‹ Traite d'électricité industrielle thèorique as pratiqueChapitre 51 sur 215 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

et le nombre de coulombs nécessaires pour déposer un équivalent d'argent ou 108 grammes, est égal à

894,45 X 108 = 96 600 coulombs.

En vertu de la troisième loi de Faraday, cette quantité d^électricité précipitera également tm équivalent de n'importe quel métal quel que soit le temps employé.

342. — Voltamètre â gaz. — Nous venons de voir que la mesure du poids d'un métal déposé par voie électrolytique, permet d'évaluer l'intensité d'un courant électrique à la condition que ce dernier soit maintenu constant pendant l'opération. Les solutions salines de cuivre ou d'argent sont certainement celles qui offrent le plus de garanties d'exactitude et le plus de facilité dans l'emploi ; mais, à moins que l'on ne dispose de balances extrêmement sensibles, elles ont l'inconvénient d'exiger que le passage du courant soit prolongé longtemps pour que le poids de métal précipité soit suffisant pour permettre d'effectuer une pesée précise. En outre elles exigent un matériel assez coûteux et chaque opération exige de nombreuses précautions.

Le Voltamètre à gaz permet, au contraire, en raison du grand volume des gaz dégagés, de mesurer avec une approximation suffisante, dans nombre de cas, un courant de faible durée. Cet appareil est identique au Voltamètre à eau (fig. 168). Les cloches étant complètement remplies par le liquide acidulé, si on vient à fermer le courant^ la décomposition de l'eau se produit, le volume d'hydrogène dégagé (la température étant supposée égale à zéro et la pression barométrique à 760 millimètres de mercure) est de 6<^^"S933 par minute ou 416 cent, cubes dans une heure lorsque l'appareil est

traversé par 1 ampère. Le volume de l'oxygène étant égal à la moitié

de celui de l'hydrogène, on obtient un volume total de gaz tonnant égal 10<^',40 par minute, ce qui dans une cloche de 8 millimètres de diamètre intérieur, ferait descendre le niveau du liquide de près de 21 centimètres par minute. On voit que la mesure d'un courant de 1 ampère correspondrait à celle d'une longueur assez considérable. Mais on peut obtenir une sensibilité bien plus

grande en suspendant la cloche qui recueille le mélange après le fléau d'une balance. Le volume de 10^^,4 de gaz qui apparaît dans la cloche au bout d'une minute, diminue Teffort exercé sur le fléau de la balance d'une quantité égale au poids de 10^-^,4 d'eau c'est-àdire 10k^4. On pourrait donc, en appliquant ce principe, construire une sorte A' ampèremètre chimique bien plus sensible que les autres appareils basés sur Temploi de Télectrolyse. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet qui sera traité avec les détails qu'il comporte dans le chapitre des instruments de mesure.

343. -- Réactions secondaires. — Exceptions apparentes aux lois de l'électrolyse. — Lorsque les électrodes sont attaquables par les ions^ les lois que nous venons d'exposer ne se vérifient plus parce qu'il se produit, entre ces électrodes et les produits de la décomposition, une action chimique ou action secondaire qui modifie les résultats dûs à l'action électrique seule. Ainsi, lorsqu'on décomp*bse une solution de potasse par le passage d'un courant et que les électrodes sont en platine, l'oxygène se porte à l'anode et le potassium à la cathode, mais, comme ce métal décompose Teau à froid, il est impossible de l'obtenir par .ce procédé parce qu'il se ' recombine immédiatement avec Toxygène de l'eau. On ne recueille donc ainsi que de l'oxygène. Si au contraire, la cathode est constituée par du mercure, et que la potasse, au lieu d'être dissoute dans l'eau, forme un bloc solide légèrement humide dans lequel on creuse une cavité contenant le mercure, le potassium au moment oii il est mis en liberté, se combine avec le mercure et forme un amalgame d'où on le retire par distillation. C'est encore une action secondaire.

L'électrolyse du sulfate de cuivre au moyen de deux électrodes en cuivre, présente encore un exemple de ce genre d'action. Pendant qu'un équivalent de cuivre se dépose sur la cathode, le radical SO* devenu libre se porte sur l'anode avec laquelle il se combine de nouveau pour reformer un équivalent de sulfate de cuivre qui se dissout dans la liqueur. Il n'y a donc en définitive qu'un simple transport de cuivre de l'anode à la cathode.

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