SUSPENSION DES PIÈCES MOBILES
548. — Suspension par fils. — Le mode de suspension des organes mobiles varie naturellement avec leur poids et aussi avec lâclirection de Taxe de rotation. Il doit d'ailleurs toujours être disposé de façon à supprimer toute espèce de frottement.
Lorsque l'axe est vertical, on peut employer un fil de cocon, ou un fil métallique ; la suspension peut être monofilaire ou bifilaire et enfin dans ce dernier cas, les deux fils peuvent être placés à côté Tun de Tautre, comme dans la balance bifilaire employée pour la première fois par Harris, ou dans le prolongement lun de Fautre, comme dans le galvanomètre à circuit mobile Deprez-D'Àrsonval. La suspension par fil de cocon simple n est employée que dans les galvanomètres d'une très-grande sensibilité. Un fil de cocon de 1 centimètre de longueur, tel qu'il sort de la filière du ver à soie, peut supporter 10 grammes sans se rompre et cependant il faut pour le tordre de 60 degrés
DKPREZ, ÉLKCTR. INDCSTR. — T. U, PASC. 3 1
^ ÉLECTROMÉTRIE
un effort moindre que 1/300 de milligramme appliqué à un bras de levier de 1 centimètre (268).
Un faisceau de 12 fils collés ensemble a pu supporter 96 grammes en ne donnant lieu qu'à un couple de 1/8 de milligramme appliqué à un centimètre, sa longueur étant également de 1 centimètre et l'angle de torsion étant de 57%3.
La suspension monofilaire au moyen de fils de cocon, est donc supérieure à toutes les autres au point de vue de lextrôme petitesse du couple élastique développé par le fil, capable de supporter un poids déterminé, et on doit l'employer toutes les fois qu'on n'a pas de motifs particuliers pour éviter de le faire.
La suspension métallique est plus robuste, mais donne lieu à un couple de torsion bien plus grand que le fil de cocon, le poids supporté étant le même. Ainsi un fil d'acier capable de supporter 100 grammes, sans se rompre et sans que son élasticité soit altérée, devrait avoir au moins 1/20 de millimètre de diamètre et il faudrait pour le tordre de 60 degrés sous une longueur de 1 centimètre, un effort de 30 milligrammes appliqué à un bras de levier de 1 centimètre; c'est un effort 400 fois ^ussi grand que celui auquel donne lieu le fil de cocon dans les mêmes conditions.
549. — Suspension magnétique. — On peut aussi employer, pour équilibrer le poids des pièces mobiles, Tattraction exercée à distance sur Taxe de rotation^ supposé en fer, par un système d'aimants convenablement disposés. Ce procédé peut d'ailleurs servir aussi pour équilibrer, sans faire naître aucun frottement, des poids de plusieurs tonnes.
Dans le cas actuel, l'application de ce principe aux instruments de mesure peut être variée de bien des manières différentes. Une des plus simples est représentée par la figure 296.
L'axe aaf est termimé à sa partie supérieure par une pointe très aigûe qui butte contre un petit bloc de fer C à proximité duquel se trouve le pôle A d'un aimant en fer à cheval dont l'autre pôle B sert à polariser un second bloc de fer D percé d'un trou dans lequel passe l'axe aa'. Ce dernier est donc transformé en un aimant dont Tinten-