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suite, et passe au sud entre Sumatra et Bornéo, et, traversant de nouveau l’équateur au-dessous de Ceylan, d’où elle passe à l’est au milieu de la mer Jaune, elle se dirige ensuite le long de la côte de la Chine, puis atteint la latit. de 71°, redescend de nouveau au nord en faisant un grand cercle semi-circulaire qui se termine à la mer Blanche.
Cook avança aussi qu’il existait encore une troisième ligne sans déclinaison vers le point de la plus grande inflexion magnétique ; mais elle n’a pas été suivie dans le nord ; de sorte que l’on ne connait pas son cours. Les voyageurs ont cherché aussi la série des points où ils pensaient que la déclinaison était la plus grande; Cook a trouvé une ligne de ce genre dans l’hémisphère austral, à 60° 49° de latit. et 93° 45’ de longit, occid., comptés du méridien de Paris.
Outre les lignes de non-déclinaison , M. Hansteen en a tracé d’autres qui les suivent et dont la déclinaison est de 5°, 10° 45°, etc. Ces dernières présentant une courbure sur elles-mêmes à leurs extrémités , il en a tiré la conséquence qu'il existe deux pôles magnétiques dans chaque hémisphère, dont l'un a une intensité plus grande que l’autre, et que ces quatre pôles ont un mouvement régulier autour des pôles terrestres, les deux pôles du nord allant de l'ouest à l’est dans une direction oblique, et les deux autres de l’est à l’ouest aussi obliquement.
Il assigne à ces révolutions , d’après les observations faites antérieurement à 1817, les durées suivantes :
Au nord, pôle dont intensité est la plus forte, 1740 ans.
Au sud, idem, la plus forte, 4609 Au nord, idem, Ja plus faible, 860 Au sud, idem , la plus faible, 1304
Suivant M. Hansteen, les deux plus forts pôles se trouvent à l’extrémité d’un axe magnétique, et les deux plus faibles à l'extrémité d’un autre axe, dont la position change en vertu de causes qui ne sont pas encore connues.
Depuis, M. Hansteen a recueilli les observations faites par tous les voyageurs français et anglais qui se sont mis en garde contre les causes d'erreurs que leurs devanciers avaient négligées, et a revu les calculs qu'il avait faits, pour déterminer la position des pôles magnétiques, ainsi que le temps de leur révolution. Voici les résultats qu’il a obtenus :
Pôle fort au nord. Les observations faites en 1813 par les offi-
ciers du vaisseau anglais le Brazen, dans la baie d'Hudson, assignent 67° 10° pour la latitude du pôle nord, et 92° 24° pour la longitude occidentale. D’après ces données, on a :
Latitude du pôle. Longitude ouest du pôle, 1730, 70° 45, 108 6’, 41769, 70° 17/, 400 2’, 1813, 67° 10. 99° 247.
On voit donc que le mouvement du pôle à l’est,
de 1730 à 1769, a été de 8 4’, ou de 12’ 44" par année ;
— 1769 à 1813 — de 738',ou de 10° 41” par année.
Moyen mouvement : 11". j', 93.
Période de la révolution complète, 1890 ans.
apitaine Parry, le 18 août 1819, se trouvait au nord de ce pôle ; Pinclinaison était alors de 88° 37'; le 41 septembre, sa position était telle que la déclinaison était de 3° à l’ouest du pôle, et la latitude de 74° 27; il en résulte que la latitude du pôle magnétique devait être d'environ 74° 27.
Le capitaine Ross, qui a été ensuite sur le pôle même, a trouvé qu'il était situé par les 70° 5” de latitude nord, et les 99° 5’ 48" de longitude ouest, à compter du méridien de Greenwich.
Pôle fort au sud. M. Hansteen, en combinant les observations de Cook en 1773 et 1777, avec celles de Furneaux en 1773, et les AR ant avec les observations de Tasman en 1642, a trouvé, pour la position de ce pôle :
1642, latitude nord, 71° 5'; longit. est, 146° 57. 1773, latitude nord, 69°26° 5" 136° 454",
Le déplacement de ce pôle en 131 ans est de 40° 14, ou de 467 par an; ce qui donne 4605 ans pour sa révolution complète.
