‹ Traité d'électricité et de magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, à la (volume 4)Chapitre 34 sur 58 · DE L*IL1CT»ICITÉ. SU · texte numérisé non relu

DE L*IL1CT»ICITÉ. SU

conducteur, et attendre pendant six heures, douze heures, vingtquatre heures, et même quelquefois quarante-huit heures, avant de commuencer les opérations. Afin d'éviter ces pertes de temps, on a plusieurs paires de lames préparées, que Ton conserve dans Teau acidulée, en contact Pune avec Tautre»

. 4« Ia préparation uniforme des lames est le point essentiel, et le procédé auquel on s'est arrêté consiste à faire arriver du chlore sur les lames d'argent à Taide de la décomposition électro-chimique de l'eau acidulée par Facide chlorhydrique. Le courant passa en Boéme temps dans un appareil à décomposer Teau, et donne, par la quantité d'hydrogène qui se produit, la proportion de chlore que Von met sur une étendue déterminée de la surface des lames.

Oo emploie, pour fournir Télectricité nécessaire à cette opération, dsQX, trois ou quatre couples à acide nitrique, dont il sera question pins loin, et Ton attache ensemble les tiges des deux lames d'argent au fil conducteur positif. Les lames sont plongées dans une solur tjon formée par un mélange d'eau et de | ou f^i^ en volume d'acide cfalorhydrique ordinaire; elles doivent être polies et parfaitement décapées sur les deux faces , comme si lV)n voulait obtenir une éprouve daguerrienne. Lorsque l'on a plongé dans le liquide une lîge de platine en communication avec le pôle négatif des couples, le circuit est fermé, et, comme cela est décrit dans les mémoires cités plus haut,, la lame dVgent noircit en prenant des teintes foncées correspondantes aux teintes des lames minces. On s'arrête au violet du quatrième ordre, ou bien à la proportion de 6, 8, à 7 centimètres cubes de chlore par décimètre carré de surface d'argent, et on lave à grande eau. Pour avoir une teinte homogène, on doit placer la tige négative de platine assez loin de la lame , et toamer sans cesse les lames d'argent en les tenant à la main par laiige.

.Quand on juge que les deux lames ont reçu à peu près la môme firéparation , on les soumet à Taction de la chaleur (pendant une demi-heure à iOO à peu près), pour opérer un recuit ou plutôt une modification physique de façon à donner de bonnes impressions photo-chromatiques.

Dans ces conditions , lorsque l'actinomètre est dans une chambre obscure, et qu'on vient à faire tomber tout à coup les rayons solaires sur la surface entière de la lame antérieure (surface de vingt centimètres carrés), Taiguille du multiplicateur est chassée violemment dans un sens <pie nous allons préciser. Si l'on intercepte la

316 CAUftKS DU DteAeiMBlIT

lumière^ l'aiguille ré\'ient peu à peu au zéro. L'acUoq est tellement vive qu'il faut ne laisser impressioDoer qu'une trèfr-petite porikm de la lame par les rayons solaires direets pour avoir seulement ^ ou 90* du galvanomètre.

La lumière d'une bougie , placée à 1 décimètre de la cuve i ean^ suffit pour faire dé\ier l'aiguille aimantée du galvanomètre ^

La déviation, qui est constamment dans le même sens tant que les rayons lumineux frappent l'appareil, indique que la lame exposée au rayonnement prend rélectricité négative^ et le liquide réledricité positive. Si c'est l'autre lame qui est éclurée^ le mêsEie effet se produit, mais Taiguille se dé\ie en sens inverse. Le courant est iih verse de celui qui a lieu lorsque les lames sont recouvertes d'une couche mince d'iode ou de brome; dans cette dernière circonstanoe, les rayons solaires donnent lieu à une décomposition^ et la lame d'argent exposée à la lumière prend l'électricité positive.

Lorsque la lumière d'une bougie , la lumière diffuse^ ou bien la lumière solaire impressionne la lame^ on a une déviation plus oa moins forte ^ qui devient constante tant que la lumière conserve la môme intensité^ et que la surface est suffisamment impressionnable. Si l'on vient à intercepter la lumière, l'aiguiUe aimantée cta galvanomètre revient au zéro , le dépasse un peu en sens inverse^ par suite probablement d'un courant secondaire^ mais elle rejffend bientôt sa première position d'équilibre. Si la lumière a conservé son intensité primitive^ et qu'on éclaire de nouveau la lame, alors l'efTet électrique est le même que précédemment.

La déviation n'est constante^ comme on le conçoit^ que pendant le temps que la surface consens la même impressionnabiUté^ et les résultats ne peuvent être comparables qu'autant qu'on remplit cette condition. On a pu , avec une lampe^ maintenir un courant électrique sensiblement constant pendant trois heures; de faibles variations pouvant se rapporter aux changements d'intensité de la lampe ^ ou aux changements de température du liquide de la cnve à cau^ il est indispensable dans les expériences de ce genre d'avoir s(Mn de les éviter.

On a pu ^ avec cet instrument ^ étudier les différentes parties actives du spectre lumineux et des rayons qui ont traversé différents écrans ou qui ont subi la réflexion , la réfraction , etc. Mais l'examen des résultats obtenus nous entraînerait trop loin ; nous nous sommes bornés à rapporter la dispositicHi de l'appareil , à

DB L'ÉLBCTIICITÉ. 917

montrer sur quel principe il est fondé, et à prouver qu'en faisant usage d'une des substances impressionnables les plus curieuses que Too possède (le sous-chlorure d'argent violet)^ on a un appareil sensible à Faction de la lumière entre les mêmes limites de réfrangibflité que la rétine ; peut-être permettra-t-il de mesurer Tintensité de la lunuère par une méthode photométrique différente de celles qui sont usitées en optique (E. Becquerel).

