‹ Traité d'électricité et de magnétisme. Leurs applications aux sciences physiques, aux arts et à l'industrieChapitre 38 sur 58 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les actions dues à rélectricité sont nombreuses^ et ^ pour les étudier en détail y nous distinguerons les effets qu'elles produisent en effets mécaniques, physiques^ chimiques et physiologiques. Ces effets^ qui diffèrent entre eux^ sont plus ou moins marqués suivant la tension de Télectricité, et suivant qu'on l'emploie sous forme de décharge ou de courant; aussi ^ dans chaque circ(Histance^ nous indiquerons les actions dues à l'électricité de tension et celles qui résultent de l'emploi des courants électriques.

n ne sera pas question dans ce livre des actions magnétiques de l'électricité , qui seront traitées dans le troisième volume^ en même temps que î'électro-magnétisme ; nous réserverons également tout ce qui concerne les actions chimiques produites par Télectricité; pour n'en pailer que dans le second volume, en traitant de l'électro-chimie.

Effets mécaniques produits par des décharges électriques. Quand une étincelle ou une décharge électrique éclate dans Tair^ indépendamment de l'élévation de température qui l'accompagne^ il se produit un refoulement de l'air. L'appareil nommé improprement thermomètre de KinnersUey met 4e fait en évidence.

^HO EPVfiTS DOS

Fig. 86. 0gyjj boules en cuivre a et 6 sont placées au milieu

d'un fort tube fermé par les deux bouts et en relation avec un petit tube manométrique. De l'eau colorée placée au fond du tube et dans le tube manométrique indique, par l'ascension de la colonne dans ce dernier^ quand la presâon de Tair extérieur augmente. Si l'on fait éclater une étincelle entre les boules^ le liquide monte dans les tubes^ puis redescend aussitôt , mais non pas tout à fait^ au niveau primitif; ainsi , indépendamment de rélévation de température qui se manifeste de cette manière > il y a refoulement de l'air intérieur dû au passage de la décharge.

Le mortier électrique conduit à la même conclusion : deux conducteurs en cuivre B et A viennent aboutir au fond de l'intérieur d'un petit mortier en ivoire, formé par conséquent de substance isolante; Torifice est fermé par une boule en liège.

Quand une décharge éclate entre les petites boules intérieures, le refoulement de l'air et la détente qui le suit projettent la petite balle de liège hors du mortier. Pour augmenter l'effet, on met tin peu d'éther ou d'alcool au fond du mortier légèrement incliné.

On peut également, en faisant éclater une étincelle provenant d'une bouteille de Leyde entre les deux extrémités de fils de cuivre

Fig. è«bis.

placés au milieu d'un petit tube en verre AB (fig. 86 bis) exactement rempli d'eau et bouché aux deux extrémités, déterminer la rupture de ce tube.

Pour faire ces expériences et quelques-unes de celles qui seront rapportées dans ce livre, on fait usage d'un instrument appelé

À l'ilbctbicité.

exeUatevr universel ^ lequel est composé simplement de deux tiges en cuivre t, i\ mobiles à l'aide d un mouvement de genoux autour

Flg. 87.

des extrémités de deux tiges isolantes c^ c'y qui sont fixées à un support T T. Si Ton veut faire passer une décharge électrique entre les boules a, hy qui terminent les tiges ty (y on peut les rapprocher plus ou moins Tune de l'autre. Dans la figure^ on a repr^nté un fil métallique tendu entre les boules a et 6 et disposé pour le faire traverser par la décharge électrique. En outre, une petite tablette variable de hauteur permet de placer des objets sur lesquels ou à côté desquels on veut faire passer les décharges. Des chaînes et des conducteurs sont nécessaires pour obtenir des déchargés plus ou moins fortes entre les boules a et h.

Quand on place sur la tablette une feuille de papier bien sèche, si Ton amène les deux boules de cuivre en contact avec elle , et que leur éloignement ne soit que de 2 ou 3 centimètres , en faisant éclater la décharge d'une batterie de plusieurs bocaux, le papier est déchiré. Cet effet est encore dû à l'action mécanique de l'élecfricité.