Pôle faible au nord. M. Hansteen, en comparant les observations faites en 1770 et 1805, à Tobolsk, Tara et Udinsk, en Sibérie, a trouvé pour sa position à ces deux époques :
Latitude nord, Longitude est. Mouvem, en 35 ans. Mouvem, annuel, 1770, 85° 46! 91° 99’ 30! }
0 p'! sw! 9e 1805, 85 211 116 19 Ç 14 35 35" 198
Ainsi ce pôle Ft sa révolution de l’est à l’ouest en 860 ans.
Pôle le plus faible au sud. La position de ce pôle a été déterminée à l’aide des observations faites par Gook et Furneaux en 1774, et Halley en 1760.
Latitude sud, Longitude ouest, Mouvem, en 104 ans. Mouvem. annuel, L 70 A L, 114 L 1 4760, 64 7 94 33% | 9e 421” 16" 37 1774, 77 A7 193 47 4) à
Ce pôle accomplirait donc sa révolution en 1303 ans.
Les recherches de M. de Barlow n’ont pas peu contribué à faire abandonner l'hypothèse dont il vient d’être question, de deux pôles dans chaque hémisphère. Il a réuni, à cet effet, les observations les plus importantes relatives à la déclinaison faites dans les voyages récents, et en particulier, dans le voisinage des pôles, celles du capitaine Beechey, qui a eu le soin d’écarter les erreurs provenant de l'attraction locale, et celles qui ont été faites sur les côtes d’Afrique, d'Amérique et de la Nouvelle-Hollande, par les capitaines Owen et King, ainsi que les observations du capitaine Lutké, au service de Russie, et celles de M. le capitaine Duperrey, dans un mémoire communiqué à la société royale de Londres le 9 mai 1833 (Zransactions philos., 1833) : ce physicien a exposé les principaux faits concernant la situation actuelle des lignes d’égale déclinaison et les changements qu’elles éprouvent à la surface du globe.
Tous les résultats ont été tracés sur une carte (pl. VII), en ayant l’attention d’écarter toute vue théorique. Ainsi , là où il y avait solution de continuité par manque d'observations, on a laissé des blancs; c’est ce qui est arrivé particulièrement vers le pôle sud. En Europe cependant, où les déclinaisons sont si bien observées, ces lignes ont été continuées sur Ja terre et sur l’eau.
Si l’on jette les yeux sur cette carte, qui est à peu près celle de M. Hansteen, à part les additions mentionnées, on reconnait qu'abstraction faite des portions qui offrent des courbures extraordinaires, ces lignes d’égale déclinaison doivent dépendre de lois que nous ne connaissons pas encore.
En admettant que les déclinaisons fussent, comme on l’a quelquefois supposé, influencées par les parties qui se trouvent dans leur voisinage immédiat, on ne voit pas comment pourrait avoir lieu cette régularité qu’on observe dans un grand nombre de parties, simon dans toutes. Le tracé de la courbe dans l’océan Atlantique en est un exemple.
Dans l’océan Indien on a une ligne sans déclinaison qui coupe léquateur terrestre, et dont la courbure est extraordinaire; les lignes d’égale déclinaison situées à gauche de celle-ci ont une déclinaison occidentale, celles qui sont à droite une déclinaison orientale.
M. Barlow a remarqué que les observations faites dans ces mers sont plus en harmonie entre elles que celles recueillies dans les autres parties du globe; circonstance que cet habile physicien attribue à la faible valeur de l’inclinaison et à la forte intensité de la composante horizontale, qui expose moins celle-ci à être influencée par des attractions locales.
On reconnait encore que dans ce même océan, pendant 40°, la ligne sans déclinaison court presque parallèlement à l’équateur, et pendant 40 autres degrés elle revient dans le méridien. Mais comme, dans le cas de non-déclinaison, le pôle magnétique doit se trouver dans le méridien du lieu, il s'ensuit que le pôle doit aussi courir pendant 40°, ou coïnecider avec le pôle du globe. Tous ces faits, comme le dit M. Barlow, sont incompatibles avec lexistence supposée de quatre pôles magnétiques, ou même d’un plus grand nombre.
Si l’on examine les courbes remarquables qu’on trouve dans le grand océan Pacifique, rien ne dénote, malgré leur caractère particulier, l'influence de causes locales. Ces lignes, au lieu de s'étendre vers les pôles, comme dans les autres parties du globe, retournent sur elles-mêmes, de manière à former des figures semblables, quoique irrégulières. Cette disposition ne permet pas non plus d’admettre l’existence de quatre pôles.
