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CHAPITRE DEUXIÈME

La différence totale de potentiel entre A et B, devient dans ce cas

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On voit que, en résumé, lorsqu'un barreau homogène et de section constante est placé dans un champ magnétique uniforme, son point neutre, ou plus exactement, sa section droite médiane est traversée entièrement par le flux de force dont nous venons de calculer la valeur.

Mais il n'en est pas de même des sections comprises entre le point neutre et les extrémités polaires A et B, parce que les lignes de force ne sont plus parallèles entre elles comme elles le sont au point neutre. C'est ce qui résulte et du calcul, et de Texamen des fantômes magnétiques. Le flux total va donc en s'épanouissant de plus en plus à mesure que Ton s*ap{)roche des extrémités A et B, et pour qu'un plan perpendiculaire au barreau et situé près des extrémités fût coupé par la totalité des lignes de force, il devrait avoir des dimensions très supérieures au diamètre du barreau.

L'expression du flux total que nous avons donnée, basée sur la définition même de ce flux et de la propriété du fer à laquelle on a donné le nom de susceptibilité magnétique, est donc vraie lorsque les deux tronçons du barreau sont suffisamment longs par rapport à leur diamètre et elle n'exige pas, comme cela a lieu dans les démonstrations que Ton donne habituellement, que les deux tronçons soient réunis par une barre de fer aboutissant aux pôles A et B et servant, comme on dit, à « fermer le circuit magnétique », ni que Ton admette comme évidente la conservation de la valeur du flux total de force.

257. — Force magnéto-motrice. — Si les lignes de force du champ magnétique, au lieu d'être rectilignes, comme nous l'avons supposé, étaient curvilignes (nous verrons plus tard qu'elles peuvent même affecter la forme circulaire), et que le barreau de fer fût courbé précisément suivant la même forme que les lignes de force qui sillonnent l'espace qu'il occupe, l'expression du flux de force

DEPREZ, iLECTR. INDDSTR. — T. I, FASG. 1 21

resterait la même et elle serait encore vraie dans le cas extrême où les lignes de force du champ seraient des courbes fermées, comme nous en verrons des exemples dans Télectro-magnétisme. Seulement, dans ce dernier cas, on ne peut plus dire qu'il existe une difiFérence de potentiel magnétique entre deux points d'un canal de force, puisqu'étant fermé sur lui-même, on arriverait à ce résultat absurde qiie, en partant d'un point quelconque du canal de force et en cheminant le long de ce canal dans le sens des potentiels croissants, on trouverait, en revenant au point de départ après avoir décrit un circuit fermé, un potentiel plus grand que celui que Ton avait d'abord. On trouverait en un mot deux valeurs différentes du potentiel pour un même point.

L'expérience apprend cependant qu'un champ magnétique, composé de canaux de force affectant la forme de courbes fermées, est parfaitement réalisable au moyen d'un solénoïde électrique, et qu'une tige de fer de même forme, plongée dans le canal, s'aimante également dans tous ses points.

Mais tant que cette aimantation est permanente, aucun phénomène ne la révèle au dehors, parce que la tige peut être considérée comme formée d'une infinité de petits aimants se louchant par leurs pôles de noms contraires; de sorte que toute action extérieure qui pourrait être due à l'un quelconque de ces pôles, est annulée par le pôle

de nom contraire qui est on conctact avec lui (fig. 133). On peut cependant mettre hors de doute l'aimantation produite en coupant la tige en deux points quelconques ab^ db\ et en essayant de séparer les deux moitiés bd et ab l'une de l'autre ; on constate alors qu'elles s'attirent avec une énergie qui peut être considérable.

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