‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux artsChapitre 10 sur 40 · DECLINAISON · texte numérisé non relu

DECLINAISON

AKsr.M. mt.] maison.

Nous voyons que dans l'hémisphère sud , rumine dans l'hémisphère nord, la déclinaison est soumise ù une marche semblable : on la voit légèrement à l'.-sl. en IfiOIi ; de 1005 à 1609, elle devient nulle, puis passe à l'ouest, atteint son maximum vers 1791, et rétrograde ensuite vers l'est (*)■

L'aiguille aimantée, outre les variations dont nous venons de parler, est soumise encore à des oscillai ions annuelles, qui paraissent se rattacher à la position du soleil à l'époque des équiilOXCS et

des solstices, et dont on doit la découverte à Cassini. Voici les conséquences auxquelles cet observateur a été conduit :

« Dans l'intervalle du mois de janvier au mois d'avril , l'aiguille « aiilianlcc s'éloigne du pôle nord , en sorte que la déclinaison occi- ■ dentale augmente.

u A partir du mois d'avril, et jusqu'au commencement du mois de « juillet, c 'est-il-dire, durant tout le temps qui s'écoule entre l'équi-

i noxu du printemps cl le solstice d élé, la déclinaison diminue, u Après le solstice il "été el jusqu'à 1 'eqiimuxr du printemps sui-

u vaut, l'aiguille reprend son chemin vers l'ouest, de manière qu'en a octobre elle se retrouve, il fort peu près, dans la même direction a qu'en niai ; en octobre et mors, le mouvement occidental est plus

ii petit que dans les tiui- iiiuis précédents.

u 11 résulte île lu que , pendant 1rs trois mois qui se sont écoules u entre l'équinuxc du printemps et le solstice d'été , l'aiguille a ré- « trogradé vers l'est, el que, diius les neuf uiuis suivants, sa marche a générale, au rontriiuc, s'est dirigée vers l'ouest, a

Cassini a observé, en outre, que les déviations étaient encore les

Mrd7i" 2'. tt 11 Igiiylinle 87" tl'ouM, il ta lii itllu calculai! il'aprt» une fuimiik' aesn 6 il

mêmes dans les caves de l'Observatoire , où la lumière ne pénètre pas, et où la chaleur est sensiblement constante.

Arago, en discutant les observations faites dans divers lieux, a trouvé un maximum dr déclinaison vers l'équinose du printemps, el un minimum au solstice d'été, mais avec cette différence, mie l'amplitude de l'oscillation a été moindre à Londres qu'à Paris.

Les observations récentes de Bruxelles, Munich, de Gottmgue , ont donné un maximum en août , et un minimum en avril , résultat opposé aux observations de Cassini. Arago a fait remarquer il ce sujet que peut-être le mouvement rétrograde (le l'aiguille vers l'occideul avait déterminé un changement de sens dans la période annuelle. Dans tous les ras, l'amplitude de cette oscillation périodique en France esl peu de chose. Ainsi, d'après flasshh, la différence entre la déclinaison en août et celle en avril est do 11' 33", pour la moyenne de cinq ans; d'après les observations faites à lîrittmgue, la différence est de t'X>". mais les maxima ityant lie» â l'époque des mhnma indiquée par Cassini.

Des variations divi nes de l'aiguilla aimantée. L'aiguille aimantée , outre les variations séculaires et annuelles, est soumise dans sa déclinaison à des changements diurnes, qu'on observe avec le plus grand soin dans tous les observatoires de l'Europe.

Depuis 17-22, époque où (irabam découvrit res variations, on a constamment observé leur marche, dans le but de remonter, s'il et, lit possible, à la cause du phénomène. Kn Europe l'CNtrémilé boréale de l'aij;uille horizontale marche fous les jours de l'est à l'ouest, depuis le lever du soleil jusque vers une heure après midi , et retourne ensuite vers l'est par un mouvement rétrograde, de manière à reprendre, n très-peu près, vers dix heures du soir, la position qu'elle occupait le matin; pendant la nuit, l'aiguille est presque slationuuire . et rcnmunciK'c le lendemain ses excursions périodiques.

quateur terrestre que dans nos rlimals 1 Voici ce que les observalions nous apprennent :

A l'aris, la moyenne de la variation diurne est , pour avril, mai , juin, juillel el septembre, de lit à 15', et pour les autres mois (le 8 i» lfC. Il y û des jours où elle s'élève ii 25% el d'aulres où elle ne dépasse pas 3 OU G'.