Lorsque la décharge électrique traverse un corps, s'il est résistant, il peut être brisé. On peut mettre ce fait en évidence en perçant une lame de verre à l'aide d'une étincelle électrique. On dispose alors deux pointes P, P' en face l'une de l'autre, de chaque côté d'une lame de verre TT; on met un peud'huile là où les pointes touchent le verre , afin de s'opposer à la diffusion de l'électricité : si la charge d'une bouteille de Leyde est suffisante, le verre se trouve percé souvent d'un trou rond.

Flg. 87 bis.

3S3 BFtBIf VmU

Le bois peut être égalemeDi brôé par les décharges électriques. L'expérience du perce-carte mérite encore d'être cHée; eUe met en outre en évidence un fait très-curieux que nous aurons l'occasion d'invoquer plus loin. On dispose entre les tiges d'un excitateur universel terminées en pointes une carte ordinaire^ une carte à jouer^ par exemple; on place les potntei en contact avec la carte de diaque côté de celle-ci^ mais de façon que les deux pointes soient à 2 ou 3 centimètres de distance. On fait éclater TétinceUe d'un bouteille de Leyde entre elles, et la carte se trouve percée en un point situé en face de la pointe négative. Il résulte de là que l'électricité positive a plus de facilité pour franchir les obstacles qui se trouvent sur son passage que l'électricité négative, comme du reste on le démontrera plus loin ; elle traverse effectivement l'air pour venir rejoindre la négative en face de la pointe par où débouche oeUe-ci. Mais Taction n'a pas lieu seulement comme si le flux électrique se transmettait de la pointe + à la pointe —, car l'ouverture de la carte a des bavures de chaque côté , ce qui* montre qu'au milieu du papier constituant la carte | il y a eu décomposition des éieotricités par influence et ensuite déchirure dans tous les sens. 8\, à l'aide d'un excitateur disposé plus simplement et qui porte le Fig. 87 ter. nom de perce-carie, on place l'appareil sous la cloche d'une machine pneumatique^ on trouve que dans l'air raréfié l'ouverture n'est plus jÀBcée en face de la pointe négative, qu'elle se déplace et tend à se mettre au milieu de la distance qui sépare les deux pointes à raison d'une moindre résistance (Tremery). C'est donc sous l'action d'une pression extérieure que l'ouverture tend à se produire en face de la pointe négative. Nous retrouverons plus loin , dans d'autres expériences, cette facilité plus grande que possède l'électricité positive de franchir les obstacles.

Cependant quelques expériences de M. Belli sont en opposition avec cette conclusion; nous les rapporterons en raison de cette contradiction. Un électromètre à cadran ayant été fixé sur un conducteur horiiontal, M. Belli a trouvé qu'après avoir électrisé un conducteur positivement, l'électromètre employait dix mmutes deux secondes à descendre de 20» à !()•, tandis que, lorsque le conducteur était chargé négativement, le même électromètre ne mettait que quatre minutes trente secondes à parcourir les dix

A l'blbotiiciti. )8t

meule» âtgrét, toute» cboeeo égaie» d'aUleur». Dé là M. BelU • oéiMShi 4ue dan» Tair et «ttiiten»iûû» mesurée» «Véc Télectfoniètre à cadran, et qui donnent des étineeUe» de i à 4 milliroètiM, l'élecMeité' néfatÎTO »e dissipe friu» {vompielDeiit ifue rélectridté positive.

Bien H'étnt ohaogé diAs Tapparal ^ on ajusta seulement une pointe akétallique h Tune des extrémités du oonduoteur isolée Le condueteur ayant été électrisé posiUvem^i la tige de réleotromètre descendit rapidement à &"« A la déperdition qui avait eu lieu jusqu'à oe moment par la pointe^ aveo un bruit perceptible et une lumière visible dans robeeurité^ »uccéda une déperdition lente^ semblable à oelle qui avait lieu sans la pointe* Avec de rélectridté négative^ la tige Ad réleotromètre descendit rapidement à 6%b et ce n'est que parvenue à oe point que la déperdition commsnça à s'opérer lentement.

