CHAPITRE V
Effets pliysidtogiqnes.
Action de VétectrkHé sur les véf/ëtaux. L'emploi des forces physiques dans l'étude des pliénomènes physiologiques' est une questioft de Tordre le plus élevé, attendu que les recherches qa^îl exige ne tendent rien moins qu'à notis initier siu* le rôle que jouent Iw forces physiques dans les fonctions^ des organes chargés d'-entrétenir la vie.
L'électricité, à raison de son universalité d'action/a été considérée par quelques personnes comme Fagent principal de la natin'c. Certes^ si l'on s'en tenait seulement ii la rapidité 'de son action, quand elle agit connne force physique ou comme force chimique,' ainsi qu'aHx effets calorifiques, lumineux, miagfiétiques et autres qu'elle produit, on serait assez disposé à reconnaître en elle cette force rapide comme la pensée en vertu de laquelle le cerveafi fonctionne. Mais, si on se bornait à cette induction , on commettrait une grave erreur, attendu que, l)ien qlie rélectrîcité produise quelques effets qui sont les attributs de la vie , comme nous lé verroris^ rien ne prouvé jusqu'ici que lés forces vitales soùs Femph'e de la volonté, ou non soumises à cette volonté, aient réellement une origine électrique.
Ce que nous avons de mieux à faire n'est donc pas de cherfcher si rélectricité est capable d'organiser la matière, car nos tentatives % cet égard seraient infructueuses, mais d'étudier, i» les- modification qu^éprouvent les tiges, les membranes, les organes, quand les forces électriques agissent comme forces chimiques pour favoriser ou contrarier l'action des forces vitales, ou comme force physique, pour.^xciter. ces mêmes parties, en produisant des ëontrac-
A L'ÉtECTKIClTK. 367
lions 011 une accélération dans la drculation des liquides; 2° les effets électriques qui peuvent se produire dans les actions vitales : c'est la marche la plus fatfonnelle que Ton puisse adopter pour établir des rapports entre les forces électriques et les forces vitales, la nature de ces dernières nous étant inconnue.
Nous commencerons par exposer des effets de Pélectricité sur la végétation, et sur les phénomènes physiologiques des plantes, iittendu d'une part, que leur organisation est plus simple que celle des animaux} et, de l'autre, que la volonté n'est plus là pour maîtinser son action.
Van Marum , ayant montré que l'irritabilité des fibres musculaires était délruile au moment où l'on faisait passer par ces fibres une décharge électrique d'une force suffisante,- a fait des expériences semblables pour détruire l'irritabilité des plantes, et voir jusqu'il quel point l'ascenjgion et le mouvement de la sévo étaient dus à celte irritabilité. Diverses espbees'iVeuphorbia ont été soumises, à cet effet, à l'expérience, lesquelles ont la propriété de donner une grande quantité de sè\e laiteuse, quand on leur fait une plaie. Des décharges provenant de la grande machine teylerîenne ont été transmises, pendant vingt ou trente secondés, à trav.ers des branches 6!cuphorbia lalhyris, et des tiges de V^uphorbia campestris et de Veuphorbia cypurissias. Toutes les branches et tiges qui avaient servi à transmettre la décharge rie laissèrent plus ccoulev de sève, quand elles furent coupées: D'autres plantes, soumises au même mode d'expérimentation, présentèrent les mêmes effets. Or, quand on pressait ces tiges électrisées entre les doigts , il en sortait une petite quantité de «éve ; il est prouvé par là que la décharge avait fait perdre aux. Vaisseaux la faculté 3e se contracter pour chasser la sève en dehors. . .
Des expériences ont été faites également avec production de semblables effets sur une seule branche, et cela en employant, non paà la grande machine électrique , mais celle dont le platéaii était de 31 pouces. Les plantes exigeaient plus ou moins de temps poiir perdre la faculté en question, suivant l'espèce à laquelle elles appartenaient-.
L'expérience fut répétée sur Veuphorbia lathyrh ^vcc une batterie de \Vi pouces carrés de surface garnie, mais non chargée suffisamment pour déchirer les tissus. Cette décharge a toujours suffi pour faire cesser la contraction des vaisseaux.
D'autres plantes, telles que la mimosa sensiîiva et la mimosa pU'
36ë EFFETS DUS
cfica,sont excitables sous l'influence de Péiectricité à.&ible tension, sans qu*ii en pésuite pour cela un désordre apparent, dans Torganisme. Le courant qui passe par les brandies et les feuilles produit des contractions lentes,, successives, séparées. par de grands intervfdies; effets diflërents de ceux que présentent les animaux, comme nous aurons l'occasion de le faire remarquer plus Ipin.
L'électricité exerce encore une influence remarquable sur la circulation de la sève dans le chara, comipe le prouvent le$ expériences suivantes que l'un de nous (Recquerel) a faites avec M. Outrochet.
Nous rappellerons d'abord comment la température intervient dans la circulation du chara. A zéro, la circulation est trèsrlente; elle s'accélère à mesure que la température monte, et elle devient rapide vcrrs IS""; elle diminue ensuite jusqu'à ST"", où elle est trèsfaible; puis la vitesse augmente peu à peu, et deux heures aprè» eUe redevient très-grande; au delà de iV, en cliaufEant, onobierve des effets semblables; à 45**, le mouvement rotatoire s'arrête pour ne plus reparaître.
L'électricité produit des effets qui ont de l'analogie avec les précédents , mais qui eu diffèrent cependant sous certains rapports. Ces expériences ont été faites avec un microscope d'un grossissement moyen; la tige du chara a été dépouillée de son écoree, placée sur une tige de verre légèrement concave avec une petite. quantité d'eau, et ses deux extrémités ont été recouvertes de feuilles très; minces de platine, destinées à transmettre le courant. Voici \es effets que l'on a pbservés :
V L'électricité qui traverse la tige du chara tend à produire dans les premiers instants un engourdissement dcmt l!inten)sité dépend de celle du courant.