Le maximum de déviation n'a pas lieu a la même heure sur les

différents points du globe. Ainsi M. Doive a fin 11 mur qur le maximum de déviation orientale a liéti à huit heures du matin, à l'"revbcrg, Mculaï^t'f t't Sairii-rrli'i-liour^ ; à neuf heures à Cazan; le maximum de la déviation occidentale, à deux heures après midi, a Gizan , Nieolaïcff, Saint-Péterlïourg , et à une heure à Freyberg.

En Danemark , en Islande, ainsi nue dans les régions septentrionales, les excursions diurnes de rouille aimantée sont plus étendues , aussi régulières, et ne s'arrêtent pas pendant la nuit. On en a conclu que les variations diurnes augmentent en allant do nos climats au nord , "cl diminuent jusqu'il Tiquai m magnétique, où elles sont très-faibles.

lticn que les variations de l'aiguille aimantée soicnl soumises à un mouvement régulier de l'est a l'ouest dans nos contrées, ou ne trouve pas deux jours dans l'année qui se ressemblent parfuifenicuf. Celte remarque, faite depuis longtemps, a été jtistiliée par les observations tle MM. Gauss et Wober.

M. de Humboldt, au retour de son voyage eu Sibérie, vers la lin de I8i8, fit établir dans un jardin très-spacieux tl-r- llerlin une

régulières de variations horaires de la déclinaison nmgnctique. Ces observations, commencées le :i lévrier IS-?.). furent suivies deux ou trois fois par jour jusqu'au 2<l mars, puis reprises en automne par M. Dovc, afin d'observer d'heure en lietire, plusieurs jours et plusienrs nuits de suite , tandis que des observations correspondantes seraient faites eu différents lieux de la ferre avec des instrumente semblables, pour mieux étudier toutes les variations.

Des variations régulières el irrrrjutu't'.s iUiiiitliiiiéiiirni ohserrèes d'après te système de il/. Guiw*. Les variations régulières et irrégulièresde lu déclinaison, observées avec des aiguilles ou barreaux aimantés différents, ne sont comparables entre elles qu'autant que ces aiguilles ou barreaux ne sont pas influencés [iar les courants d'air continuels qui ont lieu continuellement dans l'intérieur des cages qui les renferment. On n'a à craindre aucune erreur de ce genre avec le niugnéloiuélre di: .M, liuiiss , dont le barreau présente une résistance telle qu'il no saurait être dérangé par un déplacement très-faible de l'air. Nous nous abstiendrons dès lors de rapporter ici les tracés de courbes représentant les variations diurnes de la déclinaison observées dans le même lien ou dans des localités différentes avec des aiguilles ou barreaux autres que ceux construits d'après le système de M. Gauss.

136 MAGNÉTISME TB1BUTBH.

M.Ganss, non content de se livrer de concert avec M. Weber, depuis 1830, a îles obsrnations niagncliqucs journalières, dans

l'observatoire dcGollin^ur, témoigna in désir que tirs physiciens

se livrassent, comme kii , sur différents points de l'Europe, avec di's appareils scinliliilili's aux siens, îi des observations suivies, et il des époques fixes de l'année . auxquelles 011 a donné le nom de périodes ou de fermes d'observation , afin de connaître l'influence exercée par des causes locales sur la mnrclir des variations.

Du 20 au 21 mars 1834 on commença à observer â GœttîDgne , avec le iï!njjrji-1(j]ni"-)i'(! . dr lu II lu', lundis qu'a lievliu , à la même

k'iueiit remarquées dans i;i | iri '■ 1 1 ii - L ir ; sculriucnl lis 1 lii-crv m- à Girtliny in- ayant été fuites pendant des intervalles pies courts, ou dut reeonuallre des eflèls qu'il avait été impossible d'apercevoir à llerlin. Iles lors on ne pouvait constater si une grande partie des uscilhilious observées à Gu'Uin^ne devaient être attribuées à des

causes locales.

