‹ Traité d'électricité et de magnétisme, t.1Chapitre 74 sur 83 · RE D TARA · texte numérisé non relu

RE D TARA

nomène n’est soumis à aucune apparition rigoureusement régulière.

Si dans les régions polaires les aurores sont fréquentes, et même ont lieu tous les jours, dans les latitudes moyennes elles sont plus rares, et ne se montrent que lorsque, dans les régions polaires , elles ont une certaine étendue. Quelquefois ce météore a une étendue considérable, et, si l’on fait attention qu’il peut s’en montrer vers les deux pôles de la terre, on voit que ce phènomène peut se manifester sur une grande partie du globe. Mairan, qui a rapporté dans son Traité de l’aurore boréale les exemples d’aurores dont il a pu avoir connaissance jusqu’en 4734, et qui a suivi lui-même les aurores parues pendant 16 anis (de 1716 à 1731), en a déduit les conséquences suivantes : dans les latitudes moyennes, les aurores boréales sont plus fréquentes en hiver qu’en été. Quoique ce phénomène soit variable, cependant il ne s’est pas montré toujours de la même manière : ainsi, vers 1724, il y a eu annuellement fort peu d’aurores, deux seulement ; en 1798 elles ont été très-fréquentes ; maïs jamais on n’en avait tant vu que dans le mois d’octobre de 1731, où il y a eu en moyenne une aurore sur trois jours. Dans nos contrées, en moyenne, on compte annuellement dix aurores boréales.

Bien des théories ont été mises en avant pour expliquer les aurores boréales.

Halley a supposé qu’elles étaient dues à des tourbillons magnétiques traversant la terre avec une excessive vitesse du sud au nord, et pouvant devenir lumineux par eux-mêmes ou par leur contact avec les substances terrestres qu’ils rencontrent.

Mairan émit l'opinion qu'il existe autour du soleil une espèce de matière lumineuse d’une ténacité extrême, et qu’une l'aurore boréale n’était qu'une portion de cette vapeur, ou plutôt une portion de l’atmosphère solaire que la terre rencontrait sur sa route et emportait avec elle dans l’espace.

Cette théorie, présentée avec talent, fut adoptée par les savants jusqu’en 1740, époque où GélSius et Hiorter découvrirent que les aiguilles aimantées éprouvaient une agitation extraordinaire lors de l’apparition des aurores. En rapprochant ce fait des effets lumineux de l’aurore boréale, qui sont semblables à ceux produits par l'électricité dans le vide , on supposa que l’électricité devait jouer un certain rôle dans la production du phénomène. Mais il ne suffisait pas de trouver une identité entre la lumière électrique et celle des aurores, il fallait encore démontrer l'existence d’une

quantité suffisante d'électricité dans l'atmosphère; c’est ce qui fut fait plus tard par Franklin et d’autres physiciens.

Dalton supposa que, le phénomène se passant à 150 milles d'élévation au-dessus de la surface de la terre, devait être dû à des effets électriques lumineux produits dans un air plus ou moins raréfié; il émit l'opinion que les rayons de l’aurore devaient avoir une origine ferrugineuse à raison de l’action exercée sur eux par le magnétisme de la terre.

M. Kaemtz rattache les aurores boréales à des effets par induction se manifestant dans l’atmosphère, et produits par des changements dans l’intensité magnétique du globe, changements dus aux variations de température ou à tout autre motif. Cette hypothèse est bien difficile à admettre, car on ne voit pas comment ces effets peuvent se manifester dans des corps non conducteurs de lélectricité.

Aucune hypothèse ne rend compte jusqu'ici d’une manière satisfaisante des faits observés. On ne peut s'empêcher toutefois de reconnaitre que les rayons ou colonnes des aurores polaires obéissant à l’action du magnétisme terrestre ont de l’analogie avec ces jets lumineux produits dans Pexpérience de Davy, lorsqu'on fait passer dans le vide, entre deux pointes de charbon, la décharge d’une forte batterie voltaique. Il pourrait donc se faire que les rayons lumineux de l'aurore fussent des trainées de matières gazeuses transportées par l'électricité et capables de prendre toutes les formes, mais avec cette condition toutefois, que les recompositions électriques se fissent perpendiculairement à laïiguille d’inclinaison. Comment seraient produites ces espèces de courants électriques? Il y a tant de moyens de mettre en mouvement Pélectricité, qu'il peut très-bien se faire que la nature, dans cette circonstance, en ait à sa disposition qui nous soient inconnus.

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