Passons aux changements progressifs de situation et de configuration des lignes d’égale déclinaison.
D'après les documents les plus authentiques, il paraît que c’est vers l’année 1660 que la ligne sans déclinaison doit avoir traversé l'océan Atlantique presqu'à angle droit avec les méridiens de nos contrées, comme cela se voit aujourd’hui dans l’océan Indien. Depuis ce temps, elle a été graduellement en descendant vers le sud et l’ouest, et aujourd’hui elle traverse la partie orientale de PAmérique du Sud. Cette ligne sans déclinaison traverse l'Australie; mais il paraît que, s’il y a eu depuis soixante ans quelque changement, il a dù être très-faible. La déclinaison dans cette localité paraîtrait donc aussi fixe que sur la côte d'Amérique. Ce qu’il y a de particulier dans cette presque constance dans la déclinaison, c’est qu'on n’a rien vu de semblable dans notre hémisphère. Le mouvement pendant un certain nombre d'années, avant et après le passage actuel de cette ligne, n’a jamais été très-rapide ; mais aussi il n’a pas été presque aussi stationnaire que dans l’Australie.
On a remarqué aussi que, dans l’Inde occidentale, les Bermudes
et quelques autres lieux où la déclinaison est fable, le changement a été également très-peu considérable; mais on n’a pas encore reconnu de points où la déclinaison soit grande et stationnaire en même temps.
M. Barlow a montré que partout où l’on a tenu exactement note des déclinaisons , et où le déplacement a été considérable, on a pu toujours réduire ce mouvement de déplacement à la rotation cireulaire d’un certain pôle magnétique pris vers le pôle de la terre.
Churchmann paraît être le premier, comme on l’a vu, qui ait eu l’idée d'attribuer un pôle à chaque lieu, et qui ait calculé daprès ce principe les déclinaisons qui ont été observées à Londres, de dix en dix ans, depuis 1622 jusqu’à 4800. En comparant ces déclinaisons avec celles actuellement observées, les différences sont peu considérables.
M. Barlow a fait une comparaison semblable, non en assignant le lieu du pôle, mais en le déterminant d’après l’inclinaison et la déclinaison. Ces différences, quoique n'étant pas aussi petites, sont cependant peu sensibles; elles ont été encore plus faibles pour les déclinaisons calculées et les déclinaisons observées à Paris, à Copenhague et à Londres ; et il en a conclu naturellement qu’on doit regarder comme extraordinaire un accord aussi remarquable entre les déclinaisons calculées et celles observées dans des lieux situés à plus de 30° de différence, si la supposition d’une révolution polaire n’était pas fondée. Comment, d’après cela; rendre compte de ces points stationnaires ou presque stationnaires où la déclinaison est nulle ?
Les courbes tracées sur la carte que nous examinons dans ce moment présentent cette particularité remarquable, que le véritable lieu où le capitaine Ross a trouvé que l'aiguille d’inclinaison était perpendiculaire à la surface du globe est précisément le point où, en admettant que toutes les lignes se rencontrent, celles-ci conservent le mieux leur caractère d’unité, soit qu’on les considère séparément ou dans leur ensemble.
On a vu plus haut que M. Barlow n’admettait qu’un pôle magnétique dans chaque hémisphère : il a déterminé la position de chacun d'eux, en supposant que les phénomènes magnétiques du globe sont les mêmes que ceux que présente une boule de fer, et en s'appuyant sur les meilleures observations de déclinaison ou d'inelinaison faites dans diverses parties du globe.
Méridiens et parallèles magnétiques. Les lignes d’égale décli-
naison dont nous avons parlé plus haut ne peuvent avoir d'autre importance que de grouper d’une manière méthodique les observations faites à une époque déterminée, surtout depuis que M: Duperrey a trouvé un moyen graphique à l’aide duquel il a tracé la figure des méridiens magnétiques tels qu'ils doivent être considérés dans l’état de nos connaissances (pl. VII).