â"" Le courant agit en même temps et également sur le noonvement ascendant et le mouvement descendant.
3* Le sens du courant rie parait établir aucune différence dans leur mode d'action. ,
4° Si le courant provient d'une, pile chargé^ avgc de l'eai* iseulemenij il faut employer un certain nombre de couples pour, arrêter le mouvement de la lymphe. Quelques instants après, il recommence peu à peu sous l'influence du co.urant, et finit par acquérir ^à-vitesse qu^il avait primitivement. En augmentant le nombre d.e couples, il y a un nouvel afrét, et ainsi de suite jusqu'à ce que le courant ait assez dfixttensité pour arrêter le mouvement de rotation pendant
A l'électbigité. 3G9
quelques heures. En rétrogradant^ a'ést-à-dire en diminuant succès^ siveinent le nombre des couples, on remarque encore des arrêts et des reprises de mouvement. En opérant avec une pile plus fortement chargée^ on observe des effets semblables. Le' passage de rélectricité ne produit aucune désorganisation^ puisqu'un temps plus bu moins long rend à la plante ses facultés naturelles.
Ce qui se passe dans le chara serait produit probablement dans tous les corps organisés où POn observe des liquides en circulation ou des mouvements fibriliaires^ comme la membrane muqueuse du manteau d'une huître en offrent un exemple.
Influence de l'électricité sur la germination. Davy a avancé que le blé germait plus vite dans T^au pure éléctrisée positivement que dans celle qui Test négativement : cet effet élait dû à ce que la graine étante dans le premier cas, entourée d'une atmosphère d^oxygène, se trouvait dans les conditions voulues pour que 1^ germiilation s'effectuât convenablement. Quand l'eau n'est pas parfaitement pure ou que l'action se prolonge, il se dépose aup/)le positif des acides qui réagissent sur les graines et altèrent peu k peu l'embryon jusqu'au point de l'atrophier et même quelquefois de le détruire conïplétemenl. Il n'en est pas de même au pôle négatif, du moins dans certaines limites.
Voici les effets que l'un de nous a observés> en opérant avec deux capsules d'or ou de platine en communication avec une pile à auge de 30 éléments faiblement chargée, et séparées par une capsule de porcelaine, contenant, comme les deux premières, de l'eau de Seine et du coton cardé sur lequel on avait sen^ des graines de cresson alénois; les trois capsules communiquaient ensemble au moyen de mèches de coton : dans la capsule négative, la germination et la végétation se sont montrées dans les pretniers temps sensiblement comme dans la capsule de porcelaine, tandisr que de Fautre côté la germination a été lente, ^t la végétation subséquente en partie atrophiée. L'eau de la capsule positive a donné là réa(5tion de l!acide sulfurique; celle de la. capsule négative, la réaction de la chaux. En interrompant la communication avec la pile, ïè développement de la jeune plante continua à s'effectuer dans la capsule négative, tandis que dans l'autre la végétation était lente et comme suspendue; l'acide devenu libre altérait visiblement la plante (Becquerel)»
Si Davy eût ^continué pendant assez longtemps ses expériences; il aurait obtenu au pôle positif des efCets-semblaÛes dus à la réaction T. 1. 24
sur la graine et le jeune végétai des produits de la décomposition électro-chimique de l'eau et des substances qu'elle avait prises àTair ou aux vases qui la renfermaient et même à la graine. Le p61e négatif n'a^t pas d'une manière aussi fâcheuse, bien au contraire^ attendu que les alcalis à petite dose sont fovorables à la v^tation. On peut en avoir la {ureuve en expérimentant comme on va le voir avec de Télectricité à faible tension.
On place dans deux soucoupes de porcelaines deux couples voltaîques^ fofinés chacun de deux lames de cuivre et de nnc soudées ensemble par une de leurs faces; dans Tune, le zinc est en dessus^ dans l'autre le cuivre. On met sur les feees à découvert du coton et des graines de cresson alénois^ et dans les soucoupes de Teau en quantité suffisante pour humecter le tout. On dispose de même une lame de verre dans une autre capsule y afin d'avoir un point de comparaison ; voici les résultats d'une expérience : Deux ou trois jours après^ à la température ordinaire de l'atmosphère^ les radicules parurent en même temps dans les trois capsules; mais la végétation ne continua pas également dans chacune d'elles : elle fat plus forte sur la face cuivre que sur le verre^ tandis que sur la face zinc les radicules fuirent la surface métallique^ se contournèrent^ se desséchèrent peu à peu^ et les ti^ cessèrent de croître. Avec, les pois ordinaires {pimm sativum)^ on observa des effets semblables : La face négative donna la réaction alcaline avec le papier à réactif^ tandis que stir l'autre on constata la présence d'un sel de zinc qui nuisit à la végétation, et finit même par la détruire. Avec dé l'eau renfermant une petite quantité d'un sel à base terreuse ou alcaline, les effets furent encore plus marqués (Becquerel). On voit par là que, sous l'influence de forces électriques faibles, Faction du pôle négatif, à raison probablement des produits alcalins secondaires qui s'y trouvent déposés, active les phénomènes de la végétation, tandis que celle du pôle positif la diminue, jusqu'au point de la faire cesser. Quoiqu'on ne puisse définir nettement l'action de chaque pôle sur la végétation , on est porté à croire cependant, dans les conditions où l'on a opéré, cpie llntervention des substances provenant de la décomposition électro-chinlique des composés en dissolution dans l'eàu ou se trouvant dans les graines a joué le rôle principal dans les effets produits. -
Il est à remarquer toutefois que dans la germination ,'lé5 éléments de la graine, éprouvant sans cesse dès changements, se tlrpuvènt peut-être dans des étals électriques dépendant du' rôle que chacun
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d'eux joue dans les réactions; ils obéissent par conséquent bien mieux à l'action du courant que si cet état n'existait pas: Quelles que soient les causes agissantes^ il paraît prouvé que Ton peut employer avec avantage dans la germination^ et même dans les autres actes de la végétation, l'action électro-<îhimique d'un seul couple, en plaçant les graines et les jeunes plantes au côté négatif, où se trouvent les éléments qui favorisent la végétation. Les bulbes de jacinthe ou d'autres espèces éprouvent des effets analogues.
