CHAPITRE CINQUIÈME
aux courants intenses. Mais on commettra alors une légère erreur résultant de ce que le diamètre de la spire moyenne de Tenroulement est nécessairement un peu plus grand que le diamètre de la spire unique constituée par le fond de la gorge de la bobine, et que par conséquent, les courants qui traversent l'enroulement ne peuvent être considérés comme produisant, en un point quelconque de l'espace, un champ magnétique identique à celui qu'ils produiraient s'ils traversaient la spire unique qui forme le fond de la gorge de la bobine.
Cette méthode permet de mesurer les courants intenses au moyen d^instruments délicats placés aussi loin qu'on le veut du point où passe le courant qu'il s'agit de mesurer. Elle a cela de commun, d'ailleurs, avec la méthode basée sur la mesure du courant dérivé aux extrémités d'une très faible résistance (646) ; mais elle présente plus de garanties d'exactitude et plus de facilités de contrôle, parce que le rapport de deux nombres de spires ne comporte pas d'erreur comparable à celle que l'on peut commettre dans la mesure de résistances extrêmement petites. Mais elle a en revanche le défaut d'exiger la production d'un mouvement de la bobine bb\ chaque fois que Ton veut faire une mesure.
649. — Mesure d'un courant intense par l'emploi des comparateurs de courants. — Nous signalerons enfin comme se prêtant très bien à la mesure des courants intenses, les comparateurs de courants auxquels nous avons consacré un paragraphe spécial (Chapitre VI, § 2). Il suffit pour cela de donner aux deux cadres (rectangulaires entre eux) qui existent dans tous ces appareils, des enroulements composés de nombres de spires très différents, en respectant, bien entendu, le principe que nous venons d'exposer dans les alinéas précédents, c'est-à-dire en donnant aux deux enroulements les mêmes dimensions extérieures, de manière que les gorges des cadres soient remplies exactement de la même manière, quel que soit le nombre de spires de chaque cadre.
Lorsque les deux cadres ont des dimensions identiques et contiennent le même volume apparent de fil, l'équation d'équilibre de
204 ÉLEGTROMÉTRIE
Téquipage mobile est, comme nous le verrons
n et ri étant les nombres de spires des deux cadres respectivement parcourus par les courants d'intensité i et i. On tire de là
i n' tg a
Dans cette équation, a représente l'angle du cadre parcouru par le courant 2, compté à partir de la position qu'il occupe lorsque l'équipage mobile reste au zéro, bien que le second cadre soit parcouru par un courant i' et le premier par un courant nul.
Il n'est d'ailleurs pas nécessaire que les deux cadres soient iden-
tiques pour que le comparateur permette de trouver le rapport-r-»
mais l'exposé de la marche à suivre dans ce cas nous entraînerait trop loin.
Les comparateurs de courants pourraient être appliqués avec avantage à la mesure des courants très intenses, mais il semble à première vue qu'ils doivent exiger l'emploi d'un courant continu servant d'étalon et traversant constamment le cadre à fil fin. ft n'en est rien, et ce cadre peut, à la rigueur, ne servir qu'à la graduation de l'instrument dont l'équipage mobile doit alors être pourvu d'un ressort de torsion ou de tout autre moyen de produire une force antagoniste. Cette force antagoniste doit être annulée lorsqu'on gradue l'instrument comme comparateur; mais lorsque la graduation est faite, elle sert à remplacer l'action mécanique du courant-étalon et à ramener, comme lui, l'équipage mobile à sa position d'équilibre si on emploie la méthode acinétique. Elle permet même, à la rigueur, d'employer le second cadre parcouru par le courant intense, comme on le ferait dans un instrument à libre déviation.
Il suffit dans ce dernier cas, de procéder de la manière suivante :
l"" On lance simultanément dans chaque cadre le courant qui lui est destiné ;
2** On fait tourner l'ensemble des deux cadres jusqu'à ce que