A la période d'observations fixée aux i et r, mai, celle question fol résolue; les observations eurent lieu de - ; i en îi'. M. Sartorius observa à Wall ers lia use n (liavière), à 211 milles de Ga'tlinpie, avec le ma g né loin être et à de courts intervalles; ses observations s'accordèrent pari ai Ici nei il mec celles faites dans cette dernière ville : (lès lors il fut impossible d'attribuer aucune influence aux nuises locales.

Pendant les trois périodes suivantes, juin , aont et septembre, les observa lions fuient faites simultanémeul si Gn-ltitijjue el dans diverses localités : les résultais obtenus ayant une très-yrande concordance entre eux, on vit alors combien il était important d'olservcr les phénomènes à des iulcrv;illcs liés riqipre[-|iés. Pendant quelque temps cela eut lieu, aux e|«iques précitées, de 3' en 3'; niais on préféra ensuite l'intervalle de -V en B'. fi'est à celle époque que M. Gauss et les savants qui s'associaient à lui arrêtèrent définitivement qu'il y aurait par an six périodes d'observations , d'une durée chacune de 21 heures, plus deux pénuries supplémentaires. Ou se mit alors à observer, d'après le .système de M. Gauss, à Alloua, AiiL'sbiiiiry , Iterlin, llmni, Dronswieb , Ureila, Itreslaw, Cassel , riipcuiiii^oe , Dublin, l'n yber^, Grocmvicli . llaal, Gazait, Kracovie , l.eipsick, Milan , Miugbour^, Munich , l'etersbourg , -Naples et autres lieux.

M. Gauss, pour distinguer les variations régulières, c'est-à-dire

UAIiHSTISHK TE ]l H EST H F.. | ÎT

les variations diurnes et annuelles , des variations irrégulièrcs dues

à des causes accidentelles, unill pendant lon^lcmps les ohscrvations, et prit les moyennes des résultats obtenus; e.'est le seul

Cette marrhr doit èliv éjîalcnii'iil subie dans ht recherche lies variât if m s séculaires, qui évident, pour être connues, une longue série d'années; car il ne suflit pas d'observations isolées, faîtes à peu d'années d'intervalle, lors même, qu'elles auraient lieu aux mêmes jouis, aux mêmes heures, il l'iud encore des moyennes sur un grand nombre d'années. C'est pour ce motif que M. Ciuiss déterinî un chaque jour, à 8 heures du malin et à I heure de l'aprèsmidi, temps moyen, la dérlimikon absolue : il choisit ces deux époques, parce que, à i heure, l'aiguille est peu éloignée de son maximum de déclinaison . et qu'à H heures elle s'approche beaucoup de son minimum.

Les annotations ii julien s ont commencé le i" janvier ISIil; mais, dans les relevés qui ont été faits, on a annulé les observations de janvier, de février et de la première quiuiaine de mars, sur l'exactitude desquelles on ne pouvait compter. Les résultais obtenus ont montré : 1" que les différences des déclinaisons moyennes du matin et du soir sont -i-in raleiNeiil île iiiùine signe; 2" que chaque année,

naturel, attendu que les c]iaii{icuicuts, variant selon les différentes heures île la journée, ne peuvent être lUIiïhués, suivant toutes les apparences, qu'à l'inllin'iiee exercée par le soleil ; 11" que les déclinaisons sont plus fortes vers l heure de l'après-midi que le matin, comme on le savait déjà ; i" que les différences n'alteiguenl pas leur maximum à l'époque du folslirc d'été, puisqu'en juin et juillet elles sont plus petites qu'en avril, mai et août. Cassîni avait déjà reconnu une période a peu près semblable, puisque, selon lui , à partir du mois d'avril jusqu'au commencement de juillet, la déclinaison diminue. -MM- Cau.-s et WVIut ont attribué avec raison ces effets à l'influence dit soleil ; mais, relativement il la déclinaison moins finie dans les mois qui s'approchent du lolslice d'été, on peut observer que l'instant du minimum de la déclinaison a lieu avant 8 heures du malin, de sorte que l'ace misse meut total est plus grand que te mouvement calculé, à partir de cette heure.