Au lieu d'adapter la pointe métallique au o<mduoteur lui-même^ Où la plaça vis-à^vis de son eitrémité sur un pied non lsolé« Ce résultat prouva encore la différence existant entre le pouvoir absorbant et én^ssif des pointes pour chacune des deux électricités. Si ces faits étaient coustatés^ils indiqueraient que la force ordinairement moindre que possède rélectricité négative^ comparée à celle de l'électricité positive fournie par la même machine^ ne dépend pas seulement de la disposition moins avantageuse des conducteurs destinés à recueillie la première électricité , mais aussi de la déper* (Mtion plus facile qu'elle éprouve.

Cependant ces expériences sont à étudier de nouveau» car les faits que nous allons citer viennent à l'appui de l'explication donnée par M. Tremary à propos de l'expérience du percencarte.

ThUMporf dm mëUèrûi par les déehargm éhetriquei. Lorsque l'électricité produit des étincelles, des décharges, eUe donne lieu à des phénomènes très^urieux que nous allons décrire et qui prou* vent que, dans ces actionsi le transport de l'électricité ne se tait jamais sans transport de matière pondérable.

Lorsqu'on reçoit jur une plaque d'argent polie « en contact avec l'une des branches d'un excitateur^ la décharge positive d'une boa* teille de Leyde munie d'une boule de laiton en communication avec la garniture intérieure et dont Tautre branche communique aveo la surface extérieure, on observe à Tendroit où la décharge a eu lieu une tache circulaire Jaunâtre couleur de laiton, et qui disparaît peu de temps après> comme si la matière déposée se volatilisait. Ces

taches observées dans quelques circonstances par Priestley, ont servi de point de départ aux expériences pleines d'intérêt de Fusinieri et que nous allons rapporter.

Au milieu des taches jaunes obtenues de cette manière, on aperçoit souvent à l'aide du microscope des petits points blancs^ ayant Taspect de l'oxyde de zinc. De là Fusinieri en a tiré la conséquence que rétincelle électrique contenait du métal en partie oxydé e^ en partie fondu , enlevé de la surface d'où elle est partie. En opérant avec une forte bouteille, on observe sur la surface opposée de la lame d'argent^ à son point de contact avec la boule de laiton de l'excitateur, une petite excavation dans laquelle l'argent a été fondu. Les effet produits dénotent donc une action contraire sur les deux surfaces. Avec deux grandes jarres formant batterie, il a obtenu les effets suivants : on a commencé par mettre en contact, avec le bouton de Tune de ces jarres un gros fil métallique terminé par une boule d'argent ; un disque de cuivre bien décapé fut fixé à un manche de verre. On pouvait ainsi faire passer la décharge de la boule d'argent à l'excitateur par Tintermédiaire du disque en cuivre. La batterie ayant été chargée, le disque de cuivre fiit mis en contact avec la boule supérieure de l'excitateur, et l'on recevait sur l'autre surface la décharge de la boule d'argent.

H se produisait toujours sur la surface de cuivre, en regard de la boule d'argent^ une tache pourprée due à une oxydation superficielle, au centre de laquelle se trouvait une légère cavité avec une petite tache brun-verdâtre, parsemée de points infiniment petits d'argent.

De l'autre côté du disque de cuivre , à son point de contact avec la boule de l'excitateur, il existait une petite cavité circulaire renfermant de l'argent fondu, ayant une couleur verdAtre. Sur la boule de laiton de l'excitateur, à son point de contact avec Je cuivre, se trouvait également une cavité circulaire renfermant aussi de l'argent fondu. Dans cette expérience le point de contact de la surface antérieure du disque de cuivre avec la boule d'argent n'était pas immédiatement opposé au point de contact de la surface postérieure avec la boule de l'excitateur, la distance entre ces deux points étant de cinq à huit lignes , et néanmoins l'argent parcourait cet espace dans le cuivre sans s'allier avec lui.

