenue au moyen d'une lame très-nûooe de platine, et p(^rcée de trous pour laisser passer le courant. Le i*este du tube est rempli d^eau salée qu'on peut changer à volonté.
Si l'on veut donner plus d'énergie à Pappareil simple que nous avons décrit avant le modèle représenté figure 72^ on substitue à la lame d'or qui se trouve dans la potasse^ une lame de zinc amalgamé qui , étant attaquée par la solution de potasse y produit un courant dirigé dans le même sens que celui provenant de la réaction de l'acide sur l'alcali , d'où résulte un courant unique d'une intensité plus grande que celle qui provient de chacun d'eux.
Ce couple, fondé sur Faction nmtuelle de deux dissolutions^ peut servir dans des recherches scientifiques; on a vu précédemment, page d88, que son nom de couple à oxygène lui a été donnée cause du dégagement de l'oxygène sur la lame formée d'un métal inoxydable plongeant dans la potasse.
Les dispositions que nous allons indiquer permettent d'obtemr des couples à courant constant qui sont aujourd'hui généralement adoptées suivant le but que l'on se propose.
Coufilcs à sulfate de cuivre dam la cloison négative. M. Danîell, d'après les principes exposés précédemment, et qui se déduisent des expériences faites avec l'appareil à cloison décrit, page 99, a donné au couple la disposition suivante :
DE L'ÉLECTBICITÉ. 335
AB est un cylindre de cuivre ouvert it sa partie supérieure vl ng ^^. cloDt )a partie iiifùriouru est iHM'côe à
son cctilre. Au fond i-st nue portJon de cylindre nb plus gnuide quo l'ouver- L wm~- / turc, sur laquelle s'attai^lic fortement
Ll — P*^ — f 'â ""'^ portion d'intestin de ha'uf, qui * ' " ' s'attiiclie aussi en EF corrt.'spoiidant à
ab. Cette portion d'intestin forme un cylindre creux dans lequel plonge un niorceau de zinc amalgamé cd. Alors, si l'on emploie différents roupies. Us cuivre AU , qui l'St une des lauirs du roupie, est mis en rapport avec \v m\f.
d'un autre couple , et l'on peut ainsi former luio j)ile. A l'ouverture inférieure placée an centre de ab se trouve tm tube en »phon e{g recourbe en g, de telle sorte que , si on ajoute du liquide en EP dans le cylindre formé par l'intestin , il m coulera autant par ;, si l'intérieur du sac membraneux est d/'j^ rempli.
M. Daniell emploie^ pour liquides, de l'eau acidulée pur l'acide sulfurîque dans la case zinc, et une solution saturée; de sulfate <Ii! enivre à l'extérieur du sac membraneux. Seulement l'eau acidulée tombe goutte à goutte dans la case ïiun, et, ti mesure qu'elle tombe, elle cliasse dans le siplion l'oau aciduU^o chargée de sulfate dezinc, qui eA plus pesante et qui diminuerait l'action de la pile. Des morceaux de sulfate de cuivre placés dans la solution de sulfate saturent cette solution au fur et ii mesure que le sulfate dissous n décompose. Les couples ont 17 centimètres de hauteur sur 10 cru timèlres de diamètre, et l'intensité de l'action chimique reste sensiblement la même pendant plusieurs heuri.'s.
Un des avantages de cette pile et des piles analogues est qu'elle ne fonctionne pas quand le circuit est interrompu (voir zinc amalgamé, page S30} ; mais à |>cinc est-il établi , le sulfate i^st décomposé , l'adde sulfurique se porte sur le xinc et concourt à produire le courant électrique, tandis que l'iiydrogcne de l'eau décomposée réduit )e cuivre du sulfate sur lu surface du cuivre du cyjjndi-e extérieur. Le courant électrique résulte doue , I ° du ra<:tion de l'eau acidulée sur le zinc; 2° de l'action de l'acide sulfurique du sulfate de cuivre sur le même métal ; U° de l'action des deux dissolutions
9SA CIVSES DU D^OlOEHltlT
l'une sur l'autre. Celle dernière étanl la plus faible, le zinc se trouve être le [xile positif du couple. Dans ce couple ta polarisation est détruite, puisque l'clertrode négative, le cuivre, se couvre de cuivre et reste identique à elle-même, l'hydrogène provenant de li décomposition de i'eaa étant alors (d)sorl)é; sur le ziuo, l'oxygène csl employé il oxj-der le métal.