Les tableau* d'observations montrent aussi que, peudaut la deuxième année (I8JC), la différence a été beaucoup plus grande

dans tous les mois pris isolément , que pendant la première, et que, dmis la troisième, relie différence esl encore plus grande que dans la précédente. Ces différences sont beaucoup trop fortes, pour que l'un puisse y voir l'indice d'un accroissement séculaire ; ces observations uni été faites depuis trop peu d'années pour que l'on en tire cette iinli.r'idiL. Au F-iir|i!iiH, si cela esl , comment faire cadrer ce résultai avec le t'ait bien constaté que la déclinaison est maintenant dans su période di.> dccroisscmenl '.' Il pourrait st- faire cependant que l'influence exercée par le soleil sur le magnétisme lerreslro fùl , selon les années, plus ou moins marquée, de même que la température diffère souvent d'une année à l'autre.

Les précédents résultats nous montrent bien que les diffère ne es qui existent entre les variations de la déclinaison du matin et celle de l'après-midi, présentent des particularités toul opposées à celles qu'elles offrent dans la marelle normale ou régulière. Ces exceptions, à lu vérité, suiil rares; et il ne s'est présenté que quatorze cas. dont un seul pour 71) jours, dans l'espace de trois ans, où la déclinaison ait été plus forte le malin que le soir.

Parmi ces quatorze exceptions, douze ont été observées durant les mois d'hiver, et deux seulement pendant les mois d'été. Dans l'hiver, l'influence journalière du soleil est tellement faible que les

causes irrégulières peuvent bien l'avoir emporté sur les causes régu-

Dans le but de reennnallre les variations séculaires, nu moyen des observations déjà faites, on a comparé les moyennes mensuelles do la première année avec celles des mois de la seconde et troisième année, qui leur correspondent. Sur quarante-huit observations, quarante-sept donnent di s diminutions, et une seule présente de l'augmenta lion.

En comparant les moyennes des observai ions finies à 8 heures du matin avec celles faites dans l'après-midi, on voit que les premièi'es présentent une augmentation de déclinaison plus p-ando que

les secondes : ceci revient a ee qu'on a dit précédemment, savoir

que, pendant la première année, lis variations quotidienne!, ont été moins grandes que durant la deuxième, cl que celles de' la troisième ont été encore plus étendues que ne l'étaient celles de la deuxième année. Cette différence ne doit pas être considérée coiiuiiu réelle, mais comme fortuite.

« La continuation des obsenations,» disent MM. C.auss et Weber, « pourra donner lieu bientôt it des résultats tout opposés ; et si l'on

HAG-SHTISHE TERRESTRE.

n n'a aucune raison déterminante pour préférer l'un ou l'autre des « résultats obtenus, le moyen le plus simple à employer sera de « s'en tenir au chiffre moyen résultant de tous deux. Ce terme n moyen est do 2' 3ti",o pour la première année, et de V Sri",» pour u la deuxième. L'on serait presque (enté d'admettre ces résultais « comme une preuve que la diminution de la déclinaison s'accélère tlu plus en plus; pourtant ce serait donner un mauvais principe « à une chose très-simple et Irès-nalurello en elle-même ; car il a « été reconnu que la déclinaison magnétique, qui, pendant le siè- <• cle dernier, a constamment été cri augmentant dans toutes les o parties de l'Europe, a atieiot sou maximum vers les premières u années du siècle actael et qu'aujourd'hui elle a commencé à ré- « trograder. D'après la nature même lies choses, ce retour du mouu vement progressif au mouvement rélrogradcu du donner lien à un u décroissement peu sensiMe d'abord, mais allant déplus en plus en « augmentant. Faute d'observation» anlériourcs, il n'es! guère pus- « sible d'indiquer exactement pour liu-tiingue l'époque à laquelle u ce passage d'un mouvement progressif à un mouvement rélron grade a eu lieu. Toutefois, à en juger par les observations faites

« en d'autres lieux et qui nous ont élë cou liquces, celle époque

« serait beaucoup plus reculée que celle qui résulte des deux chif- « Très précités, si on les considérait comme résultat net d'un mou- « vement lent, tel que le mouvement séculaire, lin outre, toutes « les expériences faites sont là pour démontrer qu'une variation ■i régulière égale a 2' 19 ",i est absolument inadmissible pour une « seule année.

