CHAPITRE I
Électrisation par frottement.
27. Expérience I (?). — Si un morceau de verre et un morceau de résine, ne présentant ni l’un ni l’autre aucune propriété électrique, sont frottés l’un contre l’autre, tant que leurs surfaces frottées sont laissées en contact, ils ne manifestent point de propriétés électriques ; mais, dès qu'on les sépare, ils s’attirent l’un l'autre.
Si un second morceau de verre est frotté contre un second morceau
(‘) [D'aprés le titre de ce Chapitre et quelques mots de la Préface, on doit penser que l’auteur s'est proposé de résumer ici, dans un ordre méthodique, les faits nécessaires et suffisants pour l'édification d'une théorie rationnelle de l’électrostatique : ce but ne nous parait pas avoir été rempli. L’exposé qui va suivre ne peut dispenser le lecteur d'étudier dans d'autres Ouvrages les principaux phénomènes électriques.
On n'y trouve pas, en effet, les qualités qui caractérisent la plupart des Chapitres du présent Ouvrage, la simplicité, l’ordre et la précision. Les définitions expérimentales sont confuses ou amcenées d'une manière artificielle; les expériences fondamentales, qui ne sont, pour la plupart, que des généralisations théoriques de celles de Faradayÿ, sont compliquées et à peine réalisables. L'auteur parait du reste avoir senti l'insuffisance de son mode d'exposition, car il revient sur certaines notions jusqu'à trois fois, sans parvenir néanmoins à la netteté désirable. Malgré ces imperfections didactiques, ce Chapitre est fort intéressant pour Île lecteur familiarisé avec Îles phénomènes; 1l est plein d’aperçus originaux ct de sujets de méditations pour les physiciens comme pour les géomètres. (C.)]
(2) Voir Sir Wiiutau Taousos, Sur la Théorie mathématique de l' Électricité (Cambridge and Dublin Mathematical journal, mars 188).
36 1'e PARTIE, CHAP. 1. — DESCRIPTION DES PHÉNOMÈNES.
de résine, et que tous deux, après avoir été séparés, soient suspendus dans le voisinage des premiers morceaux de verre et de résine, on observe :
1° Que les deux morceaux de verre se repoussent l’un l'autre;
2° Que chaque morceau de verre attire chacun des morceaux de résine ;
3° Que les deux morceaux de résine se repoussent l’un l’autre.
On appelle phénomènes électriques ces phénomènes d'attraction et de répulsion; les corps qui les présentent sont dits électrisés ou chargés d'électricité.
Les corps peuvent être électrisés de bien d'autres manières que par le frottement.
Les propriétés des deux morceaux de verre sont semblables entre elles et opposées à celles des deux morceaux de résine : le verre attire ce que la résine repousse, el repousse ce que la résine attire.
Si un corps, qui a été électrisé d’une manière quelconque, se comporte comme le verre, c'est-à-dire, s’il repousse le verre et attire la résine, on dit qu’il est chargé d'électricité vitrée; s’il attire le verre et repousse la résine, on dit qu'il a l'électricité résineuse. On constate que tous les corps électrisés ont l’une ou l’autre électricité.
C'est une habitude reçue parmi les savants d'appeler positive l'électricité vitrée, et négative l'électricité résineuse. Les deux espèces d’électricité ayant des propriétés exactement opposées, nous sommes en droit de les désigner par des signes contraires : quant à ce qui est d’affecter le signe + à l’une plutôt qu’à l’autre, il n’y faut voir qu'une pure convention; de même que l’on convient, dans les figures mathématiques, de compter positivement les longueurs dirigées vers la droite.
On ne peut observer aucune force ni d'attraction ni de répulsion s'exerçant entre un corps électrisé et un autre qui ne l'est pas. Dans tous les cas où l’on constate une action d'un corps électrisé sur d’autres corps qui n'avaient point reçu de charge préalable, c'est que ces corps sont électrisés par induction (\).
Électrisation par induction.
28. Expérience IT (*). — On suspend par des fils de soie blanche
(") [Cette affirmation, présentée au début sous cette forme, est une véritable pétition de principes. (C.)]
(?) Cette expérience et plusieurs autres qui suivent, sont dues à Faraday : Sur l’Induction électrique statique (Phil. Mag., 1843), et Exp. Res., vol. I, p. 250.