CHAPITRE DEUXIÈME
long pour qu'on puisse négliger le flux de force émanant de ses extrémités et qui, d'après le théorème de Green, est proportionnel à Cangle solide sous lequel on verrait le plan p\p\ si on se plaçait à ces extrémités. Nous avons donné précédemment Texpression du (lux total de force qui traverse un plan mené perpendiculairement à la direction AB, par le milieu du barreau et limité à sa surface. Mais il est facile de voir que si le plan était infini, le flux total de force qui le traverse serait algébriquement nul. En effet, la somme de tous les flux de force émanant d'une masse magnétique chargée de q unités est, d'après le théorème de Green, égale à w^, (D étant Tangle solide soualequel on voit le plan lorsque Tœil coïncide avec la masse magnétique. Or cet angle est égal à 2ic lorsque le plan jDi/?i est prolongé jusqu'à l'infini, et le flux total de force est en conséquence égal à 2r.q, Mais un des principes fondamentaux de la constitution des aimants, exige que toute quantité de magnétisme soit accompagnée d'une quantité égale et de signe contraire située à une très petite distance; le flux de force iizq est donc détruit par un autre flux, — iizq, situé du même côté du plan indéfini p\p\, La somme algébrique de tous les flux de force élémentaires qui traversent ce plan est donc nulle.
Mais il faut bien faire attention que tout ce que nous venons de dire s'applique au flux de force induit dans le barreau par l'action du champ magnétique et non au flux de force du champ magnétique lui-môme. Or le flux de force total induit dans le barreau qui traverse intérieurement la section droite menée par le point 0, a pour valeur
9h étant le flux total dû au champ magnétique seul qui traverserait cette même section si le barreau n'était pas magnétique. Il en résulte que le flux total de sens inverse, qui extérieurement traverse un plan indéfini amené par le point perpendiculairement au barreau, a une valeur précisément égale et de signe contraire, puisque la somme algébrique de tous les flux de force dus à l'aimant et qui traversent la surface entière du plan indéfini est égale à zéro. Le flux total de force magnétique diX à l'aimant AB seulement, et qui traverse
extérieurement un plan indéfini mené normalement à AB par le point 0, est donc égal à
262. — Ecrans magnétiques. — Dans tout ce qui précède, nous avons admis implicitement que les forces élémentaires émanées de chaque molécule magnétique, se transmettent en ligne droite et ne sont ni déviées ni altérées par Faction des autres forces émanant d'autres molécules. S'il en était autrement, il n'y aurait plus de loi élémentaire du magnétisme, puisque Faction mutuelle de deux molécules deviendrait une fonction du nombre et de la situation relative des autres molécules. Si, dans le voisinage d'un ou de plusieurs aimants, on place une masse de métal magnétique, chacune des molécules de cette masse devient elle-même un aimant, grâce à l'induction magnétique, et tous ces aimants élémentaires produisent des lignes de force individuelles qui traversent l'espace sans se gêner et sans s'influencer, absolument comme les ondes sonores, les ondes lumineuses, les forces gravitiques et en général toutes les actions transmises à distance. Mais nous ne pouvons, en général, constater que la résultante de toutes ces forces, de sorte qu'il nous semble que, contrairement à ce que nous venons de dire, les actions magnétiques de deux aimants, par exemple, sont profondément modifiées par le voisinage d'un corps» magnétique placé dans leur sphère d'action.
Prenons par exemple un aimant ACB (fig. 139) et mesurons Tat-
Fig. 139
Fig. 140
traction qu'il exerce sur un barreau de fer doux ab placé à une certaine distance de ses pôles A et B. Cette mesure faite, appliquons