En dehors des efTets électro-chimiques, on ne peut dire encore si l'électricité intervient d'une manière quelconque dans les phénomè^ nés de la vie végétale. M. de Candolle a fait à ce sujet les réflexions suivantes, dans sa Physiologie végétale, qui sont pleines de jus* tesse : «Ceux qui ont cherché à établir que le fluide électrique était l'agent de la vie , soit dans les animaux , soit dans les plante^, a me paraissent encore loin d'avoir ébranlé l'idée générale du prina cipe vital. D'un autre c6té, la plupart se fondent sur des données a vagues et générales, qui sont presque entièrement dénuées de preuves , comme on peut s'en convaincre dans leurs ouvrages. Der a l'autre, en supposant que le fluide élcctriqile ait une action appréa ciablc, qu'est-ce qui la met en jeu? Pourquoi agit-il dans lefl a êtres vivants et cesse-t-il d'agir dans les êtres morts? » Nous répondrons à cette dernière question que la cause qui met en jeu cette action, si elle existe, est sans doute le principe vital qui, en opérant des réactions chimiques , Soit produire de l'électricité, laquelle peut intervenir dans les phénomènes de la végétation.
De Inaction physiologique de l'électricité dans les animaux. Les phénomènes physiologiques de Télectricité peuvent être divisés en troi3 parties : la première comprend les effets généraux produits par le passage de l'électricité à forte tension dans les animaux ; la seconde, les effets si variés des contractipns ; la troisième, les effets chimiques résultant du passage de rélectricité : examinons successivement chacune.de ces trois classes de phénomènes.
On avait annoncé que l'électricité accélérait les pulsations du pouls, et par conséquent la circulation du sang, mais Van Marum, qui à fait à ce sujet une série d'expériences ^vec la grande machine du musée de Teyler, a obtenu constamment des résultats négatifs. On s'est appuyé encore pour le prouvée sur les effets produits par l'électricité pendant Fécoulement des liquides dans les vaisseaux capillaires; la comparaison toutefois n'était pas exacte, comme l'expérience l'a démcmtré. Oh a placé sur un isoloir une personne
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électrisée à laquelle on a ouvert la veine. Dès Tinstant que le pi- ' tient touchait le sol^ le jet perdait de sa vitesse et de son amplitude. Cet effet n'a\'ait lieu que parce qu'il y avait une ouvotore et que réiectricité exervait une action répulsive sur les particnks du liquide; sans cela^ toute Télectricité se serait portée à la sor&tt du membre^ et l'action répulsive de l'électricité ne se serait plis manifestée.
L'action répulsive est telle^ dans certains, cas^ qu'elle peut vaincre quelquefois la force d'agrégation. MM. Prévost et Dumas, en faisant passer une étincelle à travers une petite goutte de sai^; ont obsené que celle-ci prenait un aspect framboise^ annonçant la séparation partielle des globules élémentaires.
Yan Manim ^ qui a fait des expériences sur des animaux a^tc une très-forte batterie électrique , a reconnu que y frappés par l'électricité y ils ne perdaient pas toujours la vie au mommit de la décharge^ comme cela a lieu avec la foudre. En opérant sur des serpents, des vipères^ etc.^ dbnés d'une excitabilité difficile i détruire^ des effets contrmres furent obtenus. En faisant passer la décharge dans toute la longueur du co^ d'angpiUes de 5 décimètres de longueur, celles-d furent tuées sur-le-cfaamp^ et aucun des excitants ordinaires ne put indiquer aucune trace d'irritabilité. En analysant les effets produits^ il reconnut que le système nerreui était particulièrement affecté et même détruit par le passage d'une forte décharge. Ce système étant frappé de mort inmiédiate la circulation doit être suspendue aussitôt que le cœur et les artères ont perdu leur irritabilité.
Voilà bien ce qui se passe en opérant avec de réleôtricité à forte tension; mais, en n'employant que de très-faibles décharges, il se produit des phénomènes de contraction qui rappellent les attributs de la vie.
C*est en 1790 que le hasard, mais un de ces hasards heureux dont un homme de génie sait seul tirer parti, conduisit Galvani, professeur d'anatomie à Bologne , à la découverte d^un principe général dont les applications sont immenses pour la philosophie naturelle. Laissons parler Galvani (*) : a Je disséquai une grenouille et « la préparai comme l'indique la figure (nous le dirons ci-après), « et, me proposant d'en faire toute autre chose, je la plaçai sur une
(*) De Bononiensi scientiarum et artiuminstUuto, cUqueacademiœcommen' tarit (t. \ll);de viribus electricitatU in motu muscùlai-i cotnmentarius.