« Nous considérons donc, aussi celte différence comme étant ni o grande partie fortuite, et nous devons donc, pour aujourd'hui du » moins, et jusqu'à ce que de nouvelles expériences nous aienl " appris quelque du m: de mieux, considérer le chiffre naiyen J'.ili", 2 « comme étant relui de la diminution de la déclinaison annuelle «pour 1831 a 1837.»

On a vu que les différences observées entre les déclinaisons du matin et celles de l'aprcs-ndoi pavai-isaieHt soumises à rmtlucncc de la variation des saisons, il s'a;:it de savoir iiuiutcnant si une

temps soumises à l'inllueuce que peuvent exercer les i. liiui^cnii.'iiS des saisons, et quelles peuvent en être les lois, l'our découirir ces lois, il faudra probablement une série d'aimées bien plus grande que celle qui sera nécessaire pour déterminer simplement les dif-

110 HinniTIlUK 7 F il M F Vil! I\

fcrences existant entre les dé eli nui sons, si l'on compare les mois do chaque année avec leurs termes moyens.

On a calculé à cet effet In quantité dont la déclinaison magnétique- dévie, chaque mois, de la déclinaison moyenne de chaque mutinée , et, pour chaque mois, lu différence qui existe entre la cK'a'Itniiison do l'après-midi et la déclinaison moyenne de In mémo heure du la mémo journée. La comparaison des résultais montre que cette dernière est de \ lï 33" ,8 plus grande que la déclinaison du mutin; que dans tous 1rs mois de l'année, les oscillations de la déclinaison (la matin , «insi que celles de l'après-midi, depasseul , et dans des directions opposées, leurs moyennes; que pendant les

cinq mois d'hiver, i'Vsl-.i-din: depuis orlohiv jusqu'en février, Ut

déclinaison du mutin est plus grande que sa valeur moyenne, et celle de l'après-midi est plus petite.

« Ces deux circonstances, n dit M. Gauss, « c nul ri h lient d'ellesn mêmes, mutuellement et en même temps, durant cette saison , à o ramener les différences à leur valeur moyenne; pendant les sept

« tre ces oscillations sont, Tune portant l'autre, à peu près de n même grandeur, d'où il résulte que dans la dernière colonne, qui « représente leurs termes moyens, elles s'annulent h peu de chose « prés les unes les mitres, ou , pour m'exprimer en d'autres ter- « mes, la moyenne entre la déclinaison magnétique de 8 heures « du matin et celle de 1 heure de l'après-midi ne contient, a l'cx- " (cplimi des anomalies irrégulières H du dccrnisseinerit séculaire, « aucune oscillation bien considérable et qui puisse, être attriliuée à « l'influence des saisons : du moins ou n'a pu encore remarquer n avec certitude une différence entre les mois d'été et ceux d'hiver, n M. Gauss conclut des moyennes calculées, que le terme moyen de toutes les observations faites pendant trois aimées sera, pour le 1" octobre 1833 :

Ce terme moyen est relatif seulement aux heures où l'on a observé. Dans ce qui précède, on n'a parlé que des termes moyens mensuels. MM. Gauss et Wcber n'ont point publié le résultat complet des observations isolées, attendu qu'elles n'ont été faites avec persévérance qu'à (e et lingue seulement.

Nous devons faire remarquer que M. Gauss enlcnd par oscillation de la déclinaison magnétique, la différence qui existe entre l'obser-

valion de la veille et celle du leiidrm.iin faite à pareille heure, et pur oscillation moyenne durant une période déterminée, lu racine carrée du tonne moyen des carrés des oscillation» isolées. Quand plusieurs périodes censées égides doivent être réunies, il ne faut pas se horner seulement, pour avoir le tenue moyen général, à. prendre le terme moyen arithmétique résultant d'oscillations purtielles et moyennes, mais revenir aux carrés do ces dernières, extraire le ternie moyen iiritijmétiquc de ceux-ci, et s'en tenir ensuite à leur racine carrée.

