‹ Traité d'électricité et de magnétisme, t.3Chapitre 29 sur 73 · LIEU E 2 ANNÉE. LATITUDE, INTENSITÉ DES OBSERVATIONS. MAGNÉTIQUE · texte numérisé non relu

LIEU E 2 ANNÉE. LATITUDE, INTENSITÉ DES OBSERVATIONS. MAGNÉTIQUE

Viluesh ses 4 1829 ; 1,759 New-York.......,.,. 1822 40 4: 1,803 Spitzbérg, Fairharen.. 1523 É 1,562 Baie de Balfin.....,.. 1518 52 4 1,590 BEUXOIIOS ent 1829 50 52 1,374 Christiania. .....,... 1820 59 5 1,419 Berlin. .. 1829 52 à 1,360 1828 59 66 1,410

He 1805 FA 1,333 lNaples.....:....., 1805 40 5 1,274 | Carthagène.......,., 1801 DE 1,294 1800 ) 15178 1802 1,087

Lignes d’égale intensité ou lignes isodynamiques. M. Hansteen a fait paraître, à Christiania , en 1826, une première carte dans laquelle se trouvent figurées des lignes d’égale intensité magnétique, qu'il désigne sous le nom de lignes isodynamiques.

De nouvelles cartes, plus complètes que la précédente, ont été publiées par ses soins en 1832. Dans son travail, M. Hansteen discute toutes les observations d'intensité magnétique qui ont été faites depuis 1790 jusqu’en 14830. Il rend ces observations comparables, autant que les circonstances le permettent, et il en exprime la valeur par des rapports qu’il fait dépendre du minimum d'intensité que M. de Humboldt avait observé, en 1802, sur l'équateur magnétique dans Pintérieur du Pérou.

Les lignes isodynamiques, telles qu’elles ont été conçues par M. Hansteen, ont cela de commun avec les lignes d'égale inclinaison, que les unes et les autres sont analogues à des parallèles de la sphère; mais elles sont irrégulières, et d’ailleurs elles ne coïncident pas entre elles, c’est-à-dire qu’à inclinaison comme à latitude égales, les rapports d'intensité magnétique présentent des valeurs souvent très-différentes, ainsi que M. de Humboldt en avait déjà fait la remarque durant son voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent,

M. Hansteen déduit, de la configuration de ses lignes isodynamiques, comme il lavait fait de celle des lignes d’égale déclinaison , l’existence de deux pôles magnétiques à la surface du globe, dans chaque région polaire; et entre les tropiques, celle d’une courbe sur laquelle l'intensité minimum qu’on obtient dans chaque

méridien paraît varier de 0,8 à 1,0, entre deux points qui seraient situés, l’un dans la partie méridionale de l'Afrique, l’autre sur les côtes du Pérou; que les valeurs extrêmes de l'intensité magnétique, à la surface de la terre, sont dans le rapport de 1 à 2,4; et | 1 enfin, se fondant sur l'intensité 1,8 observée par M. Sabine à New- | York, par 41e de latitude nord, et sur l'intensité 4,6 (non corrigée) observée par M. de Rossel, à Van-Diémen, par 43° de latitude sud, il pense que l'intensité magnétique doit être généralement plus grande dans Phémisphère boréal que dans l’hémisphère opposé. M. Duperrey, auquel le magnétisme terrestre doit des travaux importants, s'est appliqué à achever la carte des lignes isodynamiques qui était restée incomplète, faute d’observations dans l’hémisphère austral (voir pl. XI et XII). Les lignes isodynamiques sont tracées dans la planche XI, sur une carte de Mercator, et dans la planche XII suivant une projection polaire. Les lignes isodynami- Ë ques de l’hémisphère nord sont à peu près telles que M. Hansteen les avait déjà tracées ; mais celles de la zone intertropicale et de l'hémisphère sud ont éprouvé des modifications considérables. Les { Il observations faites à Payta, à Offak, à Sourabaya, à l'Ile-de-France,

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au Port-Jackson et à Van Diémen ont fait remonter les lignes d’égale { || intensité vers le nord, de 8 à 10° en latitude selon les localités, et Il la ligne 1,6, qui passait sur la partie méridionale de la terre de Van- 11

Diémen, est remplacée par la ligne 4,8, qui ne permet plus d’ad- la mettre la différence que M. Hansteen croyait pouvoir établir entre i | les intensités des deux hémisphères.

C'est en faisant dépendre des observations de M. de Humboldt ses propres observations et celles que M. de Rossel avait faites durant le voyage de l’amiral d’Entrecasteaux, que M. Duperrey est parvenu à fixer la valeur de l'intensité magnétique dans les îles Moluques, à la Nouvelle-Hollande, à la terre de Van-Diémen et dans la mer des Indes. Les résultats qu’il a obtenus, et dont l’exactitude se trouve aujourd’hui parfaitement confirmée par les observations toutes récentes du capitaine Fitz-Roy, ont suffi pour donner une 5 idée approximative de la forme générale des lignes isodynamiques dans l’hémisphère austral, et compléter ainsi le travail que M. Hans- | teen avait si bien commencé, et qu'il aurait sans doute achevé de la même manière, s'il avait eu connaissance des observations de M. Duperrey, et des moyens de rectification dont les observations de M. de Rossel étaient susceptibles. |

A l’époque où M. Duperrey publia ses cartes de lignes isodyna- î

miques, tout portait à croire que la ligne sans inclinaison était, sinon une ligne d’égale intensité magnétique, du moins la ligne des plus petites intensités observées dans les méridiens.