À l'élegtbigitb. 373
ff petite table où se trouvait une machine électrique; elle n*était af s^arée du conducteur que par un petit intervalle. Une des per^ a sonnes qui m'aidaient ayant approché légèrement par hasard la « pointe d'un scapel des nerfs cruraux de cette grcfiiouille , aussitôt a tous les muscles se contractèrent de telle sorte qu'on aurait dit a qu'ils étaient agités par les plus fortes convulsions. Une autre a personne qui faisait avec nous des expériences sul* l'électricité a remarqua que ce phénomène avait lieu seulement lorsqu'on tirait « des étincelles du conducteur de la machine. Tandis que j'étais cf occupé d'autre chose et que je réfléchissais en moi-même, celte « personne, étonnée de ce fait, vint aussitôt m'avertjr. Pour cela, « je suis d'un zèle incroyable; et brûlant du désir dé répéter Pex- <r périence, je voulus mettre au jour la cause inconnue de ce phé- « nomène. En conséquence, je touchai moi-même^ avec la pointe «du scalpel, l'un et l'autre des nerfs cruraux, tandis qu'un de « ceux qui étaient présents tirait une étincelle. Le phénomène se « présenta de la même manière ; je vis de fortes contractions c( dans les muscles des membres , comme si l'animal avait été pris « du tétanos, et cela au moment même où Ton tirait des étinc( celles. » Le fait signalé par Galvani, dans sa relation , n'était en réalité qu'un effet de choc en retour, en vertu duquel le nerf, étant irrité par l'électricité, faisait contracter le muscle. L'électricité agissait donc dans cette circonstance commme le frottement, la chaleur, les acides., etc.
Telle est la relation de la découverte du fait fondamental qui a servi de point de départ aux travaux de Galvani et de Volta, et dont rinfluence a été immense sur les progrès de Télectricité.
Galvani préparait, comme il suit, la^grenouille, animal qui est employé avec le plus d'avantage à Tétude des contraction^, à cause . de son extrême irritabilité : on coupe la colonne doi^ale un peu audessous des pattes de devant; on conserve la partie antérieure 4ont on enlève la peau en la retournant; puis on détache les chairs qui entourent la colonne^ afin que les cuisses, entièrement dénudées, ne tiennent à la colonne que par les nerfs lombaires. La grenouille ainsi préparée est apte à faire des expériences.
Duverney (*) avait fait voii" sur une grenouille fraîchement morte qu'en prenant dans le ventre jde l'animal les nerfs qui vont aux cuisses et aux jambes, et les irritant un peu avec le scalpel, ces
{*) Histoire de V Académie des sciences kPOW l7oa.
parties frémissaient et éprouvaient une espèce de convolsioD. Si la grenouille était morte depuis longtemps, rien de semblable n'arrivait. Cette observation de Duvemey est tout à fiait distincte de celle de Gai vani; elle prouve seulement que dans une . grenouille nouvelle UK^te, en irritant un nerf par le frottement, on fait oonr tracter le muscle correspondant* La découverte la plus importante de Galvani est celle qui est Fig. 84. relative à l'influence, des <nâaux
différents dont il armait les muselés et les nerfs, pour faire contracter les premiers, en mettant en contact ces armwes, effet que Pon obtient aussi en touchant les muscles et les nerfs avec un ara composé de deux métaux différents. Cette découverte a servi de point de départ à Vdta pour créer la pile; il prouva qu*à l'instant du contact des armures il y avait dégagement d'électricité.
Une lutte s'étabfit alors entre Galvani , qui ne voyait dans l'arc métalHque qu'un moyen de transmission du ihiide nerveux,, et Vôlta f qui soutenait que l'effet produit était dû au dégagement d'é» lectricité qui a lieu au contact de deux métaux différents. On crut un instant Galvani vainqueur quand il prouva, aidé 4^ son neveu Aldini, que l'arc métallique n'était pas nécessaire pour exciter les contractions, puisqu'on les observait encore dans une grenouille nouvellement écorchée, en mettant en contact les muscles cruraux avec les nerfs lombaires, expérience dont nous avons déjà parié page â69, en traitant du courant propre de la grenouille. Volta répondit que ce fait n'était qu'une généralisation de son prindpe, d'après lequel deux corps suffisamment bons conduc^teurs se con»tituentr toujours par leur contact mutuel dans deux états électriques différents. Cette explication ne s'accorde nulleiuem avec tout ce que nous avons dit du courant propre ^ Mais r^prenonsLles contractions en suivant une marche didactique.
Lemuscleetlenerf étant armés d'une feuille tie platine, si l'on fait passer de. l'un à Fautre, soit la décharge d'une bouteille de Leyde faiblement chargée, soit un courant électrique provenant d'un seul couple, les muscles sont aussitôt violemment contractés.
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£n prenant pour armatures deux lames de métal différent^maiâ àoià l'un est oxydable et l'autre ne Test pas^ et en les mettant en coiitact> il y a aussitôt contraction. On peut faire coptracter également les muscles de la vie organique^ tel$ que le cœur, etc. Les effets n'(Hit lieu qu'à l'instant où Ton ferme ou bien quand on ouvre le circuit; ils se manifestent également sur des muscles séparés dn tronc à cause des filets nerveux qui les traversent. Rappelons toutefois que la contraction ne se manifeste ordinairement dans un. musde que lorsque te nerf qui s'y ramifie est irrité d'une manière quelconque par le pincement^ un acide ^ un. fer rouge, etc.; l'électricité se comporte donc dans cette circonstance comme un simple excitant.
Diverses causes modifient l'action de l'électricité sulr les nerfs^ pour £sire <x>ntracter le muscle correspondant^ entre autres^ la ligature. LcH^squ'on fait une ligature à un nerf et qu'on l'irrite andessus^ les muscles inférieurs ne se contractent pas et L'animal éprouve de la douleur ; au•d^s80us^ les effets sont inverses.
Le phénomène des contractions ne parait nullement modifié par Içs poisons^ tels que l'acide cyanliydrique et la morphine.
