FORCE ÉLECTROMOTRICE PRODUITE ENTRE LES CORPS EN CONTACT
Potentiels de substances différentes mises en contact.
246. Si nous définissons le potentiel d'un vase conducteur creux comme étant le potentiel de l'air qui est à l'intérieur de ce vase, nous pouvons déterminer ce potentiel au moyen de l'électromètre, ainsi qu'il a été expliqué dans la première Partie (voër n° 222),
Prenons maintenant deux vases creux faits de métaux différents, de euivre et de zinc, par exemple ; mettons-les en contact métallique et mesurons le potentiel de Flair à intérieur de chaque vase. Le poteniel de Fair renfermé dans le vase de zinc est positif par rapport à celui de l'air renfermé dans le vase de cuivre. La différence des potentiels dépend de la nature des surfaces intérieures des vases : elle est maximum quand le zinc est bien net et que le cuivre est encore couvert d'oxyde.
Ainsi, lorsque deux métaux sont mis en contact, il v a en général une force électromotrice qui agit de l'un vers l'autre, de facon que le potentiel de Fun dépasse celui de l’autre d'une certaine quantité. Telle est la théorie de l'électricité de contact, de Volta.
Si lou prend pour terme de comparaison un certain métal, le cuivre par exemple, et st Fest le potentiel du fer mis en contact avec du euivre au potentiel zéro, Z celui du zinc mis en contact avec du cuivre au potentiel zéro, le potentiel du zinc mis en contact avec du fer au potentiel zéro sera Z — F,
Ce résultat est vrai pour trois métaux quelconques; par suite, on voil que la différence des potentiels de deux métaux pris à la mème température est la mème, que ces métaux soient en contact direct ou sépares par uu troisième métal : si donc on forme un circuit avec un nombre quelconque de métaux pris à la mème température, il y aura équilibre électrique aussitôt que ces différents métaux auront atteint leur potentiel propre, et le courant ne continuera pas de passer dans
le circuit.
27. Mais, si le circuit est formé de deux métaux et d’un électrolrte . ;
d'après la théorie de Volta, l'électrolste tend à ramener à l'égalité les potentiels des métaux en contact, en sorte que, la force électromotrice qui réside à la jonction des métaux n'étant plus contrebalancée, il se produit un courant permanent. L'énergie de ce courant est fournie par l'action chimique qui s'établit entre l'électrolyte et les métaux.
248. Mais l'effet électrique peut aussi ètre produit sans action chimique, par tout autre moyen qui permet de ramener à l'égalité les potentiels des métaux en contact. Ainsi, dans une expérience due à Sir W. Thomson ('), un entonnoir de cuivre est mis en contact avec un cylindre vertical de zinc; on fait écouler par l'entonnoir des limailles de cuivre, de facon qu elles quittent l'entonnoir et se séparent les unes des autres vers le milieu du cylindre de zinc, pour tomber ensuite dans un récipient isolé placé en dessous. On trouve que le récipient prend une charge négative qui augmente tant que la limaille continue d'y tomber. En mème temps, le cylindre de zinc et l’entonnoir de cuivre qu'il renferme prennent une charge positive de plus en plus forte.
Si maintenant le récipient est relié par un fil au cylindre de zinc, ce fil sera traversé par un courant positif allant du cylindre au récipient. Le courant de limaille, dont chaque grain est chargé négativement par induction, constitue un courant négatif allant de l'entonnoir au récipient ou, en d'autres termes, un courant positif allant du récipient à l’entonnoir de cuivre. Le courant positif va donc du zinc au cuivre par l'air à travers les limailles, et du cuivre au zinc par les points de contact des métaux, de mème que dans les dispositions vollaïques ordinaires; mais, dans le cas actuel, la force qui entretient le courant n'est plus l'action chimique, mais bien la gravité qui fait tomber les limailles malgré l'attraction électrique qui agit entre l'entonnoir chargé positivement et les limailles chargées négativement.
249. La théorie de l'électricité de contact a recu une confirmation remarquable par la découverte de Peltier : si un courant électrique passe par ke point de contact de deux métaux, ce contact s'échauffe si le courant est dans un sens, et se refroidit si le courant est en sens opposé. On doit se souvenir qu'un courant produit toujours de la chaleur en traversant un métal, parce qu'il rencontre de la résis-
(') Yorth British Review, p. 353, 1861; et Proc. Ji. S., 20 juin 186.