On peut donner à ces couples la disposition suivantoi qui pré> sente de très-lwns résultats :
i . . *^^ '*' On dispose une auge ea cuivre AB
(fig. 74 } , munie de deta ^ipendices creux aàj a'b' en biseau, eommaotquant avec l'intérieur de l'auge par plusieurs ouvertures, et rem^ de cristaux de sulfate de cuivre. Une lune de zinc amalgamé MN est placée daos un sac en toile à voile; en C et D sont soudés deux appendices de cuivre de*tinés à transmettre l'électricité dévfr:
loppée. Daos l'auge AB, on verfleone dissolution de sulfate de cuivre, et dus le sac servant do diapliragme , de l'eau salée ; le zinc et son ffi«phragme sont ensuite placés dans l'auge. En fermant le drcuit, Oa a alors un courant énergique. Cet appareil permet de recndlfr beaucoup plus d'électricité dégagée, parce que chaque faCe deli lame de âne est en présence d'une surface de cuivpé; c'est dote une des meilleures dispositions que l'on puisse adopter. Si l'on veot donner plus de force à l'action voltaïque, suivant les effets queToo se propose d'obtenir, on plonge l'auge dans de l'eau dont on élève la température, A 60" ou 80°, la réaction de l'eau salée sur le me est telle que l'action décomposante du couple est énergique. Une pile de dix éléments de CO centimètres de hauteur sur 40 de largeur, ainsi montée, a une action puissante.
On ne peut employer cette disposition pour une action de longue durée, àmoinsdcchangerlesdissolutions. Si l'on veutohtenir un conrant persistant pendant plusieurs jours, rien n'est tel qu'une disposition permettant , à l'aide de siphons, de renouveler le liquideqni Attaque ie zinc, afin d'enlever continuellement le sulfate de zinc forpé. Quant au sulfate de cuivre, en le maintenant toujours saturé avec des cristaux de ce sel, il peut fournira l'action pendant longtemps. On emploie très-fréquemment, dans ces couples, des diaptuvgniet
Dt L'^LBCTKICITi. MT
en porceillifie dégourdie , en baudruche ou en vearie. On pMit plooer le linc h l'inférieur ou h l'extérieur. Nous donnerons d-apfèi im exemple de dtaqoe disposition.
Le couple représenté Ag. 74 bis a le zinc à l'extérieur. Un dîa- Fia. 74 bU. phrngmo poreux P, en porcelaine dégourdie,
est placé à l'intérieur d'un vase en verre ou en terre. Une lame de cuivre C est mise à llntérieur du diaphragme; le sine s eA k l'extérieur. On Tcrse une dissolution saturée de sulfate de cuivre dansie diaphragme, et de l'eau légèrement acidulée on de l'eau salée dans le vase oti plonge le linc, ou même mieux encore une dissolutiou de sulfate de zinc.
Une des causes du défaut de constance de ces couples est llnenutatîon des vases poreux ; aussi , en employant comme liquide le mI marin et le sulfate de cuivre, cette incrustation s'opère rapidement ; il vaut mieux employer alors le sulfate de cuivre et le sulfate ds soude. Si l'on veut se servir du chlorure de sodium pour la case ^DC, le chlorure de cuivre est préférable au sulfate de cuivre dans la case cuivre, mais le prix en est plus élevé (Despretz). On doit également observer que les vases poreux ont une résistance à la conductibilité assez grande; en augmentant donc la dimension des éUttteA\a, ^ cm augmente l'épeisseur du diaphragme, l'intensité éa toupie s'accrott peu. Il résulte de \h que, toutes choses égales d'ailleurs, des couples montés avec des diai^ragmcs en toile k vOtte on en vessie sont plus énergiques qu'avec des vases en porccMne dégourdie.