Sur la boule d'argent se trouvaient de petits points noirs probablement d'oxyde de cuivre. Le double transport en sens contraire parait avoir eu lieu ici. Il semblerait résulter de là que l'étincelle

A L ELBCTfilClTE. 285

I)arlie de Targent a emporté avec elle des molécules de ce métal ^ qu'elle a transporté sur la surface et dans l'intérieur sans s'allier avec lui ; après cela^ une partie de l'argent transporté aurait été déposée sur les parois de sortie et un autre sur la boule de l'excitateur en contact avec le cuivre. Pendant que ce phénomène de transport s'effectuait^ de Toxyde de cuivre était transporté en sens contraire à travers Pair^ et se disséminait sur la boule d'argent.

L'expérience a été faite en mettant en contact le disque de cuivre, vers son centre, avec la boule d'argent, et Ton recevait l'étincelle sur l'autre surface de cuivre, afin qu'elle passût du cuivre à l'excitateur par Pair; les mêmes phénomènes de transport se sont reproduits.

En substituant à la boule d'argent une boule d'or de 1 centimètre et demi de diamètre, et au disque de cuivre un disque d'argent bien décapé et d'environ 9 centimètres de diamètre, on obtenait des effets semblables; car, en mettant en contact le centre du disque d'argent avec la boule d'or, et recevant l'étincelle de l'autre surface du disque sur la boule de l'excitateur, il existait sur la surface d'argent d'où partait l'étincelle une belle tache d'or d'environ 1 centimètre de largeur, mais variant de grandeur suivant l'intensité de la décharge. La distance transversale entre le centre de ces taches et le point de cont&ct de l'autre surface avec la boule d'or était de % 3 et même 4 centimètres. L'or avait donc parcouru cette distance dans l'argent, sans se combiner avec lui. Au centre de la tache d'or sur l'argent se trouvait une légère cavité autour de laquelle on voyait à la loupe de petites taches disséminées de couleur brun-rougeâtre, ayant l'aspect d'un oxyde métallique. Les taches d'or s'affaiblissaient peu à peu, comme si ce métal se volatilisait. On eu voyait encore des traces pendant quelques jours. Sur la surface opposée au contact de l'or avec l'argent se trouvait une petite cavité circulaire entourée d'une zone brune et renfermant de l'argent fondu. Au point de contact correspondant à la boule, il existait un petit cercle d'argent déprimé, dans lequel on reconnais* sait des traces de fusion. Sur la boule d'argent de l'excitateur, il y avait des traces d'un très-mince dépôt d'or. On voit encore ici , comme dans les expériences précédentes , qu'en même temps que l'or était transporté au travers de l'argent à une distance de plusieurs centimètres, il y avait également transport en sens contraire de l'argent sur l'or au point de contact, plus une couche métallique oxydée sui* la surface de l'argent d'où l'étincelle était sortie. Toutes

3M Emu DUS

cm expérieiieit iemblfiDi monkar tfm b temmçùti det oiétainL g lien Ml tnftyen dM métaux, et prouver en màtm tepnptque l'éti»eelle ëndLAtfm &A toujotmi aûsonpignte de malièM à Yékai de fiuîcm ou d'ioe«iidefeeBC6; e^art néoM 14 uoe des cob^Iîmic de

flfliiitde là ipie, kmque Toft f lil ptMer dai déd^rgM ^leeMquesdiOi r«ir Mire let deuftlaoïai de oiéUd, on doit le« pekrieer, e'esi'Ardîm déposer mr leiiri eorfaces dee eorpe étoMgpn qui peodttiaeiii des eounute éiectrifoeg quiiid on lee plonge deas l'eeu. Notti ¥6rroflii bieniM des eCCete de ce genre.

Les effieU hinMaeux produits eptre les pôles de b pile eiM dee i^ taux ou du charbon^ et qui seront étudiés plus loin^ sont aassi la eonfléquemede le présanfie denaatières pondénUes très^visées en infisôdaseeeee tm enoonbustiion lare du passage de râLacÉneilé. Mohs vemms également «pie Taspaet des étiaceUes suffit soovseni pour indiquer la préseaoe de moiéenlas inaandaseentes, pnisfu'eUee affiacieni les aoulanrs des noéiaiH en oambnstion. Fnsioieti a mtaie émis Topinioa qae les effieU aiéeaaii|Hes de perfamlion ^ de riftMr et de déchmsienis poiirraieBl être dus à b nisÉîère eUei^ «Mée de la «ène viiease «que eeUe de i'éleûtneité <pii est leseessive.