Effets électriques produits dans les décompositions chimiques; évor* poraticn. H a été établi que, dans la combinaison d'un acide avec un àléali^ le premier laisse dégager de l'électricité positive^ le second de Pélectricité négative. Dans les décompositions chimiques, les effets sont inverses. Pour le prouver, on procède de la manière suivante : on place sur un disque de métal , fixé à Tun des bouts d'une tige horizontale soudée au plateau inférieur d'un condensateur, une eapsule de platine préalablement chauffée au rouge , dans laquelle on verse le liquide sur lequel on veut opérer. A la place de la capsule, OD se sert avec plus d'avantage de lames épaisses de platine, légèrement creuses, qui conservent plus longtemps la chaleur communiquée. Si Ton jette quelques gouttes d'eau distillée sur la surface échauffée, on n'obtient aucun signe d'électricité; par conséquent Févaporation seule n'est pas une cause du dégagement de cet agent. Quand l'eau renferme de la strontiane ou d'autres bases, la capsule se charge d'un excès d'électricité positive, et la vapeur prend l'électricité négative. Cet effet n'a lieu néanmoins qu'à Tinstant où l'eau de combinaison s'échappe. Les effets sont inverses avec l'ammoniaque étendue d'eau. Dans cette dernière expérience, l'ammoniaque, se vaporisant plus facilement que l'eau, em|X)rte avec elle l'électricité positive, et laisse à l'eau, et par suite à la capsule, r^ectricité négative.

On voit d'après cela que, dans les décompositions chimiques, les effets électriques sont inverses de ceux qui ont lieu dans les combinaisons. Quand l'eau renferme un acide et que l'acide s'évapore, il emporte avec lui l'électricité négative ; effet également inverse de celui que l'on, obtient dans les combinaisons chimiques. On observe des effets bien marqués en opérant avec le bicarbonate de soude, que l'on projette dans la capsule chauffée au rouge; ce sel se décompose en laissant échapper de l'acide carbonique, la capsule possède alors un fort excès d'électricité positive, tandis que facide emporte avec lui l'électricité négative. Si l'on remplace le

%t% CAUSES DU DÉGAOEMEKT

bicarbonate par du sel marin, le sel décrépite, et Feau interposée emporte avec elle rélectricité positive.

M. Peltier a précisé une circonstance indispensable pour lapro^ * duction du pbénouH'ne : si Ton verse quelques gouttes d^eau sur uo morceau épais du platine , légèrement bombé , et dont on a éM la température au moyen d une lampe , il s'opère différents effets connus dos physiciens relativement à la forme et au mouvement de l'eau, qui s'arrondit en sphère et qui, après diverses évolutioDs^ fmit par mouiller le platine, s aplatir, et se vaporiser sans quHly sût d'électi'icité produite si Teau est parfaitement pure et le morceau de platine très-propre. Avec une dissolution un peu étendue de sel nmrin, l'effet est le même la première fois; mais le èel abandonné par Teau forme alors une couche légère sur le platine. Si l'on ajoute une nouvelle quantité d'eau, cette couche est reprise par celle^i; dès 1 mstant que la goutte est diminuée de volume par suite de l'évaporalion , elle devient presque opaque, et Ton voit une multitude de petits filets cristallins s'agiter dans l'intérieur : bientôt après on entend de petites décrépitations accompagnées de projections salines. Si le vase est en relation avec un électroscope condensateur ou avec l'appareil représenté figure 16 page 23 , il devient alors négatif; mais si la température est assez abaissée pour pe^ mettre le mouillage, la décrépitation cesse, la goutte s'étend , l'eau se transforme ei\ vapeur, et l'électricité s'échappe avec celle-ci. L'effet augmente à mesure que la couche saline e$i plus épaisse^ et il est en rapport avec la décrépitation. Le sel qui décrépite sans fusion aqueuse produit le même effet.

Si l'on opère avec le nitrate d'ammoniaque, il y a fusion aqueuse, évaporation sans producîtion d'électricité, puis décrépitation et dé* gagement d'électricité. Peltier avait conclu de là qu'il y a produC" tion d'électricité lors de la séparation des molécules d'eau combinées.

M. Gaugain a cherché à démontrer, au moyen des expériences suivantes, que le dégagement d'électricité dans la vaporisation de l'eau salée est dû à un frottement analogue à celui, qui se produit dans la sortie do la vapeur humide d'une chaudière.

Quand on évapore de l'eau distiliée dans un vase de platine, il ne se dégage pas d'électricité ; mais, si l'on insuffle de l'air dans le creuset avec un soufflet en dirigeant le vent de manière à imprimer un mouvement rapide de rotation à l'eau disposée en globule, on

DE L ELBCTBICITE. SiO

provoque alors une décrépitation assez vive à l'instant où le platine se mouille^ et on obtient dans le creuset des signes d'électricité négative peu marqués^ mais constants. Kn opénmt avec de Teau sa* lée , comme Peltier Tavait fait, M, Gaujgain a constaté que peafJant là décrépitation , cause du dégagement de Télectricitéi Técartement des feuilles d^or de l'électroscope est graduel , et qu'il est plus fort qu^en faisant usage du petit condensateur de Yolta. Il paraîtrait ré^ sulter des observations précédentes que l'effet électrique est dû à une action mécanique, k un frottement ; mais est-ce à celui du sel ou de Peau? Dans ce dernier cas, le phénomène serait donc analogue à celui qui se produit dans la machine d'Amstrong.

,i..ii i iiiB I ■ ;i .1 r ', II. i umm.iiin .i ■■ ,. .u m

Page 1