Les contractions cessant aussitôt que le courant est établi invariablement entre. le nerf et le muscle^ on doit en conclure que le passage de l'électricité y produit une modification instantanée^ qui subsiste tant que circule le courant. Or, comme il y a contraction, en général^ en interrompant le circuit^ cet effet indique soit une ne^ tiott inverse , due au courant d'induction dirigé en sens contraire (courant qui sera étudié dans le tlroisième volume)^ soit ati retour des molécules organiques à leur position naturelle tl'équilibre,
. AUernatives voUaiques. Lorsque le courant provenant d'un certain nombre de couples n circulé pendant quelque temps dans un nerf, l'animal ne se contracte plus , en ouvrajiH ou en fermant le ciN cuit; mais si Ton change la direction du courant^ les contractions se manifestent de nouveau. En intervertissant un certain nombre de fois le sens du courant^ on peut annuler ou rappeler à volonté l'ex^* citabilité des muscles de la grenouille. Quand le muscle de la gre« nouille a perdu la contractibilité par suite du passage dans le nerf correspondant d'un courant d'une intensité donnée, pendant un certain temps ^ 41 possède encore la faculté de se contracter sous rinfluenee d'un courant plus énergique. C'est en cela que consiste le phénomène des alternatives^ voltaïques. Ces expériences prouvent bien que le courant^ en traversant les muscles et les nerfs^ n'y produit pas une désorganisation y mais bien un dérangement momen-
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tané dnns la disposition des molécules organiques , oa un affaiblissement dans l'action vitale.
Les muscles d'une grenouille qui ont perdu leur faculté contractile par le passage d'un courant, la recouvrent par le repos : néanmoins l'irritabilité se trouve affaiblie. Dans TaiÂnal vivant» de semblables effets sont produits, seulement les forces vitales réparent promptement les atteintes portées par le courant aux organes du mouvement. Ce pouvoir réparateur ne s'éteint pas avec la vie^ puisqu'il subsiste encore pendant un certain temps après ^ durant la lulte entre les forces de la nature organique et les fcnrces physiques.
Nous avons avancé précédemment que la contraction produite à rinstant où l'on interrompt le circuit est due à Taetion d'un courant d'induction dirigé en sens inverse du premier; on le prouve comme il suit : on place le tronc d'une grenouille dans une tasse remplie d^eau^ en relation avec le pôle positif d'une pile^ et les deux autres cuisses dans une autre tasse en communication avec le pâle négatif. En fermant le circuit, les contractions se manifestent ; en le rompant^ elles sont peu sensibles ou nulles. En dirigeant le courant en sens inverse, les effets sont contraires. Concluons de là que le^ contractions qui se manifestent quand on interrompt le t/ircuit proviennent bien d'un courant d'induction dirigé en sens inverse du courant primitif.
. Dans les alternatives^ le passage du courant produit dans les nerfs une nouvelle condition qui les rend moins sensibles à l'action du courant; on sait, d^un* autre côté que, sans employer les alternatives, l'animal cesse de se contracter un certain temps, après la mort. On a clierché quelle était la loi de cet affaiblissement. Valli avait remarqué qu'en soiunettant les diverses parties d'un nerf à l'action d'un courant, la partie qui devient d'abord insensible -est celle qui est la plus rapprochée du cerveau. M. Matteucci a repris cette question, q^'il a étudiée comme il suit : on découvre le nerf crural et le nerf sciatique d'une grenouille, et on touche ce dernier avec les extrémités d^un couple zinc et platine, placé sous les nerfs et disposé de maniera qu'il chemine dh'jectement. Quelque soit le point touché, on obtient toujours des contractions dans le premier moment; quelques minutes ^près, si l'on touche le nerf près de son insertion dans la.nH>elle épinière> les contractions sont à peine sensibles et cessent peu à peu ; tandis que si l'on touche le nerf à côté de son insertion dans la jambe, on a, des contractions très-fortes. Si
▲ l'^LVCTBICITÉ. 377
Ton atteint encore, pour les ppddbhre, U faol tlëcotrvpir et toucher une portion du nerf plus éloignée encore de là moelle épinière. En général^ la portion du nerf qui , à TintroducUon du courant inverse, excite des sensations douloureuses^ s'approche d'autant plus de l'origine du nérf/()ue l'animal s'affaiblit^ tandis que le contraire a lieu pour les contractions. • ' ^ *
Lorsqu'on prépare une grenouille^ il arrive quelquefois que 1^ membres prennent l'éclat tétanique^ surtout quand cette opération se fait rapidement et que Tanimal est vigoureux ; il arrivé aussi que les muscles se trouvent dans uii état de relâchement et de souplesse absolue. Néanmoins^ dans Fon et l'autre cas^ les grenouilles se contractent sous Tinfluence d'un courant: dans lé premier cas, ce sont de simples mouvements, tandis que dans l'autre ce sont dé vérita* blés contractions. On donne le tétanos à une grenouille préparée, en interrompant et rétablissant le circuit assez rapidement pour que la contraction, provenant d'un seul. contact, subsiste encore avant la production de celle qui provient du contact suivant : Teffeft fie peut être attribué qu'au changement d'état du nerf ,- qui passe rapidement de Fétat naturel à un état forcé et réciproquement. Le tétanos naturel ne proviendrait- il pas de modifications semblables qu'éprouverait le système nerveux à la suite de vives douleurs ou de divCTses causes morbides?
Le courant, suivant sa direction, en traversant les mnscles et les nerfs, produit, soit des effets de contraction , soit des effets qui af*fectent douloureusement l'animale Ces effets ont été analysés avec beaucoup de soin par M. Marianini , et plusieurs autres physiciens. On a constaté qu'il y a sensation de douleur toutes les fois que le courant traverse les nerfs dans une direction opposée à leurs ramifications^ c'est-à-dire ûllMit des extrémités à la tête, tandis qu'il y a contraction quand le courant suit une direction opposée.
Mouvement et sensibilité. L'électricité est employée utilement pour distinguer les nerfs du mouvement des nerfs du sëntinieni, dont l'existence a été signalée par Charles Lèbel. Voici en qupi coYisiste le fait principal : si l'on fait passer transversalement un courant dans l'épaisseur d^un cordon nerveux venant d'être séparé de l'axe cérébro-spinal,- les muscles ne se contractent qu'autant que ce cordon a pour fonction de présider au mouvement; il y a, au contraire, absence de contractiolf) , s'il préside à Ja sensibilité. Il est nécessaire,. pour mettre ce double effet en évidence, que le courant ne soit pas trop intense; car autrement ^ en opérant sur les racineff
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postérieures, le courant passerait dans les racâneu iMQtérieiires. On voit comment I au moyen de rélectricité^ il. est possible de distinguer les filets neneux du mouvement^ des filets senaitife qui s'anastomosent entre eux.