Les méridiens magnétiques ne sont pas des lignes hypothétiques ;:ils résultent de la direction de l'aiguille aimantée en chaque point du globe. Supposons que l’on parte d’un point quelconque, et que, cheminant toujours dans le sens de la direction de l'aiguille aimantée, d’abord vers le pôle nord , ensuite vers le pôle sud, on relève tous les points par lesquels on aura passé, la courbe qui les réunira tous formera un méridien magnétique. Si lon prend un autre point de départ voisin du premier, et que l’on trace de la même manière un méridien magnétique, ce méridien rencontrera le premier en deux points situés lun vers le pôle nord, Pautre vers le pôle sud. En traçant sur le globe un certain nombre de ces méridiens, et prenant les points d’intersection de deux méridiens voisins, on aura alors, dans chaque hémisphère, une courbe fermée résultant de la réunion de tous les points d’intersection : ïl est naturel d'admettre que le-pôle magnétique de chaque hémisphère se trouve au centre de l’aire renfermée par ces courbes. La planche VII indique le tracé d’un certain nombre de ces méridiens sur une carte de Mercator; la planche IX indique le tracé sur une position polaire. Il suffit de jeter les yeux sur cette carte pour se faire une idée des rapports qui existent entre tous ces méridiens que l’on ne peut se refuser d'admettre, puisqu'ils ont chacun pour élément la direction de l'aiguille aimantée dans chaque point du globe.
Outre les méridiens magnétiques, M. Duperrey a tracé encore sur mêmes cartes des courbes normales aux méridiens ; et qu’il a appelées pour ce motif parallèles magnétiques, en raison de leur analogie avec les parallèles terrestres.
La ligne marquée équateur magnétique sur la planche VIT est la courbe perpendiculaire à tous les méridiens magnétiques, passant par leur milieu, et analogue à l’équateur terrestre qui est perpendiculaire à tous les méridiens géographiques. Maïs le véritable équateur magnétique est représenté par une ligne ponctuée ; c’est, comme on le dira plus loin, la ligne des points où Pinclinaison est nulle (*).
() MM. Gauss et Weber ont publié une carte des parallèles magnétiques dans
Observations d'inclinaison faites en différents points du globe. Les observations relatives à l'inclinaison ont occupé les voyageurs non moins que celles de la déclinaison; aussi en trouve-t-on un grand nombre dans les relations qu'ils ont publiées ; mais elles paraissent avoir moins d'importance, en raison du rôle qne jouent les déclinaisons dans la détermination des méridiens magnétiques.
En étudiant la marche de l'inclinaison sur le globe et en partant de Paris, se rendant vers le nord, on a trouvé que le pôle austral de l'aiguille s’abaisse de plus en plus au-dessous de lhorizon ; que l'inclinaison augmente en même temps que la latitude, et que dans les régions polaires il existe des points où elle est de 90°.
En se dirigeant au contraire dans l'hémisphère austral , on a reconnu que l’inclinaison diminue avec la latitude, et qu’il existe, non loin de l'équateur, des points où l'aiguille est sans inclinaison. Au delà de ces points, l’inclinaison recommence, mais dans un sens inverse, et continue à augmenter jusque vers le pôle, où elle est de 90°. La courbe qui comprend tous les points, où l'aiguille aimantée est sans inclinaison, a été nommée équateur magnétique; et les points où l'aiguille est verticale, pôles magnétiques. Toutes les observations d’inclinaison tendent à trouver non-seulement Ja position de ces derniers, mais encore celle de Féquateur.
Lignes d'égales inclinaisons ou isocliniques, et équateur magnétique. Il paraît que la première carte des lignes d’égale inclinaison est celle qui a été dressée par Wilcke ; on la trouve insérée dans les Mémoires de l'Académie de Stockholm, pour l’année 1768. La même carte a été reproduite plus tard par le Monnier, mais avec des modifications considérables.
Les cartes de ce genre qui méritent d'être prises en considération sont, pour l’époque où elles ont été dressées, celles que M. Hansteen a publiées en 1819.
aquelle chaque parallèle porte une cote numérique. Cette cote est un paramètre variable qui se présente dans l'équation générale des parallèles magnétiques, et qui ala même valeur dans toute l'étendue de ces courbes, mais qui varie en passant de l’une à l’autre. Dans la théorie générale du magnétisme, chaque parallèle est considérée comme étant l'intersection de la surface de la terre avec une surface de niveau magnétique. Il y à une infinité de telles surfaces de niveau ; elles jouissent de cette propriété, qu’en chacun de leurs points la normale à la surface représente la direction des forces magnétiques terrestres. La propriété qu’ont les parallèles magnétiques d’être normaux à l'aiguille aimantée est une conséquence de cette propriété générale.