Le couple représenté cl-contre est formé d'une enveloppe on ng. 7K. cuivre cylindrique, munie d'un appendice
creux analogue à celui du couple (flg. lA).
La dissolution de sulfate de cuivre est mise dans ce vase, et se trouve maintenue à saturation par les cristaux que l'on place dans ^"mr^^^^m l'appendice. Un diaphragme en vessie sé-
V^'^^^^H pare le cylindre en cuivre du cylindre en
IK*.^^^^| nnc plongeant dans dn l'eau salée , ou dans
la dissolution de sulfate de itinc ou même dans de l'eau acidulée. Plus le zinc eat atta< ({né lentement, plus l'action du couple est faible.
918 CAUSES DU DBGAGSMBIIT
Quand on se sert de vessie ou de baudruche^ comme diaf^iragme, on peut placer simplement un cylindre creux de cuivre^ lesté avec du sable, dans une poche formée avec la vessie. Le tout est plongé dans un vase de verre et entouré d'un cylindre creux de zinc amalgamé; la poche en vessie est remplie d'eau saturée de sulfate de cuivre^ et Ton met des cristaux de ce sel à la partie supérieure du cylindi*e dans une espèce de galerie à jour; ces cristaux baignent dans la solution , et la saturent continuellement à tng^xte ipe le sulfate est décomposé. Dans la case ou se trouve le zioCj, ç'^l-è-dife dans le vase en verre , on met de Teau salée saturée.
D'après cette disposition^ le zinc^ au lieu d'être à rintérieur^ est placé à l'extérieur. Quelquefois il y a plus d'avantage k employé^ l'eau salée que l'eau acidulée; Faction est un peu plus lente^ mais aussi elle est constante pendant plus longtemps.
Lorsque les couples fonctionnent pendant longtemps^ il se dépose du cuivre métallique sur le cuivre^ et il est nécessaire de l'enleva, on a proposé d'employer^ comme vases extérieurs de couples analogues à ceux de la figure 75^ des vases en gutta-percha enduits intérieurement de plombagine. Cette surface intérieure se recouvre de cuivre au fur et à mesure que le couple fonctionne , et au bout d'un certain temps il suffit de fondre la gutta-percha pour retirer le cuivre déposé. On forme ensuite un nouveau vase^ et l'on opère de même dans celui-ci.
Quand on n'a besoin que de couples de très-petite dimension, on peut en disposer de semblables aux précédents^ mais en prenant des têtes de pipe comme diaphragmes poreux.
Plusieurs années avant que parût la pile de M. DâQielI^ et ainsi qu'on Pa déjà dit plus haut^ Tun de nous avait employé une disposition analogue pour la reproduction électro-chimique, de certaines substances minérales^ qui exigeait une action continue pendant un laps de temps plus ou moins considérable^ et^ comme on le verra dans le deuxième volume^ le diaphragme était alors souvent formé par un tampon d'argile.
Nous nous bornerons à citer encore les dispositions suivantes, utilisées aujourd'hui dans les horloges électriques et la télégraphie. La première est d'un emploi facile et d^un maniement très-simple. C'est un couple à sulfate de cuivre, dont le zinc extérieur Z est placé dans un vase en verre ou en terre A. Le vase en iertjd poreuse P.porte une petite plaque en gutta-percha à la piu*tie supérieure, plaque percée de trous afin de laisser passer le liquide du dia-
Flg. TS.
