APPAREILS FAISANT CONNAITRE LA SOMME OU LE RAPPORT DE DEUX COURANTS
Nous allons étudier deux classes d'instruments très intéressants qui ont pour but de mesurer :
1° la somme ou la différence de deux courants ou plus généralement la somme algébrique de plusieurs courants. Ces appareils sont généralement désignés sous le nom de galvanomètres différentiels,
2° le rapport de deux courants. Ce sont les comparateurs de courants.
§ i. - GALVANOMÈTRES DIFFÉRENTIELS.
650. — Galvanomètre différentiel à un seul cadre, à circuits fixes et à aiguille aimantée mobile. — Le plus simple de tous ces appareils n'est autre chose qu'un galvanomètre ordinaire à circuits fixes et à aiguille aimantée mobile, sur la bobine duquel on a enroulé ensemble deux fils distincts, égaux et fortement serrés Tun contre Vautre, de façon à ne faire pour ainsi dire qu'un seul fil dans lequel on pourrait lancer simultanément deux courants différents. Il est clair que si dans chacun de ces fils, on lance un courant de même intensité, les effets mécaniques produits par les deux courants sur Taiguille aimantée s'ajouteront algébriquement;
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de sorte que si on désigne par Ci le couple produit sur 1 aiguille aimantée par un quelconque des enroulements, lorsqu*il est traversé par Tunité de courant, le couple total sera donné par Téqualion
C = CiI-HCir = Q(I-i-r) qui montre que tout se passe comme si on lançait dans un seul des enroulements un courant égal à la somme des deux courants I et F qui traversent individuellement chacun des enroulements. Si les deux courants sont de sens contraire, le couple sera proportionnel à leur différence ; de là le nom donné à ce genre de galvanomètre. Si on fait I = — T, c'est-à-dire si les deux courants sont égaux et de sens contraire, on a J^ = 0, l'aiguille reste en repos comme si aucun courant ne passait dans l'appareil qui permet ainsi de constater Végalité rigoureuse de deux courants. Il est extrêmement facile d'ailleurs de s'assurer que les deux enroulements sont absolument identiques dans leurs effets ; il suffit pour cela de les réunir en série de façon qu'un courant quelconque, après avoir parcouru le premier enroulement, parcoure ensuite le second en sens contraire. Si l'aiguille déviait légèrement, cela indiquerait qu'il n'existe pas une identité absolue entre les positions respectives qu'elle occupe par rapport aux deux enroulements, et on pourrait, en déplaçant le cadre d'une très petite quantité, obtenir que Taiguille reste rigoureusement au zéro pendjeint le passage du courant dans les deux fils de l'instrument.
Quand ce résultat est obtenu, l'instrument peut être utilisé dans beaucoup de recherches pour lesquelles on emploie aujourd'hui le Pont de Wheatstone, bien que, suivant nous, le galvanomètre différentiel soit dans beaucoup de cas d'un emploi plus commode, plus rapide et qu'il se prête beaucoup mieux à certaines expériences.
Le galvanomètre différentiel ne se construit guère que sous la forme que noua venons d'indiquer. C'est, en effet, la plus facile à réaliser puisque, les deux fils appartenant aux deux circuits, étant enroulés en même temps et fortement serrés l'un contre lautre, on est certain de l'identité presqu'absolue de leur action sur l'aiguille aimantée, quelle que soit d'ailleurs la position de celle-ci. Mais il ne
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permet que de constater l'égalité de deux courants ou de mesurer leur différence.