Les lignes d’égale inclinaison sont analogues aux parallèles terrestres qu’elles coupent obliquement, mais elles n’en ont pas toute la régularité, et sont d’ailleurs d’autant moins parallèles entre elles qu’elles se rapprochent davantage des régions polaires, où elles circonscrivent les pôles magnétiques de toute part. Ces pôles, qu'il ne faut pas confondre avec les centres d’action intérieurs qui sont les vrais pôles magnétiques de la terre, sont tout simplement les points de la surface où l'aiguille aimantée, suspendue par son centre de gravité, prend la direction de la verticale.
M. Hansteen, comme nous l’avons déjà dit, a cru pouvoir déduire aussi de la figure des lignes d’égale inclinaison qu’il existe deux pôles magnétiques dans chaque région polaire; mais cette assertion n’est pas généralement admise.
Selon M. Duperrey, les lignes d’égale inclinaison ont, comme les lignes d’égale déclinaison, l'inconvénient de ne pas être l’expression d’un fait uniquement dépendant de l’action du magnétisme. Chaque inclinaison est la mesure de l’angle que fait l'aiguille avec le plan de l’horizon, ou, si l’on veut, avec la verticale du lieu de l'observation. Si la ligne d’égale inclinaison était un cercle parfait de la sphère, les verticales de tous les points de ce cercle auraient, dans la direction des plans des méridiens magnétiques, une direction qui leur serait commune, en sorte que toutes les aiguilles suspendues le long de ce cercle suivraient elles-mêmes une même direction. Mais, du moment que la ligne d’égale inclinaison se présente sous la forme d’une courbe à double courbure, les inclinaisons, n'étant plus comptées à partir d’une direction unique des verticales, expriment deux faits à la fois: l’un qui dépend uniquement de l’action du magnétisme, l’autre de la direction particulière que suit chaque verticale ; et l’on conçoit alors que la relation que nous établissons par nos courbes, entre les valeurs égales de l'inclinaison, n’a plus de rapport avec la relation que les directions des aiguilles ont entre elles.
Cette appréciation des lignes d’égale inclinaison s’applique aussi à l'équateur magnétique, dont nous allons parler.
Wilcke a donné une figure de l'équateur magnétique ou ligne sans inclinaison, en 1768. MM. Hansteen et Morlet l'ont reproduite à des époques beaucoup plus récentes, en se fondant sur les nombreuses observations qu’ils ont puisées dans les voyages de Cook, d’Eckberg, de Panton, de la Pérouse (*).
(*) L'on doit à M. Morlet un moyen facile de faire concourir à la détermination
M. Duperrey a donné pour 4825 une détermination de la ligne sans inclinaison, dont nous allons parler, en se servant des obserrations qu’il avait recueillies. (Becquerel, Traité du magnétisme terrestre, p. 394.)
M. Duperrey a tracé, comme on Va vu page 147, sur la planche VIIL, les parallèles et l'équateur magnétique :
«Le nombre des points déterminés par toutes les observations qui me sont parvenues, dit-il, est de 270, lequel se réduit à 73, en prenant un milieu entre les coordonnées des points qui se trouvent à moins de 3° en longitude les uns des autres.
« La nouvelle courbe qui résulte de ces 73 points est à très-peu près celle que j'avais déjà obtenue de mes observations faites dans le voyage de la corvette a Coquille. Néanmoins je m’empresse de dire qu’elle a sur celle-ci deux avantages qu'il importe de signaler. Lun de ces avantages est de ne plus présenter les irrégularités secondaires qu’un plus grand nombre d'observations devaient nécessairement faire disparaître; Pautre, de réduire à 47° une lacune de 33° en longitude qui existait dans le grand Océan, à l’ouest du méridien de l'ile de Taïti. C’est aux observations du voyage de l'Uranie, que M. de Freycinet a eu Fextrême bonté de mettre à ma disposition , que l’on doit ce dernier avantage.