WifwetéÊÊê àtacUi&ikie (HeeihdU, Quattdan piaee unepiaiqoe de veri« enli^ deux poiiïbes dans fane de cMUi^ «i que par la décharge une étiaoeHe se naent sur chaque «urface jusqu^aiibord^oa y reoonnait de Ciîhles traees de désagrégation, des traoes étudiées à i'^leetromètre sont4MMiduotriees{ et jee qu'il y ade partî(»dier, «i^ast <}«Koq y «roms d'autres parties de ktaurfaee qui sopA devenues «onduetriees^ sans avoir auU de modiiGMtene appnwrtes On les rend eensAlés an projetant de la vapeur avec la benefae; 'Oe aa«t œs figiwes 4|ii'4» a appelées figures forîques. Elles sont plus belles aur le nioa; au lieu d'une déobaigeiwn^ète de la fcnEtterie, il autti d'^employer les aigrettes bfeufttnss xpii jaîiliss^ot des pointes. Après l'action éleetriqna , la surfaae du oaoa isole dans toutes ^ dkections Oless).

Geifui s'oppoae ÀJMknettoe qtteAesiguDessaieatjpaaduitaspardas particules métalliques transportées par l'étiDoelie»e'aflt ^ifm Faspeet des suriMîesdtt verve et du naiea n'est pas iehangé^ etqneiOeideaBdr jouit de la propriété isolante.

£n reoevant l'éiiooel^^ttr des lanesde plaquéd'ior 4M1 d^at^pent^ «tie y laisse «une faible tae4ie<qui, i^wès l'exposition à la sapeur hunJde I se jNiésente anus i'aspeoi d'un eerele large de (iluaieurs

A L CLICTRiaTB. ^7

lignes parCaiteiDeni net^ et entoaré d'autres cercles plus ou moms chargés de vapeur.

Lorsqu'uoe déehai^e éleetriqne parcourt ttne surface isolante de verre , elle pàiètre à mie certaine prafondenr^ et produit des altérations plus ou moins profondes qui ont de la ressemtdance avec celles que Ton obtient en frottent le verre avec du sable <aiinon). Ces traces sont ph» vinUes au bout de qudque temps qu'immédiaÉemafit i^nrès.

Avec le mica on (Âtient des changements encore plus néguliers. âeirtre les deux pointes de Tare de ddlure de la batterie on place une feniUe de nûca, rétincdle^ sous des chargea modérées^ va depitts le point le plus rapproché jusqu'à un autre où l'épaisseur est moindre , on mâme jusqu'au bord de la feuille^ et laisse des traces d'une apparence très-réguUère (Wartmann).

Tons ces eSets^ dus à des actions par influence , à des modifications de la surfaee des corps et à des transports da matière , se prodsBsent également lorsqu'on place une médaille^ on corps conduetenry aur une surface f^ane en cire à cacheter, m verre^ etc.^ etqn'on âectrise la premiëre. En insofiflant de la vspevr d'eau avec l'haleine, ou bien en exposant k surface aux émanations d'autres vapeurs, on a des empreintes de fa médaflle (Karsten^ Riess , Mas- «on^ e4c.)- On s*est beaucoup occupé de ces empreintes qiA sont rarement parfaites^ et qui mettent eeulement en évidence la faoïiHé qne possède l'électricité^ dans les dédiarges^ de transporter les particules de matière qui se trouvent sur son passage.