M. Gnuss u donné aussi les oscillations les plus étendues qui ont été trouvées pendant les trois années d observa lion . avant et après midi. 11 a reconnu que lu première , celte qui 11 été observée, le 8 octobre, il 8 heures du matin, était plus grand» de 20' 1" que n'avait été celle du 7 du même mois, et que la déclinaison observée dans l'après-midi du 21 avril 1830 dépassait de 13' 0" celle du jour précédent. Il est arrivé souvent aussi que la déclinaison du matin et celle du soir étaient parfaitement semblables. Dans les oscillations moyennes mensuelles , les deux extrêmes se rapprochent beaucoup plus; néanmoins la grande inégalité mie l'on observe dans le mois pris isolément est d autant plus remarquable sous ce

l'aperçu ci-dessus , observée dans la déclinaison moyenne, avant midi de mars IH37, comptait hue: étendue de 11' (!", tandis qui; celle de décembre I83(i ne dépassait pas 1' 1 1".

On n'a pu encore déterminer, aver las résultais que l'on possédait en 183", pour 8 heures du matin et I heure de l'après-midi , si

en général les oscillations plus étendues prédominent de préférence

Tin réunissant les observations du matin et relies de l'après-midi , on obtient les oscillations moyennes; en les comparant , on arrive aux conséquences suivantes :

Du mois de juillet à décembre, les oscillations sont plus grandes que durant les autres mnis do l'année; mais, comme les termes moyens 3' 33" el 3' t" différent Irès-pcu entre eux, on ne peut guère en Conclura que durant le première période les oscillations sont favorisées davantage qu'elles ne le s. ml dans la seconde, d'autant plus qu'une seule fois, de 1H3.Ï a 1H3II, les différences de ce genre ont été très-sensibles.

En comparant les trois aimées, l'inégalité des variations devient au contraire fort sensible; le terme moyeu obtenu pour In troisième

aimée dépasse presque de moitié relui de la première, et il esl trèspossiblc, suivant MM. Gauss et Wcber, que le terme moyeu général 3' 18", déduit des observations faites jusqu'à ce jour, n'éprouve par la suite de notables variations.

Tels sont les résultats que MM. Gauss et Weber ont pu déduire des annotations de la déclinaison magnétique faites jusqu'en 1837,

Variations ircégvtièrcs de la déclinaison. MM. Gauss et Wcber ont tracé sur des cartes particulières les observations relatives aux variations des six ternies de chacune des années 183(1, 183" et 1838; mais nous ne parlerons seulement ici que des observations de 183li, qui suffisent pour donner une idée complète de la marche générale des variations. Ces traces forment en tout i(i courbes provenant de li endroits différents, savoir: Berlin, Hreda, Hrcslaw, Cabine , Marbourg, Messine, Munich, Païenne, lipsal, freyberg, Gu'tlingue, la Haye, Leipzig, Milan.

Les courbes ont été dessinées approximativement d'après le temps moyen de Gœltingue indiqué en haut de chaque feuille, de manière que les mouvements simultanés se trouvent toujours dans la même ligne verticale. On s'est arrange pour faire entrer les courbes les unes dans les autres.

Quelques remarques particulières auxquelles donnent lieu plusieurs des termes auront de l'intérêt pour le lecteur.

Le 28 novembre 1835 et la nuit suivante, les observations à Palerme furent fortement troublées par le siroco; on fut même obligé de les interrompre pendant une heure et demie, et on n'obtînt que des déterminations incertaines : il est probable que la plupart des osfilijitïoiih nft turent pas ducs aux influences magnétiques ; i r]n'iidant on n'a pus voulu exclure cette courbe, attendu que dans la dernière partie de la matinée du 211, où la tempête était apaisée, ou a trouvé une harmonie tout à fait satisfaisante avec les résultats obtenus dans des lieux situés plus au non!.

