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CHAPITRE DEUXIÈME

une lame de fer d de faible épaisseur (fig. 140) sur les pôles, de façon qu'elle soit en contact intime avec eux. Elle va, comme nous le savons, se transformer en un aimant dont les pôles seront de signe contraire à celui des pôles A et B avec lesquels ils sont en contact et par conséquent de même signe que les pôles a et é du barreau ab. Cette lame d va donc exercer sur ab une action mécanique inverse de celle de Taimant AB, mais plus faible qu'elle, puisque la lame d étant de faible épaisseur et ne pouvant prendre qu'une intensité d'aimantation limitée, a un moment magnétique proportionnel à son épaisseur, du moins entre certaines limites. Le barreau ab est donc soumis à deux forces de signe contraire et c'est la résultante seule, égale à leur différence, que nous pouvons constater ; il est donc moins attiré que lorsque l'action de l'aimant AB existait seule, ce qui est d'ailleurs confirmé par l'expérience.

On peut s'étonner des détails dans lesquels nous entrons pour expliquer un phénomène aussi simple et dont l'interprétation, telle qu'elle est exposée dans tous les traités d'électricité, est toute différente. Nous admettons en effet que l'action de l'aimant AB sur ab s'exerce à travers l'espace, absolument comme si la lame d n'existait pas, et que de même l'action de d sur ab n'est nullement troublée par la présence de AB, mais que ces actions simultanées s'ajoutent algébriquement et donnent une résultante plus faible que l'action primitive de Taimant AB sur le barreau ab. Nous admettons, en un mot, l'indépendance absolue des actions élémentaires des molécules aimantées, actions qui se propagent dans l'espace comme si chacune d'elles existait seule, en attribuant bien entendu à ces molécules le moment magnétique qu'elles possèdent dans la position respective qu'elles occupent et qui est variable avec cette position en vertu de leurs inductions mutuelles. S'il en était autrement, ni la loi de Coulomb, ni le théorème de Green, qui en est une conséquence, n'auraient plus aucun sens, puisqu'il faudrait admettre que l'attraction ou la répulsion de deux masses magnétiques dépend non seulement de la grandeur et de la distance de ces masses, mais aussi de toutes ces masses magnétiques voisines. En un mot, les actions élémentaires des masses magnétiques restent inaltérées tandis que

la résultante de ces actions sur une quelconque d'entre elles^ peut avoir toutes les valeurs et toutes les directions possibles.

263. — Revenons maintenant à la figure 140 et supposons que Ton applique sur la lame en fer rf, une seconde lame identique d\ de façon à former une lame d'épaisseur double. Nous pouvons considérer l'ensemble formé par laimant AB et la première lame rf, comme un aimant plus faible que laimant primitif, puisqu'il exerce sur ab une action résultante plus petite que l'action de l'aimant AB tout seul. Cet aimant fictif composé de AB et de rf, induira donc dans la seconde lame d\ identique à rf et superposée à celle-ci, une quantité de magnétisme moindre que celle déjà induite dans rf, de sorte que la superposition des deux lames d et d produira un aimant moins fort que le double de d. L'action de ces deux lames rf, d sur le barreau ai, inverse de celle de l'aimant AB, sera donc moindre que le double de celle de la première lame rf, mais cependant la résultante des actions auxquelles il est soumis de la part du système magnétique formé de AB, de d et de rf, est plus faible qu'avant l'application de d' sur d.

En continuant ce raisonnement et en supposant que l'on applique sur d 2, 3, 4, S, etc. lames égales à rf, il est facile de voir que la résultante des actions appliquées au barreau ab sera de plus en plus faible, sans cependant devenir rigoureusement nulle, à moins que la lame très mince d ne prenne, sous l'influence de AB, un moment magnétique égal à celui de AB. Or cette condition ne pourrait être remplie que si le coefficient de susceptibilité magnétique de la lame d était infiniment grand.

En réalité, lorsque la lame de fer formée de la superposition des lames élémentaires rf, rf', rf", ... atteint une certaine épaisseur, Taction exercée par AB sur ab devient extrêmement petite et l'on traduit ce fait en disant que les lames de fer d, d , d\, . . font .écran à Taction magnétique de l'aimant AB.

L'explication que Ton donne habituellement du phénomène que nous venons d'analyser, est celle-ci. Le fer étant pour les lignes de force magnétique un conducteur bien supérieur à l'air, la presque

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