T rmmpm i dei îiqmides 4m.9 le cireuit v^tn^^qne. Lorsqu'un courant électrique traverse des circuits dans lesquds ae trouvent des liquides ; il se produit, c^nme dans les décharges électriques, des transports de matières. Les premières expériences de ce genre furent faites par Porrett : il prit un vase en verre qu'il partagea en deux compartiments au moyen d'un diaphragme de vessie; puis chMjue ceUute fut remplie d'eau ordinaire, aans addition d'aucun sel; il p^iça ensuite dans chacun d*eux une lame de platine es <x)mamnicaiion avec l'on des pôles d'une pile de 00 éléments. L'eau lut décomposée comme & Torcfinaipe, mais le Aégagementdn £az ne fdt pas aussi rapide qoe si l'eau e6t tenu en dissolution un sel ou up acide ; «me grande partie de feau contenue dans le compartiment où se trouvait ime lame positive fut chaifiée par une force d'iai|)uIsion éans le compartiment négatif^ (A le niveau de Teau s'éleva. On voH donc que le <30urant électrique, quand M traverse wà liquide

288 EFFBTS DUS

mauvais conducteur^ tend à lui imprimer une impulsion dans le sens de la direction que suit l'électricité pour se rendre du pôle positif au pôle négatif. Celte expérience^ nous le répétons^ ne réussit bien qu'autant que Teau est presque entièrement pure ^ ou du moins offre une certaine résistance au passage de l'électricité. Les effets de transport peuvent être rendus manifestes par Pexpépi 03 rience suivante : on ferme la partie infé-

rieure de deux tubes de verre de quelques millimètres de diamètre à l'aide d'un peu de kaolin délayé^ et soutenu par une gaze de façon à ne pas tomber.

Le kaolin doit être assez délayé pour que y les deux tubes étant plongés dans un vase plein d'eau contenant un peu de sel, le moindre choc fasse tomber quelques parcelles de l'argile au travers de Teau. Si alors on met également de Teau légèrement salée dans les deux tubes^ et qu'on y plonge deux lames de {datine^ l'une en relation avec le pôle -4-, l'autre avec le pôle — d'une pile à auges de 60 éléments, on voit le kaolin tomber au-dessous du tube par où débouche lelectricité positive. En changeant le sens du courant , Teffet se produit de l'autre côté. Il faut quelques tâtonnements pour bien préparer cette expérience (Becquerel).

M. Wiedemann a employé la disposition suivante pour mettre le même phénomène en évidence.

Une petite cloche tubulée .C est mastiquée à l'extrémité supé- F'g 8»- rieure d'un cylindre d'argile

poreuse AB fermé par le bas; à la tubulure on adapte un tube vertical rf, auquel est soudé latéralement un tube e.

Dans le cylindre d'argile se trouvait un cylindre g de cuivre ou (îe platine ; mis en communication par un fil métallique avec le pôle négatit I d'une pile [par exemple^ une pile de Bunsen de 10 ou 20

A l'élegtbigitr. 289

éléments). Un second cylindre de métal t, mis en communication avec le pôle positif de la pile, entoure le diaphragme. Tout l'appareil est renfermé dans un cylindre de verre A, rempli^ ainsi que le cylindre d'argile, d'eau ou de tout autre liquide. L'intensité du courant est mesurée par un galvanomètre.

Aussitôt que le circuit est fermé, le liquide nxHite dans le cylindre poreux, et coule par le tube latéral dans un vase placé audessous.

On obtient de bons effets avec une dissolution légère de sulfate de cuivre et deux électrodes de cuivre ; il n'y a pas alors de gaz dégagé sur les lames. En changeant le' sens du courant et rendant la lame intérieure g positive, le liquide s'abaisse dans le tube d au lieu de s'élever. Cette expérience montre que l'élévation de température due au passage du courant n'est pas la cause du phénomène, car, sans cela, il aurait lieu quel que fût le sens du courant. L'effet est donc dû à une action de transport qui se manifeste lors du passage de l'électricité.

En mesurant le liquide écoulé sous Faction de courants d'intensités divei*ses, on arrive d'abord à ce résultat, que les quantités de liquide écoulées dans des temps égaux sont directement proportionnelles à l'intensité du courant. Mais, lorsque la surface perméable du cylindre d'argile est peu à peu diminuée par une couche de gomme laque, tous choses égales d'ailleurs, les quantités de liquide écoulées sont indépendantes de la gi^andeur de la surface.