Voici les conséquences que l'on peut tirer des observations qui ont été faites :

En général, les vents les plus violents restent sans influence sur l'aiguille aimantée; très-souvent on observe à Ga-ttiugue, pendant le plus violent ouragan, un état extraordinaircment tranquille de l'aiguille. Il en est de même des orages, qui, non-seulement à Gietiiugue, mais encore en d'autres lieux, ont une influence peu visible sur l'aiguille aimantée.

Drïl'IO-J t. G

1UGNËTISUF. TERHBSTHE. 13]

Uans les Irois premiers ternies d'observations d'été, on peut voir au milieu de toutes les grandes anomalies apparaître le mouvement régulier de chaque jour, en ceci seulement, que les courbes montent dans les heures de l'après-midi , et descendent dans celles de la matinée. Dans les (rois termes d'hiver on peut à peine en apercevoir quelque chose : le tracé régulier est envahi par le tracé irrégulier, où il se perd entièrement.

Mais ce qui rend les mouvements anormaux si remarquables, c'est le grand accord que l'on trouve jusqu'aux plus faibles nuances, en différents endroits; nrcord qui se montre même dans tous les lieux d'observation , seulement avec des valeurs différentes.

Les anomalies ne paraissent être que de légers changements dans la grande force magnétique terrestre, dus probablement a des effets magnétiques du globe, ou qui ont lieu peut-être en dehors de notre atmosphère.

M. Gauss a remarqué que la plupart des anomalies sont plus petites, a beaucoup près, dans les lieux d'observation situés au sud , et plus grandes dans ceux placés au nord ; par exemple, la hausse remarquable du 110 janvier ItKîfi, entre !l heures 2.Y et it heures 10', réduite à des parties de l'are, se montre: à Calane, deC'j à Milan, 1-2'; a Munich, 13', S; à Leipzig, 16'; à Marhourg, 2(1'; à Gœtlingue, 2(i'; à la Haye, 29'. il faut déduire, à la vérité, quelque chose île cette inégalité, en ce que dans les endroits plus au nord , où la partie Iwriiontaie de la force magnétique terrestre a une moindre iutf'iisilé que dans ceux du sud, des forces perturbatrices égales y produisent nécessairement une action plus forte que dans ces derniers. Cependant, la différence des intensités depuis la Haye jusqu'il Gatane étant peu considérable relativement aux inégalités observées, il en résulte que l'énergie do la force perturbatrice devient plus faible a mesure que l'on va vers le sud.

Les régions les plus septentrionales paraissent êlre, en général , le foyer principal d'où partent les plus fréquentes et les plus grandes actions perturbatrices.

Si l'on regarde attentivement ces perturbations, on trouve en divers endroits, dans les différents mouvements successifs, des variations considérables sous le rapport de leur grandeur, quoique , d'ailleurs, la ressemblance soit évidente. Ainsi, par exemple, souvent de deux saillies dans un endroit, la première est la plus grande, et, dans un autre endroit, au contraire, c'est la seconde. On est donc forcé d'admettre que dans le même jour el a la même heure

134 HAGNÉTISIIE TEHRESTHR.

beaucoup ilo foires agissent . indépendantes peut-être les unes dos autres, ayant différents sièges, ut ilmit les actions su confondent dans des proportions l'ui-1 inégales, eu raison do leur position et dtt li'iir distance, ou qui peuvent s'influencer réciproquement , do manière que l'une commence à agir quand l'antre n'a pas encore cessé. Au milieu de ce conflit , il est difficile de suivre la marche du phénomène ; cependant l'on parviendra peut-être à démêler ces diverses causes, lorsque ia participation aux observations simultanées aura reçue une plus grande extension.

Nous disons qu'il n'est pas rare do trouver en des endroits particuliers un petit écart qui n'a pus son analogue dans d'autres lieux. Il serait peut-être un peu hasardé de considérer ees écarts comme une influence magnétique locale ; il peut se faire qu'ils aient pour cause une erreur d'observation.

Noirs nous bornons à donner, planche ti bis, le tracé graphique des observations du terme d'août.

