CHAPITRE QUATRIÈME
190.— Variante de la méthode d'opposition. — Platymètre. — Dans la méthode d'opposition telle que nous venons de la décrire, on charge directement les deux condensateurs au moyen d'une source dont le potentiel est d'autant plus élevé que Ton désire une sensibilité plus grande dans les indications de Télectroscope. Si Ton veut éviter cette communication directe pour des raisons quelconques, on peut avoir recours à l'emploi du Plaiymètre, C'est un condensateur double composé d'un cylindre métallique C (fig. 101) entouré de deux autres cylindres absolument identiques entre eux A, B, et situés d'une façon absolument symétrique par rapport au centre de figure du cylindre intérieur G. Les deux condensateurs formés par A, C d'une part, et B, G d'autre part, ont donc exactement la même capacité. Voici comment on emploie cet instrument pour reconnaître si deux condensateurs sont égaux :
Fig, 101
On met le cylindre C en communication avec le sol et on charge A à un potentiel V, puis on rompt sa communication avec la source qui a servi à le charger et on supprime la communication de C avec le sol ; on établit ensuite une communication entre A cl B de sorte que l'appareil peut être considéré à ce moment comme formé de deux condensateurs égaux que l'on réunit en surface. Or comme la charge de B était nulle avant la réunion, il résulte des lois de l'équilibre électrique de plusieurs condensateurs (US), qu'après la réunion de B avec A, B prend la moitié de la charge de A, tandis que le potentiel de Bégal à celui de A, puisqu'ils communiquent, a une valeur égale à
g V. Le potentiel de G, nul lorsque C communiquait avec le sol, doit
rester nul après qu'on l'a isolé et encore après la réunion de A à B; c'est ce que montre Télectroscope dont une paire de quadrants est à la terre tandis que l'autre paire communique avec C. On constate
ainsi que les capacités des deux moitiés du platymèlre sont bien égales.
Pour voir si deux condensateurs que Ton veut comparer sont égaux, on réunit une armature de Tun d'eux à A, une armature de Tautre à B, et on réunit à C les deux armatures restées libres. On doit bien entendu s'assurer, avant d'effectuer cette réunion, que les condensateurs sont exempts de toute charge, et même, par précaution, les mettre un instant en communication avec la terre. Si les condensateurs sont égaux et que l'on recommence la série d'opérations qui avait été faite avec le platymètrc seul, Télectroscope devra finalement rester au zéro. Dans le cas contraire on remplacera l'un d'eux par un condensateur à glissement que l'on fera manœuvrer jusqu'à ce que l'électromètre reste au zéro ; la graduation de condensateur glissant fera alors connaître la capacité de l'autre condensateur.