11. Longet a étudié avec beaucoup de sagacité l'emploi de Télectridté pour établir cette distinction. Muller^ dès 1831^ avait prouvé que Feiuîitation des racines postérieures des nerfs spinaux, au moyen ds courants transversaux dans la grenouille^ ne produisait jamais que de la douleur^ et celle des racines antérieures^ des ccAtraetions. M. Longet a démontré n^tement^ ches d'autres animaux^ sur le diien par exemple^ les propriétés différentes des raeines ^iades dans les nerfs cràniens et encéphaliques. ^
Le courant produit des sensations dépendantes de la nature de Tor^^ane affecté. 11 fait naître dans l'oreille la sensation duson* Yolta^ ayant fait passer d'une oreille à l'autre la déchaîne de 40 couples, éprouva un ébranlement tel dans le cerveau, qu'il entendait un si£Bement seniblable à celui d'une matière visqueuse en ébqUition> Rilter entendait^ au moment de la fermeture du circuit , un son correspondant au sol. Quand il n'avait qu'une seule oreille dans le circiiit^ l'ua des pèles lui faisait entendre un son plus grave, et l'autre un son plus aigu. On peut déterminer l'apparence lumineuse en armant les deux surfaces de la langue, Pune d'une lame -de zinc, l'autre d'une lame de cuivre, et mettant les deux lames en contact; on peut la produire également en appliquant une armature à chacun des yeux; ou l'une dans les fosses nasales et l'autre à l'un des. yeux, ou bien encore, Tune à la langue, et l'autre aux gencives supérieures.
Indépendamment de l'effet physiologique produit sur les papilles nerveuses, sui.' les organes du goût et en général sur les nerfs par le courant agissant comme force physique, il faut encore y joindre celui qui provient de la réaction des sut)stanees acides et alcalines résultant de la décomposition électro^chimique. Il en est de même des effets qui^nt lieu sur une plaie ou un muscle mis à nu, quand on y applique deux lames de platine en relation avec un appareil voKaïque.
Ctmtraetions des muscles après mori violente^ Lors, des grandes découvertes de Galvani et de Vol ta, on multiplia 'les expériences dans te but de démontrer qu'au moyen de l'éleetricité on pouvait reproduire les mouvements et les contractions dus à l'acte de la volonté. Galvani expérimenta sur une tète de bœuf récemment tué^, avec une pile à colonne composée de zinc et d'argent et chargée
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avec de T^au salée. Uoe des oreilles fut mise en commitiiication avec Tun des pôles, et l'autre ayec le naze^u; aussitôt les yeux s'ouvrirent^ les oreilles se dressèrent , la langue s'agita et les nazeaux s'enflèrent.
Aldini montra ensuite que, ppur obtenir les plus fortes contractions, il fallait établir Tare des oreilles à la moelle épinière; dans ce cas, les paupières s'ouvraient , le globe de Tœil roulait sur lui* même, comme dans la plus violente fureur. Le docteur André Um opéra sur le corps d'un pendu, immédiatement aptrès l'exécution, avec une pile de 270 plaques, chargée avec de Peau acidulée et un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique; un des pôles ayant été mis en communication avec la moelle épinière, l'autre avec le nerf sdatique, à l'instant même tous les muscles du corps se contractèrent par des mouvements convulsifs. EnfEÛsant mouvoir un des conducteurs de la hanche, au talon, le genou plié, la jambe fiit lancée avec tant de violence qu'elle faillit renverser une personne qui avait essayé de prévenir l'extension. Le docteur Ure parvint à imiter, jusqu'à un certain point, le jeu des poii^nons; en faisant passer le courant de la moelle épinière au nerf ubiaîre, on vit aussitôt les doigts se mouvoir avec agilité. En faisant passer la décharge d'une oreille à l'autre et les humectant d'eau salée, les muscles du visage éprouvèrent d'horribles contractions; raciion des paupières fut très-marquée. Ces mouvements étaient désordon* nés et ne représentaient qu'imparfaitement ceux qui ont lieu sous l'empire de la vie.
Les expériences d'Aldini n'ont rien présenté sur l'homme après la mort naturelle, par la raison qu'arrivant lentement, les fono* tions vitales s'étaient anéanties peu à peu.
De l'emploi de l'électricité dans la thérapeutique. L'emploi de l'électricité comme moyen thérapeutique n'a pas répcmdu jusqu'ici à l'espérance des premiers expérimentateurs, qui avaient cru pou* voir en tirer un parti avantageux pour guérir certaines midadies ou en arrêter les progrès. Cependant il est permis de croire, d'M» près le mode d'action de l'électricité sur les parties constituantes des corps organisés, soit qu'elle agisse conune force physique ou bien comme force chimique, que cet agent doit exercer dans certaines circonstances une influence salutaire Sur l'économie animale; on ne peut nier en effet que, dans certains cas, il n^ ait eu des résultats avantageux ob(enus, surtout lorsqu'il s'agit de stimuler vSt organe qui ne fcmctionne pas normalemenl*
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L'âectricHé agissant comme force physique dans l'organisme produit des contractions ou un dérangement quelconcpie momentané dans réquilibre des molécules organiques.
Quand on fait passer un courant des nerfs dans les muscles y ces derniers ne se contractent qu'en fermant et en ouvrant le circuit^ et aucun effet apparent n'est produit tant que le courant circule. Si tir circuit reste fermé pendant quelque temps > le repos seul ou i'ac- ' tion d'un courant dirigé en sens inverse peut leur rendre leur propriété contractile. Ce fait indique que le passage continu du courant dans les nerfs peut être employé utilement dans certaines maladies neneuses résultant d'un état de surexcitation^ attendu que les nerfs qui ont été parcourus par un courant pendant un certain temps ^ perdent momentanément la faculté de faire contracter les muscles correspondants, sous l'influence d'un courant de même intensité que le premier.
