‹ Traite d'électricité industrielle thèorique as pratique (volume 2)Chapitre 97 sur 270 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

négligée devant sa valeur numérique, de sorte que Ton peut écrire sans erreur sensible

On voit que l'exactitude de la mesure de I dépend, non seulement de celle de i, mais encore de celle du rapport

qui doit rester invariable. Si celte condition n'était pas observée, et si ce rapport était inQuencé par les changements de température par exemple, il pourrait en résulter dans la mesure de I des erreurs atteignant facilement plusieurs centièmes.

Cette question est d'ailleurs traitée complètement dans le chapitre consacré à Tétudc des voltmètres ; on y trouvera Ténumération des moyens que Ton peut employer pour annuler Finfluence de la température sur les indications des instruments.

Le procédé le plus simple, est évidemment d'employer, pour construire la résistance AB traversée par le courant total, un alliage dont la résistance spécifique varie très peu avec la température ; en outre, cette résistance AB devra être très petite parce que l'énergie, transformée en chaleur dans l'unité de temps, ayant pour expression rl«, est proportionnelle au carré de I et atteindrait de très grandes valeurs lorsque I est supérieur à 1000 ampères, si l'on n'avait soin de prendre r très petit. Si par exemple on avait I = 1000 et r = 1/1000 d'ohm, l'énergie dépensée par seconde dépasserait 100 kiiogrammètres, c'est-à-dire plus de un cheval et 1/3, chiffre assurément inacceptable pour un simple instrument de mesure, à moins que ses indications ne soient intermittentes.

En réalité, on devra donner à r une résistance au plus égale h 1/10000 d'ohm. Mais alors se présente une difficulté au point de vue de la précision de la mesure. En effet, si l'on veut que l'intensité du courant soit connue à 1/100 près de sa propre valeur, il faut que l'erreur commise sur chacune des quantités qui interviennent dans la valeur de cette intensité soit inférieure à 1 «/o ; il faut donc que la résistance de 1/10000 d'ohm soit connue à un millionième

ÉLBGTROMÉTRIE

d'ohm près ; or la mesure des résistances très petites présente des difficultés spéciales, de même nature que celle des courants très intenses. On peut d'ailleurs les surmonter en employant des méthodes qui sont exposées en détail dans le chapitre consacré à la mesure des résistances.

647. — Mesure d'un courant intense pour application des lois de rélectrodynanxique. — Le procédé que nous venons de décrire est basé sur la loi d'Ohm. En voici un autre dans lequel on met à profit les lois de TÉlectrodynamique.

Soit une bobine AB vue en plan dans la figure 398 et en coupe dans la figure 399! L'action mécanique exercée par cette bobine sur une masse magnétique égale àTunité, située en un point quelconque P de Tespace, est égale à la somme des actions individuelles de toutes les spires vues en coupe dans la figure 399. Or, chacune de ces spires est parcourue par le même courant d'intensité i, puisque Tenroulement est

Fig. 398.

mp

Fig. 399.

formé d'un fil unique, et il est bien évident que si on les isolait toutes les unes des autres, en laissant bien entendu leur forme intacte, et qu'on lançât dans chacune d'elles, par un procédé quelconque, un courant individuel d'intensité e, l'action mécanique exercée en P resterait rigoureusement la même. Cette remarque fort simple permet de remplacer l'ensemble des spires par une spire unique remplissant la gorge de la bobine, exactement comme le font les spires, et parcourue par un courant dont l'intensité I est égaie au produit du nombre n des spires par l'intensité i du courant

Page 1