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LE COURANT ÉLECTRIQUE

230. Nous avons vu, au n° #5, que le potentiel est nécessairement le mème en tous les points d'un conducteur en équilibre électrique.

Si deux conducteurs À et B sont chargés d'électricité, le potentiel de À étant supérieur à celui de B, et si ces deux corps sont mis en communication par un fil métallique C qui les touche tous deux, une partie de la charge de A se transporte sur B, ct, au bout d’un temps très court, les potentiels de À et de B deviennent égaux.

231. Pendant que se produit ce phénomène, on observe dans le fil G certains phénomènes que l’on appelle phénomènes du flux ou du courant électrique.

Le premier de ces phénomènes est un transport d'électricité positive de À vers B, d'électricité négative de B vers A. Ce transport peut s’eflectuer plus lentement si Fon met un petit corps isolé en contact alternativement avec A et avec B. Dans cette opération, que l'on peut appeler la convection électrique, de petites fractions de la charge de chaque corps sont transportées successivement de l’un sur l’autre. Dans les deux cas, une certaine quantité d'électricité, ou de charge électrique, passe d’un endroit à un autre en suivant un certain chemin dans l'espace qui sépare les corps. ‘

Quelle que soit donc notre opinion sur la nature de l'électricité, il faut admettre que l'opération que nous venons de décrire constitue un courant d'électricité. Ce courant peut être considéré comme un courant d'électricité positive de À vers B, ou d'électricité négative de B vers À, ou comme une combinaison de ces deux courants.

Tr. d'Électr. et de Magn., 1. 26.

Suivant la théorie de Fechner et de Weber, c’est une combinaison d’un courant d'électricité positive, et d’un courant exactement égal d'électricité négative, cheminant en sens inverse dans le mème corps. Il est nécessaire de se souvenir de cette hypothèse éminemment artificielle sur la constitution du courant, pour comprendre l'énoncé de quelques-uns des plus importants résultats expérimentaux de Weber.

Si, comme au n° 36, nous supposons que P unités d'électricité positive se transportent de A vers B, et que N unités d'électricité négative se transportent de B vers À, dans l'unité de temps, la théorie de Weber veut que P —N, et P ou N peut être pris comme mesure numérique du courant.

Au contraire, nous ne faisons ici aucune hypothèse sur une relation entre Pet N; mais, ne tenant compte que de l'effet produit par le courant, c'est-à-dire du transport de P + N unités d'électricité positive de À sur B, nous considérerons P + N comme la véritable mesure du courant. Le courant que Weber appellerait 1, nous l’appellerons donc 2.

Des courants permanents.

232. Dans le cas du courant qui passe entre deux conducteurs isolés portés à des potentiels différents, l'opération est vite arrivée à son terme, qui est l’égalisation des potentiels des deux corps : le courant est donc essentiellement un courant instantané.

Mais il y a des moyens par lesquels on peut maintenir entre des conducteurs des différences de potentiel constantes; alors il passe entre ces conducteurs un courant continu d'intensité constante : c’est ce qu'on appelle un courant permanent.

La pile voltaïque.

La méthode la plus commode pour produire un courant permanent est d'employer la pile voltaïque.

Pour préciser les idées, nous allons décrire la pile constante de Daniell.

Une solution de sulfate de zinc est placée dans un vase de terre poreux, qui est lui-même dans un vase renfermant une solution saturée de sulfate de cuivre. Un morceau de zinc plonge dans le sulfate de zinc; un morceau de cuivre dans le sulfate de cuivre. Des fils métalliques sont soudés au zinc et au cuivre, au-dessus du niveau du

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