DE LELECTBICITI. 3SB
pht-agme au-dessus d'elle. On met de l'eau et quelques gouttes d'acide sulfurique pour commencer l'action dans la case zinc à l'extérieur du diaphragme; dans i'inlériair on met également de l'eau et quelques cristaux de sulfate de cuivre au-dessus de la plaque de gutta-percha. Le conducteur positif est un simple fil de cuivre plongeant sur une étendue de quelques millimètres dans l'eau contenant . un peu de sulfate de cuivre. Une pile formée ^ ~ avec ces couples donne peu d'électricité, mais
elle peut marclier pendant sept ou huit joursj au bout de ce temps, on-remef un ou deux cristaux de sulfate de cuivre au-dessus de la gtifia-fiercïta, et on peut ainsi , sans toucher au zinc ni changer les liqufdes, la faire fonctionner pendant plusieurs mois. Au fur et à tneaure qu'elle fonctionne , le cuivre métallique provenant de la réduction du sulfate de cuivre se dépose au bout du fil ; le dépdt l'aDODge, et forme im cylindre de cuivre métallique que l'on enlève qirès plusieurs moisj «n plonge alors de nouveau le fil dans l'eau da TRse poreux , et l'action continue comme auparavant.
Souvent on substitue au fil positif et à la plaque en gutta-percha un conducteur en cuivre formé d'une tige mince passant au milieu d'un disque qui plonge dans le liquide k l'intérieur du diaphragme, mais de façon à ce que ce disque occupe la partie supérieure de la colonne liquide ; ce disque remplace la plaque de gutta-percha, et sert i maintenir les cristaux de sulfate lie cuivre qui se dissolvent continuellement dans le vase poreux. On les remplace avec facilité, el l'on enlève le cuivre déposé à leur partie inférieure. Quant aux autres parties du couple, savoir, le zinc extérieur, le vase et les liquides, ils sont les mêmes que dans l'appareil précédent.
Ces couples sont fort utilisés aujourd'hui pour les actions lentes, el remplacent avec avantage la pile de Itagration, qui sera indiquée plus loin.
Couples à acide azotique dans la cloison négative. Nous avons ra, à pnqws de la pile à oxygène, page 323, que l'acide azotiqoe pouvait absorber l'hydrogène naissant, et par conséquent jéptdepiser les lames métalliques. M. Grove a basé sur ce principe \f couple qui, modifié ainsi qu'on le verra plus loin, est le plus ^Krgique de ceux qui sont employés aujourd'hui. 11 se compose
CtUIBS DjD DÉGAGEHBHT
dfi deux lames métalliques plongeant chacune dans un liquide différentj ces liquides étant séparés par un vase pcrmàBble en porcelaine dégourdie. est le vase poreux; P une laine de plaline intérieure, Z le zirïc extérieur plongeant dans le vase MM, On versie dans le vase poreux où se trouve le platine de l'acide aiotiquo du commerce, et dans l'autre de l'eau acidulée par l'acide sulfurique; on -vane la force de l'eau acidulés depuis -^ jusqu'à ^ d'acide j mais, dana ce dernier ca^, il est nécessaire que le zino soit bien amalgamé, sans cela il serait prompténent détérioré. Le lino est attaqué par l'aoide suliiirique, et prend l'électricité négative ; la lame de platine prend l'électricité positive; l'iryiirogène qui a'y transporte forme des composés azotés moins ox^éSj et même de l'aiotate d'ammoniaque.
Les couples crnistruits de cette manière sont très-énergiques, en nûson de la conductibilité des liquidas qui les composent; mais fls c(His<Hnment de l'adde azotique et produisent des vapeurs oitreuses incommodant la personnes qui s'en servent continuellement; ils exigent., en outre, des lames de platine; il est vrai que é'est une première mise de f<mds, car ce paétal ne se détériore pas.
M. Bunsen a substitué au platine des ctmducteurs en chari>on; ces couples fouctioflnwit de la m^ne nuniëre, et sont aussi énergiques , quoique exigeant moins do frais de premier établissement. Ou les fait actuellement de diverses dimensions ; tatUdt le ijnc est k l'extérieur, tantdt it est à l'intérieur.
Lu ligure 78 indique un modèle de couple à zinc intérieur. Les eylinikes en c}iai4>on sont formés d'un mélange de coke et de mittièree bitumineuses recuitee ensendile; un collier en cuivre les serre, et est soudé au couducteur qui fouroit l'éleclmité positive du couple. Le cylindre , ou mieux la plaquo de ^im; a
DE t'ÉLGCTBlClTK.