CHAPITRE IT
État électrique de la terre et de l’atmosphère par un ciel serein.
Sous un ciel serein, l'air se comporte toujours comme s’il était électrisé positivement, et la terre comme si elle l'était négativement. On constate l’état négatif de la terre en plaçant un des bouts en platine du fil conducteur d’un multiplicateur dans un lieu humide et profond, l’autre dans une partie sèche du terrain ou d’un bâtiment y attenant. En expérimentant de cette manière, Peltier s’est assuré que le sol est constamment négatif, mais à des degrés différents, suivant l’état hygrométrique et la température de Pair. Quand le bout extérieur du fil du multiplicateur est libre dans l'air, l’appareil n’accuse pas toujours de courant, à raison probablement de la mauvaise conduetibilité de Pair; la déviation n’a lieu que lorsque la tension est très-forte ou que l'air est suffisamment humide. Il faut faire attention en outre à la polarisation des deux bouts de fil en platine, ou des lames de même métal qui s’y trouvent fixées, laquelle polarisation, se manifestant peu d’instants après que le circuit est fermé, masque les effets que l’on veut observer. Le seul moyen de la détruire est de retirer les bouts ou les lames de platine
des lieux dobservation, de les laver dans l’eau distillée, de les faire rougir et de les remettre ensuite en place.
La quantité d'électricité positive qui existe dans l’air, varie suivant les localités; elle est en général plus forte dans les lieux les plus élevés et les plus isolés; elle est nulle dans les maisons, sous les arbres, dans les rues, dans les cours; elle est néanmoins sensible dans les villes, au milieu des grandes places, et principalement sur les quais, où elle est plus forte qu’en rase campagne.
Pour se rendre compte de ces divers effets, il faut faire attention que, l’atmosphère et la terre se trouvant constamment dans deux états électriques contraires, ces deux électricités doivent se recombiner continuellement dans les couches d'air inférieures jusqu’à une certaine hauteur, par l'intermédiaire des corps situés à la surface du sol; en rase campagne, l'expérience prouve qu’on ne commence à trouver de l'électricité positive qu'à 1 mètre ou 4",30 au-dessus du sol; la recomposition s’effectue donc jusqu’à cette hautéur, quand aucune cause étrangère ne vient la troubler. Au delà, lintensité électrique augmente suivant une loi qui n’est pas connue, laquelle dépend du plus ou du moins de vapeurs qui se trouvent dans l’air. On constate l’accroissement d'électricité positive en élevant au-dessus du sol un ballon , un cerf-volant , ou en lançant des flèches avec un arc. L’expérience avec les flèches a été faite au grand Saint-Bernard, sur un des plateaux qui avoisinent lhospice.
iles ont été lancées à 80 mètres au-dessus du sol. On a trouvé que, par un ciel parfaitement pur, l'excès de l’électricité positive va toujours en augmentant (Becquerel). Peltier a également constaté ce fait avec un ballon captif; seulement il a reconnu que dans certaines circonstances, lorsqu'il existe dans l’air des nuages à peine visibles, l'électricité devient nulle, puis négative, pour revenir, peu de temps après, positive.
A la surface de la terre, les corps et les appareils sont plongés au milieu dune atmosphère constamment chargée d’électricité, dont la tension , comme on vient de le dire, va en augmentant en s’éloignant du sol; en s’élevant dans l’air on obtient une charge positive, en s’abaissant une charge négative. Ces effets peuvent s'expliquer de deux manières : 4° en supposant que la terre et l'atmosphère sont constituées dans deux états électriques différents ; 2 en admettant que la terre et l'atmosphère sont toutes deux électrisées de la même manière, mais avec des tensions différentes. Ces actions par influence, analogues à celles qui ont été étudiées par Erman, et en général tous
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