‹ Traité d'electricite et de magnétismeChapitre 35 sur 263 · PARTIE, CHAP. LL. — PROPRIÉTÉS DES CORPS, ETC · texte numérisé non relu

PARTIE, CHAP. LL. — PROPRIÉTÉS DES CORPS, ETC

ordinaire. La perte graduelle de la charge des corps électrisés peut, dans tous les cas, ètre attribuée à un isolement imparfait par les supports, soit que l'électricité traverse la substance du support. soit qu'elle fuie le long de la surface. Par suite, si deux corps électrisés sont suspendus l'un près de l’autre, ils devront garder leurs charges plus longtemps s'ils sont électrisés en sens inverses que s'ils ont des charges de mème nature. En effet, quoique la force électromotrice qui tend à faire passer l'électricité d'un corps sur l'autre à travers l'air soit bien plus grande quand les charges sont contraires, il ne se produit point dans ce cas de perte appréciable. La perte se produit par les supports, et la force électromatrice qui pousse l'électricité à travers Jes supports est plus grande, quand les charges sont de mème nature; et ce résultat ne parait anormal que si l'on attribue la perte au passage de lélectricité à travers l'air qui sépare les corps.

Le passage de l'électricité à travers les gaz se produit d'ordinaire par voie de décharge disruptive, et ne commence pas avant que la force électromotrice ait atteint une certaine valeur. La valeur de la force électromotrice qui peut ètre développée dans un diélectrique, sans qu'il se produise de décharge, est appelte force électrique du diélectrique. Va force électrique de l'air diminue à mesure que Ja pression diminue, depuis la pression atmosphérique jusqu'à environ 3m de mercure. Si l’on continue de diminuer la pression, la force électrique augmente rapidement: et si la raréfaction est poussée jusqu'aux dernières limites que nous sachions atteindre jusqu'à ce jour, la force électromotrice nécessaire pour donner une étincelle d'un quart de pouce est plus grande que celle qui donnerait une étincelle de 8 pouces dans l'air, à la pression ordinaire.

Ainsi donc le vide, c'est-à-dire ce qui reste dans un vase après que nous en avons enlevé tout ce que nous pouvens retirer, constitue un isolant de très grandé force électrique.

La force électrique de l'hydrogène est bien moindre que celle de l'air.

Certaines sortes de verre sont, à froid, des isolants d’une merveilleuse perfection : Sir W. Thomson a pu garder pendant des années des charges d'électricité dans des ampoules hermétiquement closes. Le mème verre devient conducteur à une température inférieure à celle de l'eau bouillante.

La gutta-percha, le caoutchouc, la vulcanite, la paraffine, les résines sont de bons isolants : la résistance de la gutta-percha à >5 F. est d'environ 6 X 10!° fois celle du cuivre.

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