CHAPITRE PREMIER
lectricité. Le résultat de cette relation satisferait rigoureusement à la relation
mais le fil le long duquel s'effectuerait le transport ou, plus exactement, ce chapelet de petites sphères électrisées en mouvement, jouirait-il des propriétés physiques qui appartiennent au courant électrique?
Cette question n'est pas, dans l'état actuel de la science, susceptible d'une réponse entièrement affirmative ou négative. Nous verrons, en effet, dans une autre partie de ce livre, que le Professeur Rowland a cru reconnaître dans un disque électrisé, animé d'une très grande vitesse, des propriétés magnétiques analogues à celles d'un fil qui réunit deux corp» électrisés à des potentiels différents. Nous avons en outre établi qu'il y a équivalence entre l'énergie d'une décharge électrique échangée entre deux corps électriques et le travail mécanique accompli par des sphères matérielles transportant d'un corps à l'autre une quantité d'électricité égale à celle qui entre en jeu pendant la décharge. Il n'y aurait donc rien que de très acceptable dans la définition d'un courant d'après le nombre d'unités électro-statiques passant d'une extrémité à l'autre du conducteur dans l'unité de temps,* si Ton n'avait découvert tout un ensemble de phénomènes auxquels on a donné le nom d'Électromagnétisme et qui permettent de mesurer et de définir l'intensité d'un courant d'une manière beaucoup plus commode, bien qu'elle n'ait aucun rapport direct avec la notion de quantité d'électricité ni avec les actions mécaniques qui nous ont servi à établir tous les théorèmes de l'électro-statique.
Les unités, dites pratiques^ dont on se sert constamment dans l'industrie électrique pour définir la différence de potentiel, l'intensité d'un courant, la résistance d'un conducteur, sont d'un emploi tellement fréquent qu'il nous paraît nécessaire de les faire connaître dès à présent sans attendre que nous en soyons arrivés au chapitre qui traitera de l'ÉIectro-magnétisme.
L'unité de quantité électrique pratique à laquelle on a donné le
374 ÉLECTRO-CINÉTIOUE
nom de Coulomb est équivalente à un nombre d'unités électrostatiques, telles que nous les avons définies, égal à 3 000 000 000. Ce nombre résulte de nombreuses expériences et il concorde avec les déductions théoriques de Maxvell.
L'unité de potentiel pratique a reçu le nom de Volt, Elle a été choisie de façon que le travail mécanique produit par une unité de quantité pratique (Coulomb) soit égal à 10 000 000 d'ergs^ lorsque cette unité de quantité passe d'un point A à un point B ayant un potentiel inférieur de! 7o// à celui du point A.
Or le travail (exprimé en ergs) produit par 3 000 000 000 d'unités électro-statiques, passant d'une position à une autre dont le potentiel est différent, est égal au produit obtenu en multipliant ce nombre d'unités par la différence de potentiel des deux points. On a donc, en désignant par v la valeur du Volt