Aujourd’hui il n’est plus permis de croire que la ligne sans inclinaison soit précisément la ligne des plus petites intensités magnétiques ; mais il est bien probable qu’elle n’est pas très-éloignée de la courbe qui doit jouir de cette propriété, et sur laquelle il faudra établir, lorsque sa position sera connue, les points de rebroussement des lignes isodynamiques destinées à envelopper les espaces de moindre intensité.

M. Duperrey n’a présenté ses cartes de lignes isodynamiques qu'avec une extrême réserve. Ses craintes sont fondées sur ce que les observations d'intensité magnétique paraissent assujetties à des erreurs dont il n’est pas encore possible de les débarrasser d’une manière complète; l’inclinaison, les variations de la température, l'action de la terre sur les aiguilles que l’on transporte en différents points du globe, la position horizontale de l’aiguille que lon croit être la position horizontale de son axe magnétique, la nature du sol sur lequel on observe, etc., etc. (*), sont autant de causes qui, dans son opinion, peuvent facilement occasionner les différences d’un dixième et souvent mème de deux dixièmes que l’on remarque entre les résultats obtenus dans un même lieu, différences dont on concevra l’importance, si l'on fait attention qu’un dixième dans l’intensité magnétique sépare deux lignes isodynamiques, dont la dis-

(*) Quoi qu’il en soit de l’exactitude problématique de ce genre de carte, M. Duperrey n’en a pas moins été curieux de comparer l’ensemble de Loutes les observations faites jusqu’à ce jour avec la théorie, relativement à la loi d’après laquelle l'intensité des forces magnétiques varie à différentes latitudes de l'équateur aux pôles.

La formule de M. Biot i— V/ 1 = 3 sin ? 1, qui exprime celte loi dans l’hypothèse de deux centres d'action placés à une très-petite distance du centre de la terre, suppose que le globe est parfaitement homogène, en sorte qu'elle ne peut êlre vérifiée par des observations isolées. Mais, en calculant l'intensité magnétiqs moyenne de la ligne équinoxiale et de chaque parallèle terrestre de 10 en 10 degrés, au moyen des lignes isodynamiques, et en prenant la moyenne des résullats ainsi obtenus pour les parallèles homologues des deux hémisphères, M. Duperrey a trouvé que la courbe de l'accroissement de l'intensité magnétique de l'équateur an pôle, tracée d’après ces valeurs moyennes, ne s'écarlait de celle qui résulte de Ja formule de M. Biot, que d'environ 0,015 de l'intensité prise pour unité (voir planche X); en sorte que cette formule serait l'expression véritable de l'intensité magnétique de la terre, si la terre était parfaitement homogène ou régulièrement magnétique sur chaque parallèle.

tance en latitude est, terme moyen, de 9°, ce qui répond à 180 lieues marines.

M. Duperrey n’admet pas cette multiplicité de pôles magnétiques introduite dans la science par Halley, repoussée par Euler, et reproduite plus tard par M. Hansteen. Les déclinaisons de 11 à 15° nord-est, observées par le baron Wrangel autour de la Nouvelle- Sibérie, lui prouvent d’une manière incontestable qu’il n’y a point de pôle magnétique à l’ouest de ces îles, dans la partie septentrionale de Asie. Il voit bien que la ligne isodynamique 1,7 qui contourne le pôle magnétique du nord de Amérique, s’étend considérablement vers la Sibérie ; mais, indépendamment de ce qu'il aurait à dire sur la forme donnée à cette courbe par M. Hansteen, il n’en est point étonné du moment où il sait que les deux pôles magnétiques de la surface de la terre, l’un boréal, l’autre austral , ne sont pas diamétralement opposés, et que la plus grande distance qui sépare ces pôles est précisément dans les méridiens de PAsie, tandis que la plus petite est dans ceux du milieu du Grand Océan.

Cette position respective des pôles magnétiques est évidemment l’une des causes qui rendent variable, d’un méridien à l’autre, la distance d’un pôle magnétique à une même ligne isodynamique.

Une cause non moins déterminante est celle que M. Duperrey attribue à la température, dont l’abaissement se prolonge naturellement davantage entre le pôle magnétique et la Sibérie en passant par le pôle terrestre, qu’entre ce même pôle magnétique et le centre de l'Amérique septentrionale.

M. Duperrey n’admet pas l’opinion de M. Hansteen, en tant qu'il s'agit de considérer les pôles magnétiques de la surface de la terre comme des centres ou foyers magnétiques. Quant aux variations et aux anomalies que lon remarque dans la configuration des lignes comme dans la position des pôles magnétiques, on les attribue aux changements de la température atmosphérique.

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