Dans des expériences faites à Paide de ce procédé, un courant d'une intensité quelconque mettait le même temps à transporter 3 centimètres cubes d'eau à travers le diaphragme qu'à produire 1 centimètre cube de mélange détonant dans un voltamètre qui faisait partie du circuit.

Afin d'avoir des déterminations qui fussent indépendantes de la capillarité, de l'endosmose , etc., on a équilibré Taction mécanique du courant par une simple réaction hydrostatique. A cet effet, on a bouché à sa partie supérieure le tube du cylindre poreux, et on a mis en conmiunication Torifice d'écoulement avec un manomètre à mercure. Dans l'appareil se trouvait une dissolution de sulfate de cuivre. En faisant passer des courants de diverses intensités et en faisant varier la grandeur de la surface du diaphragme , le mercure restait stationnaire dans le manomètre à différentes hauteurs. Il résulte de la mesure des différentes pressions ainsi obtenues, que les hauteurs auxquelles les liquides s'élèvent sous l'action T. I. 19

}90 IFPBTS DUS

d*un courant volUîque sont directement proportionnelles à l'intensité du courant et en raison inverse de la surface libre du cylindre.

Phénomènes unipolaires. Nous venons de voir que les courants agissaient différemment suivant leur sens ; nous avons dit également (page 95), en parlant des flammes et de la conductibilité des gas^ que l'électricité passait plus facilement dans un sens que dans Tautre^ suivant la manière dont elle se présentait aux conducteurs. Erman y qui a étudié cette dernière question , a cherché à prouver que certains corps ne possèdent pas le même pouvoir conducteur pour chacune des deux électricités. Mais les effets qu^l a observés sont probablement dus à d'autres causes que celles qu*il a admises. n a donné le nom d'unipolaires aux corps qui jouissent de cette propriété , et a nommé phénomènes unipolaires les eflets qu'ils présentent

Soit un appareil voltalque isolé, dont chaque pdle communique avec un électroscope à feuilles d'or, très-sensible. On prend un prisme de savon bleu, et Ton insère dans un de ses bouts un til métallique communiquant au sol. Si Ton touche par l'autre bout l'un des pôles de la pile, ce pdle est aassitôt déchargé^ tandis que l'autre acquiert un excès de tension. Fait-on conmiuniquer les deux pMes ensemble au moyen du savon et de deux fils métalliques, les deux éledroscopes continuent à diverger; le savon se comporte comme un corps non conducteur. Si Ton touche maintenant le savon avec un fil de métal communiquant au sol, le pôle négatif est neutralisé et le pôle positif atteint son maximum de tension. Ces effets sont dus probablement à la présence d*un acide gras sur le pôle positif, provenant de la décomposition du savon par Faction du courant, lequel acide, en raison de son pouvoir non conducteur, s'oppose tu passage du courant.

On doit ajouter que ces phénomènes n'ont Heu qu'après un certain temps nécessaire pour que le dépôt de l'acide gras puisse s'effectuer. Ainsi les propriétés unipolaires annoncées par Erman tiennent vraisemblablement à des produits secondaires déposés sur les lames décomposantes et non conducteurs de l'électricité. On a rapporté ici ces expériences pour prémunir les personnes qui cherchent à eujployer les forces électriques comme force chimique , contre une cause qui peut arrêter le passage du courant dans les circuits. Bien que ces expériences tendent à prouver que les phénomènes unipolaires peuvent, dans les décompositions électro-

A l'Électricité. 291

cbknkpieê, dépendre de la présence de corpg isolants sur Tune des lamei décomposantes > cependant il existe des faits qui paraissent montrer, de même que le fait observé par Porett et ceux qui sont indiqué» plus haut^ que Fune et l'autre électricité peuvent avoir un pouvoir d'action inégal.

n ne resterait plus^ pour terminer les effets mécaniques dus & Faction des courants, qu'à parler des actions mutuelles de deux fils parcourus par des courants électriques; mais nous consacrerons un chapitre du troisième volume pour traiter l'ensemble de ces phénomènes, connus sous la dénomination de phénomènes étectro^ dynamiquesé

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