On a peu administré jusqu'ici l'électricité sous ce point de vue; on s'en tient, pour tous les cas morbides, aux courants interrompus, dont l^eiïet est de surexciter cx)ntinuellement 1^ nerfs. Ce traitement ne saurait convenir dans les cas où le système nerveux est dans un état permanent ou passager de surexcitation. Quand il s'agit de calmer un nerf surexcité , il faut employer les courants continus; si, au contraire, il se trouve dans un état d'atonie^ on doit se ser\'ir de courants inten^ompus.
'^Pour appliquer les courants continus^ il faut^ suivant les cas, enlever l'épiderme de la peau, ou agir sur Penveloppe cutanée intacte mais humide, et poser sur les parties des éponges imbibées d'eau salée ou des lames de platine en relation avec une pile et recouvertes d'une étoffe suffisamment épaisse de laine ou de coton pour conserver longtemps de l'humidité. Quand il s'agit d'atteindre desnerfe et d'agir directement sur eux, on se sert^ pour transmettre le courant, non-seulement d^éponges appliquées- sur la peau^ mais aussi d'aiguilles de platine très-fines, introduites le plus près possible de ces nerfs et même dans leur trajet, si l'on n'a point à Craindre d'effets fâcheux. On doit toujours avoir l'attention de commencer par de faibles courants^ afin de ne pas éffhiyer le malade^ et de tâter en quelque sorte l'organe, pour éviter des accidents. Lorsque4'on opère ainsi en introduisant des aiguilles métalliques dans les muscles, le passage continu du courant détermine dmis les liquides de l'organisme des décompositions chimiques qui amènent autour des pointes de platine des substances acides et
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alcalines 9 dont la réaction, sur les parties environnantes^ produit souvent un^ inflammation plus ou moins forte ^ suivie d'une escarre.
Les courants interrompus^ qui agissent comme^ surexcitants; peuvent être administrés^ soit avec des machines électriques ordinaires^ soit avec la pile^ soit avec des machines d'induction. Avec les machines électriques^ on tire des étincelles de diverses parties du corps au moyen d^excitateur» à manches isolants > dont on varie la forme suivant les effets que l'on vei»t produire. Quelquefois ces excitateurs ne sont que de simples brosses métalUques destinées à diviser à l'infini Tétincelle^ afin de provoquer une certaine irritation sur la peau. Si l'on veut avoir des effets d'une certaine énergie, on emploie la bouteille de Leyde*
Aotuellement on fait presque exclusivement usage ii'appareils déduction, donnant des courants intermittents dirigés dans le même sens, ou successivement en sens inversiB. Les appai^ils que nous aurons occasion de décrire dans le troisième volume de cet ouvrage sont de différent^ genres, mais fournissent en général des courants induits par suite dHine succession désaimantations et de désaimantations provoquées dans des fers doux , soit par un courant électrique, soit par le mouvement d'armatures en fer doux ou d'aimants. La différence des effets observés, c'est-à-dire les plus ou moins fortes contractions que l'on éprouve, et les douleurs plus ou moins vives que l'on ressent, tiennent^ non pas tant à l'intensité du courant électrique mis en jeu qu*à l'instantanéité de son action et à la succession des intermittences que l'on peut produire. Nous indiquerons ces différents effets en parlant de l'induction, et en montrant les phénomènes physiologiques auxquels elle donne lieu.
Les paralysies spnt des maladies dans lesquelles on a cherché à appliquer l'électricité. Dans quelques cas le traitement électrique a été appliqué avantageusement, ou du moins a produit une amélioration sensible dans l'état du malade; dans d'autres, ce mode de traitement n'a pas répondu à ce qu'on attendait de lui.
M. Magendie a fait usage, quelquefois avec succès, de l'électricité dans les cas d'affaiblissement de la vue : il dirigeait à cet effet le courant à travers les nerfs de l'orbile. Ayant remarqué que les principaux organes de la vue, le globe de l'œil et Iç nerf optique n'agissent plus quand ils sont soustraits à l'influence de la cinquième paire, d'où résulte une amaurose, il en conclut qu'il devait exister deux espèces d'amaurose, l'une ayant pour cause une affection de
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b rétine et^ par suiie^ du nerf optique^ et l'autre une affection du nerf de la cinquième paire. Il a pensé que^ dans cette affection, Télectricité pouvait être employée avec avantage sur les diverses branches de la cinquième paire. A cet effet ^ il a agi sur le nerf sans affecter les parties environnantes; des aiguilles ont été enfoncées en conséquence dans le nerf même. La première expérience a été finie sur un jeune homme atteint d'ainaurose avec immobilité dé la pupille; une aiguille d'acier fut enfoncée dans le nerf firontal, au fioint où il vient sortir du trou sourdUier; loutre aiguille fut introduite dans le nerf sou»orbitalre, à l'endroit où il sort de l'or- Mte : le malade ressentit chaque fois dans tout le côté correspondant un effet semblable à celui qu'on éprouve en se heurtant le coude. On répéta l'expérience; mais^ au lieu de piquer le nerf frontal sur le front on plaça ^aiguille dans Forbite mème^ vers le milirâ environ de sa longueur ; on agit ensuite sur le nçrf lacrymal. Ces diverses tentatives n'ayant amené aucune amélioration dans l'éti^del'amaurose^ on ISt passer on coilnrant dans les nerfs au moyen des aiguilles^ afin d'exciter indirectement l'action de la rétine et du nerf optique. Deux jours après, les aiguilles furent placées l'une dans le nerf frontal^ l'autre dans le nerf maxillaire supérieur^ et mises en communication avec les deux extrémités d'une pile à auges composée de douze éléments de i6 centimètres de côté. A l'instant où le circuit fut fermé, le malade éprouva une commotion douloiu*euse dans le trajet du nerf , la lumière l'affecta visiblement^ et là pupille se contracta. Au bout de quinze jours de trmtemént H y eut une amélioration sensible dans l'amaut'ose et la pupille reprît ^ses dimensions ordinaires. M. Magendie a obtenu d'autres résultats satisfaisants en suivant ce mode de traitement.
