CHAPITRE CINQUlèHlE
primitif. Mais pour que Taction mécanique de cette spire unique soit exactement égale à celle de Tenroulement qu'elle remplace, il faut que la densité du courant, c'est-à-dire l'intensité par unité de section de la spire unique, soit constante dans toute son étendue; il faut, en outre, que le courant parcoure une circonférence complète. Aucune de ces conditions ne serait remplie si la spire unique avait une grande épaisseur dans le sens du rayon, comme on le voit dans la figure où on a exagéré exprès cette épaisseur pour rendre plus évidents les inconvénients qui en résultent. On voit en effet imnaédiatement que les divers filets de courants qui la traversent ne peuvent décrire une circonférence complète et ne peuvent, par conséquent, être assimilés sans erreur aux courants des spires d'un enroulement filiforme. De plus, on pourrait avoir des doutes sur Tuniformité de la densité du courant parce que les différents filets de courants auraient, en général, des longueurs différentes et auraient à surmonter par conséquent des résistances différentes. Ainsi dans la fig. 400 on voit immédiatement que le filet le plus rapproché du centre de la spire est plus court que le filet le plus éloigné ; le courant traversant une section de un millimètre carré y serait donc plus intense et l'identité des effets des deux enroulements serait détruite.
Fig. 400. Fig. 401.
La substitution dont nous parlons n'est donc applicable avec certitude que si la spire unique présente, dans le sens du rayon, une épaisseur qui soit une faible fraction de ce rayon, et que si l'entrée et la sortie du courant ont lieu au moyen de lames aussi minces que possible, séparées par un intervalle de un à deux dixièmes de millimètre à peine, telle que l'épaisseur d'une feuille de mica (fig. 401).
200 ÊLE€TROMÉTRIE
Il résulte de là que renroulement à spires multiples ne peut être remplacé par une spire unique que lorsque son épaisseur dans le sens du rayon est également une petite fraction du rayon intérieur de la bobine.
De plus, si Ton considère que pour éviter un échaufTement exagéré de la spire unique, la section livrée au passage du courant doit être proportionnelle à l'intensité de ce courant, et par conséquent considérable si le courant a une grande intensité, on est amené, pour obtenir la section nécessaire dans les bobines de faible rayon, à leur donner une grande longueur dans le sens de Taxe. Les appareils de mesure basés sur Faction exercée par un solénoïde sur un noyau de fer placé à leur intérieur (623-624), se prêtent parfaitement à la réalisation de ces conditions ; ils nous semblent donc particulièrement désignés pour la mesure des courants intenses, leur graduation ayant lieu, comme nous venons de Tindiquer, avec des courants d'intensité médiocre que Ton ferait passer dans leur solénoïde enroulé d'un fil fin et auquel on substituerait ensuite le solénoïde entouré d'une lame unique.
Si, par exemple, le solénoïde à fil fin a un diamètre intérieur de 5 centimètres et une longueur de 10 centimètres, on l'entourera d'une hélice composée d'une seule couche de fil de 2 millimètres de diamètre (isolant compris) possédant 50 spires. On lancera dans cet enroulement un courant dont Tintensité variera par exemple de 10 à
Fig.402.
20 ampères et qui servira à graduer l'appareil entre ces limites. La graduation terminée, on enlèvera le solénoïde et on lui substituera un solénoïde dont la bobine aura des dimensions identiques, mais dont l'enroulement sera composé d'une seule lame de 2 millimètres