CHAPITRE TROISIÈME
grand possible, pour une dépense donnée d'énergie dans le circuit de Vinstrument.
Or, nous avons démontré (448) que, pour des systèmes électrodynamiques géométriquement semblables, la dépense d'énergie, à égale densité du courant, est proportionnelle au cube du rapport de similitude, tandis que les forces mises enjeu sont proportionnelles à la quatrième puissance, et les couples, àla cinquième puissance de co même rapport. Il résulte de là que la dépense d'énergie correspondante à la production d'une force donnée, est en raison inverse des dimensions linéaires des deux instruments que Ion compare entre eux, et celle d'un couple en raison inverse du carré de ces mêmes dimensions.
Il est donc très avantageux de construire des électrodynamomètres de grandes dimensions en leur donnant, bien entendu, la forme qui, pour une dimension prise comme unité, donne le maximum d'effort mécanique avec le minimum de dépense d'énergie.
Quand la question est ramenée à ces termes simples, on voit immédiatement que la forme que l'on doit adopter est celle qui permet aux deux circuits de l'instrument d'agir l'un sur l'autre, à la distance la plus petite possible, et de façon que chaque portion de l'un des circuits agisse sur le plus grand nombre possible des portions de l'autre.
11 n'est pas nécessaire d'avoir recours au calcul pour reconnaître que la seule forme qui permette de satisfaire à cette
Fig. 385.
Fig. 386.
double condition, est celle qu'on obtient en enroulant le conducteur traversé par le courant sur deux bobines (fig. 385) d'une faible épaisseur et d'un grand diamètre. Puis^ comme les actions électrodynamiques de deux circuits décroissent très rapidement quand leur distance augmente, on est am.ené presque intuitivement à divi-
176 ÉLEGTROMiTRIE
ser en deux parties égales Tune des bobines (B par exemple), et à faire agir ces deux moitiés, Tune en dessus, l'autre en dessous de A de façon que dans cette seconde disposition (fig. 386), les couches de fil extrêmes des bobines B', sont, en moyenne, notablement plus rapprochées des spires de  qu'elles ne le sont dans la disposition primitive. Il faut d'ailleurs, dans ce cas, que le courant qui traverse la bobine inférieure soit de signe contraire à celui du courant de la bobine supérieure.
L'usage des spirales ou bobines plates, disposées comme l'indique la figure 385, remonte à une époque où l'électricité industrielle n'existait même pas de nom ; elles ont été employées par nombre de savants qui s'en sont servis pour l'étude des courants d'induction ou de ceux qui se produisent pendant la décharge d'un condensateur, et en général, des courants qui peuvent changer de signe plusieurs fois pendant un temps très court.
Pour des recherches de ce genre, on a recours à la disposition suivante qui convient à la mesure des courants très faibles.
Deux bobines mobiles B et B' (fig. 387) sont attachées aux extrémités d'un levier BFB' suspendu en son milieu F à un fil de torsion disposé comme dans les galvanomètres à circuit mobile. Deux autres
Fig. 387.
bobines A et A' sont attachées à des supports fixes et placées à une distance aussi faible que possible des bobines mobiles ; le courant qu'il s'agit de mesurer traverse en série ces quatre bobines dans des sens tels que les actions mutuelles de A sur B et de A' sur B' soient répulsives. S'il s'agit d'une décharge ou d'un courant fugitif, cette répulsion agit pendant un temps tellement court que le déplacement des bobines B, B', pendant ce temps, est insensible ; la vitesse qu'elles acquièrent est au contraire très appréciable, comme nous le verrons dans la théorie du galvanomètre balistique, et cette vitesse, si elle se conservait indéfiniment (ce qui arriverait dans le cas où le fil de sus-