« Si l’on suit, sur la carte VITE, la ligne sans inclinaison dans une carte, l’on verra qu’à partir du nœud atlantique, qui est auprès de l'ile San-Tomé, par 3° 20’ de longitude orientale, cette courbe se dirige vers l'ile de l’Ascension, passe à 4° 40° au sud de cette île; descend obliquement vers le 15° parallèle de latitude sud , qu’elle coupe auprès de Saint-Georges, en entrant dans le continent de l'Amérique, et qu'elle la prolonge ensuite, en inelinant néanmoins un peu vers le sud, pour atteindre, entre Rixas et Guaybas, la latitude de 45° 40, où elle parvient à son maximum absolu d’excursion australe. De là elle remonte sensiblement au nord, sort de l'Amérique auprès de Truxillo, situé sur la côte du Pérou, par 8° de latitude sud, et s'étend dans le grand Océan équinoxial, en se rapprochant insen-
de cetle courbe les observations voisines des lieux qu'elle parcourt, On sait que M. Biot, résumant toutes les actions australes et boréales de magnétisme Lerrestre en deux centres d’aclion, qu’il place à une très-petite distance du centre du globe, ést arrivé à une formule que l’on pent exprimer ainsi :
tang. I = 2 tang. L.
I étant l'inclinaison et L la latitude magnétique. C’est de cette formule dont M. Morlet a fait usage.
MAGNÊTISME TERRESTRE. 151
blement de l'équateur terrestre, qu’elle ne parvient à rencontrer qu'entre 466° 25’ de longitude occidentale et 175? 44’ de longitude orientale; espace dans lequel se trouve son nœud polynésien. A partir de ce nœud, la ligne sans inclinaison commence son excursion dans l'hémisphère boréal en passant à peu de distance au sud des îles Mathews, Oualan, Valientès, Hogoleu, Oulié et Palaos, qui appartiennent au vaste archipel des îles Carolines ; passe ensuite sur Ja position de la ville de Mindanao et sur la pointe nord de Bornéo, d’où elle se dirige vers la pointe nord de Ceylan, où se terminent les observations les plus récentes qui ont servi à fixer sa position. À l’est de Geylan elle se dirige vers la partie méridionale de Pile Socotora, dont elle coupe le méridien par 44° 40! de latitude nord , à en juger du moins par les observations déjà fort anciennes de Panton, corrigées empiriquement ; elle redescend ensuite obliquement vers le sud, en traversant l'Afrique, pour venir rejoindre l'ile San-Tomé, où se trouve son nœud atlantique.
« Ayant cherché quelle serait la position du plan moyen de la ligne sans inclinaison, j'ai trouvé que ce plan passerait à environ 9 milles au nord du plan de l’équateur terrestre; qu’il ferait avec ce plan un angle de 40° 49’, et que son axe percerait la surface du globe en deux points situés dans les régions polaires :
Lune par "790 N et" 7802000; VPautre, par... 79° 41! S.°et 101° 40° E.
« Dans la recherche des méridiens magnétiques, j'ai pu déterminer exactement la position des points de la surface du globe où l'aiguille aimantée suit la direction de la verticale, ef que pour cette raison on nomme pôles magnétiques,
« J’ai fixé lun de ces pôles,
par 70° 40° N. et 100° 40° O.
et l’autre par 75° 0° S. et 136 0° E,
« L'on voit que ces pôles ne coïncident pas avec les extrémités de l'axe de l'équateur magnétique; néanmoins ce n’est pas une raison pour repousser l’hypothèse des deux centres d’action voisins du centre de la terre; c’est au contraire une raison pour l’admettre, car il suffit que ces centres d'action soient sur une corde voisine, parallèle à l’axe de l'équateur magnétique, pour que les pôles magnétiques de la surface soient aux extrémités d’une seconde corde à peu près parallèle, mais située au delà de celle-ci par rapport au centre du globe.
« J'ai déjà dit que les lignes d’égale inclinaison exprimaient un fait qui ne dépendait pas uniquement de l’action du magnétisme. À ce titre, la ligne sans inclinaison ne devrait pas être considérée comme un véritable équateur magnétique. Il en est de cette courbe comme des lignes sans déclinaison , auxquelles on avait donné et l’on donne même souvent encore le nom de méridiens magnétiques, quelle que soit la manière dont elles coupent les directions horizontales de l'aiguille aimantée. Toutefois inconvénient n'est pas aussi grave pour la ligne sans inclinaison que pour les lignes sans déclinaison. Pour m'en assurer, j'ai cherché quelle serait la figure d’une courbe dont la condition serait d’être perpendiculaire à tous les méridiens magnétiques, et dont la moyenne des latitudes nord et sud serait égale à zéro; ce qui est à peu près la moyenne des latitudes de la ligne sans inclinaison. J’ai trouvé que la figure de cette courbe, qui ne dépend d'aucune cause étrangère à l’action du magnétisme, et que pour cette raison je suis porté à considérer comme un véritable équateur magnétique, ne diffère pas essentiellement de la ligne sans inclinaison. (Voir planche X, où cette ligne est représentée par une ligne pleine.)