Variations de la déclinaison, dues à l'apparition des aurores lio-

boréale, t. 1", p. 41") , nous avons annoncé qu'une taule d'observations faites sur différents points du globe prouvaient que la marche régulière de l'aiguille aimantée, lors de l'apparition de ce météore, était subitement dérangée , non-seule nient dans les lieux où il était visible, mais encore dans des contrées qui eu étaient éloignée» ; il

en résulte alors des variations irrégiilières dont nous avons à nous occuper. Il existe encore d'autres causes qui réagissent sur l'aiguille aimantée . telles que les éruptions volcaniques et les tremblements de terre; mais les faits observes, à cet égard sont peu nombreux.

Parmi les physiciens qui so sont le plus occupésde constater l'influence qu'exercent les aurores boréales sur des aiguilles aimantées pli"'-. * ft&li. A's r>V">Ut <i's m>. !<••*■« lu- whiI p«. Ujit.J'' . "mus

corc un grand nombre de faits tendant à mettre hors de doute

Les variations ne sont ordinairement que de quelques minutes: rarement elles atteignent dans nos climats ù()'; [nais elles sorti plus considérables dans le iSord.

SI. Farquliurson , qui faisait partie de l'expédition scientifique envoyée dans le Nord, a cru remarquer que les dérangements de l'aiguille aimantée ne se manifestent qu'à l'époque oit , dans leur

mouvement ascendant, les parties lumineuses de l'aurore atteignent le plan perpendiculaire an méridien magnétique passant par i'aiguille d'inclinaison ; mais Arago ne regarde pas cette supposition rumine applicable dans nos climats. En effet, presque toujours l'aurora, qui, k ma apparition, le soir, déviera la pointe nord de l'aiguille vers l'orient, a déjà produit, le malin, un dérangement en sens opposé. On fera remarquer de plus, suivant le même physicien, qu'il arrive que l'aurore agit à Paris, lors mémo qu'elle ne s'élève pas au-dessus de l'horizon.

Voici actuellement quelques observations faites à Bossokop, dans ia partie la plus septentrionale de l'Europe, là où les aurores paraissent dans tout leur éclat, Huand celles-ci n'offrent que des vapeurs diffuses disposées an arcs ou en plaques éparses , In pertur-

isolés deviennent vifs et colorés, l'action se fait sentir delà 3' après leur apparition , et alors il est difficile de sue l e les grandes oscillations de l'aiguille, qui souvent sont de plusieurs degrés.

Les plus grands écarts de l'aiguille se manifestent quand les couronnes boréales, formées par les rayons qui convergent au zénith magnétique, effacent l'éclat des étoiles de première grondeur, et dont les hases inégales, colorées d'admirables teintes rouges et vertes, dardent et ondulent avec rapidité.

M. les menibres de la nanmiM-imi -cienliflqne ont encore remarqué que parfois l'aiguille reste parfaitement tranquille jusqu'au moment do l'apparition do l'aurore, et même pendant une partie du temps de sa présence sur l'horizon. 1! arrive souvent aussi qu'elle prédit l'aurore, pour ainsi dire, pur sa marche anormale vers l'ouest

En général , la déclinaison augmente avant l'aurore , et souvent même jusqu'à ce que le phénomène ait atteint un cerluiu degré d'intensité; alors les grandes oscillations commencent, puis l'aiguille re\ic]il vers l'est Irés-rc^ulièrement : elle dépasse sa position normale, qu'elle ne reprend que quelques lietires après, si une nouvelle aurore ne vient pas troubler sa marche.

Les faits précédents ne sont pas toutefois sans exception ; ils no laissent néanmoins aucun doute touchant l'action exercée par les aurores boréales sur les aiguilles aimantées placées non- seulement dans les régions oii ces phénomènes apparaissent, mais encore dans celles 011 ils ne sont pas visibles.

136 MAGNÉTISMi: TIRBESTBE.

Variations de fincliitaison. L'inclinaison de l'aiguille aimantée est soumise, romrm: In déclinaison , à îles variations continuelles, ri-jîulii-ivs cl iiTégoliei'iîs. Parions d'abord des variations séculaires et annuelles.

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