Pour exciter les nerfs auditifs^ on adapte à l'extrémité des cpndncteurs de la pile une tige de métal renfermée dans un tube de verre et terminée par une boule de métal. Dés que le courant est transmis dans les nerfs auditifs, on entend un bourdonnement plus ou moins fort ; Texcilâtion est transmise jusqu'au nerf optique. Quand on ne veut agir que sur une oreille, on, applique le conducteur dans le canal auditif de cette oreille, et l'autre sur une partie contiguê dénudée. Op a reconnu que ce mode de traitement était employé avec avantage dans la faiblesse de la vue, dans la sûreté et dans l'aphonie incomplète.
Eh général, on peut appliquer le traitement électrique dans les cas de paralysie incomplète, et lorsqu'il s'agit de surexciter le sys-
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tème nerveux; mais lorsque la paralysie est complète et que la vie est éteinte dans les nerfs ^ les courants électriques doivent être impuissants pour rendre aux muscles la faculté de se mouvoir.'
MM. Marianini, Nobili et Matteucci ont donné, chacun^ une méthode de traitement pour la paralysie {*). M. Nobili a indiqué^ en outre^ un mode de traitement du tétanos^ en s'àppuyant sur les observations qu'il avait faites dans ses expériences sur les confrac^ tionsde la grenouille et son courant propre. Voici le principe d'où il est parti : quand on applique l'électricité à un membre paralysé^ on a pour but d^exciter le système nerveux de manière à rendre au muscle la faculté de se contracter; on ne peut^ dès lors, employer l'action continue du courant qui tend à affaiblir l'irritabilité nerveuse; l'action d'un courant discontinu^ produisant un efTet contraire, doit être préférée. Dans le tétanos, on doit préférer la pre^ mière action.
M. Matteucci, en prenant en considération les résultats obtenus par ses devanciers, a soumis au traitement électrique un homme pris de tétanos à la suite d'an coup de feu. A cet effets il a fait passer un courant intense dans la moelle épinière. Les accidents ont disparu pendant le passage du courant; mais le malade ne fut pas guéri pour cela.
M. Duchenne a employé un mode d'électrisation qui consiste à agir dans l'organe malade sans atteindre les organes sains. Il fût contracter tel ou tel muscle eh appliquant seulement, à la surface de la peau, des conducteurs humides, des tiges métalliques portant des éponges imbibées d'eau salée^ et, dirigeant convenablement faction des courants électriques. Si la peau est sèche ainsi que les excitateurs, l'électricité ne traverse pas le derme et produit des étincelles sans phénomène physiologique ; si l'un des excitateurs est humide et Pautre sec, le point touché par l'excitateur éprouve une sensation superficielle cutanée; lorsque la peau est légèrement mouillée, la sensation superficielle cutanée est sensiblement plus forte; mais, en rendant humides la peau et les excitateurs, il se produit des phénomènes de contraction et de sensibilité très-variables, suivant qu'on agit sur un muscle, sur un nerf ou sur une surface osseuse : dans ce dernier cas, on détermine une douleur vive.
On voit d'après cela qu'il est facile dVrèter l'effet de l'électrisation sur la peau, de le limiter ^ volonté dans les organes qu'elle
(*) Becquerel, Traité de physique appliquée, t. II, p. 641.
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recouvre^ c'est-à-dire dans les nerfs, les muscles et les os. Ce procédé Bonnet donc, comme les précédents^ mais plus facilement, dans certains cas de paralysie, d'exciter les parties malades, et peu à peu de faire mouvoir les muscles qui avaient perdu toute faculté de contraction.
Xi'électricité agissant comme force chimique a été encore peu employée, et cependant il est permis de croire que son action dans certaines circonstances doit être des plus énergiques. On a remarqué qu'il se produit en générai dans les parties sur lesquelles sont appliquées les électrodes une inflammation suivie quelquefois de suppuration. Ces effets peuvent être attribués, soit à l'excitation résultant de la circulation du courant, soit à son action décomposante, qui produit des principes acides et alcalins réagissant directement sur les parties avec lesquelles ils sont en contact. On peut tirer un parti avantageux de ces réactions pour dénaturer des plaies ; c'est ce qui nous est arrivé dans une expérience que Tun de nous (Becquerel) a faite conjointement avec M. Breschet, à Thôtel- Dieu de Paris ^ sur un honune ayant à la jambe droite un ulcère rebelle.
Enfin, on peut, au moyen de l'électricité voltaïque, appliquer un moxa dans les régions les plus profondes du corps. On introduit à cet eflet^ dans la partie affectée, une aiguille de platine que l'on met en communication avec l'un des pôles d'une pile composée d'éléments à larges surfaces^ tandis que l'autre pôle est en relation, à l'aide d'une plaque métallique, avec une partie du corps voisine de celle où se trouve l'aiguille : à l'instant de la ferrneture du circuit, l'aiguille s'échauffe jusqu'à l'incandescence et brûle les chairs contiguës^ en produisant une très-vive douleur de courte durée; il ne tarde pas à se développer une inflammation comme dans l'application du moxa y puis une escarre qui finit par tomber sous fwme de tuyau de plume. On pourrait aussi se servir d'un fil conjoncUf en platine reployé en un points de manière à former une. aonde ayant un plus petit diamètre que le reste du circuit.
ELKGTBiGITJ& ATHOSPUÉBIQUE.