« Le plan moyen de cette nouvelle courbe fait avec le plan de Péquateur terrestre un angle de 10° 54, et son axe, qui exprime, selon moi, la direction suivant laquelle le globe est aimanté, perce la surface du globe en deux points situés dans les régions polaires :
iishiteoubañte DONS CE LOG UE l’autre, par. ..... 79° 6° S. et 108°98'E.;
direction qui diffère bien peu de celle que j'ai obtenue ci-dessus pour l’axe du plan moyen de la ligne sans inclinaison. »
Intensité magnétique du globe en divers points de sa surface. M. de Rossel, qui accompagnait d’Entrecasteaux dans son voyage à la recherche de l'infortuné la Peyrouse, a résumé une série d’observations de 1792 à 1793, à l’aide desquelles il a montré que l'intensité magnétique croissait de l'équateur à chacun des pôles.
Il restait encore néanmoins des doutes sur ce fait fondamental , mais M. de Humboldt les a levés tous en prouvant par de nombreuses observations, faites avec le plus grand soin, que Pintensité de la force magnétique du globe est variable en différents points. Depuis cette époque, les physiciens et les voyageurs n’ont cessé de s’occuper de recherches relatives à la détermination de l'intensité des forces magnétiques terrestres.
M. de Humboldt s’est attaché particulièrement, dans ses observations magnétiques, à déterminer la loi suivant laquelle varie l’intensité des forces magnétiques à diverses latitudes. Il découvrit, en se rendant au haut Orénoque et au Pico-Negro, pendant l'été de 1800, que cette intensité allait en croissant des basses latitudes aux pôles. Aïnsi la même aiguille d’inclinaison qui avait donné, en dix minutes, à Paris, 245 oscillations, n’en donnait plus que 229 à Cumana (lat. 10° 28’ bor.) et 216 à San-Carlos del Rio-Negro (lat. 4° 53" bor.), et sous l’équateur magnétique, 211. Cette observation sous l’équateur eut lieu en septembre 1802, et un mois plus tard il vit de nouveau l'intensité augmenter dans Phémisphère méridional , en s’éloignant de l'équateur magnétique. M. de Humboldt , en publiant cette loi de l’accroissement magnétique vers les deux pôles, montra aussi comment les forces varient régulièrement par zone.
La grande intensité des forces observée à Carthagène des Indes, à la Havane et au Mexique, prouve que la diminution de l’intensité sous l’équateur magnétique ne peut être attribuée à un affaiblissement dans le magnétisme de la boussole. M. de Humboldt s’est assuré, du reste, que le magnétisme de laiguille n’avait pas changé. Il a fait aussi osciller son aiguille dans le méridien magnétique et dans le plan rectangulaire : l’inclinaison qu’il en a déduite, au moyen du calcul, s’est trouvée la même que celle qu'il avait obtenue directement par l'expérience.
En comparant la valeur de l'intensité exprimée par 240 oscillations à Carthagène des Indes (lat. bor. 10° 25’), en avril 4800, à celle qui est représentée par 241 à Madrid (lat. bor. 40° 15), M. de Humboldt a découvert un autre fait très-important : c’est le défaut de parallélisme des lignes isodynamiques, et d’égale inclinaison. À Madrid, l’inclinaison était, en octobre 1798, de 77° 62', et à Carthagène des Indes, de 39° 35’.
Les faits importants que nous venons d’indiquer ont été contirmés dans ces dernières années par les nombreuses observations faites dans les expéditions anglaises aux régions polaires et dans les voyages autour du monde par les navigateurs français.
Nous nous bornerons seulement à dire qu’en représentant par 4 l'intensité magnétique à l'équateur (magnétique), l'intensité varie de 1 à 1,85 en s’élevant dans les hautes latitudes, comme cela résulte de l’examen du tableau suivant :