CHAPITRE TREIZIÈME
nelle à G, produite par un moyen quelconque ; il est clair qu'il prendra une vitesse sans limite, & moins que cette vitesse ne fasse naître une force antagoniste rigoureusement égale à la force motrice. Or, cette dernière étant proportionnelle à la vitesse du mobile, la force antagoniste, doit Tètre aussi. Ainsi, pour que notre dernière équation soit satisfaite, il faut que le mobile intégrateur sollicité par une force motrice proportionnelle & sa vitesse, soit soumis aussi à l'action d'une force antagoniste égale, proportionnelle par conséquent à cette même vitesse, et engendrée par elle. Or, lés phénomènes d'induction nous donnent précisément l'exemple d'une force antagoniste proportionnelle à la vitesse du mobile auquel elle est appIiquée.G'est ce qui arrive lorsqu'on fait mouvoir un conducteur de forme quelconque dans un champ magnétique uniforme, deux points de ce conducteur étant réunis par un conducteur fixe. L'exemple le plus simple que l'on puisse choisir de ce genre d'action, est celui d'un disque tournant entre les pôles d'un électro-aimant dont le flux de force est dissymétrique par rapport à Taxe de rotation du disque (Voir les n" 468, 483, 484, 485). Il suffit donc, pour résoudre le problème que nous nous sommes posé, que le disque tournant entre les branches d'un aimant, soit sollicité par un couple moteur proportionnel au produit li ; la vitesse angulaire qu'il prendra sera alors, à chaque instant, proportionnelle à ce produit et le nombre de tours effectués dans un temps T, sera proportionnel à la valeur de l'inté-
grale f/
Yldi («).
(1) Nous aTons fait connaître cette solution dans un article publié dans le Journal La Lumière EUetrique, le 2 Février 1884, c'est-à-dire plusieurs années ayant la date du brevet de M. Thomson dont le compteur, dans ses principes essentiels, répond exactement à la description que nous ayons faite de notre invention à la date indiquée ci-dessus. Pour qu'on puisse en juger, nous reproduisons ici le passage le plus important de l'article dont nous venons de donner la date et qui se trouve à la page 224 du Tome XI de La Lumière Electrique.
Cet article était consacré à la description et à l'étude théorique des conditions de fonctionnement d'un Mesureur d'énergie construit par la maison Siemens et dans lequel un petit moteur électrique composé d'un inducteur à gros fil, sans fer, et d'un anneau à fil fin, également dépourvu de fer, donnait naissance à un couple proportionnel au produit tl ou VI suivant le principe que j*avais fait connaître en 1880. Pour équilibrer ce couple, et enregistrer en même temps la valeur de l'intégrale fS\dt^ on avait fixé sur l'axe de rotation de l'anneau, un petit moulinet immergé dans de l'huile de paraffine et qui, en
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785. — Compteur d'énergie connu sous le nom de compteur Thomson. — Ce compteur est une application des principes que nous venons d'exposer. Il se compose (fig. 479) : 1* d'un petit moteur électrique M dont Tinducteur et Tinduit sont également dépourvus de fer, afin que le couple développé par Taclion de Tinducteur chargé de créer le champ magnétique dans lequel tourne l'anneau, soit rigoureusement proportionnel au produit des courants i et I qui traversent respectivement Tanneau et Tinducteur. Ces deux courants i et I ont d'ailleurs le môme but et la môme origine que dans notre mesureur d'énergie : ils donnent naissance & un couple proportionnel à VI, dans le moteur électrique qui n'est autre chose qu'un électro dynamomètre tournant ; 2* d'un disque de cuivre D calé sur Taxe B de rotation de l'induit du moteur, et qui tourne entre les branches d'un certain nombre de petits aimants identiques A, Â, faisant entre eux des angles égaux. Les pôles de ces aimants sont alternés, c'est-à-dire que les pôles situés d'un même côté du disque sont alternativement de signe contraire ; 3® d'un compteur de tours T qui totalise le nombre de tours du disque.
tournant, donnait naissance à un couple résistant proportionnel au carré de la vit$ue angulaire de l'anneau.
Après aToir démontré que cette disposition ne répondait nullement au but proposé, et qu'on ne pouvait rien conclure des indications de cet appareil, nous terminions parles lignes suivantes, que nous reproduisons textuellement (page 224, colonne 1, au bas de la page) :
« Je Tais maintenant montrer comment U faut le modifier pour obtenir le résultat « désiré. Au lieu de munir Taxe de Tinduit d'ailettes tournant dans un milieu résistant « proportionnellement au carré de la vitesse, attachons-lui un disque de cuivre tournant « entre les branches d'un aimant permanent et supprimons complètement Thuile de « paraffine.
€ La rotation du disque entre les branches de l'aimant, aura pour effet de développer « dans lintérieur du disque, des courants induits qui (suivant une loi bien connue que « j'ai appliquée autrefois dans mon indicateur magnétique de vitesse) exercent sur Fai- (c mant une action magnétique (c'est mécanique qu'il fallait imprimer et non moffnéUque) « proportionnelle à la simple vitesse. On aura donc
« ce qui résout le problème. »
Dans ce passage, s, désigne la d.d.p. aux bornes du circuit dérivé de résistance R anneau compris ; I l'intensité du courant dans le circuit principal ; u, la vitesse angulaire de l'induit et k^ une constante.